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tériellc ne garantit pas toujours l'esaclitude quant au sens. Il a pris un toa très injurieux, ce qui est une manière fort peu chrétienne de défendre !e christianisme (I), »
Mais monseigneur l'évèijue de Charlrus s'inscrit en faux contre son métropolitain. Il déclarexie sou coté que « le livre de l'abbé JOesgarets ett un ouvrage vraiment dassiqae. > « Les pères de famille, dil-il, ne sauraient « trop lire et consulter ce recueil immense et très bien « faity où des citations fidèles sont accompagnées de ré- « flexions judicieuses. » Cet éloge n'est pas inutile pour foire apprécier les écrits polémiques de M. dë Chartres lui-même.
Si le chanoine Desgarets, ce père Duchcsne catholique, était seul de sa hande, on pourrait le trouver, selon l'expression de Molière, «n peu trop fort en gueule, et se -contenter de mépriser sa rage; mais iHeLiit bien se dire qu'il a derrière lui toute la congrégation; et que ces hurlements dévots, après avoir iinpuuémeot retenti dans les églises, essaient de se faire entendre dans ies rufs, sur les places, dans les salles consacrées aux cours publics. L'attitude du pouvoir est inconcevable ! L'évëque de Belley, dans un mandemtint, appelle ies collèges de l'État des écoles dè pestilence, et l'État le souffre et se lait. Le ministre de rinstructioa publique voulait (dit-
(I) Observatiom aiir la etmffoverie ilevie à toceatim de la tibcrti d^eiueignemm, p. 3G, '
on) faire son devoir et saisir te cooseil d'État ; mais M. Martin (du Nord), protecteur déclaré dp jésuitisme, a fui t reculer M. Villemain- M. VillemaiDaurùt dû obtenir satisfaction ou se retirer; mais nous vivons daos un temps où ces dévonementa sont inconnus. Il a accepté Toutrage au nom de l'Université, et au nom de TUniversité il accepte le libelle ,du chanoine Posgareta. De son côté, la justice sommeille et laisse en paix difiluner, conspuer, calomnier odieuaem^t tout un corps paisible et dévoué, gui ne peut f^mpUr son œuvre qu'à la condition' d'être entouré de conQance et de considération.
I^e clergé, pour accomplir la sienne, est placé dans des conditions pareilles et plus rigoureuses encore; aussi, le véritable clergé, le clergé qui Mt le bien, asservi d'ailleurs et courbé sous le bfttoa des évéqoes^ gémit en silence et ne peut élever la voix pour dire son avis snr la question. La sainte ligue épiscopale ne permet la parole tjue pour l'attaque et l'injure. Le prêtre à qui jadis il était enjoint de n'ouvrir la bouche que pour bénir, ne peut l'ouvrir à présent que pour maudire. Les jaonissaires du pape, insolents, outrageux, provocateurs, ont seuls !g droit de se faire entendre, et Dieu sait comment ils en usent! (^'est pour noircir dans leurs journaux et dans leurs libelles cent ou cent cinquante noms les plus honorables, non pas de l'Université seulement, mais des sciences et de toute la littérature française. Au dix-> huitième siècle, l'archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, faisait brûler VÉmile par la main du bour-
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reau, au pied du grand escalier; certes, si jamais livre mcrila un pareil sort, c'est bien celui des jésuites auxquels le chanoine Desgarets a eu-le triste courage de servir de parrain. Soyez tranquille cependant; on ne brûlera pas le volume, on n'inquiétera ni les jésuites, ni leur chanoine : M. Martin (du Nord) veille pour eux; ils 1b savent, et sont plua près de recommencer que de se rétracter ou de se repentir.
Supposez cependant les rôles intervertis ; supposez une minute qu'un professeur usant de représailles, eût écrit contre le clergé ce que des membres du clergé 'écrivent contre l'Université ; qoe ce profesBeur appelât l'évèque de Belley, celui de Lyon ou celui de Chartres, le frère des boucs de Théocrite, le séminaire de Saîht- Sulpice un nid d'athées, tous les prèlro.s (les (;mules du marquis dé Sade. Ou bien, ne voulez-vous pas du clergé? Eh bien, laissons-le. Appliquez ces horreurs & l'armée et aux écoles militaires, à l'Ëoole polytechnique, h Saintr,yr. Quelle indignation ! quelles clameurs ! C'est pour le coup qu'on verrait pleuvoir les réquisitoires ! Il n'y aurait pas assez de peines pour accabler le coupable. UaiSy ce sontdw jésuites qni calomnient; les calomniés sont des professeurs ; il sufQt : nul ne s'en ètasai, nul n'y prend garde.
