‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 63 sur 71 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

d'Alger voulait l'acheter pour le même prix et l'envoyer en présent au Grand-Turc, on le fit se désister de son dessein en lui versant la somme de 3, 200 réaies. Ali Monzor exigea pour la rançon du P. Planes 7,000 réaies. Le F. Alcover dut sa délivrance aux Pères Rédempteurs de la Très Sainte Trinité et recouvra le premier la liberté. Toutefois, le Conseil de la douane s'opposa à ce que les Trinitaires et les esclaves chrétiens rachetés sortissent du port avant qu'on n'eût remis en liberté la fille d'un Turc, retenue captive en Corse, où elle s'était faite chrétienne. Cette affaire traîna en longueur, de sorte que, racheté le premier, le F. Alcover fut le dernier à quitter Alger. Le départ du P. Bailo fut pareillement retardé à cause de la somme exorbitante exigée par son patron.

Les huit captifs rachetés s'embarquèrent le 1er septembre dans une saïque française, en compagnie du consul Viaz. Ils comptaient débarquer à Valence, mais les vents contraires les forcèrent à se diriger sur Majorque, où ils arrivèrent heureusement, le 3 novembre 1609. Il serait difficile de dépeindre la joie et l'allégresse des Pères du collège de Majorque et de la ville tout entière en revoyant les chers captifs, enfin rendus à la liberté après onze

mois de privations, de souffrances et de rudes combats. Un Te Deum solennel fut chanté en actions de grâces pour le bienfait de leur délivrance 4.

1. Cf. Historia de Montesion, t. I, fol. 81 et suiv., et Vida del P. Jeronimo Lopez, por el P. Juan Marin, lib. I, cap. vin.

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