‹ Les Jésuites et l'universitéChapitre 10 sur 27 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LA CAMPAGNE S'OUVRE. — L'ÉVÊQUE DE BELLEV. — MANDE- MENT DE l'ÉVÉQUE de TOULOUSE. — PREMIÈRE LETTRE DE L'ËVfiQDE DE CHARTRES. — DUt-HUlT PBOFESSBUBS DÉHOK- CES PAS l'OIflVBitB. — SECONDE LBTTBE DB H.. DB CHABTBSS.

L'année 1841 s'écoula sans bruit. On attendait l'effet (lu litclle de l'abbé G'**t ; cet effet fut à peu près nul. J,a presse ni le public ne s'en occupèrent; et pourtant ce libelle contenait tout ce que l'on pouvait lancer de plus fort contre lUniversîté. D'autres se fusseat découragés; les jésuites étudièrent ce résultat pour en préparer un différent. Leurs méditations leur apprirent d'abord que, pour ûlre rctentissanti:, rattariiiii devait partir de plus haut, ensuite qu'on pouvait se hasarder très loin en insultes contre TUnivereité; soit terreur, soit dédain, elle ne répondrait pas, et personne ne paraissait disposé à la défendre, ses chefs moins que personne.

Sur celte double hase on organisa en silence les opé~ rations de la campagne qui s'ou\rit avec éclat, au mois

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de mars suivant, sous la conduite de plusieurs prélats dévoués.

L'évéqne de Belley, diocésain da siège de Lyon et suffragant de H. de Bonald, publia un mandement contre leSGOlléges de l'État, qu'il appehitdesécoles depestitence. Le mot parut assez dur au ministre de l'instruction pu- Uiqu^ on assura qu'il vouUUt s'en plaindra le ministre des cultes, M. Martin, ne le permit pas, et l'Université fut obligée de dévorer chrétiennement cet affront.

Les généraux avaient décidé en concile l'usage le plus large possible des personnalités. C'était voir juste: dans notre temps d'égo^e on ne s'intéresse plus axa. abstraotions; il n'y a plus d'esprit de corps , sauf chez les jésuites, et c'est là le secret de leur force; mais en revanche la personnalité est tout. La personnalité réveille ceux qu'endort le nom et l'idée seule du bien public ; ils laissent en paix âém<^ les institutions ; mais qu'on touche du bout du doigt à leurs biens ou à leur personne, ils jetteront les hauts cris.

En conséquence, monseigneur d'Astros, évéquede Toulouse, donna le signal , et, dii haut de son trône épiscopal, prononça soleunellenient Fanathème contre l'enseignement philosophique de M. Catien Arnould. Le professeur attaqué se défendit; le scandale fut grand, c'est ce qu'on voulait : la partie était liée.

L'évéque de Chartres, piqué d'avoir été prévenu par son confrère, s'élance à son tour dans l'arène. 11 écrit sa première lettre où il pose ce grand principe ; ■ L'Univer-

silé n'est propre qu'à augmenter la confusioa des idées; elle prépare à la France des calamités plus efîiroyables peat-être que celles qui l'ont frappée il y a un demi -siècle, et dont le contre-coup s'est fait sentir presque dans la terre entière. » Lo prélat, par une véliémcnte prosopopée, s'adresse à la France ; il la félicite d'avoir des chemins de tBt, pais par ane conmtrftioii eobite et In&ttendne : « mais au miliea de ee beau travail , arrètei^vons un <t instant et regardez derrière vous. Qui vous suit? Qui « se presse sur vos pas? Qui s'offre à votre vue? Ah! «ne ■ génération m proie à une impiété sans bornes, à une

< soif brûlante d'indépendance, km gâtiiraHùn sans « Dieu, sans prein, quiinsuUera Amtre m&nmet, déekic rera vos lois, renversera vos ouvrages... Koas aimons « ft le croire, sans doute ce torrent de maox peut être « encore détoarné. Qu'on se réveille donc, qu'on ne

< dorme point ffli paix sur nue tette que peuvent dé- « chirer et diaoger eti abîme tés moHires inflammables » gui bouillonnenl dans ses entrailles; qu'un rayon d'en » haut nous éclaire, que Dieu sauve la France ! »

C'est ainsi, c'est avec cette vigueur que M. de Chartres commeaçaâesoQner ce lugubre tocsin dont, à partir de ce jour, son bras în&tigable ne laissa pas le battant reposer une minute, n annonce qn'il va passeren revue les doctrines ou plutôt les professeurs de lUnîversité, et tout de suite, pour montrer sa bravoure, il s'empare de M. Cousin qu'il convainc d'impiâté au premier clief. I.a preuve consiste en une phrase sur le Verbe fait chair.

