CHAPITRE VII
par des incursions sur leur territoire. Il jura de s'en débarrasser à tout prix. A cet effet, il passa cinq ans à préparer une formidable expédition contre Mazagan. Au dire des historiens, il mit sur pied 120,000 fantassins, 37,000 cavaliers et i3,ooo sapeurs. Son artillerie comprenait 24 pièces, dont 10 de gros calibre.
Don Alvaro de Carvalho, gouverneur de Mazagan, informé du projet du sultan, activa la mise en défense de la place, la ravitailla en vivres et en munitions, et supplia la Cour de Lisbonne de lui envoyer au plus tôt quelques religieux de la Compagnie de Jésus, pour relever et soutenir le moral des soldats et des habitants pendant la durée du siège. Il sollicita en particulier la faveur d'avoir le P. André de Carvalho, son frère, sur qui il comptait beaucoup pour mettre la bonne entente et la cordialité entre les officiers de la garnison.
Homme d'une grande vertu et d'un zèle infatigable, le P. Carvalho avait exercé pendant quelque temps l'apostolat aux Indes, sous la direction du grand François Xavier. Ayant contracté de graves infirmités sous ce ciel brûlant, il reçut l'ordre de retourner à Lisbonne. Xavier rendait de lui ce beau témoi-
gnage, dans une lettre écrite au P. Simon Rodriguez, provincial de Portugal : « Le P. André Carvalho est tel qu'on peut attendre beaucoup des grâces dont Notre-Seigneur a orné son âme et l'ornera sans doute, de plus en plus, dans sa miséricorde. Je ne puis écrire de lui autre chose, sinon que c'est un homme de grande vertu, et je vous en prie, mon frère Simon, pour l'amour du service de Dieu Notre-Seigneur, recevez-le et consolez-le avec cette charité que nous espérons de vous l'un et l'autre *. »
On lui adjoignit les PP. Gaspard Alvarez, Marc Nufïez et les Frères coadjuteurs François de Figueyredo et Melchior de Payna. Ils s'empressèrent aussitôt de se rendre à leur poste d'honneur, et commencèrent sans tarder à exercer leur ministère de charité auprès des habitants et des soldats de la garnison.
L'approche de l'ennemi fut bientôt signalée à l'horizon. Les Maures comptaient ne rencontrer que peu de résistance dans la place, défendue seulement par 2,600 hommes. Mais une fois de plus la discipline, la bravoure et la supériorité de l'armement devaient avoir raison du nombre. Les Maures donnèrent