CHAPITRE I
APSRÇD DE tA. TACTIQUE.
SI"
Le couronnement des manœuvres que nous avons signalées dans la première partie, c'est l'envahissemenl de riastruction publique. Ce sera le dernier coup porté & nos lUierEéa si chèrement conquises par deux révolutions. Quand les jésuites auront les enfïtnts, ils auront les pèrea et les mères , c'est-à-dire tout le monde : le présent et l'avenir. Aussi leur cri de guerre dans celle espédilion qu'ils ont entreprise contre l'État, c'est mort à l'VniversitéAh Toitent ainsi, bous l'apparence d'une querelle particalière, la grandeur et la témérité d'une attaque générale.
Ruiner l'Université! C'est d'abord satisfaire an immense besoin de vengeance. Qui s'est opposé aux jésuites dès leur origine, et leqr fltinterdire ce nom arrogant de Compagnie de Jésus? l'Université (1}. Qui a
(I) Dans l'aisemblëc de l'EgllÈe gullicano, Icauo à Po\i»y en I£i(iO..
maintenu contre eux et enseigné les libertés de l'Église gallicane, c'est-à-dire empêché l'Institut de saint Ignace d'arriver au but ? l'Université. L'Université a soutenu à la face de l'Europe un procès contre les jésuites ; et ce procès, elle l'a gagné en convrant de honte ses adversaires. L'Université a fait condamner le livre de Santarel et spécialement lus propositions touchant la puissance temporetie du pape et la dépendancedes souverains. Sans l'Université, les jésuites n'auraient pas été contraints de signer un désaveu tel quel de ces doctrines ultraraontaines ; sans l'Université et le principal d'un de ses collèges, les Provinciales seraient peut-être encore inédites (1); sans l'Université, qui éclairait incessamment leurs démarches et leur esprit, les Jésuites n'eussent peat-étro jamais été chassés de France. Que de motifs de haine dans le passé !
Le présent et l'avenir n'en fournissent pas moins. L'Université est l'asile des lumières. Or, la science, à dater de l'arbre du paradis terrestre, a toujours été un instrument d'opposition. La science est le chemin de la liberté. Comment donc la science peut-elle coexister avec une însliUitioa basée sur le principe de l'obéissance passive, absolue, mécanique, perindéac cadaver? Douc^ il faut canonner cette forteresse de la science; il faut arracher des mains de l'Université ce flambeau qu'elle
(1) Ce fui M. ForUn, priDcipnl du col)^ d'Harcourt, qui les imprima dsadwUoemeiit dans l'Intérieur dn collège, bravaat les d6feDHS lei plui rigounusea de l'ouloiilé.
élève et fait loire Bur la France. Ne veut-elle pas le lâcher? il faut se ruer tous contre elle, la pousser, la faire glisser, et quand elle sera par terre.,.! Pour aider à cette œuvre pie, l'abbé Desgarets, le curé Vedriue, humecteDl le sol autour d'elle avec le sang répandu en 93 ; ce sang qu'ils vont ridiculement puiser dans, l'histoire avec le bec de leur plume d'oie, ils accusent l'Université de l'avoir répandu, et ils concluent qu'il faut rendre l'éducation au clergé (aux jésuites) : — Choisissez, s'écrientjls, les jésuites avec tout le bonheur qu'ils peuvent Aoor ner en ce monde et dans l'antre, ou bien rUniversité avec la guillotine en permanence. C'est leur argument textuel : M. de Chartres en est on ne peut plus satisfait.
Ils ont encore usé d'un autre stratagème : ç'a été d'interposer leur intelligence et leur bonne fol entre le flambeau d'où 8*ëchappe la lumière et le public à qui elle s'adresse. Les rayons, comme l'on peut croire, en sont laidement dénaturés : Voilii, sV;crient-i!?, la clarté que l'Université vous envoie. N'esl-elle pas aiïreuse ? C'est vrai, leur réplique-t-on; mais c'est qu'elle a traversé les feuilles noircies de vos mandements. I>e soleil même parait impur quand on le regarde à travers un verre chargé de noir de fumée.
Cet artiDce, étant reconnu insuRisant, ils essaient d'un autre, puis d'un autre, puis de mille autres, sans toutefois abandonner léur système d'interprclation , de diffamation, de calomnie contre les hommes et contre les livres. Ils le cultivent et l'arrosent sans relAcbe &
tout événement. Mais n'est-cu pas une chose I)ÎRn remarquable que l'étroite fldéUté de ces moines à l'esprit (le leur institution? Ils ne 8!en sont pas départis une minute ! Créés pour soutenir un mensonge, la suprématie temporelle du pape, ils ont toujours été menteurs; ils le sont encore comme il y a trois cents ans, et certainement ils le seront toujours : le mensonge est leur essence. Vous avez vu, an xvu' siècle, leur général Vitelleschi envoyer en France deux exemplaires falsifiés de Sanlarel, sur lesrjuels ils espéraient faire juger l'ouvrage; hier, vous ave/, lu dans les journaux que les jésuites de Lyon , convaincus d'avoir fait une fausse déclaration des immeubles considérables par eux acquis, venaient d'être condamnés à l'amende du double droit; aujourd'hui, c'est la lettre d'un pasteur protestant .qal les convainc du plus bas et du plus ignominieux de tous les vices. Se glorifiant eux-mêmes dans leur Univers , ils avaient rapporté un passage de Calvin sur les jésuites : « Quant aux jésuites, qui se montrent nos plu$ grands obstacles, il faut les tuer, ou, si l'on y trouvé trop de difDculté, les chasser, ou, du moins, les accabler de mensonges et de calomnies. » Et ils indiquaient le titre du traité de Calvin, l'édition, la page, la ligue où se trouvaient ces paroles. C'était adroit ! Eh bien, ces paroles, cette édition, ce titre, ce traité. Tien de tont cela n'e^iiste; c'est encore une imposture des- bons Pères (1),
(I) VoTQï le CmaOuilomiet dn 30 Boftt t843.
el VUnivm a refusé d'en ineéi-er la reetilicatiOD ; et ces gens-là, meateurs comme les plus effronlés laquais, se , proclameal les représentants et les ministres du Dieu de vérité. Il faut qu'ils comptent terriblement sur l'ineptie publique!,— Allons, pères famille, h&tez- TOus de leur conOer vos enfants, a&n qu'ils les rendent semblables à eu](~m6mes.
