‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 70 sur 236 · Archives Départementales, D · texte numérisé non relu

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s’effraya, et, pour détourner le prince d’une idée si en désaccord avec son vœu d'humilité, il engagea Louis Richeome, provincial de Lyon, à aller à la Cour. Cette entrevue est rapportée par Crélineau-Joly en ces termes :

« Richeome se présente devant Henri IV et le prie de mettre des bornes à ses bienfaits. Henri IV ne puts'empêcher de dire : Est-ce là de bonne foi l'esprit de toute la Compagnie ? — Oui, répliqua le jésuite, j'en suis certain et je puis l’attester. — En ce cas, ajouta le roi, soyez tranquilles ; j'aime votre Institut, je prendrai en main sa défense el ses intérêts ».

Le vœu du P. Coton fut accompli; le jésuite ne revétit pas la pourpre romaine; mais le roi sut bien récompenser son * humilité. Les villes de Moulins, de Nevers, de Troyes, de Reims. de Chartres, de Vienne, d'Embrun, de Sisteron et de Poitiers étaient en instance pour obtenir des collèges de la Société de Jésus ; il accéda à leurs désirs.

Les lettres patentes du roi concernant le collège de Poitiers furent ensuite adressées au Présidial de cette ville, où elles furent enregistrées le 31 août !. Le même jour, il fut nommé des députés de tous les états de la ville pour traiter, négocier el conclure tout ce qu'ils jugeraient le plus opportun pour assurer l'exécution des lettres patentes et trouver un emplacement propre et commode aux bâtiments du collège. Cette: commission était composée du maire (Jean Goguet), Louis de Sainte-Marthe, René Brochard, François Fumée, Marc Jarno et François Dreux, pairs et échevins ; René de Brilhac et Esprit Guérin, aussi échevins ; et Bonaventure Irland, Jean Aubry, Joseph Godard, François Carré, François Caillet et Guillaume Gabriau, bourgeois : « tous fort attachés à la Compagnie et devant contribuer beaucoup aux frais des bâtiments du collège » *. Ils avaient reçu pleins pouvoirs pour «accorder et convenir avec les particuliers dont on prendroit les maisons el apparlenances pour en faire l'emplacement du collège, comme aussi s'accorder avec les députés jésuites pourle nom-

1. Ces lettres, dont on.ne trouve qu’une copie collationnée signée du soussecrétaire du roi, ne paraissent avoir été registrées, dit dom Fonteneau, 74, qu'au greffe de la Sénéchaussée de Poitiers.

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