Malheureasement la phntseétait de Fcnclon; mais qu'importe? personne ne le sut. L'essentiel était de faire passer M. Cousin pour hérétique, et après lui tonte l'Université.

La tranchée était ouverte, le bataillon sacré de l't'jiivers s'y précipita. Dix-huit proresseurs furent dénoncés nominativement dans une lettre à M. Fillemain (1), h savoir, messieurs Cousin, Jouffroy, Charma, Catien Arnoiild, Nisard, Ferrari, Labittc, Bouiilier, Jules Simon , Micheiet, Lerminicr, Joguet, Quinet, Ph. Chaslcp, Michel Chevalier, J.-J. Ampère, Lamque et Damiron. Si jamais il y eut œuvre de mauvaise foi, c'est hien ce factnm pitoyablement venimeux. On y confondà desseindes choses essentiellement distinctes : le livre de l'écrivain avec le cours du professeur ; les professeurs du collège de France avec ceux de la Sorbonne (2), et les professeurs de faculté qui s'adressent au publie, avec les professeurs qui parlent à des enl^nls. Car observez que dans ces dix-huit noms, il ne s'en rencontre pas un seul appartenant à un professeur de collège. Et quels reproches ! M. Ferrari n'a pas fait dans quatre leçons une seule profession dejbi chrétienne; toute son exposition de la politique de Platon et de celle d'Aristole est écrite sar un Ion d'extase; M. Nisard a raillé la mauvaise tonmare dea séminaristes et iail réloge le plus pompeux de J.~J. Bousseau ; et en-

(1) 31 mm 1843.

[2) Le MllÉgo de Franco est touti Tiiit en il^'hors de IXnivcrsitû et do sa juridiction. Il so gauverne et s'administre par lui-mCmc.

coreoùcela^ s'il vous plaU?dans des Impressions de voyage l H. Quinet est l'autenr i'jthatvérue ; AT. Labitte a felt une thèse sur la démocratie chez les prédicalears

de la Ligue. Il n'a point fait l'apologie de Boucher, de Linceetre, de Porthaise, de tous ces boute-feux en soutane ; au défaut de M. Labitte, P Univers , dans six énormes articles, vient d'avoir ce vertaeiix courage.

Cette lettre, signée les rédacteurs de FUnîverSfèslTél digée sur un ton bien différent de celui que le même journal a pris bientôt après pour ne le plus quitter. Ici , le langage affecte la modération et la dignité convenables dans une pièce dehaute diplomatie. Cest une sommation respectueuse au ministre de l'instruction publique de sévir contre l'Universilé, et pour l'y encourager, lui, à qui dans la suite on a prodigué, sans aucun ménagement Ù 'expression, l'insulte et le mépris, on feint d'être assuré de ses excellents sentiments; on t&che de le prendrepar son &ible : on le loue, on le complimente, on le plaint, on le bénit; c'est un modèle achevé de patelinage :

« Nous savons, Monsieur le SUnistre, que toute votre « sollicitude est éveillée sur ces déplorables abus; vous a gémissez de ces scandales ; vous vous efforcez de les ■ contenir, de les réprimer et de les prévenir ; honneur « à vos paternelles intentions! mais, Monsieur le Mi- 0 nistre, votre longue expérience vous a appris que les e intentions les plus louables, les plus fermes, les plus « persévérantes, éckoueront toujours contre la consHa tution même de V (Jniversité. »

C'est donc le principe même de rUnlversIté qu'on attaque. C'est en vertu de sa conslitation qu'elle est impie, athée, immorale. Néanmoins ron ne demande pas sa mort; on ne veut que le droit de concarrence» la liberté d'enseignement, c'est le lenne saccamentel : '

