‹ Les Jésuites au Canada [microforme]Chapitre 4 sur 5 · DES · texte numérisé non relu

DES

1 Robinia pseudo-acacia.

{Chiningué était environ à 17 milles en aval de l'endroit où s'étend aujourd'hui la florissante ville de Pittsburg.

‘Ce village, dit Céloron, est composé d'Iroquois, de Chaouanons et de Loups... Sec. I., 1895, 4,

“ II était trois heures quand nous y arrivâmes. Nous débarquâmes ji au pied d’une côte fort élevée : elle était bordée de monde, et l'on nous Hi salua d'une quadruple décharge à balles : nous répondîmes sur le même } ton. M. de Céloron faisant réflexion sur la mauvaise situation de son camp, fl si nous restions au bas de la côte, prit le parti de le faire transporter en j haut et de nous placer entre le village et le bois. La chose fut exécutée à | la vue des sauvages, qui n’osèrent s'y opposer. “Quand nous fûmes bien établis, les chefs vinrent saluer le com-. mandant. Après des compliments réciproques, M. de Céloron leur témoigna son mécontentement de ce qu'ils avaient arboré le Pavillon anglais vis-à-vis

celui de France, et leur commanda de l'ôter. Le ton ferme dont il le dit, fit qu'on lui obéit.

# Le soir, on doubla la garde, et au lieu de quarante hommes qui la montaient régulièrement toutes les nuits depuis notre entrée dans Chau- tr

tauqua, on en mit quatre-vingts : de plus, il fut ordonné à tous les officiers 1 C et aux engagés de se coucher tout habillés

; ;: er “Le 9 (août) au matin, Un sauvage vint dire à M. de Joncuire que 4 l'e quatre-vingts guerriers partis de Kaskaské étaient sur le point d'arriver, 1 fu

qu'ils venaient dans le dessein de secourir leurs frères et de frapper sur À nous, M. de Joncaire en ayant fait son rapport au commandant, celui-ci 4 Je: + donna sur le champ ses ordres pour se bien Préparer à recevoir l'ennemi. (54

Ces préparatifs n'eurent pas lieu. Les sauvages voyant notre bonne ! contenance et notre supériorité en nombre, filèrent doux, et nous saluèrent 0 DO fort poliment en passant devant notre camp. Le reste de la journée, tout E: NL fut tranquille.” 1 Vi | Sur la route de Chiningué à Sinhioto!, on rencontra quelques bœufs À : | illinois : e Fe | “Mais ils étaient en si petite quantité, dit le P. de Bonnécamrs, à | “e

| qu'à peine a-t-on pu en tirer une vingtaine ; encore fallait-il aller les L.

| chercher bien avant dans le bois. On nous avait cependant assuré en ‘à 1 partant qu'à chaque pointe nous les trouverions par centaines, et que les ! fo + langues seules de ceux que nous devions tuer suffiraient your nourrir le not détachement? Ce n'est pas la première fois que j'ai éprouvé, ajoute-t-il, on éta

rl Outre ces trois nations, il y a dans ce vill

age des Iroquois du sault Saint-Louis et RE fai ngs, des Abénakis, Outaouais et autres Roc

Mauvais village, qui séduit par l’appât du et les entretient dans de très mauvaises dispo-

du lac des Deux-Montagnes, des Nipissi nations, Cet assemblage forme un très bon marché que leur fait l'Anglais, sitions pour nous,”

! Aujourd’hui Scioto, à l'embouchure de la rivière Scioto.

É men | ? Ayant bien des malades, je fis chasser mes sauvages, dans l'espérance que + leur : cette Belle-Rivière, qu'on avait annoncée à M, le gouverneur pour être abondante en LS bœufs, m'en fournirait pour rafraîchir mon monde, qui ne vivait plus qu’à la colle ; trav mais je fus trompé : mes sauvages n'avaient tué que quelques chevreuils : c’est une firen faible ressource pour soulager du monde

affamé et malade.” (Journel de Céloron.}

Nous débarquâmes > monde, et l’on nous ndîmes sur le même ituation de son camp,

faire transporter en chose fut exécutée à

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M. de Joncaire que ir le point d'arriver, s et de frapper sur mmandant, celui-ci à recevoir l'ennemi.

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dans l'espérance que ir être abondante en it plus qu’à la colle ; hevreuils : c’est une Journal de Céloron.}

[cossaLiK] LE P. DE BONNÉCAMPS

que l'hyperbole et l'exagération étaient des figures familières aux Canadiens."

Même réception à Sinhioto qu'à Chiningué :

“ Quand nous fûmes proche de Sinhioto, M. de Céloron, par l'avis des officiers et des sauvages, députa MM. de Joncaire et de Niverville pour annoncer notre prochaine arrivée aux Chaouanons. Leur réception ne fut pas gracieuse. Sitôt qu'on les aperçut, on fit feu sur eux, et leur pavillon fut percé en trois endroits. Malgré cette grèle de mousquetade, ils s'avancèrent jusqu’au rivage, et débarquèrent sans avoir reçu aucune blessure,

“On les conduisit à la cabane du Conseil. A peine M. de Joncaire eut-il commencé sa harangue, qu'un misérable pa les apparences par les Anglais, se leva brusquement, criant qu'on les trompait, et que les Français ne venaient chez eux que pour les détruire . Ce cri fut comme un cri de guerre: On courut aux armes, on arrêta nos envoyés, on parla de les attacher au poteau, et peut-être en fût-on venu à l'exécution, si un Iroquois qui se trouva là par hasard n'eût apaisé les furieux en les assurant que nous n'avions aucun mauvais dessein... ”

Le détachement arriva sain et sauf à Sinhioto. On tint conseil avec les Chaouanons qui l'habitaient, et le résultat des délibérations fût plus satisfaisant qu'on ne l'avait espéré tout d'abord.!

