TOME XIII
La ville s'exécuta ainsi. Le !«' mai 1621, quittance reçue Barolet, notaire à Dijon, elle versa les 1800 1. dues aux religieux mais en déduction de la somme de 3000 1. due à l'abbé. Le parlement homologua ce traité le 12 mai 1621 ; la bulle d'union fut fulminée le 17 par M. André Venot, officiai; les Jésuites furent mis en possession civile le 22; les bulles et leur fulmination furent enregistrées au parlement le 9 juillet.
Mais l'évêque ayant refusé de consentir à l'union de la cure et de la chapelle de Ste Reine à la mense des religieux il en résulta un nouveau procès qui, après plusieurs péripéties, fut terminé par une transaction du 5 juillet 1646, stipiilant que sur les 3000 1. dues à l'abbé» 2000 seraient employées au rachat d'un moulin, 400 en réparations et que 600 1. seraient attribuées aux religieux; que le droit de la nomination à la cure de Couches appartiendrait au collège; que la sacristie serait unie au prieuré; qu'après le décès des deux religieux qui existaient encore au prieuré, il n'y aurait plus de bénédictin, mais un prêtre séculier à la nomination et au choix du collège; que la rente de 100 1. due aux abbés serait supprimée. Les religieux se réservèrent la rente de 20 1. en argent et de 6 1. de cire. Cette réserve fut l'objet de nouvelles difficultés que les Jésuites préférèrent aplanir, plutôt que de plaider encore, en rachetant cette rente au prix de 450 1. dont quittance devaYit Renaud notaire à Dijon. Le traité de 1646 fut ratifié le 20 septembre par le supérieur général de la congrégation de S. Maur. Les Jésuites obtinrent ensuite des bulles confîrmatives qui furent entérinées au parlement et au grand conseil.
Ce traité fut fidèlement observé pendant plus de cent ans. Mais en 1750, l'abbé de Flavigny ayant pris des lettres de restitution contre le traité de 1646, ce traité fut déclaré nul par arrêt du conseil du 10 juillet 1751 et les parties furent mises au même état qu'avant ce traité. L'abbé fut donc maintenu dans son droit de faire résider un religieux au prieuré de Couches, de conférer l'office claustral de sacristain et de percevoir une rente de 100 1. pour droit de supériorité. Cet arrêt fut suivi d'un nouveau traité, passé le 6 avril 1753. Lors de la dissolution de la compagnie de Jésus, le collège continua à jouir des revenus du prieuré de Couches, moyennant une rente de 500 1. payée à l'abbé de Flavigny, suivant le traité passé avec le bureau d'administration du collège, le 17 juillet 1772, reçu Missolier, notaire à Autun. » *
1. Mémoires mas. sur le collège d' Autun, réunis en 4789, par Antoine-Claude Leseure, ancien échevin, mort le 15 mars 1793, fol. 9-22. (Bibliothèque de M. Harold de Fontenay.)
Il est difficile d'évaluer quelle pouvait être la valeur du prieuré de Couches au temps où ce bénéfice fut uni au collège. Mais en tout cas, on peut affirmer que la ville n'avait pas fait une mauvaise affaire, puisque, d'après le dernier bail qui fut passé au profit du collège, le 4 septembre 1783, le revenu du prieuré s'élevait à 16,500 livres.
Les Jésuites accrurent l'importance de leur domaine de Couches par des acquisitions successives : par celle du domaine de la Croix- Vallot, faite par acte du 19 juin 1665, reçu Guyot, notaire à Autun ; d'un autre domaine en vignes, avec un moulin, dit le moulin Dardault, deux prés et une maison, par acte passé à Paris, le 15 octobre 1720; de différents fonds de terre, situés à Remigny, par actes des 11 mai 1648, 27 avril 1655, 14 novembre 1681, 27 mars 1735, 11 novembre 1746 ; et de plusieurs bâtiments, caves et pressoirs, à Bouhy, par acte du 16 avril 1665, reçu Guyot, notaire à Autun. *
La dotation du collège étant ainsi établie au moyen des revenus de la prébende préceptoriale, du prieuré de Couches et de l'octroi de cinq sols sur chaque minot de sel, la ville sollicita et obtint des Jésuites qu'en considération des grands sacrifices qu'elle avait faits, le nombre des chaires, qui était alors de quatre pour les classes d'humanités et de grammaire, serait accru d'une cinquième chaire pour l'enseignement de la rhétorique. Ce traité, reçu Ballard, notaire à Autun, le 6 juillet 1620, et qui devait avoir son effet le 18 octobre suivant, fut passé au nom de la^ville par Barthélémy Darlay, vierg, Jean Dechevanes, Pierre Ballard et Pierre Desplaces, échevins, Jacques Lamy et Jean Garnier, procureurs scindics, et au nom des Jésuites par les pères Jean Bonnet, provincial de la province de Champagne, et Avit David, recteur du collège. ^