‹ Les Jésuites du Canada au XIXe siècleChapitre 2 sur 62 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

SOMMAIRE

I. — État de la colonie, de 1814 à 1842. — Montréal et les Jé-

suites de l'ancienne Compagnie. — Montréal en 1842. — Les évêques du Canada. —Mpgr Lartigue, premier évêque de Montréal. — Mgr Bourget: enfance, jeunesse; secrétaire de Mgr Lar-

tigue, puis son coadjuteur.

II. — Projet d'une retraite pastorale à Montréal. — Le P. Chazelle, supérieur au Kentucky, est invité à venir donner la retraite. Son succès. — Mgr Bourget succède à Mgr Lartigue (1840); suaviter et fortiter; sainteté. — Appel aux Jésuites (1841). Réponse du Général de la Compagnie.

III. — Les hommes que la France nous envoya sous la domination française. — Ceux de 1842. — Leur voyage; leur arrivée à Montréal (31 mai 1842). — Premières impressions: sur le clergé; sur la race française. — Le collège de Chambly est offert au Supérieur des Jésuites. — Réflexions sur le petit nombre de prêtres, en ce temps-là. — Refus du collège de Ghrble — Embarras de l'évêque et des Jésuites.

La Compagnie, rétablie dans l'univers entier le 7 août 1814, ne revint au Canada qu'en 1842. Entre ces deux dates, la colonie avait été déchirée par des luttes

intestines qui eurent leur aboutissement dans la double insurrection du Haut et du Bas-Canada (1837-1838).

L'Acte d'Union, combattu aux Communes anglaises par le grand O'Connell et à la Chambre des Lords par plusieurs d'entre eux, notamment par Lord Gosford, ancien gouverneur du Canada, fut voté quand même aux deux Chambres et reçut la sanction royale en 1840. L'esprit qui l'animait ressort assez bien de cet aveu mélancolique de l'Ontarien, sir Allan McNab, aveu que lui arrachaient les succès de Louis-Hippolyte La Fontaine et de ses partisans: ( L'Union a manqué son objet. Elle a été faite dans le seul but de réduire les Canadiens français sous une domination anglaise, et l'on obtient l'effet contraire. Ceux qu'on voulait écraser, dominent. » !

Le siège du gouvernement, d'abord établi à Kingston, se transféra à Montréal en 1843.

Ville-Marie connaissait de longue date les fils d'Ignace de Loyola. Deux siècles auparavant, 16 mai 1642, le P. Vimont n'y avait-il pas célébré la première messe et présagé la merveilleuse croissance de ce « grain de sénevé »? Seuls pasteurs de Montréal pendant les quinze années qui suivirent, ils transmirent leur charge, en 1657, aux Messieurs de Saint-Sulpice, afin de se livrer plus pleinement à leur ministère de prédilection, l'évangélisation des sauvages.

Les périls et les besoins se multipliant autour de la ville naissante, ils revinrent s'y fixer en 1692. Leur terrain (chapelle, résidence et jardin) couvrait à peu près toute la surface occupée aujourd'hui par le Champde-Mars, le Palais de Justice et l'Hôtel de ville. Une

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