‹ Les jésuites au Collège d' Autun, 1618-1763Chapitre 84 sur 94 · Sur la Cave des miraclesy voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Sur la Cave des miraclesy voir plus haut, p

En vain, tout à l'entour, le loup frémit de rage :

De pénétrer dedans il n'a pdls le courage.

L'Autunois est plus brave, et sans craindre là mort

Il affronte en plein jour ce redoutable fort.

Mais de bourgeois choisis une troupe nombreuse

N'en rendra- t-elle pas la conquête douteuse?

Voici tout le détail de ce siège fameux :

On peut compter sur moy^, j'ai tout vu de mes yeux.

Dès que l'homme de fer, comptant sur sa cuirasse,

En bri^ve, d'assez loin, a reconnu la place,

Montandé, l'investit, et, sans perdre de temps,

Pour un premier assaut fait ses arrangemens.

Car ouvrir la tranchée et se cacher sous terre ^

Ne fut jamais, dit-on, d'usage en cette guerre.

Le soldat Autunois, ennemi des longueurs.

S'élance et de la mort méprise les horreurs.

Des trompettes déjà le son se fait entendre,

Signal pour attaquer, signal pour se défendre.

Assiégeans, assiégés, par un horrible cri.

De concert à l'instant se donnent le défi.

De part et d'autre on tire : une épaisse himée

Couvre, comme un brouillard, et le Champ et l'armée.

La mort s'apprête à faire une riche moisson ;

Son attente est trompée ^ : on a tiré sans plomb.

Vers le fort cependant, d'une course rapide.

S'avance des dragons la cohorte intrépide.

Le château les soutient, et la hache à la main

Ils assiégeoient déjà les pieux du ravelin.

C'en étoit fait : déjà tous emportaient l'ouvrage,

Si l'on n'eut par malheur ralenti leur courage.

On présente la pique à ces audacieux.

Et le brave Moreau tombe presqu'à leurs yeux;

Du rampart épineux trop ardent il s'approche :

Au petit doigt, hélas ! une épine l'accroche.

Ah, la méchante épine! Oh, le pauvre Moreau 1

Il saigne et de frayeur il pleure comme un veau.

Quelle triste nouvelle à porter à sa femme I

On craint qu'à ce récit elle ne rende l'âme.

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