‹ Les jésuites au Collège d' Autun, 1618-1763Chapitre 68 sur 94 · Mémoires mss. de Leseure, toU · texte numérisé non relu

Mémoires mss. de Leseure, toU

libre disposition qu'ils les avaient faits de leurs propres mains. C'est ainsi qu'un frère coadjuteur du collège, très habile menuisier, ayant exécuté lui-même, pour l'usage de la nouvelle église, différentes boiseries encore inachevées, telles que chaire à prêcher, confessionnaux, portes, etc., les Jésuites avaient cru pouvoir les enlever et les déposer dans une maison du voisinage de la ville. Mais les magistrats revendiquèrent la possession de ces objets qui leur furent remis par le dépositaire. *

Si les Jésuites se trouvaient dans l'impossibilité de poursuivre l'œuvre d'éducation chrétienne qu'ils avaient accomplie à Autun pendant 145 ans, ils laissaient au moins en partant le collège en plein état de prospérité. Leurs successeurs, prêtres du diocèse d'abord, prêtres de la congrégation de rOratoire ensuite, se trouvaient en possession d'un héritage laborieusement formé et accru, suffisant à faire face à toutes les charges sans grever aucunement les finances municipales. Il n'entre pas dans notre plan d'exposer ici les destinées et les vicissitudes du collège après le départ des Jésuites. Le sujet a été traité ailleurs avec les développements qu'il comporte 2. Il suffira de faire connaître, avant de terminer, les éléments qui formaient alors la dotation de l'enseignement secondaire à Autun. On 'ne peut bien s'en rendre compte qu'en établissant le budget des recettes fixes, tel qu'il était peu d'années après la suppression des Jésuites, sans faire entrer en ligne le produit éventuel de la scolarité qui nous est inconnu. Nous l'empruntons à un compte dé 1786. Il se composait des revenus suivants, outre la jouissance des bâtiments et des terrains dont on a exposé plus haut l'origine et les accroissements successifs :

1. c Mais ce qui étonnera peut-être, c'est que M. l'évèque fit présent à l'abbaye de Saint-Jean-le-Grand de la chaire à prêcher et d'un confessionnal, et aux Capucins de deux confessionnaux. Le bureau (d'administration du collège) a été obligé par la suite de faire faire la chaire à prêcher. > {Mémoires mas» de Leseure^ f. 33.

2. V. {e Collège d*Autun aoua les OratorienSf par M. Eugène Roux, dans les Mémoires de la Société ÉduennCy nouv. série, t. VI, p. i.

1** Les biens du prieuré de Couches, dont le dernier bail commençant au 1*' janvier 1786 s'élevait à 16,200 livres, net de charges ;

2** Une rente de 150 livres due par la ville pour la dotation d'une deuxième chaire de philosophie, suivant traité du

23 avril 1639;

3® Le droit d'octroi de dix sols sur chaque minot de sel vendu au grenier d'Autun et à la chambre de Montcenis, ayant produit 2, 463 livres ;

4® La prébende préceptoriale due par le Chapitre d'Autun, d'un revenu de 2,136 livres en 1785;

5** Une maison sise à Paris, sur le Pont-Saint-Michel *, louée 900 livres ;

6** Trois maisons avec boutiques, élevées par les Jésuites sur le terrain qui leur restait à droite en allant de la place du Champ à Saint- Andoche, après avoir cédé à la ville remplacement de la rue Neuve en échange de celui de la rue de Masoncles, louées 131 livres;

7® Une autre maison située de l'autre côté de la rue, avec les caves, louées 240 livres. La cave, qui n'était pas louée du temps des Jésuites, était connue sous le nom de Cave des miracles parce que, raconte plaisamment un contemporain, c( comme ils y vendaient leur vin de Couches, les pauvres y entroient avec des béquilles et en sortoient sans se ressouvenir qu'ils en avoient besoin. » ^

8** Rentes foncières portant lods et droits censaux, sur certaines maisons situées tant au faubourg Saint-Biaise que dans la rue Saint-Antoine où les Jésuites avaient d'abord projeté d'établir le collège sur les terrains qui ont été occupés depuis par le petit Séminaire, devenu le grand Séminaire actuel, montant à 337 livres ;

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