Second libelle de l'abbé Desgareta.
Le livre du Père Deegarets, malgré les éloges de l'évèque de Chartres, souleva on d^ût nniverad. Le
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ministre de rinstruction publique, qui peut-être n'aurait pas dû se borner à si peu pour la défense da corpa qu'il a l'bonnear de représenter, laissa tomber du haut de la tribune l'épithète de calomniateurs. L'abbé Desgarets écrivit à VUnivers. Il allègue, pour justifier les saletés de son vilain livre, qu'il a toujours aimé les mots propres; il se donne de grandes louanges, et se console du mépris public dont son libelle est l'objet, par le grand nombre d'adhésions verbales qu'il reçoit chaque jour, et par « une foule de lettres où on le remercie du service qu'il a reùdu à la religion et aux familles. » Il termine en exprimant l'espoir que son livre sera a ratai au monopole universitaire qu'il dévoile si bien. » {L'Univer$ du 25 mai 1843.)
Il Taut croire que cette apologie ne rassura pas complètement sa conscience; car, peu de mois après, il mit au jçur un second libelle intitulé : lUkivehsité jdgéb PAR' BLLE-HÉHE, ripotise à Ses défenseurs. Et cette fois il signa.
Il part de ce principe lumineux, que tout le monde, hormis l'abbé Desgarets et les siens, hait Jésus-Christ et la religion catholique. Tous les journaux qui ont mal parlé du livre de l'abbé Desgiirets, notamment le Siècle, le Constitutionnel, la Revue indépendante, et surtout le National, ont reçu de l'argent du ministère pour décrier le terrible volume. Cela n'est pas dit aussi cruement, parce que l'abbé Desgarets est un homme très poli et de formes exquises; mais l'insinuation pour être gazée n'en
est pas moins claire : t lis ont reçu et accepté du monopole destructeur âe la Charte et du droit commun > l'ordre et quelque chose de plus peut-être. » Et voilà pourquoi tous les journaux s'écrient en chœur : — « Pé- Tïssent^tous les principes, s*ils sont ^Torables i la religion de Jésus-Christ! périssent toutes les libertés plutôt que de les reconualtre comme le droit de tous et des catholiques surtout ! » Voilà des révélations un peu inattendues; mais elles ne se bornent pas là. Personne ne s'était aperçu que tes adversaires des jésuites abjuraient te$ conditions dri pacte social, « et cela uniquement parce que les catholiques et les prêtres y auraient leur part. )> Lisez bien le National, le Siècle, le Cmstitutionnely le Courrier français (maïs lisez-les avec les lunettes du Père Desgarets), et vous serez indignes de voir qu'ils « se font les champions du bon plaisir, « foulent aux pieds le droit commun et la liberté, et « s'efforcent d'élever au milieu de la France le drapeau « des torys anglais , des Wellington , des Peel , des c Grabam, l'étendard de l'autocrate du Nord ou le pa- « Villon du vieux roi Guillaume; lis osent bien crier tout < haut: A nous les Russes! à nous les Hollandais! à o nous les Saxons et les aristocrates du knout! etc.... » (P. 56 . Il y a, en effet, des gens qui enseignent que les souverains ne sont tenus par aucune loi civile; qu'il fiiut trahir sa patrie à la voix d'un prince exilé; qu'au premier ordre de ce prince, il faut déserter, se révolter, massacrer ou assassiner, expagnare aut privatim ocei~
deref considérer les troupes del'année étrangère comme
des amis, et l'invasion comme un bienfeit; cela est imprimé et démontré dans les Institationi philosophiques à l'usage des séminairet et des maisone ecclésiastiques, par monseigneur Bouvier> évéqne du Mans. Les gens gui, en peu d'années, ont usé six éditions de cette philosophie sont les hommes véritablement pieux, les amis de la liberté, les bons patriotes ; en un mot, ce sont les jésuites, et nous sommes, nous, « les dé^seurs du bon plaisir, des impies et des lOxrtiddm! »
Ce sont des vérités si évidentes, que rauienr du MotMpôle a été « félicité par des évèques, des députés et des pairs de Fraoce! » Fort du témoignage universel, pourquoi donc répond-il à ceux qui l'ont attaqué? « Par déférence pour ses amis. »
Il a donc résumé sous sept chefs les reproches adressés à l'auteur du terrible volume, et il les disente en sept chapitres, dont chacun porte en tète une formule d'accusation. Le débat s'ouvre par ce problème :
Sommee-aoDB absurde josqu'au délire?.
