‹ Les jésuites au Collège d' Autun, 1618-1763Chapitre 49 sur 94 · Livre de raison m^. de la famille Pillot · texte numérisé non relu

Livre de raison m^. de la famille Pillot

beaucoup de liberté * . » On ne peut mieux exprimer cette intelligence supérieure que les Jésuites avaient du monde, de ses nécessités et de ses écueils, et leurs efforts pour préparer leurs élèves à y paraître et à y vivre chrétiennement, dans toutes les conditions. Oui, doctrine généreuse, parce qu'elle prend le jeune homme avec sa légèreté, son besoin d'action, ses dispositions à essayer ses forces, à les développer et à s'en parer ; prévoyante et charitable aussi, parce qu'elle ne propose pas la tristesse, Tignorance et Tennui comme une sauve-garde et parce qu'à chaque faiblesse elle donne un appui ; non relâchée cependant, parce qu'elle ne perd jamais de vue les grands devoirs de l'existence et que, sans omettre les conseils évangéliques réservés au petit nombre, elle s'attache d'abord aux préceptes obligatoires pour tous.

Cette méthode d'enseignement et d'éducation reçut aussi son application au collège d'Autun, comme dans les autres maisons que les Jésuites dirigeaient à Paris et dans les provinces. Nous en constatons pour la première fois l'usage entre 1655 et 1660, au moyen du programme imprimé de l'exercice dramatique qui fut exécuté le 2 septembre, par les élèves du collège d'Autun. Bien que la date de l'année ait été omise, on peut cependant attribuer avec assez d'exactitude cet exercice à l'époque indiquée, à l'aide du nom des écoliers qui ont pris part à l'action.

Le thème était la vie, ou, ainsi qu'on eût dit plus anciennement, les gestes de saint Léger, évêque d'Autun et martyr : sujet heureusement choisi, tiré de l'histoire religieuse et politique de la cité et propre à exciter l'intérêt particulier des auditeurs, en faisant passer sous leurs yeux cet important épisode des annales éduennes. Il convient de donner ici de cette œuvre latine une analyse susceptible d'accroître les précieuses notions recueillies par M. Boysse sur le Théâtre des Jésuites. ^

1. Jean^acques Rousseau, par Saint-Marc Girardio, t. II, p. 49.

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