Ils les réclament ;i grands cris et en voli'e nom; que dis-je, en votre nom? Ils font mieux : eux, les apôtres de l'obéissaûee passive, inintallîgeote et abrutie, les missionnaires pour l'asservissement du monde au despotisme du pape, ils les réclament au nom de la liberté ! Voilà un exercice qui surpasse tous les autres ! Oui, lesjésuites bannis par la loi , prennent leur point d'appui dans la Charte ! iU réelameot la liberté ! Quelle liberté, s^il vous platt? la liberté de nous ôter notre liberté. Pardon de la liberté grande !
Ou en dira ce qu'on voudra, mais ce sont des gens qui connaissent le pouvoir d'un mot mis ii sa place. Ils se «H^t dit : Parlons la langue en &Y«ir auprès du plus grand nombre. On nous oppose notre nom (on ne saurait pis !); ripostons par le nom de la liberté , qui nous gagnera la foule, et poursuivons nos adversaires d'un autre mot qni les rende odieux. Cet autre mot sera ap- I^lcable ou qe le sera pas; o'wtégal! On s'ameutera avant d'y regarder. Alors fiirrat tronvées ces deux expressions tolismaniques : Monopole mivenitaire.~Lir ierté ^etueignment. Sons doute, il y a par rapport à
VeDaelgnement p'olilic quelque chose & foire, beaucoup à faire, pour bien faire. Mais ce quelque chose-là ne vous portera pas grand profit , car ce que vous cachet derrière ce mot Liberté d'enseignement, c'est le monopole clérical te plus intolérant et le plus dor. Cela est démontré et un peu plus clair que le jour pour les esprits calmes et sensés. Cependant comme il est aussi des es- {H'itB d'une autre trempe, et même en assez bon nombre, serves-voos toujours de ce mot pour leur faire illusion, en attendant que rillasion ne soit plos possible.
C'est par une précaution et dans une vue analogue qu'on emploie te moins possible le nom de jésuites, auquel on substitue les noms d'ordres différents : bénédictins , dominicains, pères de la Foi, et tels autres. Gela offre plusieurs avantages : le premier est de masquer l'accroissement considérable d'une société mal fïimêe, et de prévenir les inquiétudes que cet accroissement ne manquerait pas d'éveiller. Tel qui abhorre les jésuites, embrasse tendrement les pères de la Foi. C'est donc une diversion ntile; et puis il en résulte ce prestige de religiosité que les jésuites s'entendent si bien à exploiter. En effet, s'il n'y avait en nom que des jésuites, ils en seraient réduits à se citer toujours eux-mêmes. Au lieu qu'ils disent : Voyez comme par nos efforts le bon grain fructifie 1 La religion reprend : voilà de tous efttés des moines de toutes coul^rs gai se rétoUissent. Mais ils ne disent pas que ces moines de toutes couleurs ne dilTérent que par l'hahil, et que c'est au fond la même
inspiration, d'esl exactement la fraude de ces libraires qui mettent seconde, troisième, quatrième édition aux différents tirages d'une édition unique. Les simples par^ tent de là pour admirer le succès. Prenons, par exemple, les bénédictins de Solesmes. Nous les jugerons d'après la règle de l'Évangile : à fruetibus eorum cognoscelis eos. Ils ont publié en 1837 un premier volume des Origines de l'Église romaine^ aQn, pensaient-ils, de se montrer dignes du nom qu'ils ont pris. Or, qu'est-ce que c'est que l'érudition de ce volume? lis ont discrètement pillé les notes de la grande édition romaine d'Ânastase le bibliothécaire; ils présentent comme authentiques des pièces apocryphes et duement reconnues pour telles, mais desquelles résulterait la double puissance du pape, iliiniiléeau temporel comme au spirituel; enlin, chaque page ramène l'apologie de saint Grégoire Fil ! De plus, M. Guéranger, soi-disant abbé de Solesmes, consacre toutes ses veilles et ses efforts à faire prévaloir chez nous la liturgie romaine et substituer au bréviaire gallican le bréviaire romain. Je demande s'il faut d'autres preuves pourjuger ceux qui viennent à nous sous des robes de bénédictiDB, maia qui sont au dedans des jésuites renforcés? Au reste, depuis 1837, ils sont encore à produire leur second volume. Leur couches ne devraient pourtant pas être si laborieuses n'aboutissant qu'à une supposition de part ; ou bien peut-être n'ont-ils pas encore décidé quel écrivain fouruirait la matière de leur second tome
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Je croirai voluntîers ;i l;i n'isur million des ordres monaatiques et de la sincérité de ces nouveaux moines, quaod je verrai renaître les sentiments auxquels Jadis ils durent la naissance : l'humilité, la componction, l'ardente soif du salut, le dégofit du monde, l'amour de la retraite, du silence et de l'obscurité. Mais, quand je Terrai un homme empressé d'aller de ville en ville ébahir Iffl populations par l'étalage d'une éloquence théfttral^ et d'un costume singulier; quand je le verrai se gliseer par surprise dans la chapelle d'un coll^, y prêcher avec scandale, mettre ensuite des huissiers en campagne, écrire des lettres adx journaux; en un mot, maltiplier autour de lui les occasions de se mettre en scène avec fracas, je penserai que la religion n'est ici qu'un prétexte, et que son nom sacré sert tout simplement de couverture à des intrigues profanes, dont la violence augmente oicore la maladresse. Cet homme aura beau porter an habit de cordelier ou de dominicafii, son habit n'aura d'autre effet que de me rappeler le proverbe naîf de nos pères.
