Courte durée de cet établissement
1. Nous avons laissé à Wieliczka, dans la maison des Pères réformés, les théologiens de Tyniec. Ce séjour ne pouvait être que temporaire, il fallait penser à trouver une nouvelle maison. Le P. Lœffler, qui succéda en 1827 au P. Swi§tochowski dans la charge de provincial, présenta une requête au gouvernement pour que l'ancien collège de Jaroslaw fût rendu à la Compagnie ; le gouvernement refusa et offrit en échange le couvent étroit et mal entretenu des Norbertins, fondé à Neu-Sandec par le roi Jagellon. Les Pères de Tyniec y étaient appelés par les pieux habitants ayant à leur tête leur bourgmestre, M. Denis Vôjcikowski. Les conditions faites par la petite ville et par le gouvernement étant convenables, les .Jésuites acceptèrent.
-2. En 1831, était arrivé en Galicie, comme gouverneur
civil et militaire, l'archiduc Ferdinand d'Esté, frère du duc de Modène François IV. Élevé dans les anciennes traditions de la maison de Habsbourg, ce prince aimait sincèrement les Jésuites. Distingué par sa valeur, dont il avait donné des preuves à Ulm, il jouissait à la cour d'une grande influence. Prince au cœur noble, il s'opposait souvent aux tendances du gouvernement d'alors et défendait la justice et le bon droit.
Le premier en Galicie, il nomma starostats quelques polonais, au grand scandale des bureaucrates. A son arrivée, les Jésuites respirèrent; ils venaient de trouver en lui un défenseur et un bienfaiteur. Dans le même temps à peu près, la nomination à l'archevêché de Léopol de Mgr Pistek, évéque de Tarnôv;^ [i) et dévoué à la sainte Église et à la Compagnie, rendit facile à l'archiduc l'accomplissement de ses bons desseins à l'endroit des Jésuites. Son premier service important fut d'empêcher la commission des études de poursuivre les Pères de toutes « ses exigences » pour les manuels de philosophie et de religion, et de faire cesser mille autres tracasseries mesquines. Il faut encore attribuer à l'intervention de l'archiduc le décret du 29 mai 1836, émané de la chancellerie impériale et accordant aux Jésuites une liberté complète dans l'enseignement des collèges ',et dans leurs études théologiques.
3. Dès avant la promulgation de ce décret, le P. Pierling, provincial, qui en avait été informé, désigna le 2 mai 183G
(1) Après l'archevêque Ankwicz, transféré à Prague, le gouveriieiTient envoya à sa place l'archevêque de Goritz, Mgr François-Xavier Luschin. Ce prélat pieux et très charitable, voyant la grande misère du peuple et n'y pouvant remédier malgré l'abondance de ses aumônes, convaincu d'ailleurs que l'ignorance de la langue polonaise l'empêchait de remplir consciencieusement ses obligations, demanda à l'empereur de revenir à son ancienne église. Son administration ne dura que quelques mois. Alors l'empereur désigna pour métropo litain de Galicie Mgr Pistek, fils d un meunier de Bohême.
l'archiduc FERDINAND d'eSTE ET LA COMPAGNIE
une commission formée des PP. Etienne Zaleski, Hawrylowicz, Brown et Raphaël Markijanowicz, pour régler les cours de philosophie et des classes à Tarnopol.
Le système d'enseignement des Jésuites, le ratio studiorum-y avait été composé par une commission de six Jésuites de différents pays, désignés par le P. Général Aquaviva en i583, et ce plan avait été approuvé par la septième congrégation générale. Les Jésuites suivirent ce ratio pendant près de deux siècles, jusqu'à la suppression de la Compagnie, dans leurs nombreuses académies et collèges.
A la fin du siècle dernier, les sciences exactes et naturelles ayant pris une importance plus grande; dans notre siècle l'étude de l'histoire universelle et de la littérature nationale s'étant aussi développée déjà dans la Russie-Blanche, les Jésuites avaient introduit dans leurs classes des cours de sciences, et la première congrégation générale tenue à Rome après le rétablissement de la Compagnie (octobre 1820) décréta que le ratio studiorum du P. Aquaviva serait adapté aux exigences du temps. Dans ce but elle recommanda au R. P. Fortis, général, la nomination d'une commission spéciale (1).
