CHAPITRE VU
SI"
Du devoir des cjllioliqaeg, par U. le conile de HonlnlcmbCTt.
Voici enfin qui est net et précis. L'inconnue f|MO nous nous elTorcions de dégager des nuages et des injures et des dénégations des libellistes du jiarli, M. de Mont.ilembert \enant à notre secours la présente à la France. GrOce à H. de Hoatalembert, il n'y a plus désormais àdlspater sur le bat que teclergô veut atteindre. Il n'ya <]u';i prendre note des prétentions de ces Romains qui réclament si liaut la Charlo i!l la liberU';; les voici clairement formulées par un homme que personne ne désavouera. H a raison : rien n'est tel que de s'entendre, que de savoir ce qu'on veut, où l'on va et de quels moyens on s'appuie. M. de Montnlembert joue cartes sur table, faiEcs bien attention! Voici le véritable état de cette grande partie.
Le noble écrivain pose, après l'abbé Védrine, cepriO" cipe que Jéaus^Cbrist a remis l'instruction publique aux
prêtres, en disant à aea apôtres : Sunk$ docete omnet génies. Les prêtres sont instituteurs de droit divin. Partons de là : « Ces esprits, à la fois si aveugles et « si orgueilleux, m craignent pas d'avancer cette doc- « frine (la 'doctrine du droit de l'État sur rinstruction « publique) en présence du témoignage unanime des «peuples chrétiens, qui ont de tout temps reconnu « l'éducation comme une partie pratique de la reli- « gioQ, et comme un droit inhérent au sacerdoce. » (P. 26.)
Voilà qui est entendu : on est aveugle et orgueilleux,
quand on réclame pour l'Ëtat le droit de surveiller l'instruclion publique. Mais M. de Montalembert avoue que l'esprit dé la société moderne, l'esprit de progrès en an mot, l'esprit de l'Université rupoupse le sacerdoce ea qualité de précepteur unique et obiigé des peuples. A. cela qu'oppose-t-il? Il établit en axiome que l'esprit de progrès est un odieux despotisme, la ruine et la mort de la soâètê. La société vit par l'espril rétrograde, sans doute? Les paroles du noble pair sont précieuses à recueillir. — « il faut bien admettre que l'Université et ses défeneeurs sont d'accord avec la marche continne de ce despotisme odieux qui se déguise sous le nom d'esprit moderne et de progrès social, et qui consiste à absorber dans l'unité factice de l'I ltat toute la sève et toute la force de l'esprit social. » La seconde moitié de la phrase est un pur galimalhiaa dans lequel l'écrivain éteint adroi- Imml l'ardeur un peu exagérée de sa pensée. Écartons
celte métaphysique métaphorique; il demeure que l'esprit de proijrès repousse les jésuites; que l'esprit de progrès est partout, et qu'il n'est partout qu'un odicit\ despotisme déguisé. Tout le monde se dégUise, tout ie monde est despote; il u'j a de simple, de ft&QC et d'opprimé que ces pauvres innocents de jésuites.
« L'Université sent merveilleusement cette tendance de l'État à tout ployer sous l'implacable niveau d'une stérile uniformité. » {P. 32.) Quand les jésuites seront les seuls maîtres et régneront sans partage, il y aura^ bien plus de variété, et, l'uniformité sera bied plus féconde; c'est évident.
