Ps. LXXXVII, V
milieu des ténèbres et des ombres de la mort.
La présence des missionnaires, leur zèle, leur charité et leur dévouement firent briller un rayon de bonheur et d'espérance au milieu de tant de souffrances. Les Pères se faisaient tour à tour prédicateurs, catéchistes, médecins, infirmiers et même cuisiniers, pour venir en aide à ces malheureux, dont beaucoup étaient couverts de plaies et réduits à l'état de squelette.
Quelque temps après leur arrivée, ils eurent la consolation d'assister à ses derniers moments un prêtre français, esclave d'un cordonnier de Tétouan. Le P. Louis Gonzalez, qui connaissait le français, entendit sa confession. Le moribond ne savait comment remercier le ciel de lui avoir ménagé les secours de la religion avant de rendre le dernier soupir. Tel était l'ascendant exercé par les missionnaires sur les musulmans que le P. Jean Nunez eut la pieuse hardiesse de lui porter ostensiblement et solennellement le saint viatique. Il convoqua, à cet effet, les commerçants et les autres chrétiens de la ville. Il serait difficile de dépeindre l'étonnement et la stupeur des mahométans en voyant se dérouler, à travers les rues de Tétouan, une