‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 29 sur 71 · CHAPITRE V 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE V 5l

P. François de Borgia, prirent logement à l'hôpital. Ils se mirent aussitôt à l'œuvre, et si heureux et si consolants étaient les fruits de leur apostolat, que le gouverneur ne put s'empêcher d'en faire part à son frère, dans une lettre datée d'octobre i568. Il le suppliait, en même temps, de ne pas priver Oran de pareils ouvriers évangéliques.

Le 24 décembre i568, le général lui répondit une longue lettre où il disait entre autres choses : « Pour ce qui touche au séjour du P. Domenech et de ses compagnons à Oran, vu les instances de Votre Seigneurie pour les conserver, je consens très volontiers à ce qu'ils prolongent leur séjour à Oran pour sa consolation et le bien des âmes. Mais que Votre Seigneurie sache bien que c'est une réelle faveur que nous lui faisons, en un temps où nous manquons d'ouvriers pour réaliser les grandes entreprises offertes à la Compagnie dans les Indes. Sa Majesté Catholique vient de me demander, par lettre, vingt sujets, Pères ou Frères. Ils sont sur le point de s'embarquer avec le vice-roi Don François de Tolède, pour se rendre au Pérou, où à peu près autant des nôtres sont déjà arrivés avec le P. Portillo. Ils doivent également évangéliser la Floride. D'autres demandes ne tarde-

ront pas à nous être faites pour ces mêmes missions et nous ne devons rien négliger pour répondre aux désirs de Sa Majesté qui est si bien disposée pour notre Compagnie. Ceci ne nous empêchera pas d'être agréable à Votre Seigneurie, et, si jamais on était obligé de rappeler le P. Domenech, un autre Père irait prendre sa place. »

Dans cette même lettre, le P. François de Borgia félicite le gouverneur d'Oran de l'heureux succès d'une expédition qu'il avait faite dans le courant du mois de septembre. Il en avait eu connaissance par une lettre de Don François de Sandoval y Rojas, comte de Lermes, adressée de Madrid, le ier octobre i568. On nous saura sans doute gré de la reproduire ici.

« La victoire remportée par le grand maître a été obtenue de la façon suivante : Certains cheiks, de ceux qui ne veulent ni paix ni amitié avec l'Espagne, étaient venus faire paître leurs troupeaux dans la région appartenant aux Meliona, comprise dans la zone de protection espagnole. Ils s'y croyaient en sûreté, séparés qu'ils étaient d'Oran par une longue lagune *. Ils comptaient aussi sur

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