Les nombreuses occupations du P. général, accablé d'affaires par les nouvelles fondations de collèges et de maisons, rendirent impossible l'exécution de la réforme. La seconde congrégation depuis le rétablissement de la Compagnie (janvier 1830) recommanda que le ratio studiorum fût le plus tôt possible approprié aux temps actuels. Le R. P. Roothaan, général de la Compagnie, répondit qu'il était persuadé de la nécessité de cette réforme ; que cependant il convenait de ne rien décréter sous ce rapport qui n'eût d'abord été confirmé par l'expérience dans toutes les provinces (2).
Dans la suite, il désigna sept députés pour la révision du
{\) Inslitutma Soc. Jesii. Roimv, 186?, tom. I, p. 438. (2) J6id., p. 446.
ratio studiorum. Ce travail fat terminé en 1834, imprimé et envoyé dans les provinces de la Compagnie.
Le P. Pierling nomma alors une commission de quatre Pères à Tarnopol, leur remit ce ratio studiorum déjà modifié, et leur recommanda de noter en détail ce qui, dans ce sj^slème, ne pouvait être appliqué aux circonstances présentes en Galicie. Ils devaient aussi avoir égard à ce qui avait été introduit d'utile dans les autres bonnes écoles ; à ce qui, tout en étant contraire à nos usages en général, paraitrait utile, vu le caractère et les besoins de la Galicie et les exigences des hommes bien pensants (1).
J'ai entre les mains les actes de ces Pères députés pour régler les études. Ils tinrent huit séances. Voici leurs décrets sur la distribution des matières de classes :
« 1° En philosophie, selon l'esprit du ratio studiorum et de « la commission impériale des études, doivent être expli- <3 quées : la philosophie théorique et pratique, l'algèbre, la « géométrie, la trigonométrie, les sections coniques et la « physique, et de plus l'histoire universelle et l'histoire natu- « relie. L'étude de l'histoire universelle en particuher est « nécessaire pour corriger beaucoup d'erreurs des historiens « modernes. On laissa la géométrie analytique et les mathé- « maliques supérieures, comme matière supplémentaire, seu- « lement pour les élèves les plus capables. On rejeta des « études philosophiques la philologie et l'enseignement de n la religion, que l'on renvoya aux classes inférieures.
« 2" Pour les classes du gymnase, on marqua l'enseigne- « ment de la religion, le latin, le grec (à partir de la seconde « classe), l'allemand, l'histoire, la géographie et les mathé- « matiques. Quant à la langue polonaise, on régla que, ayant « égard au décret de la cour du 22 décembre 1818 (2), cet
{\)Ms.Arch. Jes. Pol.
(2) Décret rejetant le projet de l'abbé Zacharyasiewicz, inspecteur des écoles, qui demandait qu'on enseignât la langue polonaise dans les classes.
l'archiduc FERDINAND d'eSTE ET I.A COMPAGNIE
« enseignement ne devait pas être obligatoire, mais on l'ensei- « gnerait publiquement, comme il avait été jusque-là d'usage, « deux fois la semaine dans les heures qui suivent les c classes (1). »
C'était là, pour le dire en passant, le premier exemple eo Galicie d'un cours public de littérature polonaise. Le P. Jean Markijanowicz en fut chargé pendant de longues années. Les Pères Jésuites conservèrent ce système d'études dans leurs collèges jusqu'en 1848; et pour couronner leur ouvrage, après avoir obtenu à cet effet un décret spécial de l'empereur, en date du 18 juin 183G, ils introduisirent, dès cette année même, la congrégation de la très sainte Vierge dans le collège de Tarnopol, et deux ans plus tard dans celui de Sandec.
