‹ Les Jésuites du Canada au XIXe siècleChapitre 36 sur 62 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

SOMMAIRE

I. — Kingston. — Les Loyalistes en Ontario. — L'évêque de Kingston demande des Pères de la Compagnie pour son collège (1849). Le P. Tellier y demeure un an. — Toronto. Une bien petite ville en 1848.—Le P. Larkin nommé au siège de Toronto. Sa fuite en Europe. — Mgr Armand de Charbonnel. — Il demande des Jésuites. Arrivée du Père Tellier (1850). Le manque de sujets anglais oblige à quitter Toronto. — Mgr Lynch appelle à son tour les Jésuites (1860). De New-York le mot: impossible, est encore prononcé.

II. — Chatham. — Le P. Jaffré. Ses débuts à Sandwich, puis à Chatham. — Construction de l'église. Une cloche bien payée. — Les successeurs du P. Jaffré à Chatham. — La paroisse est remise à l'évêque. — Wilmot. — Immigrants d'Allemagne. — On se dispute les Pères. Une chaîne de roses. — Succès apostoliques. Construction d'écoles. — On passe la paroisse aux prêtres séculiers.

III. — Guelph. — Les origines. — Arrivée des Pères Holzer et Matoga (1852). — « Ils font la besogne de quatorze prêtres. » — Le champ d'action du P. Matoga. Ses travaux. Ses succès. Les Orangistes à l'œuvre. Maladie et mort de l'apôtre. — Le P. Holzer. — L'Orangisme. Un mot de Pascal. — Les Orangistes montent en armes à la résidence. Les Irlandais la dé-

fendent. Panique des assaillants. — La plaie des mariages mixtes. — L'école catholique. — M. Hespelar. — Les Allemands de Berlin. Ruse du missionnaire. — Les districts du Nord. —

La convention de Guelph entre l'évêque et la Compagnie. — L'hôpital Saint-Joseph. — Un collège. Une église avec des fondations aux « dimensions fabuleuses ».—Départ du P. Holzer; sa mort.

L'année 1841 vit se consommer l'Union des deux Canadas. Le Haut-Canada n'avait alors qu'une population de 460,000 âmes environ, comparée aux 700,000 du Bas-Canada. Il est vrai que sa colonisation avait été tardive. Avant la conquête, on n'y voyait guère que quelques familles françaises autour de Détroit et de Kingston. Bientôt la révolution américaine fit franchir aux Loyalistes les lacs Érié et Ontario. Ils s'établirent dans les campagnes riveraines, où tout les retenait, la richesse du sol et la douceur du climat. Pour la même raison, l'immigration européenne qui vint ensuite s'y abattit de préférence, comme une volée de moineaux dans un champ d'avoine. En 1824, la population ontarienne atteignait 151,000 âmes, en 1834 près de 330,000 1. La grande majorité était protestante, avec une agréable variété de sectes, qui n'était dépassée que par la variété des essences forestières de la région. Les catholiques formaient çà et là de petits flots d'importance diverse. Quelques-uns de ces groupes passeront sous nos yeux dans les pages qui vont suivre.

Des villes du Haut-Canada, la première à appeler les Jésuites (ne tenant plus compte ici de Sandwich) fut Kingston.‘ L'évêque administrateur du diocèse de ce nom, Mgr Phelan, fit en 1849, de vives instances pour obtenir que la Compagnie se chargeât de son collège de Regiopolis. Les hommes manquaient, surtout les hommes de langue anglaise: l'offre fut donc déclinée.

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