‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 23 sur 71 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Jean Gutierrez, pour cette destination. Les trois jésuites se rendirent aussitôt à Carthagène où devait se faire l'embarquement.

Les préparatifs de l'expédition n'étant pas terminés, ils s'arrêtèrent quelque temps à Murcie alors ravagée par la peste, ety luttèrent de zèle et de dévouement avec les jésuites du collège de cette ville. Héroïque fut la charité des fils d'Ignace de Loyola. Tous restèrent fidèles au poste, alors que l'évêque et la plupart des prêtres désertèrent la cité pour échapper au fléau. La P. de Cabrera, ministre du collège, et le P. Marcel de Salazar, zélé missionnaire, furent frappés à mort sur ce champ de bataille du dévouement et de la charité. Le P. Marc Fontova, recteur du collège, martyr lui aussi du devoir, les suivit de près dans la tombe.

Le jour du départ pour Oran étant arrivé, les deux Pères et le Frère coadjuteur, leur compagnon, prirent place dans un navire où l'on avait entassé huit cents soldats. Il serait difficile de dire tout ce qu'ils eurent à souffrir pendant la traversée. Ils n'eurent pour toute nourriture que du biscuit moisi et pour boisson que de l'eau corrompue.

Le 26 août i558, le comte de Alcandete sortit de la place d'Oran à la tête de six mille

cinq cents fantassins et deux cents cavaliers. Il laissa le gouvernement de la ville à son fils aîné, Don Alphonse, et prit sous ses ordres, comme second, son autre fils Don Martin, jeune homme de grandes espérances.

En même temps sortaient du port d'Oran quatre brigantins chargés de vivres et de munitions pour ravitailler les troupes de terre et attaquer la ville de Mostaganem par mer. Ils furent malheureusement surpris par une escadre turque et après une courte résistance ils durent se rendre à merci.

Cette capture eut sa triste répercussion dans l'armée de terre. Le manque de vivres, en effet, se fit bientôt sentir. De là les murmures et le mécontentement des soldats. Le comte de Alcandete n'en continua pas moins sa marche en avant. Après avoir traversé la Sebka ou lac salé d'Arzew, il s'empara sans coup férir de Mazagran, ville de quelque importance à cette époque, y laissa une petite garnison et marcha sur Mostaganem. L'avantgarde ne tarda pas à être en contact avec les ennemis sortis de la ville pour essayer de barrer la route. Les Espagnols les repoussèrent victorieusement. Plusieurs même avaient déjà escaladé les remparts, lorsque le comte donna l'ordre de cesser le feu. Il fit dresser

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