4. La hberlé complète accordée dans l'enseignement aux Pères de la Compagnie, ne fut point la seule preuve que l'archiduc leur donna de sa haute bienveillance ; au commencement de son administration, il résolut de visiter la Galicie^ et dans les premiers jours de septembre 1833 il arriva à Tarnopol. Le U. P. Pierling, provincial, alla le recevoir et lui présenta les 49 Pères et Frères du collège. L'archiduc les salua avec une grande bonté et leur déclara que le lendemain matin il entendrait la sainte messe dans l'église et qu'il visiterait ensuite le collège et les classes. Il n'y avait que cinquante pas de sa demeure à l'église ; les élèves du collège firent la haie sur son passage. Après avoir entendu la sainte messe, son Altesse visita les Pères chacun dans sa chambre, leur demandant avec soUicitude leur nom, leur patrie, les études qu'ils avaient faites, leurs occupations actuelles. La visite des classes dura trois heures ; l'archiduc interrogeait lui-même sur la religion, les mathématiques et l'histoire naturelle. 11 fut charmé de la joie et de la sérénité qui rayon-
(1) Ms. in-folio, p. i7. [Arch. Jes. Pdl.l
Dait sur le front des enfants : « C'est une preuve de leur moralité », disait-il. Il quitta le gymnase au moment où les élèves rentraient chez eux ; se retournant vers cette foule d'étudiants: < Pour le plaisir que vous m'avez causé aujour- •« d'hui, dit-il, je vous convoque pour demain à la revue mili- « taire. » Il invita à diner le P. provincial avec le P. Cytow^icz « recteur du collège, les assura qu'il emportait la meilleure impression du collège de Tarnopol et que sa bonne opinion sur les Jésuites s'était encore accrue dans cette visite.
Quelques semaines plus tard, il envoya aux Pères de Tarnopol une belle collection de médailles et de monnaies : « C'est pour enrichir votre musée », écrivait-il. 11 offrit encore une somme importante pour l'achat d'une campagne.
Grâce à la protection et à la générosité de l'archiduc, le collège de Tarnopol fut plusieurs années encore un foyer de science dans la Galicie orientale. En 1837 on y comptait 479 élèves, parmi lesquels 144 suivaient le cours de philosophie. Le vice-gouverneur Krieg vint aussi visiter les classes ; et malgré son mauvais vouloir pour la Compagnie, il fut forcé de rendre justice à la formation des jeunes gens. Il ne se montra mécontent que des leçons de philosophie.
A Tarnopol, comme dans tous leurs collèges, les Jésuites rompaient la monotonie de la vie de collège par mille industries que leur suggérait l'amour pour les enfants. Aussi beaucoup d'anciens élèves de Tarnopol m'ont-ils affirmé que leurs années de collège avaient été les plus belles de leur vie. Dans leur sollicitude, les Pères veillaient sur ces jeunes gens, même en dehors de la maison ; leur charité trouvait plus d'un moyen do venir délicatement au secours des plus pauvres.
5. Deux mois avant son voyage à Tarnopol, l'archiduc avait visité les Jésuites de Starawies et de Sandec, et dans ces deux endroits il avait laissé des marques de sa munifi-
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ceiice ; il poussa la délicatesse jusqu'à remettre de la main k la main les sommes qu'il offrit aux recteurs de ces deux maisons, afin d'éviter les lentes procédures de la bureaucratie .
Cette bienveillance de l'archiduc stimula le gouvernement, qui avait proposé de donner aux Jésuites un collège à Sanok et cherchait des prétextes pour ne pas tenir sa promesse. En vertu d'un rescrit du 3 août 1833, il remit aux Pères de Sandec l'ancien collège des Piaristes de cette ville ; mais partie à cause du manque de professeurs possédant la langue allemande, partie faute de logement, la Compagnie ne prit la direction de ce collège que le 2 septembre 1838. Le nombre des élèves ne dépassa jamais 250 à Sandec. Outre le peu de temps que dura ce collège, il faut encore attribuer son faible développement à la fondation des trois cfollèges et pensionnats de Léopol, de Linz et d'Inspruck, fondations qui nuisirent aussi à Tarnopol.
