‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 28 sur 71 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

JVjspère que Dieu leur donnera de travailler avec fruit à son divin service et à celui de Votre Seigneurie pour sa plus grande consolation.

« Je voudrais bien vous donner le P. Portillo 1, mais il est promis depuis longtemps pour les missions des Indes, et Sa Majesté a déjà été avisée de ce choix. J'enverrai à sa place le P. Domenech, de la province d'Aragon, que Votre Seigneurie a connu à Simancas. Il est déjà allé à Oran et a l'avantage de connaître le pays. C'est un bon religieux; je l'ai connu à Onate. Il emmènera avec lui plusieurs autres Pères, également recommandables. Ce que je demande en grâce à Votre Seigneurie, c'est de les exercer dans la pratique des œuvres de charité, à l'hôpital, où ils auront leur logement; car un décret de nos Constitutions porte que les religieux de la Compagnie ne peuvent pas résider dans les maisons des princes au delà de deux mois. Enfin, je ferai observer à Votre Seigneurie que l'envoi des Pères à Oran n'est que pour un temps, sous forme de mission, qnoique la durée de leur séjour ne soit pas déterminée.

1. Il était, à cette époque, recteur de la maison de probation, à Simancas.

« Nous prions et ferons beaucoup prier pour Votre Seigneurie et nous lui serons très obligé de nous envoyer souvent de ses nouvelles, ce que les Pères ne manqueront pas non plus de faire.

« Que Dieu garde Votre Seigneurie Illustrissime, comme je le désire. Amen.

« De Rome, le 5 juillet i566 i. »

Quelques jours après (14 juillet), le général écrivit au P. Roman, provincial d'Aragon, pour lui faire part du désir du gouverneur d'Oran. Il le priait d'aviser le P. Doraenech, recteur du collège de Saragosse, de sa nouvelle destination et lui laissait le soin de choisir un autre Père et un Frère coadjuteur pour la mission d'Oran. Le provincial d'Aragon jeta les yeux sur le P. Jérôme Mur, qui connaissait l'arabe pour l'avoir étudié plusieurs années à Grenade. Le Frère coadjuteur Gines leur fut adjoint.

Pierre-Louis de Borgia alla occuper son poste le 9 juillet 1567. Les Jésuites ne partirent qu'au printemps de l'année suivante. Ils reçurent du gouverneur l'accueil le plus cordial, et, conformément aux instructions du

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