‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 7 sur 71 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LES JÉSUITES PRENNENT PART A L'EXPEDITION D'AFRICA EN TUNISIE (i55o)

Après la mort de Kheir-ed-Din, le dernier des Barberousse, survenue en i&47> à Constantinople, l'empereur Charles-Quint avait signé une trêve avec le Sultan. Malgré cette suspension d'hostilités, les côtes d'Espagne et d'Italie n'en continuaient pas moins à être ravagées par les pirates sarrasins et surtout par le fameux corsaire Dragut, digne émule de Barberousse. Il s'était d'ailleurs formé à son école et n'avait pas tardé à mériter ses faveurs. Dans son audace, il avait poussé ses courses jusque dans le golfe de Naples, s'était emparé, sur son passage, d'une galère de Malte, dans le port de Pouzzoles, avait surpris, pendant la nuit, la ville de Castellamare, et mis tout à feu et à sang sur les côtes de Calabre. En possession d'un riche butin, il établit ses quartiers d'hiver

dans l'île de Gelves et activa les préparatifs pour s'emparer de la ville d'Africa,, connue aussi sous le nom de Mehedia.

Construite sur un rocher s'avançant en forme d'isthme dans la mer, et rattachée au continent par une langue de terre comptant à peine deux cent trente pas de largeur, cette ville était entourée de hautes et fortes murailles, flanquée de plusieurs grosses tours. Après la prise de Tunis par Charles-Quint, ses habitants s'étaient constitués en république. Jaloux de leur liberté, ils souffraient avec peine l'entrée dans leur port des vaisseaux étrangers, même ceux du Grand Turc.

Jugeant la ville imprenable d'assaut, Dragut se servit de la ruse pour arriver à ses fins. Les habitants, en proie à des dissensions intestines, se trouvaient divisés en plusieurs partis. Il réussit à gagner à prix d'or un des principaux magistrats de la cité qui lui en ouvrit les portes.

L'audacieux corsaire avait désormais un port sûr pour abriter ses vaisseaux, et un lieu de refuge pour se mettre à couvert des coups de ses ennemis. 11 renforça la garnison de quatre cents Turcs, confia l'exécution de nouvelles fortifications à Mohamed, son homme de confiance, et nomma gouverneur de la place

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