• Ni l'État, ni rUniversité n'ont h. s'effrayer de cette « liberté, car elle n'est demandée gincèteraent que par « les citoyens qui, depuis douze ans, ont donné les « gages les plus éclatants de soumission au pouvoir, de « respect pour les lois; qui ont fait à la cause de l'ordre « le saari^ee extérieur de ieurs opinions, de leurs préfé- « rences. »

Quel langage modeste! mats attendons la fin} la Qn est arrivée, au moins la Ûn de leur dissimulation. Lo sacrifice extérieur a cessé; la cause de l'ordre ne les touche plus, ces citoyens naguère si paisibles, si soumis; leur violence impérieuse se déploie aujourd'hui librement, et menace, à front découvert, l'État et l'Université. Le drapeau blanc d'une main, de l'autre montrant Henri V, et le nom des Nassau ù la bouche, le jésuitisme exige quel'État se soumette. L'Église catholique, diaent-ils par l'organe de H. de Montalembert, n'est l'auxiliaire de personne : elle est beinb ou elle n'est pas. Comme ils ont conservé ies doctrines de la Ligue, il n'est pas étonnant qu'ils en reproduisent la langue : ils s'appellent donc les catholiques, et tout ce qui ne se range pas de leur côté, ils le rejettent ipso faetû dans le schisme et l'hérésie : voilà pour r$tal.

Quant à la liberté d'enseignement, qui iieutencore croire à cette vaine parole et aux protestations dont on l'entoure? Ce qui se cache sous ce mot n'est-il pas assez visible? c'est le monopole transféré aux jésuites, el celui-ià serait dur! La concurrence dont on parîc, nn sait bien qu'elle est impossible, et s'annulerait le lendemain du jour où elle serait proclamée. Il bot même, pour son lionneur, que l'épiscopat l'explique {dn'sl; autrement, comment supposer qu'il consente de son plein gré à voir l'athéisme et l'immoralité élevant chaire contre chaire, et dogmatisant au milieu de la l<'rance? Le clergé, soidisant poussé au désespoir et à la révolte par l'horribh carnage d'dmes (1) q«i se fait dans l'Université; ce même clergé abandonnerait de gaieté de cœur une partie de CCS ilmes a la concurrence? Non, non; il ne leint de les abandonner que parce qu'il sait que la concurrence serait une Qctloa. Et pourtant, c'est au nom de ces mensonges accumulés qù'il ose réclamer la condamnation et la mort de l'Université, d'une institution qui a rendu et peut rendre encore à la France tant d'éminents et glorieux services! et cela se passe treize ans après la révolution de 1830 1 Comprenez et toqs iBstruiaes, vons qui &ites des révolutions 1 Tandis que le public ébahi de cette impudence se de-

(I) L'expresBlon «t de Honselgnenr l'évoque de Chartres, lellra kVUnivBTs, octobre 18f3. Curnaffe vient de caro, ehab-} monseigneur cependant ne croit pta à des amea do dioiri il n'est pas matérialiste, il n'est que pu^né , meli il l'eit besncoup ! .

mandait sur qui ou surquoî elle pouvait s'appuyer, l'évèque de Chartres reparaît armé d'une nouvelle épitre dans laquelle l'odieux le dispute au ridicule. Il s'agît d'une préface de Jouffroy qu'il constitue , de sa grâce, le représentant de l'Université ; car, il est bon do le rerr.arquer dans toute cette diBcussion , les agresseurs n'ont jamais su faire autre chose que de conclure dn particalierau général ; absolument comme si l'on accusait le clergé tout entier des crimes atroces dont quelques prêtres ont été convaincus par les trlbunaus.M. de Chartres interprète des phrases qu'assurément il ne comprend pas '( car je ne veux pas mettre sa bonne toi en question), et il s'écrie : « Ah ! que voyons-flous donc ici ? L'affreux matérialisme, le plus terrible iléau des nations, qui sort avec privilège et tout rayonnant de la gloire d'une connivence si encourageante et & flatteuse , du lieu où il aurait dû recevoir les plus mortelles blessures ! » Là-dessus monseigneur appelle â grands cris les saint-simoniens, les fouriérisfes et les communistes , et les invite à venir goûter le triomphe que leur prépare l'Université ! Son imagination échauffée lui suggère les conséquences les plus noires de ce prétendu enseignement universitaire :