Les hcmuètes gens qui avaient ctHnmencé de prendre au sérieux les accusations du parti ecclésiastique contre l'Université , et qui dans le fond du cœur m étaient navrés, parce que, connaissant les services rendus d'ailleurs par l'Université, ils aimaient cette institution et ■ auraient voulu la défendre, ces gens faisaient observer qu'il y a des aumôniers dans les collèges, et tâchaient d'eu conclure que l'Université ne bannit pas la religion. Ils rêvaient je ne sais quel accord plus intime entre le dergé et l'Université ; ils se fiaient aux phrases des évoques et de leur moniteur l'Vnivm, afRnnant qu'ils ne demandaient pas mieux de seconder l'État et de l'aider par leur collaboration. Les hommes naïfs qui ont pti ajouter foi à ces paroles hypocrites n'ont qu'à lire le dixième paragraphe de U. de Montalembert :
€ L'Université appelle le concours da clergé. Je le
crois bien en vérilé, prOtres d« Jésus-Clirist! l'Univer- Bité, sachant bien qu'elle ne peut d'un seul coup acéantir votre influence, ne demande pas mieux que de vous prendre à ton service et de -vous donner sa livrée. C'est d'elle que vous tiendrez vos gages et votre passeport auprès des générations nouvelles. Elle vous demande votre concours ! Vous dilnelle à quelles conditions? Esl-ce votre esprit qu'elle inocule?... »
Que de fiel, que de haine dans ces lignes ! Quel infernal talent de souiïier la discorde et de prévenir la paix ! Ah ! monsieur le comte, que vous êtes bon jésuite! Avec quelle habileté ces expressions insultantes sont choisies: Prendre à son service, vos gages, sa livrée! On sent (qu'elles sont dictées par le génie de l'orgueil. Estce là l'esprit du sacerdoce dont vous vous constituez le représentant ot l'organe? 11 est facile de répondre à votre question : Non, gr&ce à Dieu, ce n'est point là l'esprit querUniversité inocule à ses élèves ! mais c'est celui que vous inoculez aux vôtres. Entre elle et vous que le monde choisisse.
« L'Église catholique dit aux hommes, crovez, obéis- . sez, ou passez- vous de moi. Elle n'est ni l'esctavey ni la cliente, ni Vauxiliaire de personne ; elle est reihe ou
ELLE n'est rien! »
.Te ne sais ce que dit au vrai l'Église, mais je sais que l'Évangile dit: « Soyez doux et humbles de cœur. » Il ne dit nulle part: «Soyez arrogants, fanatiques, brouillons; soyez rois ou ne soyez rien.» Si l'Église catholique pense
en effet et parle comme tous, je lui prédis, et tous lea gens sensés lui prédiront avec moi, qu'elle est à jamais perdue, perdue par vos violences, vos fureurs, votre rage qui la frappe dans le temps que vous prétendez l'élever sur le trAne. Ah I l'élise catholique ne veut être Tauxiliaire de personne! Il faut qu'elle soit reine ou qu'elle ne soit pas ! Hé bien, soyez sûrs d'une chose, c'est qu'elle ne sera pas reine. Elle dit : Obéissez ou passez-voua de moi? On se passera fort bien des jésuites et de tous ceux qu'ils inspirent. Il faut l'esclavage pour elle ou pour nous; votre fanatisme ne voit ou n'accepte pas d'état intermédiaire ; vous n'avez pas d'autre allernative à nous offrir. Or, sachez que nous n'avons pas fait deux révolutions pour nous soumettre volontairement à l'esclavage, et si vous n'en croyez rien, les faits se chargeront de vous convaincre.
Mais quelle est cette hardiesse à un seul homme» fûtil le comte de Montalembert, d'élever la voix au nom de l'Église de France, au nom de l'Église catholique ! Qui vous a confié ce mandat que lîossuet n'acceptait ([n'en Iremblanf? personne. Vous vous l'arrogez. Et de quel droit, à qnel titre? qui ôtes-vouBÎ qu'avez-Toas fhit? où est la preuve de votre génie ? Vous êtes le comte de Montalembert, pair de France et jésuite. Voilà, certes, un beau représentatif, une digne personnification de l'Église de France !■ Si cette Église de France qui, il y a deux cents ans, s'asseyait à côté et non au-drasous de l'Ë^lise romEdne, si celte Église de Franco avait encore
dans son sein des prélats, je ne dirai pas tels que Bossaet, mais seulement tels que M. de La Luzerne ou H. de Bausset, on vous imposerait silence et l'on désavouerait vos folies. Héfas! on voit trop ce qu'est devenu répiscopat français, paîsqu'il souiïri! que vous portiez la parole en sou nom, au nom de rËgliae catholique!