J'ai dit la violence, car la violence s'en mêle aussi, et beaucoup! je. soupçonne même, ne voyant chez les jésuites aucune trace de la charité, que la violence a remplacé cette vertu théologale dans leur catéchisme.
Nous allons passer en revue les principaux libelles ecclésiastiques lancés contre l'Université; on y verra partout la violence portée au plus haut degré, mais de la charité, pas le moindre soupçon. Cette revue offrira.
ce me semble, un intérêt historique et un intérât moral : elle remettra bous les yeux la marche du débat depuis son origine, et l'on sera h même déjuger par la forme et la nature des attaques ce que valent les agresseurs et ce qu'ils veulent.
sn.
Le premier lUielIe (mal 184(0.
La. révolution de juillet avait dix ans à peine, les jésuites commençaient à bouger tout doucement. Les clairvoyants les apercevaient comme un point noir à l'horizon; mais ils n'osaient rien dire de peur d'être raillés. Eu eOet, qui l'eût voulu croire!... Cependant, à force de regarder, on commenta à distinguer les objets : la soutane, le chapeau à trois cornes, la tournure pateline, les mains pleines d'agnus, de scapulaires, de médailles, d'images du sacré cœur... ils furent reconnus. On ne leur dit rien toutefois. On les laissait cheminer j, approcher, se multiplier sans bruit; on se contentait de hausser les épaules. Tout k coup, du sein de la bonne ville de Nancy, où ils avaient pris leur caotoanement, un brûlot est lancé dans le public. Brûlot aoonyme, — l'anonyme, dans ces sortes d'œuvres, a toujours été cher à la Société de Jésus, — confectionné, comme on t'a su 'depuis, par les bons soins de M. l'abbé Garot, aumâtiier du collège royal.
' l^srsonne ne connaît M. l'abbé (iarol; il est demeuré
obîicur après comme devant; quelle injustice! Sa brochure arait tout dit du premier coup ; on n'a pu y ajouter que des personnalités et mettre ses calomnies en'
variations. Cette perfection df's le début révèle les directeurs du concert. Ils se trahissent par leur liabilcté même. L'abbé Garot n' escarmouche point à la légère : Ses pareils A data: fois ne se font point connaître, 11 a eu le courage du premier coup de feu, lulit alter honores. Le chanoine DesE;arels, autre anonyme, qui n'est monté que le sei-ond sur la brèclie, a usurpé tout l'iiouneur de l'initiative. Il a cruellement dépouillé ce respectable abbé Garot; il lui a \olé le fonds de son livre; il lut en a volé le titrcj et par un singulier jeu du hasard, il semble avoir contrefait jusqu'à son nom ! Christophe Colomb a découvert un nouveau monde, et l'Amérique éternise la mémoire de Vespuce. C'est toujours le sic vos non vobis du poète latin. Comment au moins cette injustice n'at-elle pas été réparée par M. de Chartres, le premier journaliste parmi les évôques et le premier évéque parmi les journalistes? M. de Chartr<;s, qui est l'Agaraemnon crossé et mitré de cette nouvelle Iliade, devrait, ce semble, maintenir mieux les rangs panni ses soldats, et veiller ce que chacun conservât sa juste portion de gloire.
Ce qu'il pas feit^ noug allons !e faire. Nous allons ''cstitueràM. l'abbé Garot ce qui appartient à M. l'abbé Garot. Noua ne serons pas les complices de ceux qui voudraient induire la postérité en erreur. Mais, pour bien
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entrer dans la situation. Teignons de ne pas conntUtre l'auteur du libelle anonyme. Preoons un moment cette brochure sur la foi du titre, d'autant que ce titre contient la révélation d'un fait, à savoir qu'une société de prêtres s'était formée, dès IS-iO, pour la propagation des idées contresignées par l'abbé Rohrbacher, président. Examinoos donc à ce point de vue « Le monopole universitaire dévoilé à ia France Itérais et à la France catholique, par une société d'ecclésiastiques, sous la présidence de l'abbé Rohrbacher. »
Voici de vénérables ecclésiastiques- qui prêchent au nom de la liberté- Ils s'adi-essent à la France libérale; encore un peu, ils diraient répnltlicaine. Hélas ! que ces Messieurs sont bons ! Mais, mes chers fibres, vous savez bien que pour entrer en paradis il ne suffira pas d'avoir crié : Seigneur ! Seigneur ! JVon omnes qui clamant Dominel Vominel De même, il ne suffit pas de mettre en avant ce mot sacré l^trtê, pour que nous vous accordions aveuglément confiance, faveur et appui. Montrez^ moi patte Manche, ou je n'ouvrirai point. Nous allons, avec ou sans votre permission, examiner un peu la couleur de vos pattes.
Vous déclamez beaucoup contre l'Université et son monopole. le vous abandonne les applications mauvaises qui ont été ou seront faîtes du principe. Mais, sans doute, vos clameurs sont désintéressées? Le pur zèle du bien est ce qui vous anime ? vous ne cherchez pas à tuer pour hériter ? Bien, bien ; nous allons voir.