« Voici donc une scène qui peut s'ouvrir quelquefois <i autour de nous- Si l'on demande : Piiis-je en con- « science enlever le bien d'autrui, piller des héritages c dont je jouirai avec délices dans ce monde, sans crain-c dre d'ailleurs aucun pouvoir humain ? appelez lé profea-

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< seurdernDiTersité;ilTousdira: le ne veux point vous c dODoer de vaios Bcrupules, car c'eit une question pré- « maturée. — Puii-jemeplongeràamlesxoluptêslesphu « xnfàme$ que je goûterai m pleine téeurHéP— Mime « r^otue.-—Puit-jebmiw«nerlatoMiép(mritC^f>er « sur sei ruines ? Jl coulera bien du sang ; mais tout me « répond du succèi... — Question prématurée. — EûQo, a (lôpouillant toute affection de /amt7/e, étouffant le cri it de la nature, puM-]e égorger un vieux père dont les t jours retardent la félicité des miens ? H'est-il permis > de le regarder comme une vuuhine inutile et usée u qu'on peutinnocemmentbriser? — Eh! ne l'avez-vous « pas entendu? c'est une question prématurée. »

Oo s'abstiendra de qualiQer ce passage et les autres qui lui ressemblent par respect poar le grand Age de l'auteur, plus encore que pour le caractère dont il est revôtu, car le titra d'évôque ne donne pas le droit de calomnier. Mais comme précisément le parti romain abuse de ce'titre pour prêter autorité aux paroles de M. deChartres , nous transcrivons encore quelques lignes de son incroyable lettre. Elles achèveront de montrer, sans autre commentaire, à quel point il serait prudent de s'engager sur la foi d'un guide si aveuglé par la passion.

Après avoir fait de l'éloquence sur Cromwell, Sylla, Octave etMarius, après une longue tirade sur les règnes de Néron, de Caligula, sur les martyrs, le tout à propos de l'Université, il vient à parler des tigres, des serpents Q des bergers :

' « un Ugrâ égorge un troupeau et sespasteurs, sa soif « du saug ne peut s'étaucher; un serpent monstrueux « enlace un voyageur égaré dans les forêts de l'Afrique , « il lui foit souffrir un lent et épouvantable supplice. « L'un de ces historiens ou de ces poètes que j'ai dési- « gnés, loin de fïrémir à la seule pensée de la cruelle fii- « reur de ces animaux , se bornera à dire froidement : « Pourquoi les abhorrer ? L'un est courageux, au moins « à l'égard des bibles ; l'autre est rusé rI souple ; ils ont « les débats de leur^ qualités. Tel est le trait tephta fin 9 et toat à la fois le plus odieux par lequel on a voulu « essuyer les figures dégouttantes de sang et de crimes « des doniinateura, des ^joTj^eurs de 93. »

Vous ne voyez pas du premier coup d'œil quel rapport a toute cette rhétorique avec l'Université ; c'est que vous ignorez que l'Université lïiit faire dans ses classes l'apo- Ic^ie de 93 et de ses égorgeurs , ou , comme s'exprime l'éloquent prélat, tait essuyer leurs figures sanglantes bvec des traits Ans et odieux. 03 et la Convention, voilà l'idée qui obsède H. de Chartres ; il vit dans la terreur perpétuelle de la terreur, et pour fuir cette époque funeste, il ne veut pas s'élancer en avant , il veut au contraire reculer et se mettre à l'abri derrière l'adtsien régime et les anciennes tnéûiodea : de là ces clameurs, ces alarmes, ces prédictions sinistres : — L'Université enseigne *des$ystèmes sacrilèges {\). » — L'Université est

[\] LGtIrat de H. Clauscl de Honlals,

destinée « à écrire «on nom fatal wr kt ruine» fumarv-

I tes de la France (1). > — L'Université pousse à l'imitation a des égorgeurs de 93 {2). u Or, savez-\ous ce que c'était que 93?— « Je l'ai vu 93, > s'écrie H. de Chartre»^ n l'a si. bien va, qu'il enrit le voir toujtmis.