C'est le cas de dire avec Condorcct : Bien poser une question, c'est la rteoudre. EtTectivement, eu lisant cet énoncé, la solution saute aux yeux des moins clairvoyants. L'abbé Desgarets ne laisse pas de la poursuivre. Il examine gravement : V S'il est absurde; 2° s'il est absurde Ji^u'au délire. Et, sur les deux chefs, il répond ; Mm.
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Aùreit-on cm le fougueux chanoine si ingénu?
Il l'est comme un enfant. Il parait que quelqu'un l'a appelé vieux troupier et lui a prêté «ne large soulanc. Là-dessusj il se formalise avec raison : — « Un nous a dit que la lai^ soatane du cbanoiDe cachait mal chez nous la sabretache du vieux troupier, ce qui est d'autant plus concluant quej'ai quilté le service avant trente ans, et qu'étant très mince et de taille ordinaire, je ne saurais avoir une bien large soutane. » (P. 18.)
Voilà de beaui détails et bien utiles à la cause de la liberté de l'enseignement r
On lui a reproché d'avoir gardé l'anonyme dans son premier pamphlet. Il répond par la déDnition du pamphlet, « tissu d'injures et de calomnies.» — Or, « toutes les inj u res et les calomnies qu'on noue reproche ne forment pas vingt pages du terrible volume. » — Donc, ce n'est pas un pamphlet. Cette logique naïve parait arriver du Mans en droite ligne.
Quant à l'épithète de jésuite, la donner à l'abbé Desgarels, ■ c'est nous faire rétrograder à 93, à la (kffmor gnole et & la loi des suspects. » (P. 21.)
On lui a reproché d'attaquer l'Université par des citations empruntées aux cours des facultés. — Réponse : tt Constater l'hostilité anti-catholique des cours des facultés, n'est-ce pas constater (impiété et la dineiioii anti^alholique et athée de l'enseignement secondaire? » (P. 39.) Toujours la logique Ai Mans. D'ailleurs, l^obbé' Desgarels mraitpa extraire deà'cahiers et manuels de:
l'Université cent cinquante pages, ni plus ni moins, pleines de fïiits attestant l'Immoralitii des collèges. Il aurait pu y joindre le témoignage des jeunes hommes qui les ont traversés. H. l'abbé, vous êtes -un vantard; si vous l'aviez pu, vous l'aocies iîiît. Ne vous donnez pas de ces airs de générosité. Noos vous offrons on marché, avec la conviction que l'Université ne nous en dédira pas : visitez ses collèges, examinez ses livres et interrogez ses élèves, à condition que nous en userons de même à l'égard de vos séminaires : tout se passera & portes ouvertes et en plein midi. Osez accepter. Pourquoi donc tenez-vous tant à ne point laisser les inspecteurs de l'Université [léiH'trer dans vos forteriîsses cléricales? pourquoi, vous prévalant d'un abus illégat introduit par le temps, voulez-vous le transformer en privilège et n'être soumis à aucun contrôle, hors celui de vos évéques? Vous parlez tant de loi à faire ! Commencez donc par observer la loi qui existe et qui prescrit cette surveillance. Si l'on en juge par le peu de révélations qui, malgré vos soins, sont parvenues au public, il est urgent de porter chez vous la lumière, dans toutes les acceptions du mot. Je demandais pourquoi vous ne voulez pas de contrôle; le molil'eu est clair : vous en voulez d'autant moins qu'il serait plus indispensable pour la sûreté de l'État et pour le bien public »
On loi a reproché des citations iîilsiQées. — «Si nous avions iiilsifié, il y avait deux moyens de le prouver : 1" un jury d'évëques et de docteurs cathoUques chargé
de recevoir controâictoirement les citations; 2° de reprendre toutes les citations dans un ouvrage solmnd au nom et sous les ordres de l'Université. » (P. 58.) Ceci devient trop plaisaoU Un ouvrage solennel pour sifrna- 1er les calomnies paleiiles du chanoiue Dcsgarets ! Pourquoi ne pas assembler un concile ? Mon cher abbé, Je vais voiis dire un mot un peu cru, mais vous avez tant vanité de votre franchise h nommer les choses par leur nom; et puis ceci est entre nous: vous n'en valez pas la peine. Chnt! passoDs vite.