11 était impossible de former en si peu de temps un nombre suffisant de professeurs capables et expérimentés. Ajoutons qu'il n'entra presque point de Polonais dans la Compagnie jusqu'en 1832, à cause des préjugés qui régnaient dans la nation contre les Jésuites. On chargea donc des basses classes de jeunes professeurs qui avaient à peine cinq ou sept ans de religion, silésiens et allemands pour le plus grand nombre. Ces religieux, qui ne connaissaient ni les besoins moraux du pays ni le caractère national, et à qui l'expérience faisait défaut, ne réussirent pas toujours auprès de la jeunesse polonaise, on le comprend facilement ; et malgré les meilleures intentions, ils froissaient les enfants par leurs procédés peu déUcats ; naturellement l'éducation en souflrait.
On remédia à ces inconvénients en 1846, en divisant la province de Galicie -Autriche en deux provinces indépendantes Tune de l'autre. A partir de ce moment, on forma, parmi les jeunes Jésuites polonais, un grand nombre de professeurs
capables de remplacer les Pères âgés qui sortaient de l'enseignement.
Mais l'année 1848 arriva et la Compagnie fut dispersée.
6. Revenons à Tarchiduc. Quand il eut fini son voyage a travers la Galicie, il appela le P. provincial pour s'entendre avec lui sur l'ouverture d'un collège à Léopol. Le Père se rendit à cette invitation, en compagnie du P. Rinn, qui savait bien la peinture. Ferdinand, qui, il l'avouait lui-même, ne permettait à personne de faire son portrait, autorisa le jésuite à le peindre, et tout en posant il s'entretenait avec le provincial des affaires de la Compagnie.
Dès 1826, nous l'avons vu, Mgr Ankwicz avait voulu retenir les Jésuites à Léopol et leur donner l'ancien couvent des Trinitaires avec l'église Saint-Nicolas ; mais le prix élevé le détourna de son projet. L'archiduc se saisit de cette idée et, dès 1833, il fit les démarches nécessaires près de la chancellerie impériale ; lui-même se rendit à Vienne et poussa cette affaire avec tant d'ardeur, que le P. Pierling, alors provincial, ne craignit pas d'écrire à Varchiduc : « Aucun de nos « procureurs n'aurait pu s'occuper des affaires de la Compa- « gnie avec plus de soin et d'activité, avec plus de dévoue- « ment et d'amour que ne le fait Votre Altesse Impériale (1). » r)ienlôt cependant l'archiduc se convainquit qu'il se passerait des années avant qu'il pùt conduire l'affaire à bon terme. Il imagina alors un autre plan.
La belle église des Jésuites, sous le vocable des saints apôtres Pierre et Paul, ne servait qu'à la garnison et aux élèves de l'académie. La rendre à ses anciens possesseurs, la faire desservir par quatre Jésuites, deux pour les Polonais,
(1) Lettre datée du 14 février 1834. Dans les archives des Jésuites polonais se trouvent treize lettres de l'arcliiduc aux PP. Pierling et Perkowski ; sept de ces IcttiTs traitent des phases diverses par lesquelles passa dans la chancellerie impériale l alVaire du pensionnat de Saint-Nicolas à Léopol.
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deux pour les Allemands; préparer ainsi les commencements pour un plus grand collège qu'il pensait fonder à Saint-Nicolas : telle fut la pensée à laquelle ne put résister l'archiduc. L'archevêque Pistek ne pouvait qu'appuyer ce projet ; il fallait craindre un peu plus de" difficultés à Vienne, car l'ancien collège des Jésuites avait été changé en bureaux du gouvernement ; les biens du collège avaient été en partie vendus, en partie versés dans la caisse de l'éducation ; il n'était pas possible même de penser à obtenir la plus petite partie de l'immense bâtiment ni des revenus, autrefois considérables.
Mais l'archiduc ne se laissa pas arrêter. Il loua et meubla des appartements pour les Pères et dit au P. provincial de demander au gouvernement qu'on lui rendît seulement l'église. Le Père suivit ce conseil, et onze jours plus tard, le 20 août 1836, arriva de Vienne une réponse favorable.
Dès le lendemain, l'archevêque remit solennellement les clefs de l'église à ses nouveaux administrateurs. Ainsi revint aux Pères de la Compagnie, après 63 ans, celte église, dépouillée en partie de son argenterie et de ses décorations, mal entretenue et négligée ; mais c'était toujours l'église des Jésuites (1) .