“Le soir du 25 août, dit le P. de Bonnécamps, on fit un feu de joie Pour célébrer la Saint-Louis. Tout le détachement était sous les armes, et l'on fit une triple décharge de mousqueterie, précédée de plusieurs : Vive le Roi !”

Il y a quelque chose de touchant dans cette démonstration d'une poignée de Français, au milieu des forêts du nouveau monde, à plusieurs mille lieues de leur patrie, tenant à exprimer solennellement leur attachement à leur roi.

Voici ce que le P. de Bonnécamps dit de Sinhioto :

“La situation du village des Chaouanons est assez agréable: du moins il n’est point masqué par les montagnes comme les autres par où ous aVOns passé. La rivière de Sinhioto qui le borne à l'ouest lui a donné son nom. Il est composé d'une soixantaine de cabanes, Les Anglais y étaient au nombre de cinq : on leur dit de se retirer, et ils promirent de le faire. La latitude de notre cam) était de 39° 1’,

C'est à peu près le point le plus méridional qu'on atteignit dans ce Voyage. On continua à suivre le cours de l'Ohio jusqu'à la rivière à la

nis, aposté selon toute

1 ‘A un quart de lieue du village, je fus découvert. Aussitôt les saluts commencèrent, et ces sauvages tirèrent bien mille coups de fusil. J'ai su que la poudre leur était fournie gratis par les Anglais.

‘Je débarquai vis-à-vis le village et fis rendre le salut, Les chefs et les anciens traversérent la rivière et vinrent à moi avec des pavillons et des calumets de paix, firent couper de l'herbe Pour nous faire des sièges, et m'invitérent À Prendre séance avec tous mes officiers... .” (Tbid.)

Roche, “ où nous entrâmes, dit le P, de Bonnéc quatre heures du soir, après avoir enter plomb ”,

“ La Belle-Rivière, si peu connue des Fi heur trop connue des Anglais, a,

amps, le 31 août vers les ré la sixième et dernière lame de

‘ançais, ajoute-t-il, et par malsuivant mon estime, cent quatre vingtune lieues marines depuis la sortie de Chautauqua jusqu’à l'entrée de la rivière à la Roche. Dans tout cet espace, nous avons compté douze villages établis sur ses bords ; Mais si l’on pénètre dans ce petit continent : renfermé entre le lac Erié et l'Ohio, on le trouvera, à ce que l'on nous à dit, beaucoup plus peuplé. On nous a parlé surtout d’un certain village situé sur la rivière de Kaskaské, dans lequel on nous a assuré qu'il y avait plus de huit ccats hommes. Chaque village, soit grand, soit petit, a un

ou plusieurs traiteurs, qui ont sous eux des engagés pour le transport des pelleteries,

“ Voilà donc les Anglais déjà bien avancés sur pis est, ils y sont sous la Protection d’une foule de sauvages qu'ils ont attirés à eux et dont le nombre grossit tous les jours. Leur dessein n’est Pas sans doute d'en demeurer là: et si l'on ne prend pas au plus tôt des mesures efficaces pour arrêter leurs progrès, nous courons grand risque de nous voir bientôt chassés des pays d'en haut et d’être obligés de nous

renfermer dans les bornes qu’il plaira à ces messieurs de nous prescrire. Ceci est peut-être plus vrai qu'il ne paraît vraisemblable.”

Le détachement, quittant définitivement ln Belle-Rivière remonta la rivière à la Roche, jusqu'au village de la Demoiselle * :

“ Le 13 septembre, nous eûmes l'honneur de saluer la Demoiselle 4 dans son fort’ Il est situé dans une vaste prairie sur le bord de la rivière à la Roche. Sa latitude est de 40° 34”. Cette bande n’est pas nombreuse : elle a à tout le plus de quarante à cinquante hommes.”

! La grande rivière Miami. On avait dépassé l' ville de Cincinuati.

? C'est aujourd'hui l'Etat de l'Ohio, avec une lisière de la Pennsylvanie et même une pointe de l'Etat deNew-York, Le lac Chautauqua est dans l'Etat de New-York.

# Ce village était appelé par les Anglais Pickawillany.

4 La Demoiselle était le grand chef de la confédération des Miamis,

5 Les Miamis du village de la Demoiselle, ayant appris que j'étais près d'arriver chez eux, envoyérent quatre chefs au devant de moi avec des calumets de paix pour me faire fumer... «Lorsque nous fûmes tous assis, ils commencèrent leur cérémonie, et me présentérent le calumet : je l'acceptai, Ils le présentèrent ensuite à M. de Contrecœur et à tous MM. les officiers et aux Canadiens, qui, fort affamés de fumer, auraient voulu que la cérémonie eût duré plus longtemps... .” (Journal de Céloron.)

Deux partis de Miamis, l’un sous la conduite de la Demoiselle, conduite du Baril,' s'étaient, à l'instigation des Anglais, séparés du gros de leur nation établi à Kiskakou, près du fort Miamis, et avaient fondé deux nouveaux villages, l’un à la rivière À la Roche, l'autre à la rivière Blanche, M. Céloron les engagea à retourner à Kiskakou : “ C’est dans cette terre, mes enfants, leur dit.il, que vous jouirez des douceurs de la vie, étant l'endroit où reposent les 08 de vos

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[aosseLix] LE P. DE BONNÉCAMPS

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