‹ Les jésuites au Collège d' Autun, 1618-1763Chapitre 10 sur 94 · Id. fol · texte numérisé non relu

Id. fol

bornant, sous ce rapport, à quelques formules vagues, vouées à un oubli prochain. Les uns et les autres sentaient au contraire la nécessité de graver dans Tâme de l'enfant les maximes du christianisme assez profondément pour présenter une espérance d'efficacité et de durée. On ne peut donc être surpris que la question des écoles ait été un nouvel élément de lutte entre les deux confessions.

Dès 1564, Jacques Bretagne, l'un des chefs du parti réformé à Âutun, avait obtenu du roi, alors de passage à Lyon, des lettres patentes conférant le titre de recteur des écoles de la ville à Antoine Destamples, avocat originaire d'Orléans, adepte zélé des doctrines nouvelles. En 1566, le parti protestant étant parvenu, par suite de ses progrès, à placer Jacques Bretagne à la tête de la magistrature municipale, il crut les circonstances favorables pour mettre en même temps la main sur l'enseignement public et pour donner comme soutien au vierg calviniste un recteur d'école appartenant à la réforme. Précisément à la même époque, une prébende devint vacante par la mort du chanoine Adam Chiquet : rien ne s'opposait plus à l'exécution de l'édit d'Orléans dont Bretagne s'empressa de réclamer l'accomplissement, dans l'espérance d'en faire profiter Antoine Destamples et son parti. Comme il n'était pas à croire que le Chapitre, si peu disposé à se départir de son ancienne opposition, consentît à conférer une prébende à un protestant, le nom d'Antoine Destamples fut laissé dans l'ombre et celui du recteur des écoles en fonction, Gabriel Madier, seul mis en avant, dans l'espérance qu'une fois la prébende conférée au recteur, le protestant supplanterait le catholique, grâce à l'appui des magistrats. Jacques Bretagne, accompagné des échevins et des procureurs syndics se présenta donc devant l'assemblée capitulaire le 6 octobre 1566, pour réclamer la collation de la prébende nouvellement vacante en faveur du recteur des écoles, conformément à l'édit d'Orléans :

Les an et jour que dessus, par devant mesdicts sieurs assemblez en leur chapitre pour pourveoir'des prebènde et chanoinie vacquantz par la mort de M^ Adam Chiquet, leur confrère, se sont retreuvez et présentez les vierg, eschevins et syndics de la ville dudict Ostun, à voix de M'<> Jacques Bretagne, docteur ez droictz et vierg d'icelle ville, qui remonstre que le roy, par son ordonnance falote à Orléans, auroit voulu, entre aultres choses^ que le fruict de l'une des prébendes des églises cathédrales seroit affecté à l'entretien d'ung précepteur institué au régime et instruction des enfantz des villes où seroient lesdictes églises collégiales et cathédrales ; que Toccasion s'estoit présentée et offerte par la vacation des prébendes et chanoinie dudict feu Chiquet, partant, requeroient, suivant le vouloir dudict sieur, pourveoir M>^ Gabriel Madier, recteur institué dehument desdictes escholles, et luy assigner lesdicts fruicts d'icelle prébende, lesquelx doyen et chanoines, voix dudict sieur doyen, ont déclaré que jà plusieurs requestes leurs avoient esté faictes des poursuivantz ladicte prébende et chanoinie, et que toutesfois ils vouloient et entendoient se reigler et conformer à la volonté du Roy, et que sur ce ilz en conferoient par ensemble, lesdicts de la ville estantz retirez : ce que fut faict incontinent en refreschîssant les susdictes remonstrances, et interpellant de pourveoir ledict Madier des fruictz d'icelle prébende et chanoinie avec protestation au reffuz de ce faire d'en appeller, comme doiz à présent ilz appelloient. ^

Le Chapitre allait-il tomber dans le piège qui lui était tendu et conférer la prébende vacante à un recteur d'école destiné à disparaître bientôt et à céder la place à un adversaire de la foi catholique? On ne sait ce qui se serait passé et quelle résolution le Chapitre eût prise quand la précipitation d'Antoine Destamples vint tout à coup déjouer la ruse imaginée par les magistrats. A peine ceux-ci s'étaient-ils retirés, que Nicolas Bergier, sergent, mandataire d'Antoine Destamples, se présenta, <c garny de quelques lettres royaulx dont il a voulu faire lecture. » ^

Sur le refus des chanoines d'entendre cette lecture et à leur commandement fait au sergent de sortir immédiatement,

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