‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 82 sur 236 · Dom Chamard, opus cit · texte numérisé non relu

Dom Chamard, opus cit

2. Dom Fr. Chamard désigne les deux gentilshommes par qui fut faite cette enquête le 5 juillet 1617: Messires Pierre Rousseau, sieur de la Place, et Jean Pidoux, lieutenant particulier en la Sénéchaussée de Poitiers, tous deux notoirement dévoués à la cause des Pères. Et parmi les notables qui furent appelés à témoigner de l'importance et de l'utilité de l’annexion en question, il cite : Gilles Gillier, doyen du chapitre de la cathédrale de Poitiers ; Francois d'Aubery, abbé de Saint-Hilaire-de-la-Gelle ; Jean Filleau, conseiller et aumônier du roi et chanoine de Saint-Pierre de Poitiers ; Mathurin Dardin, docteur et doyen de la Faculté de théologie de Poitiers, chanoine de Notre-Dame-la-Grande et curé de Sainte-Opportune; Pierre de Brilhac, sieur de Mozières, lieutenant général et criminel en Poitou ; René Brochard, sieur des Fontaines, conseiller au Présidial; Jacques Blacvod, conseiller et juge magistral au même Présidial ; Pierre Lambert, trésorier de France et général des finances en Poitou, et Fortuné Nivellet, échevin de la maison commune de Poitiers. — Il est juste dajouter que les sympathies de plusieurs d’entre eux pour les Jésuites furent très éphémères, ainsi que nous le verrons plus tard.

Saint-Martin, qui jusqu'en 1637 avait été réservée et donnée à un religieux bénédictin !,

Cette année-là, les Jésuites firent consentir le bénéficiaire à céder son titre, à la condition qu'il en percevrait les fruits (2501), sa vie durant (5 octobre 1637)?. Le pape Innocent X approuva cette union le 13 mai 1645 ; le 12 juillet 4646, l'official fulmina solennellement la bulle pontificale, du consentement de Henri de Béthune, évêque de Maillezais: etle 8 août suivant, les Jésuites prenaient officiellement possession du bénéfice de la sacristie.

Les Jésuites jouissaient paisiblement de tous les revenus du prieuré de Saint-Martin, quand, en 1661, le nouvel évêque de Maillezais, Henri de Laval, qui avait de fortes attaches avec les Jansénistes, et qui avait cru reconnaître plusieurs causes de nullité dans l'annexion de ce prieuré avec le collège de Poitiers, chercha querelle, sur ce terrain, aux Pères de la Compagnie.

La lutte fut longue et acharnée. La victoire, grâce à leur ténacité et à leur souplesse habituelle, resta aux Jésuites, mais non une vicioire complète, Leurs droits sur la sacristie et la chapelle Saint-Jean leur furent fortement conlestés, et pour plus de sûrelé, on les engagea, mais sous main, à vider le différend avec la partie adverse par des compromis sages et modérés. C’est ce qui fut fait, et le 2 août 4672, le chapitre de la Rochelle, d'accord avec son évêque, signa un premier compromis, par lequel il se contentait de cent livres de rente que lui paieraient, chaque année, les Pères du collège de Poitiers,

Une seconde transaction du 2 novembre suivant termina tout le procès à l'amiable : on y stipula que les frais d'éducation et d’entrelien dus par les PP. Jésuites à deux écoliers du diocèse de Maillezais seraient appliqués à deux choristes

de la psalette de la Rochelle, et, à leur défaut, à l'institution même de la psalette *. ù

4. Le sacristain, du temps de Gaspard Lefranc, était Laurent Fortin, Après celui-ci, ce fut le P. Jean Pouzault, religieux profès de l’abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, qui en avait été pourvu. Ce fut le dernier titulaire bénédictin.

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