CHAPITRE VI
LES JÉSUITES A CEUTA ET DANS LES BAGNES DE TETOUAN (l548-l 554)
Aux fameuses conférences de Tordesillas, tenues en i494> Par ^es ro*s d'Espagne et de Portugal, il fut statué que les Portugais garderaient le droit de conquérir le royaume de Fez et les Espagnols celui de Tlemcen. On convint, en outre, que le Penon de Vêlez resterait à l'Espagne et marquerait la limite de ses conquêtes au sud de l'Afrique.
A partir de ce moment, aucune difficulté ne s'éleva plus entre les deux couronnes. Elles poursuivaient, d'ailleurs, un but commun : le triomphe de la Croix et la défaite de l'Islam. Affranchi du joug des Maures plusieurs siècles avant l'Espagne, le Portugal se vit poussé dans la voie des conquêtes et des découvertes par sa propre activité et son besoin d'expansion, à cause de l'étroitesse
de son territoire. Il jeta, tout d'abord, les yeux sur les côtes d'Afrique et songea à faire du Maroc comme un prolongement de la mère-patrie.
Le roi Jean Ier s'empara de Geuta en i4i5. Le roi Alphonse V fit successivement la conquête de Ksar-es-Seghir (i458), d'Anfa i (1468), d'Arzila (1471), de Safi (1607) et d'Azemmour (i5i3), et mérita le surnom d'Africain. Les Portugais créèrent encore ou relevèrent plusieurs villes, telles que Mazagan, Santa-Cruz, pour ne citer que les plus importantes. Leur domination sur les côtes de l'Océan Atlantique avait pris un développement si considérable que tout le littoral, depuis Casablanca jusqu'à Aglou, reconnaissait l'autorité du roi de Portugal. Les Maures ne possédaient plus, sur la côte, que Fedala, Salé, Rabat et Larache. La cour de Lisbonne retirait, annuellement, des revenus considérables de ses possessions marocaines et des pays tributaires. Tout faisait présager que le Maroc entier deviendrait, avant peu, le feudataire de la couronne de Portugal. Ces belles espérances ne devaient pas se réaliser. La domination portugaise en Mauritanie allait