Hais non ! il insiste : « C'est ainsi que firent les jésuites dans l'aflïiire des Calibres menteuses (1) du »eûr Montalte. a LTIniveraité n'a pas à se modeler sur les jésuites, cl dans cette circonstance d'ailleurs à quoi bon? le point n'est piis de répondre; c'est d'avoir raison. Les jésuites, malgré leur réponse, restèrent sous les coups du sieur JlfonftUfe; rUaiversit^ malgré son silence, ne tombera pas sous les efîorts du sieur Desgarets. Pourquoi? le sens commun triomphe toujours; c'est ce qui assure votre défaite.
N'avez-vous pas, dit-il encore, n'avez-vous pas pour vous défendre a la ressource des petits livres à 2 firanc? qiAi valent bien 75 cetttimesP » H. l'abbé, si la défense, de HH. Michelet et Quinet coûte 2 francs, votre libelle en coûte 3. Tenez, ne parlons pas d'&preté au gain ; reli-
(1) C'tii uin^i que lo PËro Dngaret») uprèsM. do Hulstrc, dtslgoe
les Provinciales.
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862 le bref du pape qui menace d'excommunictôoû votre admirateur etcoHaboFatear H> de ChftIoDB, ooupalrie Toir exigé de l'argent pour des diBpeaseB que le concile
àe Trente, après celui de Latran, ordonne de donner pour rien. Vendre les grdces du Saint-Esprit, vous savez comment cela s'appelle; c'est de la simoaie. MH. Miidielet et Quinet ae sont ni évéques ni sirnooiaqueB.
Les injures et grossière sont l'objet âe la sixième accusation. L'abbéDesgM^ts débute ici par une incursion formidable sur « le sieur Arouet. » Il établit que Voltaire a traité ses adversaires de polissons , de cuistres , de^t^oli (flic). Ou savait oeku Ce n'est pas ce que Voltaire a iîiit de mieux. QaaxsA VtiM Desgarels sera Voltaire, on lui passera ces mouvements d'humeur; mais tant qu'il ne sera que l'abbé Desgarets, ou le priera d'apprendre l'orthographe.
11 «ompte combien defoiB Pascala em^oyéles mots c^mnie , décisiims infïimes, extravagance. Il met en note qu'un membre de l'Université a dit du Monopole univeri^itairc : <i Voilii encore un livre de ces scélérats ^e jésuites ! > L'abbé Desgarets, au lieu de s'arrêter à ces nfaisaries, ietaii mieux d'écrire le livre des Ptnséet va de résoudre leproblëme de la roulette.
Il plante au milieu du chapitre une dissertation sur la charitéetsurla colère. 11 énumère tous les personnages qui se sont mis en colère dans l'Ancien et leNouveau Testament : saint Pierroj saint Jean, saintPauI ; il se compare àPliiQée,& Mattathias» aux Uachabée8',.àié3(i6-Cïiriat
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mtoie chassant les vendeurs du temple. On estfrappé da rapport qu'il y a entre VaiM Desgarets, anden dragon, et lésus-Chrlst. Ensuite il revient à Voltaire, qa'il appelle le premier grand maître de l'UniverBité , et l'accable d'iajures , en lui empruntant pour sa justification force passages. Mais le malin chanoine ne dit pas que presque tous ces passages sont tirés de la correspondance de Voiture destinée rester seo^ Je croîs qne si nons avions celle de l'abbé Deagarets, on y en verrait de belles ! C'est un plaisir réservé à la postérité.
