‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 75 sur 236 · Le collège des Deux-Frères ou plutôt du Puygarreau · texte numérisé non relu

Le collège des Deux-Frères ou plutôt du Puygarreau

2. Un collège royal: c’est là, en effet, et uniquement ce qu’ils demandaient au roi depuis 4603. Ils le réclament encore aujourd’hui, deux ans après l’établissement des Jésuites.

Sa Majesté, que ces gens-ci ne nous apportent à la fin un plus grand mal, par les divisions qu'ils ont déjà semées, non seulement en cette ville, mais en la province ; sans doute ils ont quelque pernicieux dessein de s’opinidtrer à demeurer en un lieu où ils ne sont désirés des gens de bien, etc. ». Signé : René Rousseau, sieur de la Parisière ; de Sainte-Marthe, lieutenant général de la Sénéchaussée ; de Saint-Belin, évêque de Poitiers ?.

Le duc de Sully en avait de semblables des docteurs régents

de la Faculté de médecine: Pidoux, doyen, Vertunien-Lavau, Milon, Le Coq, Citoys.

On objectera que la Faculté de médecine était composée à cette époque d'hommes pratiquant la religion prétendue réformée, et alors qu’y a-t-il d'étonnant à ce qu'ils ne voulussent pas de Jésuites chez eux ? Parmi les signataires de ces lettres, deux, en effet, étaient protestants : c'étaient Le Coq et Vertunien-Lavau ; les autres étaient catholiques, et catholiques fervents. D'ailleurs aucun dissentiment n'existait entre eux, soit dans l'exercice de la médecine, soit dans la vie commune. Tous étaient également respectueux des statuts de la Faculté, de la tranquillité publique, et étaient poussés par le même amour de la patrie et de leur ville natale.

Au reste, ces oppositions n'étaient pas particulières à la ville de Poitiers. Elles se produisaient à peu près partout où les Jésuites cherchaient à s'établir. C’est ainsi que ceux de Troyes, par exemple, ceux de Reims et de Langres ne reçurent pas favorablement les offres que la Société leur fit de ses services. Il fallut avoir recours aux lettres de Sa Majesté: les PP. Coton et Gonthier furent chargés de les demander au roi, à qui tant de requêtes l’une sur l’autre ne laissaient pas de donner quelquefois à penser Il leur répondit qu'il ne demandait pas mieux que de les gratifier, mais qu'il craignait qu'à la fin ils ne compromissent l'autorité royale ?.

Quand, en 1599, ils voulurent pénétrer dans le pays de

1. L’authenticité de cette lettre est universellement reconnue. « On ne peut le nier, écrit un moderne bénédictin, les Jésuites avaient à lutter contre de puissants adversaires, entre autres René Rousseau, sieur de la Parisière ; Nicolas de Sainte-Marthe, lieutenant général de la Sénéchaussée de Poitiers, et l’évêque Geoffroy de Saint-Belin lui-même ». Dom. Fr. Chamard, op. cit.

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