‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 9 sur 71 · CHAPITRE II l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II l

leurs étaient, en effet, accablantes, sans compter que les assiégeants étaient obligés de travailler revêtus de leur armure pour parer à toute surprise et repousser les attaques des ennemis. Le P. Laynez et son compagnon ne pouvaient suffire à la besogne auprès des malades, et on leur adjoignit comme aides quatre religieux capucins. Mais deux de ces derniers succombèrent bientôt de fatigue, et les deux autres, gravement atteints par les fièvres, durent être transportés ailleurs. A leur tour, chirurgiens, pharmaciens, barbiers, infirmiers, au nombre de plus de quarante, furent saisis par le fléau et plusieurs périrent. Par une disposition spéciale de la Providence, le P. Laynez et le frère Zormosa restèrent seuls valides à l'hôpital. Ils se multiplièrent auprès des malades, leur rendant les services les plus humbles. Grâce à leur zèle et à leur dévouement, la plupart des moribonds reçurent les consolations de la religion avec des sentiments touchants de repentir et de résignation à la volonté de Dieu.

Pendant que s'activaient les préparatifs du siège, Dragut, averti du danger que courait sa capitale, s'empressa d'accourir. Il débarqua pendant la nuit, près d'Africa, douze cents soldats turcs ou maures et deux mille arabes.

l6 LES JÉSUITES AUX PAYS BARBARESQUES

Le lendemain, Don Alphonse Pimentel vint faire du fourrage et du bois clans le voisinage avec un assez fort contingent de soldats. Pour parer à tout événement, Don Louis Perez de Vargas, gouverneur de la Goulette, reçut l'ordre de protéger les travailleurs à la tête d'un détachement de troupes. Ils furent soudain assaillis par Dragut et ses Turcs. Une mêlée effroyable s'ensuivit. Inférieurs en nombre, les Espagnols, malgré leur bravoure, ne tardèrent pas à être débordés. Ils auraient certainement essuyé une défaite, si Don Garcia de Tolède, averti à temps, n'était accouru à leur secours avec plusieurs compagnies. Dragut fit des efforts désespérés pour percer les lignes ennemies et opérer sa jonction avec les assiégés. Il se brisa contre la muraille de fer que lui opposèrent les chevaliers de Malte de langue française. D'autre part, l'artillerie tint en respect les renforts que les assiégés essayèrent d'envoyer au secours de Dragut.

Après cinq heures d'un combat acharné, le chef corsaire lâcha pied et regagna en toute hâte ses galères. Il s'éloigna pour chercher de nouveaux renforts, mais ses démarches restèrent sans succès.

Commencés depuis deux mois, les travaux du siège touchaient à leur fin. Avant l'assaut

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