(1) L'archevêque, revêtu des ornements pontificaux et entouré d'un nom. Lreux clergé, descendit du maitre-autel jusqu'à la porte de l'église et adressa aux Jésuites agenouillés les paroles suivantes : aSoyez les bienvenus, Nos Très <. Chers Fils, je vous rends l'église bâtie par vos Pères et que l'injustice des <( temps vous avait enlevée. Grâce à la sage Providence de Dieu et aux efforts <c du pieux archiduc, vous prenez possession de ce temple, dans lequel vos « Pères ont travaillé avec zèle. J'ai la confiance que vous n'y travaillerez pas <( avjc moins d'ardeur au salut des âmes rachetées par le sang de J.-C. et t confiées à ma sollicitude. Cherchez donc, comme ledit l'Évangile, d'abord « le royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné par surcroit. Entrez et « suivez-moi. »
Alors Sa Grandeur remit les clefs de l'église au P. provincial. Le cortège s'avança vers le maître-autel, et l'on chanta le Ve^i Creator , ensuite le prélat pontifia solennellement ; et le P. provincial, avec le P. Joseph Perkowski, supérieur de la nouvelle mission, dirent la sainte messe aux autels de Saint Ignace et de Saint François-Xavier. M. Penka, professeur de théologie, pro-
Russie-Blanciie, t. h. 20
A celle époque, Léopol était une ville à moitié allemande. Non seulement les fonctionnaires de l'état, mais aussi une grande partie du clergé et des habitants étaient de la Bohème et de l'Allemagne. Partout dans la ville, aussi bien à l'église que dans les écoles, dans les rues et dans les magasins, on entendait parler Tallemand. A l'exception des patriotes polonais, personne ne trouvait mauvais cet usage. Il fallait donc des sermons en allemand. L'archiduc Ferdinand n'était point ennemi des Polonais ; au contraire il les nommait, quand il le pouvait, aux postes les plus élevés; mais d'un autre côté, il ne comptait pas se ranger parmi les patriotes. Quand donc il introduisit les Jésuites à Léopol, il mit comme condition qu'il y aurait deux prédicateurs allemands, pour l'entretien desquels il assigna en 1842, sur sa cassette particulière, 40.000 florins, comme le principal et seul fonds de la mission de Léopol (i).
En 1840 la Compagnie célébrait son troisième centenaire; cette même année eut lieu la canonisation de saint François
iionça en allemand le discours d'inauguration et n'épargna point les louanges à la Compagnie de Jésns. (Hist. Dom. Miss. Leop. — Ms. 111-4", p. iO).
C'est ainsi que 235 ans auparavant l'archevêque Sôlikowski avait introduit dans son église cathédrale de Léopol, comme missionnaires, les deux premiers Jésuites qui vinrent dans cette ville, les PP. Martin Laterna et Gaspard Nahaj ; en 1608, ils ouvrirent un collège d'enseignement secondaire dans une maison de bois, là même où aujourd'hui s'élève l'église des Pères et les vastes bâtiments de leur ancien collège, fondé par Mme Elisabeth Sieniawska.
(1) L'acte de cette fondation, ainsi que son acceptation par le P. Markijanowicz, provincial, est écrit en allemand et se trouve aux archives de la résidence de Léopol. Il y est dit expressément que, dans le cas où la Compagnie ne serait plus en état d'administrer cette église et de s'acquitter du service divin, le capital restera cependant la pi'opriété des Jésuites et sera employé de préféreui'.e au profit de la province de Galicie.
En 1848, lorsque la Compagnie lut dispersée, le gouvernement demanda qu'on lui rendit cet écrit. Le R. P. Baworowski, provincial, le remit entre les mains de l'archiduc, qui était alors à "Vienne ou à Modène. Le prince déchira l'ancien document et écrivit un nouvel acte de donation de cette somme au profit du P. Général de la Compagnie à Rome ; « Il désirait ajouta-il, que cet argent fût employé à l'entretien des Pères Jésuites, quand ils rentreraient à Léopol. 3)