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Je iioiiçois (jiiu le clergé regrette le temps où il avait entre les mains les registres de l'état civil et l'instruotioD publique ; il était roi ptas que les rois de France. Quant aux registres de 'l'état civil , H. l'abbé Combalot a déjà commencé de les réclamer en cliaire (1). Une fois nanti de Tétai civil et de l'inslruclion [jublique, il sera bien vite rétabli dans toute la splendeur de sa puissance passée, (^servez qu'il a toujourB accru et exercé sen In- Suence par le moyen des femmes. Le confessionnal est un grand moyen d'action , mais la tendresse maternelle est un lévier bien autrement fort. Par les ûls, on règne sur les mères ; par les mères et les Qls, on subjugue les pèreales plusrebelles. Pères, mères, enfants, c'est toute la société, c'es le présent et l'avenir, car demain ces enbnts seront hommes , seront pères à leur tour , et leurs fils apparUeuuenl d'avance au\ écoles de la compagnie, Cest une marée envahissante qui , toujours montant, s'élargissant toujours, tend à inonder, à engloutir la France. Nous redeviendrions les vassaux de l'Église; le douzième siècle suivrait le dix-neuvième.
Mais il est un obstacle, l'Université. Le clergé a contre elle de vieilles et légitimes rancunes. Eh bien , crions contre l'Université ; accusons ses proGesauirs de ttoo- Iftolteiier la France, car ils sont anti-cathoiiques, éclectiques, déistes, rationalistes , panthéistes , spinosistes, renégats, juifs, écossais et saint-simonieus. — ( L'abbé
(I) A Cburbourg, le 3 novcnilra ifii^.
a ouhiif! les l'rancs-ma^ons. ) — Cela sera très vraisemblable et très adroit ! Chacune de ces qualifications conduit naturelieinrait à définir la doctrine mise eu cause , et fiez-vous à l'abbé G***t pour ces définiiious. Exemples :
« Le panthéisme est un nouveau paganisme reproduit « des systèmes des anciens , etc. On voit ce qu'il y a
< A'abomfytaUonê danseeê imaginalioaM. > 11.) Cela TOusregarâe> M. Cousin , vous qui avez, quelque part , appelé le panthéisme « un petit spectre à l'usage des samsAVs. »
À vous encore , M. Cousin : « L'éclectisme est ce sys-
< tème de philosophie qui reconnaît comme vrais tou» « les autres, même les plus opposés, etc... On voit biea
« que là-dessous il y a encore une bonne dose de pao- « théisme. » (P. 12.)
A vous, M. Joulfroy : h La philosophie écossaise (l'abbé « la nomme ailleurs la petite$agè8i0 ) est cette miaénAls
< anatomie'de l'homme se repliant snr lui même, .» A toi , coquin de Voltaire j maraud de Jean-Jacques ,
scélérat deliayle; à vous tous, fripons-philosophes et géomètres du dix-huitième siècle, nous allons vous bâtonner d'importance : « Le déisme, c'est la religion â la a façon de Robespierre , c'est-à-dire cette religion que « peut donner la raison laissée à elle-même, sans frein, Il sans régie, si ce n'est la [jensée, le caprice et l'intérêt de « chaque individu. tUle ferait encore inscrire volontiers « au rroQtispiee de Dos temples : Le peuple français re-
» coDDait i'Èlre supriïQie. Les déistes sontles seclateurs
■ de cette religioa. > (P. 8.)
Bravo , monsieur l'abbé ! courage! apostrophez-moî vigoureusement ces professeurs de l'Université , qui ne sont pas de vos amis: « Vous passez sur toutes les « croyances, même les plus divergentes elles plusoppo- « sées ; vous les admettez , vous les confondez toutes « dans votre arche de Noè, Vous les mettez en conflit « permanent, dans une fermentation convenable , afin « de produire dans les jeunes intdlîgenees un mon- « atrueux amalgame de vérité et d'erreur, de mal et de
< bien, de manière cependant que l'erreur et le mal
■ fournissent la m^eure partie des éléments du corn-
< posé. > (P. 10. ) C'est ce que le charitable et spirituel abbéappelle joliraentdes opérations Teligioso-chimîques.
il est évident que tous ces professeurs sont des empoisonneurs publics , et , qui pis est , avec préméditation. Au surplus, TOUS savez , mon cher abbé , que ni les calomniateurs, ni tes hypocrites n'entreront an royaume des cieux : cela vous est égal , n'est-ce pas ? Et à moi donc !
Mais souffrez une réflexion. Puisque vous réclamez la liberté pour vous, n'étes-Tous pas obligé d'en laisser un peu aux autres? Ne l'invoquez-vous que pour imposer
silence à qui n'est pas de voire opinion ? Vous vous plaignez qu'on blesse lu tolérancea\olre égard ; il ne faudrait pas vous montrer plus intolérant que personne. Vous dites, page 17 : « Comment^ de bonne foi , oser
« parlerde la liberté des cultes, quand on force les pu-> a pcnts chrétiens, sous diverses peines etdiverscs priva- « lions graves {lesquelles ?) , de faire élever leurs enfants < sous an régime et par des hommes dont les tendances et •I les doctrines doîveut être anathématiséës par l'unique « autorité que reconnaissent les chrétiens, comme établie « de Dieu, a/iïi d'assurer lear fciet de diriger leur con- « duite relij^'icuse? • ËD dégageant la pensée noyée dans les Ilots d'eau tiède de votre style, cela signifie : Comment ose-t-on parler de la liberté des cultes quand on ne force pas tout le monde h être catholique romain ? Tout votre livre est raisonné avec la môme force. Auriez-vous été, par hasard, professeur de logique?
Ou distingue déjà assez clairement la couleur de la patte; le petit bout d'oreille commence à percef- Avanr'His encore un peu ; nous ne tarderons pas à découvrir des oreilles entières, et de superbes oreilles.
