Id
qu'il en peult faire, au grand interest dudit collège. » Par son arrêt du 22 octobre 1599, la chambre des vacations prèscrivit le paiement des termes échus dans le délai de huit jours à peine d'exécutoire décerné contre le Chapitre*. Ce dernier arrêt paraît avoir mis fin aux tribulations du pauvre principal.
Le collège était sans doute assez peu fréquenté. D'autres maîtres enseignaient dans la ville et recevaient même des pensionnaires aux dépens de l'établissement municipal. Pour réagir contre une situation qui lui semblait préjudiciable à ses droits, Symon Naudot sollicita et obtint du conseil de ville, le 18 mai 1601, une ordonnance prescrivant « à tous maistres d'escoUe de ladicte ville, faisans profession d'enseigner la grammere d'envoyer les enflfans, qu'ils tiennent en pantion en leur maison, au collège de ladicte ville pour y assister aux leçons qui s'y font, sans qu'ils leur en puissent faire aucune, sy ce n'est par forme de répétition ; permettant audict Nauldot d'exiger des escoliers residans en ladicte ville, au regard des estrahgiers, cinq sols par moys, pour le droict d'entrée ; en oultre, les maistres et autres habitans de la ville, où lesdicts estrangiers feront leur résidence, seront responsables; et quant à ceulx de la ville qui ne résident audict collège, seront tenus payer à leurs regens, chacung ung sol par moys pour le droict de règle, auquel droict lesdicts estrangiers seront semblablement tenus oultre lesdicts cinq sols. Et affîn que de tant plus ledict collège soit honoré, est semblablement enjoinct ausdicts maistres d'escole et aultres tenans pantionnaires en ladicte ville, d'envoyer iceulx pantionnaires pour accompagner lesdicts principal et regens et ses escoliers de ladicte ville aux processions generalles et prédications qui se feront cy après, à peyne de m escutz tournois d'esmende contre lesdicts maistres et tenans
1 . Archives départementales de Saône-et-Loire, fonds de la cathédrale d'Autun, prébende préceptoriale.
pantionnaires. Et leur sera signiffié à leur personne, et encore publyé par les carrefours de ladicte ville, à son de trompe. »*
Pendant que l'ancien collège se débattait ainsi au milieu des difficultés que lui suscitaient la concurrence des écoles libres et le refus du Chapitre de lui céder les revenus de la prébende préceptoriale, il se passait au-delà des mers un événement qui devait avoir sur ses destinées une action décisive.
Par son testament du 22 mai 1601 et daté de Messine en Sicile, un habitant d'Autun, qui était allé tenter la fortune en pays étranger et qui Tavait trouvée, disposait en faveur de sa patrie, d'une somme de quinze mille livres 2, destinée « à dresser un collège de Jesuittes audict Ostun, en tant qu'il auroit pieu au roy nostre sire de les restablir en son royaulme, et à leur deffault aux €apucins ^, » Ce généreux citoyen, à qui Téloignement n'avait pas fait perdre de vue les intérêts de sa ville natale, se nommait Antoine de la Croix. Il appartenait à une famille tout autunoise, dans laquelle nous trouvons avant lui Claude de la Croix, membre de la confrérie du Saint-Sacrement d'Autun, en 1501 (*); Pascaultde la Croix en 1514 (^); Lazare de la Croix, avocat, témoin d'un acte du 1*"" juillet 1547(^); Charles de la Croix, enquêteur au bailliage en 1573 P); Claude de la Croix qui est cité parmi les procureurs et notaires qui furent invités à assister le
1. Délib. du conseil de ville ^ vol. VII, fol. 89. Arch. de la ville d'Autun.
2. Le legs est évalué à 15,000 1. dans les délibérations du conseil de ville. M. Lescure, auteur d'un mémoire ms. sur le collège, que nous aurons souvent l'occasion de citer plus loin, l'évalue seulement à 11,200 1.