L'abbéDesgarets abuse de sa supériorité contre Voltaire : 11 va jiuqa'ft Ini prâtn son style 1 Voltaire, dit-il, qualifie mUmagtu « bongle allumée aut Sammes des anciens, triste aveu de son impuissance, n Voltaire n'a jamais dit cette platitude horrible j il a dit, peut-être avec moins de goût que de coutume , que Fénelon avait allumé ta laa^» oit fkaiAeau éPSomin. Hdme présentée ainsi , cette flgnre ne devait pas choquer le chanoine ©esgarets ; il n'a pas le droit d'être si difficile , lui qui compare tes professeurs soit du Collège de France , soit de l'Université en général, otMî Aoucs de Théocrite. Au reste, îl justifie plaisamment cette honnêteté thédi^que: sCes professeurs, dit-i), enseignent le panthéisme; il suit nécessairement que les animaux quels qu'ils soient, par conséquent tex Boucs, sont leurs frères. (P. 151 .) « Il n'y a rien de Ici daus le sieur Arouet.
il ^ît avancer contre le sieur Arouet, autrement dit le gm!ilhomme f^oltaire , un auxiliaire formidable. Ce
b'csI rien de moins que M. Lerminier ! H. Lerminier y
(jui compte apparemment parmi les saints et les docteurs (lu jésuitisme, a dit de la polémique de Voltaire : u C'est le charivuri de l'intelligence; >• et du Siècle de LmùsXIV: - Le démon de l'ironie y est déchaîné, contre les choses saintes. » Voilàles enfants d'Ignace bienremparés! Ils ont pour eu\ M. Lerminier et M. de Peyronnet (1), sans compter M. de Talleyrand , dont le témoignage est souvent invoqué eu leur faveur.
Le vainqueur de Voltaire (c'est l'abbé Desgarets que je veux dire ), comparant son style àcelui de son rival, s'adjuge le prix de la modestie : — « Cela est bien pis que ces pauvres substantifs à l'usage du clergé, qui n'ont d'autre but que la pureté des mœurs et la gloire de la France. » ( P. 131.) Si le clergé a des substantifs à son usage privé, à coup sùr ces substantifs n'ont pas pour but la pureté ni la gloire de la langue française.
Je ne me sens pas le courage d'analyser le dernier chapitre de l'opuseuie. Il est énorme , et l'on n'en sera pas surpris sachant qu'il renferme, outre l'anathème contre MM. Michelet et Quinet , l'apologie des jésuites. Les aménités de ce chapitre sont à la hauteur de tout ce
(I) M. de Peyronnet, qui n failli mettre la France à Teu et à sang, qui a Joué ta. tËta, a perdu la partie, et h qui le peaple a remis son enjeu et mSme rendu lu liberté; M. du Peyronnet, coupable de haute trahison, ose élever la voix dam les quesUoiu publiques! 11 osa prendre le Ion arrogant et signer daus la QuotidUaiie que le renvoi des jétuilea da France «erail le plus magnifique uiomplut de riib~ mtrd'aé!
qu'on a vu : — « M. Michelet eet d'Abbeville, et Ton dit que les Picards ont la tête chaude, si chaude , que souvent elle se fêle, s — a Le sieur Quinet a bien le courage... le sieur Quinet a bien l'audace... n Une des audaces du sieur Qutnetest.enrapportaniuntfixtede saint Iguace, d'avoir écrit postremum sans accent.
Vient ensuite une liste des hommes célèbres del'ordre. On y voit figurer Gresset.qui a quitté les jésuites à vingt-quatre ans, et a écrit contre les moines la vigoureuse satire de V^ibbaye (1) , et le Père Boscowicb « qui maniait également bien le télescope et la lyre ; > mais l'auteur a modestement oublié d'y mettre les Carnet et Oldofim , pendus dans ta conspiration des poudres, et quelques autres pendus non moins célèbres.
La cause des jésuites est , selon le Père DesgareLs , « grande, belle, constitutionnelle et légale. » ( P. 183. ) 11 n'a pas osé syouter populaire. Le livre des jéscitbs est « un extravagant fatras d'inj ures et de plates calomnies. ». 11 fiiut donc que les jésuites soient bien détestés , car il s'en est vendu, en trois mois, dix mille exemplaires !
Après avoir défendu de. notre mieux les victimes illustres du Père Desgarets, qu'il nous soit permis de v&-
(0 H dite Boa épilre
n'oDO laeeme monaaale
Oii toul fermente en ce moment
PoiXTlapaUnle ahbalialt
Et le prnm'n* hâl du couvmf...