Vous faites tout ce vacarme et ce scandale au nom d'une religion de paix et d'amour. Mais , si l'on vous disait qu'il existe dans les collèges des aumôniers, qu'on y enseigne la religion catholique ! — a Un aumônier, encore « une fois , un seul l désarmé, pieds et poings liés i et des « ennemis nombreux, armés de pied en cap I... un aumd- « nierseu/.'... » — Hé, combien en voulez-vous donc? ua par élève? On ne donne qu'un curé à un village de six cents ùmes. Mais si telle est la condition des aumôniers dans les collèges royaux, s'ils y sont désarmés, pieds et poings liés , par conséquent hors d'état ni de
Élire lâ bien, ni de s^opposer au mal> il n'y adone parmi
eux pas un seul honnête homme ? Un honnête homme fuirait : sa conscience lui défendrait de recevoir de l'argent pour masquer par sa présence les désordres que voua signez ; lea aumamers, tous les prêtres emplc^és dans des collèges royaux sont donc complices de ces désordres? Ils n'ont donc cux-raùmcs ni religion , ni conscience, ni hunuuui- .' Qu'en diles-vous, monsieur l'ahbé, ■vous aumùnier dans uu collège lojal de l'Université?
Ce que voua entendez par la' liberté d'enseignement , c'est la liberté d'étudier chez les prêtres catholiques et de n'éludier que là. Par les monopoles qui excitent votre Indignalion, vous cnlende; LuuLcc qui n'esl pas le cleryê OU dévoué au clergé. Je ne vous le fais pas dire : « Nous entendons par monopoleurs tous les ennemis de l'Église représentée par le sacerdoce. > (P. 36.)
Ces messieurs savent très bien qu'on peut être l'ami de l'iîglisc sans être dévoué ii ses miiiislrL'S , témoin l'école de Port-Royal ; c'est pourquoi ils ont toujours soin d'identifier la religion avec le sacerdoce. La Uberiéd'enseigneraent, selon eux, c'est doncle monopole transféré de l'Université au clergé; rieu de plus , rien de moins. Ce point convenu, je trouve que l'abbé a raison de s'écrier à chaque page : «La liberté sera le triomphe du catholicisme. » lls'a^t ici> non plus de l'intérêt général, mais d'un intérêt particulier; non de la société , mais d'un corps; il s'agit d'une jalousie politique et de l'ambitioD tonsurée. '
J'ai fait voir, M. l'alibiS (jnel était votre désintéressement, votre ciiarilc évangulitiue, votre courage et votre loyauté. 11 reste à faire apprécier votre éloquence; ce n'est pas la pièce la moins curieuse de votre bagage. Grand orateur, montez en chaire; vous allez émouvoir ces crédules parents sur lesquels vous fondez tant d'efr^ porances. Éveillez leur sollicitude , inspirez-leur des alarmes , d'abord pour eux-mûraes , et ensuite pour leurs enfants. N'hésitez pas, menacez vos auditeurs des flammes éternelles , piquez ensuite leur amour-propre; soyez pathétique, périodique et mystique , et n'oubliez pas de parler votre plus beau français.
« Parents fidèles, votre jugement dernier sur l'ac- « complissement de vos obligations les plus saintes c envers vos enfants, est tout entier dans la. répulsion ■ ou l'acceptation du monopole universitaire, fait pour
< empoisonner le don divin de la foi et r amour pratique « de la loi chrétienne, véritable vie des Ames, que Dieu « vous a chargés, sous peine de l'anathème éternel, de « transmettre à ces autres vous-mêmes, comme voua « leur avez transmis la vie du corps. » (P. 3.)
< Mon, pères et mères, nm,parDieu,parlal>ie,pcff' « la mort'. Nous le Jurons à la fôce du ciel et de la terre) « nous le jurons, e!c. .., nous le jurons, etc..., nous le « jurons, etc.. Vos droils peuvent t-tre méeniiniis, t'uulés « aux pieds, enchaînés, jamais ils ne seront prescrits,
< abrogés, détruits selon le bon plaisir et l'intérêt de-^ « fyrcms. Vous les portez écrits dans Ves$enee de voir-!
« paiemiiè! — (Ce ne sont pas les tyrans qu'on porte
écrits (Ifina Tesscncc de la paternité, ce sont les droits.) « — Pour les y elFacnr, il faudrait vous tuer. » (P. 35.)
e Voyez de toutes parts le glaive de la loi suspmdu mmtr la tile de$ parenU «f des /«unes gem, et contral- « gnant ceux-ei à Vaudition des superbes leçons de ces « professeurs jurés. Sous peine d'obscurantisme ou d'îlo- « tisme social, il faut qu'ils fassent subir à leurs en- « fants l'impitoyable rayonnement du monopole scienti- * fique exercé par l*Université. » (P. 9.)
C'est assez de galimatias ; arrêtons-nous sur Fimpitoyable rayonnement du monopole. La rhétorique de maître Petit-Jean est bien pale auprès de celle de M. i'abbé G'"t ; aussi est-ce celle qu'on apprend dans les collèges de la compagnie. Od est là Français par lé style 'comme on l'est par le cœur. Ce n'est pas dans l'Université, c'est à Fribourg et à Brugelete qu'on devient capable d'écrire les plirases suivantes :
« Attribuer à l'État le droit de pouvoir mettre dans « l'éducatioa sa pensée à la place de la pensée de la &- « mille, surtout quand elle en a une iCarrS^..., etc. »
a On vous octroie vos droits les plus sacrés, réduits à « rien par Vusa/je qu'il vous est possible d'en faire. »
« Quelle horrible dérision, grand Dieu I de soutenir % que c'est là un système d'éducation conciliable avec < les principes du catholicisme, et par eontte avec la " liberté 4es coites, etc., etc., etc. »
