Mémoires mss, de Leseure, fol
Des biens, on le sait, il resta moins encore que des livres. Les contrats de rente, acquittés en assignats, furent engloutis dans la banqueroute générale. Les domaines que le collège possédait à Couches et qui lui assuraient une existence indépendante, mis à la disposition de la nation par les lois de TAssemblée constituante, devinrent l'objet de la spéculation des acquéreurs des biens nationaux. La vente qui en fut faite produisit la somme de 327,260 francs, payée en assignats. Ainsi s'écoula, en quelques mois, la dotation que la prévoyance des magistrats municipaux et le concours des particuliers avaient affectée à l'entretien du collège. L'État en profita peu, et la vîUe souffre encore et souffrira toujours de la perte des ressources qu'elle avait réunies ou reçues pour subvenir à l'instruction de la jeunesse.
Malgré les préjugés qui pèsent sur les esprits et qui s'opposent trop souvent à un jugement équitable, il y avait quelque justice à rappeler la part que les Jésuites ont prise à l'enseignement public dans notre pays et à la construction de l'édifice qui abrite encore les générations nouvelles. La présence de ces maîtres d'élite a toujours été pour les études un temps de progrès, d'intelligente activité et de féconde émulation. Arrivés 'parmi nous après les désordres du seizième siècle, ils ont relevé l'enseignement de la ruine et Font laissé, à l'heure de l'exil, dans un état de prospérité qui a droit, à la reconnaissance.