TURCOTTE, Le Canada sous l'Union, t. II, p
tagnes hérissées de blocs congelés et bleuâtres présentent un magnifique désordre et sont de toute beauté. Elles me reportent au pays d'Aoste, où j'ai souvent parcouru dans les gorges des Alpes les immenses débris rocheux des avalanches; et, ici comme là, il faut que le pic et la hache ouvrent péniblement la route au voyageur. » !
Les habitants de Laprairie étaient enchantés de la venue des Pères. Ils le prouvèrent tout aussitôt en meublant le presbytère, de la cave au grenier, et en y apportant d'abondantes provisions. De leur côté les nouveaux pasteurs s'occupèrent d'organiser la paroisse. Le P. Chazelle, supérieur, était curé d'office; mais on l'appelait plutôt le P. Supérieur; le vrai Père curé c'était le P. Tellier. Et il se livra à ses fonctions avec un zèle, une bonne grâce et un savoir-faire qui ravirent ses ouailles. ? Les autres Jésuites, employés à divers ministères dans les paroisses du diocèse, revenaient de temps à autre à leur home de Laprairie, pour se retremper dans la vie de communauté. Le P. Chazelle pourvoyait à tout et en outre s'occupait plus particulièrement de la population irlandaise, peu nombreuse, qui fournissait quelques soldats au fort, et auxquels chaque dimanche il prêchait en anglais.
Le premier soin du P. Tellier fut de faire le recensement de la paroisse. Il trouva 4036 catholiques dont