M. l'abbé s'exprimerait peut-être mieux en italien.
S[ nous en étions rédaits, ce qu'à Dieu ne plaise, à maintenir un monopole de l'instruction publiqni^, et si cette alternative était inévitable, de le coiitit}r à un corps laïque ou au clergé, je crierais ; Gardons l'Université avec tous ses abus plutôt que d'inféoder de nouveau le pafs au clergé. A l'appui de ce conseil', les considérations ne me manqueraient pas ; je n'en produirai qu'une seule et je la puiserai dans l'intérêt des lumières : le clergé serait au-dessous d'une si importante mission. Depuis cinquante axis, il a laissé tomber à un point déplorable les hautes études ecclésiastiques; jugez ce que sont les études profanes. On ne conteste pas qu'il possède encore des hommes éminents en savoir comme en vertus, mais on les compte, et il est remarquable que ceux-là n'élèvent point la voix pour appuyer les enfïuits perdus d'un parti. Que les prêtres donc iiierviennent" dans l'instruction puhlique comme les autres, en tant qu'ils en sont dignes et capables, c'est bien ; mais les investir du monopole, jamais. Or, il'faut le monopole au parti eeclésiastiqufî romain, il le lui faut emporté de haute lutte, car il s'est jugé; il sait bien -dans' soq for intérieur qu'il ue s'imposera jamais par la science et le talent, et s'il ne l'avoue pas tout haut, sa conduite parle pour lui et parle clairement. •
Vous vonlez accaparer l'instruction publique? qui, TOUS en enipÊche? c'est une grande route, ouverte parconséquent à tout le monde. L'abbé G*"t affirme que les réglementa universitaires exdaent les prêtres; mais qui
sera assez béte pour le croire? Produisez donc un peu ces r^lements imaginaires. Non, il ne tiendrait qa'k voui de vous jeter daus cette vue, i'y 6tre les plus nomrireus, d'occuper les hauteurs et do vous y établir en souverains ; seulement, la société, usant de son droit, exige des garanties préalables, des éprettifes. L'Université, juge et partie, est liguée pour vous repousser? Cela est bon à dire uux. sots. Les concours sont publics, et le public ne serait pas complice de l'Université, ce public qui, à vous entendre, vous aime, vous invoq^ue et ïic désire que vous.
Ixs épreuves, vous dis-je, c'est là le point. Le dergë, pour de bcmnes rcdeons, ne veut pas d'épreuves, sinon de celles dans lesquelles il serait arbitre. Il consentira qu'il y ait jugement à condition d'ôtre toujours juge et jamais juge. Vous avez la prudence de ne pas dire un mot de ces barrières qui vous arrêtent, mais vous vous dédommagez en attaquant avec furie ceux qu'elles n'arrêtent pas. Ceux-Ui seront toujours des monopoleurs, des ennemis de la religion, c'est-à-dire du sacerdoce, comme vous-même prenez la peine de traduire ce mot. Quand on vous pousse sur cette question des éprouves, vous vons retranchez sur votre dignité, qui ne peut se soumettre à ai&onter de pareilles luttes. Ah ? que vous les affronteriez bien si vous étiez plus sûrs de la victoire, ou moins certains de la défaite ! que l'ambition du prix vous ferait aisément passer' sur ces petits désagréments du concours 1 D'où vient donc que vous ne vous y présentez
pas, si ce n'usl que le clergé, jadis à lu lËle de la sociélé par le savoir, est aujourd'hui traîné par elle à la remor^ que? Le clergé ne veut pas avouer les progrès accomplie depuis 89 : ce serait reeonnalire qu'on les a pu Ëiire sans lui : il eu résulterait l'obligation de les étudier, de se mettre au niveau. Il ne consentira jamais à subir cette liumiUation. Il ne veut pas aller vers le siècle; il faut que ce soit le siècle qui vienne se rendre à merci. Indocile aa\ rudes leçons du passé, il s'affermit dans ce fol entêtement, il se raidit sur exs vieilles routines, il fmt encore étudier dans ses petits séminaires l'histoire de France fabriquée à Saint- Acheul, dans laquelle nos victoires de la république et de l'empire sont niées ou vilipendées; dans laquelle on lit que, vers 1804, M. le marquis de Buonaparte commandait comme lieutenantgénéral les armées de S. H. Louis XVIII. Le reste des études est à l'avenant. En philosophie, la méthode scolastique fleurit comme aux jours de Scott et du maître des sentences ; aussi voyez la force de leurs raisonneurs ! Maîtres et disciples, voua pouvû juger les uns par lei autres. Leurs rhétraiclens apprennent la belle latinité dans les Pères africains, dans Tertnllien, dans Lactaoce, et le français dans le Pôre Loriqnet; aussi voyez le beau style de M. l'abbé 1
11 en est de même pour les sciences. Il existe entre elles et le clergé une vi^ïte wtipatbie qni remonte à TaBaire de Galilée, on même plus haut. Le clergé regarde les sciences comme le grand chemin de l'hérésie
et de rincrédalité (1). Les géologues, par exemple, oat fort affaibli l'autorité de la (îenèae. Aussi, avec quelle verdeur M. Vahhé tance le ministre qui tolère dans l'Université, que dis-je? qui y laisse briller au premier rang ces impies, ant^nistes de Moïse ! Le ctergé ne souOirinùt pas de tels scandales. Dans un temps où le siècle tout entier se porte vers les sciences, quels noms illustres en ce genre le ciergé fieul^l citer? Il en est resté à la célébrité suspecte de l'abbé NoHet (2), à moins qu'il ne Teuille se parer do Bom de H. l'abbé Hataléne, auteur de VAnti-Copemic, oft il est démontré par les mathématiques que le soleil tourne et que la terre est immobile au centre de l'univers. On a pu voir ce livre ridicule, mais parfaitement orthodoxe, affiché à la porte de toutes les églises,, et distribué ou venda dans les campées, sous le portail, au sortir de la messe. Mettra-t-on en avant le nom do M. Debreyne le trappiste, dont le livre, remarquable par une obscénité, une ignorance et une barbarie également révoltantes, est une preuve que depuis le commencement du dix-huitième siècle, le dergé n'a pas Mt un pas dans la science (3)? H. Debr^e écrit sur l'art de l'accoacheur ; il veut que l'on pratique l'opération césarienne dons tous les cas où. un obstacle
(1) ■ Serei-ïoiiB A'accord avec l'Egliw dam tons ras exposés prétendus Bcieatillquea? Cela eit impossible. * (P. 18.)