a Si rÉglise de France avait eu le malhenr d'en être
réduite à cette altcruative (de n'Être pas reine ou de rester légitimiste), il vaudrait mieux pour elle qu'elle fût restée liée au légitimisme que de subir le profit qu'on hii offre, mais que heureusement elle n'acceptera jamais. >
Nousy voilà ! voilà le nœud de l'affaire. Monsieur le comte, dans un autre passage, se frappe la poitrine et confesse son regret d'avoir tant agi pour rallier le sacerdoceaprte 1830. Il estau désespoir d'avoir si bien réussi. Kn vérité, il n'y a pas de quoi.' Le sacerdoce se vendait par l'intermédiaire de M. de Montaiembert. Aujourd'hui le prix considérable qu'il a rei^n en payements si nombreux, au su et au vu de la nation mécontente, il ne le considère que comme des arrhes ; il Lui fiiat tout, la France entière, ou bien U rompt le marché et reporte sa belle fidélité-àla mémoire de Charles X, au prétendant qui tient cour pléniére dans une maison de Londres. Allez, messieurs^ ^lez I et que le ciel vous conduise. Vous regrettez les oignons d'apte ; le ctumiiQ du désert s'ouvro devant voue* Aussi bleu ne peEâK)n pas grand
ehose' eo vous perdant, vous, qui ne voulez être les auxiliaires de personne. On y gagne ni(>me denc pliis guider la perfidie sous le nom de dévouement. .
M. de Montalembcrt n'éparguc pas la menace à celui pour lequel il ae confesse d'avoir tant trattaillé. H se souvient prophétiquement que les jésuites ont renveraâ le trône des Nassau, et c'est en jetant à Louis-Philippe ce souvenir terrible qu'il s'éloigne avec majesté Réellement tout. cela Mt pitié I D'une part que de (^blesse, et de l'autre quelle persistance à (Sa abuser 1 C'est t'histqire â'Orgon et de Tartufe.
I:>*in^<Ai(m publique, la liberté d'enseignement est l'occasioa de ce manifeste carlo-jésuite. Vous avez vu l'aveu formel du légitimisme ; l'aveu du jésuitisme n'est pas moins positif:
0 11 faut donc le sentir et il faut avoir le courage de le dire sans sobberfage et sans détour : l'éducation ne peut être solidement r^nérée et épurée que par les congrégations religieuses. H est juste- d'assigner entre elles un rang élevé à ces jésuites qui.... » Suitl'élc^e des jésuites.
Nous savons maintenant k quoi noas en tenir. La brochure de M. de Montalembert a livré le dernier mot
du parti; c'est : les jésuites et la branche aînée, ou la branche cadette et les jésuites, ce qui revient absolument au même. Mais il n'y a pas de milieu ; M. de Montatcmhert, on le sait, n'en admet point, il veut tout ou rien, et comme il se doute un peu des sentiments de la na-
tion, il se met tout de suite sur le pied de guerre. Le pléaipotentiaire de l'Église de France en devient subitement généralissime, n compte ses troupes, il les passe en revue, il les harangue, il leur trace son plan de campagne ; « Si les évêques acceptent le partage avec l'État, et bornent leur droit divin sur l'éducation des enfanta ft la possession de leurs petits séminaires^ alors il vaut mieux cent mille fois se taire dès & présent... Entre les catholiques et l'Universilé la guerre doit être ouverle et sans trêve jusqu'au jour où cl!i3 sera réduite au rang d'une grande adminislration de l'Klat, » C'est-à-dire, n'est-ce pas, où elle s^a écrasée par les jésuites qoi ne sont les auxiliaires de personne, mais k qui il fkut que tout le monde serve d'auxiliaire?
M. de Montalembert a quelques-unes des qualités d'un chefde parti. Ce n'est pas le sang-froid, maisc'est un certain coup d'œil qui lui fait pressentir assez j uste les événements, et ne lui permet pas d'hésiter ni de se faire illusion sur ses ressources. Il comprend que la France exècre ses chers jésuites, et certes elle en a payé le droit assez cher. Il les voit exclus par la loi qui s'élabore; il cherche où mettre son espoir et de quel c6té doit lui venir le secours contre l'Université.
Du côté de la Chambre des pairs, rien !
Du côté de la Chambre des députés, rien !
Du côté de la cour, rien, < sinon des phrases plus du moins bienveillantes. >
Que lui reste't'-jl donc 9 ta ressource de Médée : Afoi>
(h's-je, et c'est aisez, et voici comment il s'arrange:
Les calholiques (les jésuites) n'obtiendront jamais rien jusqu'à ce qu'ils soient devenus un embarras sérieux} alors on comptera avec eux, alors seulement. (P. 67.)
