‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 6 sur 71 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

la puissance turque dans la Méditerranée, mais elles allaient se voir contraintes désormais à s'humilier devant les pirates d'Alger et condamnées à leur acheter le droit de commerce et de navigation en leur payant d'onéreux tributs. Cette même année, Soliman II enlevait à Ferdinand d'Autriche, frère de Charles-Quint, la ville de Bude et presque toute la Hongrie. Au lieu de se liguer contre le péril musulman, la plupart des princes chrétiens préféraient se faire les dociles instruments de Luther, le moine apostat, pour mettre tout à feu et à sang, en Allemagne, et y implanter la prétendue réforme. Humainement parlant, jamais l'Église ne s'était, peut-être, trouvée dans une situation aussi critique. On se demandait avec anxiété de quel côté viendrait le secours pour arrêter le flot montant de l'hérésie et de l'invasion sarrasine, restaurer la foi, la piété et les bonnes mœurs dans les masses gangrenées par le vice et la corruption. Dieu, dont les promesses sont infaillibles, ne manqua pas à son Église. Pour tenir tête à l'hérésie, il suscita un vaillant champion de sa cause dans la personne d'Ignace de Loyola et de la Compagnie dont il fut le fondateur. Plus que toutes les autres nations, la chevaleresque Espagne devait lui fournir sa vaillante épée pour briser la puis-

sance ottomane et refouler le Croissant envahisseur.

Brillant capitaine avant de s'enrôler sous l'étendard de Jésus-Christ, Ignace imprima à son Ordre naissant une allure toute militaire. Les œuvres opérées par ses premiers compagnons, dès les débuts de leur apostolat, furent telles que les rois, les princes et seigneurs chrétiens s'empressèrent à l'envi de faire appel à leur précieux concours pour l'évangélisation de leurs sujets, l'éducation de la jeunesse ou pour toute autre entreprise destinée à promouvoir le bien de la religion et de la société. C'est ce qui détermina, en particulier, les rois d'Espagne et de Portugal à en faire leurs auxiliaires les plus dévoués dans les Etats Barbaresques, ainsi que le fera voir la suite de ce récit.

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