‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 21 sur 71 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

maltais ayant de grandes ressemblances avec l'arabe. Le P. Bobadilla et quelques autres Pères étaient déjà désignés pour entreprendre cette fondation lorsqu'un différend survenu entre l'évêque et les chevaliers de Saint-Jean vint faire échouer le projet. Plusieurs autres Pères, et parmi eux le P. Christophe de Mendoza, étaient également sur le point de s'embarquer pour la Goulette, où ils étaient impatiemment attendus par le gouverneur, Alphonse de Mendoza, mais des événements imprévus s'opposèrent à leur départ.

Ces divers contre-temps ne firent pas abandonner à saint Ignace le projet de la création d'un petit collège arabe. La fondation de Malte n'ayant pas abouti, il écrivit au P. Sanchius Occhioa, recteur de Palerme, pour le prier d'entreprendre cette œuvre, sur laquelle il comptait beaucoup pour la conversion des régions barbaresques. Le recteur s'empressa d'obtempérer à ces désirs. Les cours d'arabe s'ouvrirent dans le courant de l'année i555 avec cinq étudiants. Trois étaient des enfants arabes faits captifs par le vice-roi et donnés au collège. Les deux autres étaient des scolastiques de la Compagnie. L'un, Gaspard Sanchez, était né à Tripoli, où il avait passé les sept premières années de son existence.

L'autre était de Malte dont le dialecte, comme nous l'avons déjà remarqué, se rapproche beaucoup de l'arabe. Ils avaient pour professeur un musulman fort versé dans cette langue. Sous sa direction, les deux jeunes jésuites firent des progrès assez rapides ; ils furent bientôt à même de parler convenablement l'arabe et même de prêcher en cette langue. Deux des enfants étant tombés malades quelque temps après, le minuscule collège arabe de Palerme disparut après une durée éphémère. Les grands projets de conquêtes évangéliques en Barbarie devaient s'évanouir à leur tour, par suite de l'abandon fait par l'Espagne de la plupart des places fortes qu'elle possédait sur les côtes barbaresques.

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