II nooa en foit la peinture et celle de la CenTention. Ua seul trait feraapprécier le peintre et le tablf»u : « Tout I c fuyait. La vertu , le mérite , les talents épouvantés et

« transis se cachaient. Il ne se présentait aux réunions « électorales que le refrut de la société. On demandait à « la porte , dans le langage grossier et cynique de ce « temps-là: Quel crime avee-mus commis qui méritât * l'éckajaud P Celui qui était noirci par le plus à'hor- < reurs et de ba$tesset était îstroduit aiec le plus d'ap- « plaudis«ements et de &ivev)r(3), > Ët'im le nmninait président. Voilà ce que e*était que la Convention. H. de Cliartre? a la franchise d'&veuer qu'il n'a pas vu cela , étant alors caché avec les talents transis; mais, dit-il avec une parenthèse et une naïveté adorables : < Je l'ai " oppriapar des voies sûre». >

On demande s'il y a de la Justice à rendre l'Université responsable de la puldtcatian des Mifttèra de Paris, et à la comparer à Gircé. Ge&i peurtut cft que fiât M. de Cbartres avec son ^oqueneé ordâjnire: .

« Que ne pournJs-je pas dire de ce ifiMmt piibiit

(f)LeUre(IeH.CIaiuflldeHanlalB.To;,laCdi.iicfVanc0dul"avriI.

(Z) VtOvert àa 19 mars.

(3] 2* lettre. Vnlveri dn IQ min

« d'impudicité qui surpasse tes turpitudes , les rafftne- « menls de vices , les indignités de tous les lieux de a prostitution anciens et modernes P C'est là évidemment « encore un fruit de doctrines matérialistes, qu'un corps « qui enseigne au milieu de nous , au nom de l'État^ ^.couvrede son autorité a.\x^ yeux de ceux qui les sou- « tiennent. Pénétré de douleur et m'adressant ici en gé- « néral aux professeurs et aux écrivains de ce siècle qui « s'efforcent de répandre les erreurs dont je viens de « m'occuper, qu'il me soil dn moins permis de m'é- « crier ; Sophistes sans pudeur et sans entrailles, que « voulez-vous donc faire de la jeunesse française ? Oui, « ces juuucs ilnies iiuc le ciel a pourvues dlneliniLtions « si heureuses , parlez ! que prétendez-vous en faire ? « Voulez-vous donc , comme ce personnage infâme et c abhorré des fables antiques, les dépouiller de leur na- « ture, les transformer en animaux imjnondes et en bêtes « féroces ? s

M. de Chartres, qui possède l'hisloire aussi bien que la fable> et l'une et l'autre aussi bien que son bréviaire , emprunte les paroles de Fabrîcius à Ginéas, et après avoir entendu « les paroles de nos docteurs d'athéisme , bienmoins odieuses que celles des épicurims, » il s'écrie, en poussant un cri d'horreur : 0 Hercule, envoie de tels iMt^teursauQB plus cruels ennemis de Romel Effectivement t lUnîveraité n'est pas ce qu'il faut aux amis de Rome, et je conçois qu'ils veuillent s'en dé&ire;mai3 est-ce les amis de Rome qae la France doit teair à cou-

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tenter^Voilàle point. Du reste, je m'accorde aa vœu de M. de Charlrcs. De tout ce qu'a écrit ce prélat, l'apostropheà Hercule me parait l'enOroit le plus sensé.

Od connaît maintenant M. de Chartres, ses opinions, son style et l'eaprit qui ranime. C'est tonjoars la même chose, et les deux lettres que nous venons d'analyser me dispenseront d'examiner la suite de sa verbeuse et volumineuse correspondance; car chaque semaine, ou tout au'pluB chaque quinzaine, voit éclore une transformation nouvelle de sa première lettre. M. de Chartres, comme s'il se fût constitué le rival du fameux Lasserre,

ÉpUre sur épUie ïnces^mment desserre.

Le public, ou ne les lit plus, ou, si par hasard il y jetté les yeux, les juge d'un petit mouvement d'épaules.

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