11 faut Olro bien dépourvu pour rfidamer de tols apologittus.
nir en aide par quelques lignes à l'une plus obscures. Cet homme-là, lire, c'était moi-mime. L'abbé Desgarets prend souvent à partie M. F. G. du National , et lai reproche sans cesse {apparemment il n'a pis à dire) d'avoir composé la musique d'un petit opéra. « La comô> die voltairienne, moins heureuse que les opéras de S&daine, n'a pas même trouvé un M. Lefèvre ou Génîn pour la rebadigeonner. » Voilà un prêtre bien au courant des affaires de théâtre, et des lignes bien édifiantes sous la plaipe d'au ecelédastique ! Ailleurs , c'est le profes- «eitr fflusioien ou U mmicien professeur. Depuis quand est-il défendu & un professeur de Ëûre de la musique? Chacun a sa manière de se délasser des travaux sérieux^ tel en composant de la musique, tel en composant des libelles diffitmatoires. Or, nous tenons avec Boileau qu'il «oui mieux s'occuper à jouer qu'à médire, fûl-ce même à jouer de la flûte. David jouait de la harpe à Saûl , on ne voit nulle part qu'il ail écrit des libelles pour le dépos~ eéder à son proât- Les jésuites prétendent-ils aussi au monopole de la musique? Le PtoeDesgarets est-il poussé contre M. F. G. par un mouvement de jalousie pour la lyre du Père Boscowieh? N'aime-l-il que le sod de la lyre du Père Boscowieh ! C'est un bel instrument , sans doute, mais il ne &ut pas élre intolérant ni exclusif. Par exemple, si demain Voh veatdta^reedreàM. F. G. que le chanoine De^drets joue du trombone ou du cornet h piston, ou de la lyre du Père Boscowieh, ou de tel autre instrument accommodé à sou humeur belliquea&e, nous
sommes assuré que M. F. G. n'en ferait pas l'objetd'une remarque , encore moins d'un reproche. An total , de quoi &*agit-il? De la liberté d'enaeignemrat. On ose affirmer que nlle piano ou l'opéra de M. F. G., ni le trombone de l'abbé Desgarets, ni la lyre do Père Boscowich n'avancent la question.
■— € Nous.conjuroiu, eu finissant , les caUioliques et « tous les gens de bien de signer ensemble et pturtout des « pétitions énergiques pour seconder la liberté d'eusei- « gnemenl ; non une liberté quelconque , mais telle a qu''elle existe en Belgique, incompatible avec les di- « plAmes^ les brevets de capacité « les oertificats de mo- « rallté du monopole universitaire. »
Les jésuites out chez nous plus d'influence qu'il n'en faut pour faire signer des pélitions. A cette ardente prière du Père DcEgarels , a toute cette intrigue dont la lâffirtéd'ensaignemeat est le prétexte, il sufSt d'opposer la circulaire que le vénérable cardinal-évëque d'Arras vient d'adresser aux curés de son diocèse. Quand on s'appelle de La Tour d'Auvergne, on ne peut pas oublier qu'on est français , on no peut consentir à imiter un silence qui trahit la patrie. Seul dans tout le clergé de France, Monseigneur de La Tour d'Auvergne ose élever la voix en faveur de l'ordre et de la vérité; mais cette voix qui parle vaut toutes celles qui se taisent ;
■ Arras, 14 janvier 1S44.
< Je suisinfbnné, H. leCuré, qu'on présente au clergé de mon diofiése une pétition & signer concernant lu li-
berté d'eRseigoement. Je connais la destination de cette pétition; elle doit être adressée aux chambres.
H Je vous conjurey M. le Curé, de ne signer aucune pétition collective. Le clergé ne peultn^ rester étranger à de:; memres que la véritable sage$se ne ditte point, et qu'une Judicieuse discrétion pourrait bl&mer.
« Je vous préviens, du reste, M. le Curé, que je veille pour mon diocèse, sur les intérêts qu'on veut ainsi soutenir ; je suis en instance auprès du gouvernement pour cet objet, que je regarde comme très important et même très grave.
« J'ai la conûance que , vous reposant sur la sollicitude de votre évôque, vous vous abandonnerez entièrement à lui pour la défense d'une cause qui ne l'intéresse pas moins que vous.
« Recevez, etc.
« f Ch. , Cardinal de La Tour d'Autergme, Ëvéque d'Arras. ».
M. (le Bonald a été fïiit archevêque et cardinal par le gouvernement de Juillet; H. deLaTonr d'Auvei^Qeaélé nommé par Napoléon.
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