‹ Les jésuites au Collège d' Autun, 1618-1763Chapitre 26 sur 94 · Protocoles de Sully, notaire à Autun. Id · texte numérisé non relu

Protocoles de Sully, notaire à Autun. Id

3. On rencontre également dans le registre de la confrérie le nom de Magdelaine de la Croix, femme d'André Lallemant, en 1574, et celui de Marthe de la Croix, femme du médecin Esme Tyroux, en 1582. {Mém. de la Société Éditenne, t. XII, p. 371.) Antoine de la Croix est fréquemment cité au nombre des notables habitants qui assistèrent aux assemblées générales, de 1569 à 1576. {Reg, des délibér, de la chambre de ville, vol. III, fol. 42 à 162.)

4. Délib. de la chambre de ville, vol. VIII, fol. 281. Arch. de la ville d'Autun.

toujours prêt à donner à sa patrie des preuves de son attachement. Personne n'était en effet plus propre à remplir avec succès ce rôle de médiateur et à assurer à la ville Teffet des libéralités d'Antoine de la Croix : « Sur quoy, après en avoir communiqué auxdicts sieurs du clergé et officiers du roy, au logis du sieur révérend evesque d'Ostun, resolution a esté prise que Ton advertiroit monsieur le président Janin, pour impetrer au profit de ladicte ville ledict légat de Sa Majesté, et que lettres seroient adressées à M" Philipes de Goubault, eschevin, estant de présent à Paris pour les affaires de ladicte ville, pour les présenter audict sieur président et en faire de sa part toutes sollicitations, lesquelles lettres, coppye dudict testament avec mémoires ont esté délivrés à honorable François Chappon, auquel on a faict avancer le voyage qu'il avoit destiné faire à Paris, moyennant deux escus à luy promis et qui luy seront payés à son retour par le sieur vierg. » ^

Pendant ces différents mouvements et en attendant la solution de la question, les magistrats faisaient activement réparer la maison du Collège - qui, depuis 1583, était devenue la propriété de la ville. Ils employèrent à ces réparations quelques matériaux empruntés à l'ancien château fort de Riveau qu'ils avaient fait précipitamment démolir, dans "la crainte que cette forteresse abandonnée ne tombât entre les mains de Biron et n'attirât de nouveau la guerre sur la ville. Nous citerons en particulier la porte du château de Riveau, qui fut utilisée dans ces travaux, ainsi que nous l'apprend une délibération du 7 novembre 1602 : « Marchef a esté faict avec François Barrillet, serrurier de ce lieu, et Jehan de Montcharmont, menuisier, pour accomoder la porte qui estoit en Riveau au collège, icelle poser à ce qu'elle soit bien et dehument fermante et ouvrante, pourquoy faire leur a esté

1. Délib. de la chambre de villCf vol. VIII, fol. 281. Arch. de la ville d'Autun.

2. Id. vol. V, fol. 102; vol. VI, fol. 100 ; vol. VII, fol. 27.

accordé et promis dix francs, pour laquelle somme leur sera expédié mandement sur M" Claude Pillot, recepveur des deniers du sel. »*

Cependant, Henri IV ayant rétabli Tordre des Jésuites en France, par ses lettres patentes données au mois de septembre 1603, vérifiées et enregistrées au parlement de Paris le 2 janvier 1604, le principal obstacle se trouvait levé et les conditions qu'Antoine de la Croix avait mises à la délivrance de son legs pouvaient être remplies. Mais une affaire de cette importance ne se traite pas en peu de temps : d'autres difficultés se faisaient jour et quatorze années devaient encore s'écouler avant que les intentions du testateur aient pu recevoir leur pleine et entière exécution.

C'était d'abord le principal du collège, Simon Naudot, menacé dans sa position et ses intérêts par l'arrivée des Jésuites et qui se mettait en mesure d'acquérir une maison contiguë à celle du collège pour y continuer l'exercice de sa profession : « Les scindics remonstrent qu'ils ont heu advertissement que M" Symon Naudot, principal du collège, veult achepter la maison appartenant à M. le président Mareschal et qui est du corps de logis dudict collège, ce que pourroit rapporter interest au public, et mesmement pour le logis dudict collège, requérant qu'il y soit pourveu, en advisant si pour la commodité des habitans il sera besoing achepter ladicte maison, ou non-. » Le conseil se prononça pour l'acquisition et il fut résolu « qu'il sera escript à M" Barbette, maître des comptes à Dijon, pour le supplier de composer avec ledict sieur président Mareschal de ladicte maison au profit de la ville. » ^

Cette difficulté écartée, il en subsistait plusieurs autres. En premier lieu, les Jésuites eux-mêmes, qui se souciaient assez peu, paraît-il, de créer une concurrence à leur maison

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