CHAPITRE PREMIER
sanglante défaite. Craignant pour la sécurité d'Oran, le marquis de Comares, gouverneur de cette place, marcha sur Tlemcen
Etroitement cerné dans le Méchouar, Aroudj, pour échapper aux assiégeants, s'enfuit pendant la nuit, par un souterrain secret, traversa les lignes ennemies et s'élança dans la direction de Fez. Poursuivi, au jour, par un détachement de soldats espagnols, il fut rejoint après plusieurs heures de marche forcée et abattu d'un coup de pique, après une lutte désespérée.
A la nouvelle de la mort de son frère, Kheir-ed-Din se fit proclamer roi d'Alger. Pour consolider sa puissance, il fit hommage de ses Etats au sultan de Constantinople et se déclara son vassal. Sélim Ier lui conféra le titre de pacha et lui envoya un renfort de deux mille Turcs. Sans perdre de temps, Kheir-ed-Din jura de venger la mort d'Aroudj. Hugues de Moncade étant venu l'assiéger dans Alger à la tête d'une puissante flotte, il le força à se retirer après lui avoir fait subir des pertes considérables. Il se rua ensuite sur le Pefion, qui était « comme une épine plantée dans le cœur des Algérois », l'emporta d'assaut, rasa la forteresse et fonda définitivement la puissance maritime de la Piégence d'Alger.
Pour le récompenser de ses éclatants services, Soliman l'appela à Constantinople, le nomma Capitan-pacha et lui confia le commandement en chef de la marine turque.
Klieir-ed-Din s'empressa d'obtempérer aux ordres du sultan. Avant de s'éloigner d'Alger, il confia le gouvernement de la ville au renégat sarde Hassan-Agha et partit avec quarante galères. Après avoir ravagé les côtes d'Italie, il s'empara, sur sa route, de Bizerte, de la Goulette et de Tunis dont il détrôna le roi Mouley- Hassan. Celui-ci ayant appelé à son secours Charles-Quint, l'empereur accourut à la tête de 400 navires, se rendit maître de la ville, malgré une résistance acharnée, rétablit sur son trône le prince hafside et ne conserva que la Goulette (i535).
Charles-Quint fut loin d'être aussi heureux dans la formidable expédition dirigée contre Alger, en i54i. Après le débarquement des troupes, une horrible tempête s'étant élevée soudain, Hassan en profita pour refouler les Espagnols vers la mer. Ceux-ci n'ayant pu s'embarquer, un grand nombre d'entre eux périrent dans les flots, sans compter ceux qui perdirent la vie dans l'assaut de la ville. Par cet effroyable désastre, non seulement les nations chrétiennes perdaient l'espoir de briser