Rolland, Compte-rendu aux Chambres assemblées
Dans d’autres Mémoires que nous avons déjà cités ! et qui: furent également dressés par un jésuite de Poitiers, on lit ceci au paragraphe 2:
«Sa Majesté avoit trop exactement vérifié les calomnies qui avoient occasionné le bannissement des Pères Jésuites pour ne pas les dédommager par toutes les marques de bienveillance. Les occasions de leur marquer ses bontés étoient fréquentes : plusieurs villes demandoient qu'il leur fût permis de fonder des collèges ; la ville de Poitiers en particulier souhaitoit passionnément qu'il leur fût permis d'en établir un. Sur les remon-
-lrances qu'ils firent faire à Sa Majesté, le roi donna ses lettres patentes... ».
Ces affirmations sont erronées, ou tout au moins exagérées. La vérité est que le roi, pour plaire aux Jésuites, qui ne cessaient de le harceler et de lui inspirer des inquiétudes sur la conservation de ses jours ’, désirait cet établissement ; et que les habitants de Poitiers, par obéissance pour leur souverain, parurent un instant disposés à les recevoir. Mais les difficultés n'en persistèrent pas moins, el personne ne s'y trompait. Nous en trouvons la preuve dans la lettre autographe écrite par le P, provincial de Bordeaux, de qui dépendait Poiliers, aux maire et échevins de cette ville pour les remercier de l'intérêt qu'ils portaient aux travaux des Pères qui y avaient été envoyés avec mission de prêcher et de préparer les moyens de fonder leur collège :
« À MM. les Maire *, Pairs et Eschevins de la ville de Poictiers.
» Messieurs, le tesmoignage qu'il vous a pleu rendre aus labeurs des Peres qui ont esté en vostre ville, m'a de tant plus esté agreable, que vous l'avez accompagné du fruict qu'ils ont rapporté. Monsieur de Jougny (?) m’a amplement discouru sur la creance qu'il avoit de vous, des projets de vostre collège. Vous ne pouvez ignorer l'affection que nostre Compagnie a