(3) L'abbé HaUy éiiil prolteaeur dans rUnlversité.
[3) Eani tur la ihéologie morale teniidirie dont set rappom avec ta tMofojiIe et la midecine (IS43},
obligerait à réduire le produit pour l'extraire, et qoe les curés, à défaut de GhirargienSj n'hésitent pas à &ire sur le cadavre rincision abdominale. Le système qu'il recommandii est de sacrifier toujours la mère, qui est baptisée, pour sauver l'enfant qui ne l'est pas, cet enfant fùt-11 Jiydrocéphale, non viable, un monstre, un embryon. Les médecins ne reconnaissent pas la grossesse avant le troisième mois au plus tOt ; H'. Debreyne veut qu'on opère, à toutes les époques de la gestation, sur une femme morte après vingt et même seï/e jours de conception, d'où il suit qu'il faudrait avt>ir toutes les femmes et même bon nombre de fllies pour ne pat ei^oser le $alut d'une âme. M. Debreyne parte encore de morcellement de fœtus, de fœtus qu'on arrache par lambeaux du sein de leur mère, et il y a cinquante ans qu'on ne morcelle plus. Son guide infaillible, dont il suit aveuglément les opinions, c'est la grande JSnUffyologieiaerée de Cangiamila, grand inquisiteur et chanoine de Paterme, en 1740. Ce Cangiamila, aussi féroce partisan de l'opération césarienne que son élève, attribue certains accouchements laborieux aux sortilèges et à la malice du diable.
Voilà te côté médical du livre de M. Debreyne. Quant au cAté moral, ce sont des di^ertations sur la masturbation, la sodomie, la bestialité, etc. Cependant M. Debreyne ne croit pas aux incubes et aux succubes; il se sépare en cela de M. Bouvier, évéque du Mans, dont i! ne liait d'^Ieurs que paraphraser te petit trùté en on gros volume.
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Voilà les héros do la science du clergé. Au contraire , les Delambre, les Cuvier, les Arago, Tbénard, Biot, Gay- LuBsac, viogt autres encore, ea même temps qu'ils illustrent la France dans toute l'Europe, honorent l'enseignement universitaire. Pour faire équilibre à ces noms redoutables, & des gloire^ si brillantes, c'est peu de diose qu'une sootane et les d^ris de quelques pr^ugés fïivorables à l'omnisdence des prêtres, préjugé autrefois légitimes, aujourd'hui Impossibles comme un cfTet sans cause, et relégués au fond delà Veadée et de la Basse-Bretagne:
Quand tes séminariste, par fbntdsie, par luxe ou par précaution pour ravenir , venlent ee munir du grade de bachelier , l'Université les dispense des droits d'examen et de diplôme. C'est une prime d'encouragement offerte aux jeunes lévites. Il ùiui avouer qu'ils usent de cette foveur avec une discrétion qui &it ie plus grand honneur à Imir modestie. Hais comme un des battants de la ports du séminaire ouvre sur le monde , il arrive parfois que tel de ces messieurs dépose le petit collet et s^élance dwas les voies du siècle. Or, dans ce cas, pour jH^venir une oontrdnade trop facile , lUniversité , qui tftetue d'être dupe le moins possible, estime que le changement de vocation entraîne un changement de diplôme. Elle exige le remboursement d'une partie des frais ordinaires, sans quoi le diplôme spécial et gratuit, excellent pour par& un (dianolne ou uu curé , ne peat' servir à foire un avocat ou uu médecin. Il doit être remplacé par
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un diplôme régulier et payé à peu près. Slais à peu près BDCore Irop poar des gens qui n'aiment qne les pii- Tlléges extXBSif^. Aussi, que de cris, deplaintes, de gémissements! M. l'abbé , entre autres, présente ces diplômes spéciaux comme une loi de haine et d'exception, comme une preuve de cette parliaHté odieuse dont le clergé est victime. 11 parait Que la foi dispense de la bonne foi?
Anéantir les collèges laïques ce ne serait faire que la moitié de la besogne; il faut prouver que les collèges ecclésiastiques peuvent seuls les remplacer. L'auteur s'attache donc à fuiUfimr le sacerdoce devant Fopinim du pays. C'est le second point de sa thèse. Cette dernière partie est, s'il est possible , pire que la première. ,M. l'abbé est plus supportable dans ses injures que dans ses éloges, et je préfère encore le ton grossièrement énergique des unes à la &denr naaséabonde des antres. M. l'abbé troQTe qu'il n'y a pas assez de prêtres en France; le clergé devrait seul pouvoir en limiter le nombre , parce que seul il connaît les besoins du culte. Cet abbë , qui sur le titre de son livre s'adresse à la France libéraltf s'élére contre « les slupides Ubéràlres, qui ont sans cesse & la bouche les mots de civilisation et d'organisation. » Il demande d'un ton railleur et acarij^tre si c'est le clergé qui a causé les désastres de Moscou, de Dresde et de Leipsick, et Uvré la Fran£Ë à la discrétion des alliés : « EnÛn , est-ee le clergé qtil nous a ia^si « pour condition de paix la dynastie déchue (p. 137) ? *
Celte qucslioii pleine de lùcheté et d'ingratitude, est un dernier irait de car£ctère. Il ne vous manquait pîu3 que de flagorner le pouvoir régnant en lilchant une ruade à vos protecteurs tombés ^ et tombés pour vous avoir protégés ; car si ce D'est pas le clergé qui nous a imposé ics princes de la branche aînée (point contestable d'ailleurs), ce sont bien ces malheureux princes qui nous ont imposé le clergé tel qu'on le voit représenté par vous.
