‹ Les Jésuites du Canada au XIXe siècleChapitre 23 sur 62 · TurcorTE, Le Canada sous l'Union, t. II, p. 278, s · texte numérisé non relu

TurcorTE, Le Canada sous l'Union, t. II, p. 278, s

SANDWICH (suite et fin) 167

se met résolument à pousser les Canadiens français de Sandwich et des alentours à la garde de leur langue comme de leur foi, et, les yeux sur l'avenir, multiplie les écoles catholiques et françaises. Les enfants pour les fréquenter ne manquaient point. Les foyers canadiens avaient gardé là-bas leur admirable fécondité. Treize écoles avec une moyenne de 80 à 100 élèves apparaissent sur divers points du territoire. Elles sortent de terre comme des sources qui vont alimenter le beau et large fleuve qui porte dans son cours l'étonnante survie de la race française en Amérique. Si les Canadiens français des comtés d'Essex et de Kent, à l'extrême limite de la péninsule ontarienne, peuvent aujourd'hui se flatter d'avoir, malgré l'éloignement, maintenu leur ‘organisation catholique et française, est-ce exagération de reporter une part du mérite aux clairvoyants efforts du Jésuite français ?

Quelle a été la grandeur et la ténacité de ces efforts, nous en entrevoyons quelque chose dans ses lettres à son Supérieur. ! Nous sommes heureux de pouvoir entrer dans quelques détails et montrer, en un cas précis et certain, ce que peut l'énergie doublée de constance pour le succès final.

Il fallait avant tout convaincre la population de la nécessité d'une éducation intégralement catholique. Nous avons déjà dit l'indifférence où le commerce habituel avec les protestants avait jeté le peuple. Le convaincre ne suffisait pas: les résolutions qui restent en l'air ne fondent rien. Il fallait le porter à l'action et à l'action coûteuse, délier les cordons de la bourse, construire des

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