CHAPITRE II l
Hez-Reis, son neveu. Après avoir pourvu à la sécurité de sa nouvelle capitale, Dragut reprit la mer avec ses galères et devint de nouveau la terreur de la Méditerranée.
La prise d'Africa par Dragut était un danger permanent pour la Sicile. Aussi l'empereur Charles-Quint prit-il, sans tarder, des mesures pour contenir l'audace du redouté corsaire. Il donna l'ordre à l'amiral André Doria et à Jean de Vega, vice-roi de Sicile, de combiner leurs efforts, pour s'emparer de la ville. Doria réunit une flotte de cinquante voiles auxquelles vinrent se joindre les galères du grand-duc de Toscane et celles du Pape. Sur l'invitation de l'Empereur, les chevaliers de Malte équipèrent aussi quatre navires.
Soucieux des intérêts spirituels de l'armée expéditionnaire, Jean de Vega demanda et obtint comme aumônier des troupes et de l'hôpital le P. Jacques Laynez, un des premiers disciples d'Ignace de Loyola et son successeur comme général de la Compagnie, qui se trouvait alors à Païenne *.
Le vice-roi écrivit en même temps à saint
1. Député par le pape Paul III au concile de Trente comme théologien du Saint-Siège, Laynez y jeta un si vif éclat que les évêques suspendaient les séances quand il ne pouvait y assister.
l4 LES JÉSUITES AUX PAYS BARBARESQUES
Ignace, à Rome, pour le prier d'obtenir du pape Jules III les pouvoirs pour que les troupes expéditionnaires pussent gagner l'indulgence du Jubilé, tombant cette année-là.
La flotte quitta le port de Palerme le 22 juin i55o. Le P. Laynez prit place sur le vaisseau du vice-roi avec le frère coadjuteur Martin Zornosa, qui lui fut donné comme compagnon pour l'aider dans le soin des malades. Après deux journées d'heureuse navigation, on fît escale, le matin de la Saint- Jean, près de la petite île déserte appelée Favinana. Sur la demande du vice-roi, le P. Laynez adressa la parole aux troupes réunies. Il leur exposa les devoirs d'un bon soldat chrétien envers Dieu, envers soi-même, vis-à-vis de ses chefs et relativement au prochain. La flotte reprit ensuite sa marche et, après quatre jours de navigation, arriva en vue d'Africa.
Le 28 juin, dans la matinée, le débarquement s'opéra sans la moindre opposition de la part de l'ennemi. Après avoir dressé leur camp sur une éminence non loin de la ville, les troupes poussèrent avec activité les travaux du siège. Malheureusement, la maladie ne tarda pas à sévir dans leurs rangs et à faire un grand nombre de victimes. Les cha-