Archives Départementales, D
Quand le P. Jacques Lespaulard : prit, en 1616, la charge de recteur du collège, en remplacement du P. Jacques Gordon, les dettes ne s’élevaient plus qu'à la somme de 6.440! 405. Elles montèrent le 20 octobre 1616, sans qu'on en indique la cause, à 10.156! 6° 81 et en 1621, année où il sortit de charge, à 8.500 livres seulement.
Le P. Lespaulard fit, chaque année, de grandes dépenses, justifiées, en partie du moins, par de grandes réparations. Ces dépenses furent, en 1616, de 16.887 livres; en 1617, de 10.052 livres ; en 1618, on dépensa 24.710 livres: en 1619, 24.810 livres ; en 1620, 24.536 livres, et enfin en 1621, 25.388 livres.
La première année, le nouveau recteur paya 270 livres pour achat d'ouvrages destinés à la bibliothèque. On se rappelle que, en 1615, son prédécesseur avait déjà dépensé pour cet usage la somme de 200 livres, ce qui faisait en tout 470 livres, La bibliothèque des Jésuites était créée; mais elle dut rester longtemps à l'état embryonnaire, car de quelques années il ne sera plus fait mention d'aucune dépense de ce genre.
L'année 1617 [ut fertile en acquisitions de maisons. On acheta d’abord, dans la rue de Paille, une troisième maison Thevin pour la somme de 600 livres. Puis successivement deux maisons, acquises d’un nommé Gadiffar, boucher, aussi dans la rue de Paille, pour la somme de 800 livres, et une autre maison, joignant celle d’Ingrande, au dessous de l’église, tenue de Paul Chaurais, sieur de Citron, pour 700 livres. Toutes ces vieilles maisons étaient destinées à disparaître pour faire place à de nouvelles constructions.
Le 5 juillet de la même année, le P. Lespaulard, continuant l’œuvre entreprise par ses prédécesseurs, passa un marché avec Pierre Dubreuil, André Poussard, Guillaume Duret et Charles Giraudeau, tuiliers, demeurant à Bonnevaux, paroisse de Marçay, pour la fourniture de 2 à 300 tonneaux de chaux en trois
4. Un autre père Lespaulard (Denis) fit, le 14 avril 1624, profession des quatre vœux dans la chapelle du collège.
ans, au prix de 7 livres le tonneau. Un autre marché pour fourniture de même nature fut fait le 11 novembre 1619.
Il préméditait, cette fois, de construire le grand corps de logis joignant la sacristie et le grand jardin, c'est à dire le bâtiment où se trouve le pavillon central, dit pavillon Aenri VE du nom du fondateur du collège.
Les aumônes reçues spécialement pour celte bâtisse el qui s'élevaient à la forte somme de 5.699 1 8°, ne lui permirent plus d'hésiter. Les fondations de ce grand corps de logis furent jetées dès le commencement de l’année 1618; on y dépensa, la première année, 11.220 3° 3%. En 1619, les aumônes et les bienfaits furent encore plus nombreux. Ils montèrent à la somme de 9.308 livres dès le mois de juillet. Les dépenses pour cet objet furent de 10.410! 1956 à.
Ce superbe pavillon, très bien conservé, a deux étages et se termine en dôme. On admire encore les sculptures du frontispice, parmi lesquelles on remarque surtout une niche en coquille abritant le buste de Henri IV, mais qui fut primitivement remplie par la statue du Christ. Plus tard, les Jésuites y substituèrent celle de Louis XIV, en manteau royal, la couronne sur la tête, et le sceptre à la main. Ce changement donna lieu au distique latin suivant, faussement attribué par. M. de la Liborlière ! à un rhétoricien de Poitiers, et qui nest que la copie, avec quelques variantes, de celui qu’une main, qu'on chercha vainement à reconnaître, avait écrit quelques années auparavant, soit en 1674, soit en 1682, au-dessous de l'inscription Collegium Ludovici Magni placée par les Jésuites de Paris sur la porte d'entrée de leur collège de Clermont:
Sustulit hinc Christum, posuitque insignia Regis Impia gens ; alium nescit habere Deum 2.
Maintenant Louis XIV, réduit aux plus simples dimensions d’un médaillon en profil, sans moulures ni ornements, tient plus haut, entre deux corbeilles de fleurs, l’ancienne place d’un