Reg. capit
5. Reg. des délib, de la chambre de ville, vol. XXII, fol. 163.
en 1650, par le P. François Sousselier*, était recteur du collège en 1654. Le 12 mars de cette année, il se présenta devant le conseil de ville pour rinformer de la découverte d'un ancien aqueduc, qu'il avait faite entre la fontaine Saint-Ladre et la collégiale de Notre-Dame. ^
Parmi les professeurs qui enseignaient à cette époque au collège, nous citerons le P. Aubertin qui, le 13 août 1655, assista à ses derniers moments Adrien Pillot, l'un de ses écoliers, tragiquement assassiné, à l'âge de dix-huit ans, dans un odieux guet-apens. ^
Les Jésuites, on le sait, avaient l'usage de développer la mémoire et les facultés oratoires de leurs écoliers au moyen d'exercices dramatiques auxquels prenaient part les meilleurs élèves des classes supérieures. Ces exercices étaient propres, en outre, à former la diction et le maintien, à préparer les jeunes gens à la vie publique dans laquelle ils allaient entrer et à leur donner cette assurance aisée et naturelle que réclament les différentes professions. Souvent écrits en latin, ils contribuaient aussi à rendre la langue de Cicéron et de Virgile plus familière et constituaient ainsi un moyen élevé d'enseignement non moins que d'éducation et de récréation.
En procurant à leurs écoliers ces ingénieux divertissements, les Jésuites ne croyaient nullement déroger à la gravité de leur profession. Ils pensaient, ainsi que l'a si bien dit un éminent critique, « qu'on peut être chrétien dans le monde, y porter la loi de Dieu et Ty garder ; que le théâtre même peut l'être et qu'il n'y a pas une incompatibilité absolue entre la morale et la comédie ; doctrine généreuse et charitable, mais qui n'est pas relâchée, quoi qu'on en dise, car elle impose au monde beaucoup d'obligations en retour de
1. Reg, de la ch, des comptes du Chapitre, années 1650-1654. Arch. dép. de S.-et-L. F. du Chapitre d'Âutun.