On se demande comment le clergé, puisqu'il veut aborder ces hautes questions de liberté et d'enseignement , et attirer à lui l'intérêt et la confiance du pays , ne trouve pas daus son sein quelque orateur moins maladroit, moins imprudent, moins ridicule? un homme qui sût au moins parler français ; qui eût ù sa disposition d'autres ressources qu'une logique pitoyable^ force injures, le vieux galimalhias et le pathétique niais etba-' vard des homélies de village ? — « Voyons, homme sans N intelligence, qui vous laissez dominer dans le cœur et « dans l'esprit par des Pharisiens fourbes ethypocrites, « à parole mielleuse , pleine , en apparence, de philan- « throphie , mais en réalité , de vanteries , de faux zèle « pour ta pntpojrafton civilisalriee de$ lumières préten- <t dues en leur possession; par de «rats sépulcres blane chis , qui ne recèlent dans leur sein que l'êgoïsme le a plus abject , et les ténèbres du plus profond obscuran- 0 tiame; voyons, (t nos concitoyens... k Cette période pompeuse sert de prologue à une apologie des ordres Dionastif]Kes et particulièrement de celui des jésuites.
L'abbé déclare , toujours dans son style évaDgélique et mesuré, que les accusations âe jésuitisme et d'ultramontanisme sont une votne et stupide déelamation.
Aujourd'hui l'impudence de ces dénégations, l'effronterie de ces mensonges , est, Dieu merci, visible et palpable. La certitude n'a pas même attendu pour s'établir les déclarations de l'Vhivan et la brochure de H. de Mon lalembert. Les jésuites se suitant pris au collet , ont commencé par nier leur identité aussi longtemps qu'ils ont pu. Au mois de mai 1 843j l'évèque de Chartres écrivait encore dans VVttivws que les jésuiles n'étaient qu'an vain épouvantail, une ruse de guerre inventée par rUoiversité. Aujourd'hui qne la marche des événements a amené V Univers et le pouvoir à des aveux positifs , le passage est curieux a relire :
« Et d'abord on a donné un mot d'ordre ; et jamais « commandement ne fiit exécuté avec plus d'ensemble , • d'activité et d'ardeur^ On a décidé qu'on ressusciterait « un fantôme disparu depuis treize ans, et qu'on le jette- « rait , avec un air d'épouvante, au milieu de la multi- « tude crédule. Quel est ce fantôme? Qui le croirait? « c'est un petit nomI)re d'hommes retirés du monde et < dont on veut Ëaire croire que la main touti^-puissante .« y remue tout par des ressorts invisibles. Et voyez c comme on obéit fidèlement , promptement, au signal « donné. On ne parle plus que des jésuiles. Soyez-en ■ bien sûr, pendant quelque temps on ne parlera d'autre K chose. Toute instruction utile et sérieuse est suspen-
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•/ due pour remplir lea cours universitaires de ce nom a terrible. On ne le pronmce qu*avee des monTements « d'iiorreur et des frémissements slmelés, dont je vous
a garantis qu'on s'amw.'c avec une délectation extrême, « la leçon finie et quand on se relroiwe dans des réunions « privées. Et en effet, quelle dérision ! Quel texte à des « déclamations violentes par calcul et fiiriiMmâes for « ordre I Pour tont dire en un mot , quelle misérable « comédie! Que sont aujourd'iiui lea jésuites? Où sont « leurs biens, où est leur fortune (l)? Ont-ils donc en « leur pouvoir quelqu'un de ces moyens qui, par la naa turedea choses, mettent seuls en état d'agir sur ladis- « position générale des esprits et sur le marche des af- « faires humaines (2). Mais je n'insiste point là-dessus. « Je procurerais par ma simplicité un stijet de rire trop « divertissant aux ailldés de i'Université. J'aurais l'air « d'ignorer qu'ils savent ces choses tout aussi bien que « moi , et si par hasard les panégyristes du corps « enseignant avaient quelque doute à cet égard , nous a déclarons ici hautement que cette supposition D'est « qu'une fahle ridicule, «ne fieHon grossière et sans om- « bre de réalité. Rien ^e ^Q8 avéré que ces faits. N'im- « porte , on croit réussir h l'aide de cette parodie usée. 0 On se trompe. »
La charité nons ordonne de croire que Monseigneur a
(I) A Lyon, it Ail, ikBc6ttn£«ii, à IMc, h l'avis, .'i Amiens, cit., etc. (!) 11b ont la GonfeKloQiial, tl la ciiiiirc, el la. pi csac, et l'argent.
écrit de bonne foi et qu'il était dupe- Monseigneur sait maintenant que les jésuites ont en France gaarantO' sept maisons; qu'ils sont au nombre de plusieurs centaines, ou un peu plus, comme dît l'Univers d'un ton narquois ; il devrait être un peu confus de s'être avancé si loin à la légère. Cependant il n'en est pas plus circonspect : il écrit tot^ours, et toujoois de même.
Cette digression nous a fait oublier M. l'abbé Garot. Qu'est-il devenu? On sera peut-ôtre curieux de le savoir. Héias! il a été forcé d'accepter sa liberté si amèrement pleurée : il a perdu sa place d'aumônier du collège do Nancy, nouvelle preuve que l'Université est impie, athée, panthéiste l...£nûn, il a la gloire d'être martyr delà bonne cause, et de plus, on dit qu'on l'a hil professeur d'éloquence sacrée dans un des collèges de la compagnie.
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