Voir ci-dessus, page
l'établissement des Jésuites l’évêque de Poitiers et les principaux habitants de la ville et de la province, que ce n’était pas par haine de la Compagnie qu’ils en agissaient ainsi, mais plutôt par affection pour Sully, avec qui l'évêque était en liaison particulière, comme il parait par leurs lettres, et auquel les autres croyaient faire par là leur cour, en qualité de gouverneur de la province, quoiqu'il ne l’exigeàt pas ouvertement.
Nouvelle imposture à l'adresse de Sully, ainsi que le prouve la lettre suivante, écrite de Poitiers deux ans à peine après l'établissement des Jésuites, et que l’auteur du Supplément aux Mémoires rapporte telle qu'elle se trouve dans les premières éditions des Mémoires, mais qu’on à supprimée dans les dernières. Cette lettre, le plus précieux document, comme aussi le plus favorable à notre thèse, est ainsi conçue :
« Poitiers, le 8 février 1607.
» Monseigneur,
» Nous vous avons ci-devant représenté la misérable condition de cette province, pour ne Jui rester plus aucuns moyens d’acheminer la jeunesse aux belles-lettres et à la vertu ; mais d'autant que par nos premières nous avons omis à vous découvrir les causes de ce désordre, nous vous supplions très hurmblement de ne vous sentir importuné de cette seconde dépêche, pour vous dire.qu'avant la venue des Pères Jésuites nous avions en cette ville un très bon collège, et garni d'aussi doctes régens qu'on eût pu le désirer !: mais comme il fut parlé de ces pères, on prit incontinent telles espérances de leurs promesses, que, pour leur faire place, tous les collèges furent abandonnés par l'artifice de ceux qui favorisaient le dessein de leur établissement, et néanlmoins, depuis deux ans entiers, ils n'yont encore fait aucuns devoirs ni acheminement.
» Nous vous supplions, Monseigneur, vouloir intercéder auprès de Sa Majesté, à ce qu'il plaise, par sa bonté accoutumée, donner le remède à un tel malheur, et à cet effet nous octroyer un collège royal’. Nous vous avons représenté la crainte dans laquelle vivent aujourd’hui les bons serviteurs de