Gomment les catholiques deviendront-ils l'embarras sérieux prêché par le dévot M. de Monlalembert? par les élections. Dans beaucoup de localitùs, les catholiques, s'ils veulent se compter, se trouveront les plus nombreux : c II n'y a qu'à s'entendre et à combattre. U. de Hontalembert est belliqueux ! il ne demande que plaie et bosse ; il inscrit sur son drapeau ce fier axiome » : « La liberté ne se reçoit pas i elle se conquiert ! s Pourquoi donc, M. le comte? pourquoi, si l'on vous donne la liberté, ne la recevriez-vous pas, et faut-il absolument qu'elle soit conquise? Vous n'êtes pas de ceux qui disent : la bourse ou la vie ! vous avez perrectionné les choses et vous vous écriez : la bourse et la vie ! Je ne m'étonne plus que vous et vos jésuites ne veuiiliez pas vous contenter de la liberté dont on vous laissait jouir, toute large qu'elle est : c'est qu'elle n'était pas conquise. Non, en vérité, elle ne l'était pas, car on s'est précipité au-devant de vous pour vous TolTrir ; je crois même rju'on s'est mis à genoux pour vous prier de daigner l'accepter. Le gouvernement s'est attiré, de propos délibéré, ce qui lui arrive. Ses amis les plus dévoués sont forcés de reconnaître qu'il n'a que ce qu'il mérite.
« Pour venir h bout de l'ennemie commune, il faut
IG
que les cathoKques descendent dans l'arène électorale avec un plan de conduite bien arrêté : c'est de repousser tous les hommes qaf ne s'engageront pas & travainer pour eux. » En d'autres termes, il faut emplir la Chambre de jésuites.
Mais la province est parfois lihérale. Tout n'est pas Vendée en France. TraTalllons la provinee afin qu'elle nous enToie des députés selon notre eteur et selon le Sacré-Cœur. I-e moyen en est simple : c'est d'acheter tous les journaux de province, qui seraient désormais rédigés par des jésuites. Il existe déjà une association de jeunes gens opulents pour procurer cet heureux n&ultat. H. de Uontalembert Mt honte an zèle de se? catholFques par l'exemple de ce qui se passe en Espagne, ofi l'on voit avec admiration s'établir partout des journaux voués au catholicisme, tandis qu'à peine on en compte, trois ou quatre chez nous ! Voyez déjà le bien qu'ont produit ces trois on qnatre feuilles par leurff diflionations et leurs calomnies : « Que serait-ce, si pour chacune de nos provinces il existait un organe périodique consacré à rappeler aux pères de femille leurs droits et leurs devoirs, & arracher sur place le voilo qui couvre les misères et les désordres de lUniversité ; enfls, à constituer pour les catholiques un foyer d'union, de courage, de vigilance et de dévouement! »
La brochure de M. de Mootalembert résume toutes les autres qui l'ont précédée dans la môme voie, et peut elle-niéme se résumer en quatre lignes :
Il raut que la religion absorbe l'Ëlat, et la reb'gionj c'est la compaggie de Jésus.
Hésitez-vous? nous eiUravous aussitôt les rouages du gouvernement et nous faisons sauter la machine. II en sera de la d^iasUe de LoiùB-Philippe comme de celle des Nassau.
Qu'on se décide promptement : la torche est allumée et nous tenons le levier au pied du trOne.
Telle est cette brochure de H. de Montalembert. II est peutrétre déplorable que l'auteur soit pair de France ^ mais il est incontestablement utile qa'il ait écrit. L'a France est toute décidée, et dès qu'il lui plaira l'issue de la partie engagée par les téméraires du clergé ne sera ni longue ni douteuse. Toutefois, comme la France a remis les cartes aa\ maios du gouvcruemeiit, elle le laissera jouer le premier ; mais, qu'il y prenne garde et surtout qu'il ne prenne pas les conseils de M. Martin ! Le mot le plus vrai qui ait été prononcé dans toute cette querelle, est sorti de la bouche de M. Michelet : « Pour nous débarrasser de vous, nous avons chassé une dynastie, et nous en chasserions au besoin dix autres. >
L'aUé Ootnlialot.
L'élit de la question, le vceo du parti qui prend le nom de catholique, sont présentés d'une maoiàre aussi
nelte que complète dans l'ôcrit de M. de Montalembert; on ne peut y ajoutur de iioiivelies Inniières.
Je me dispenserai de parler des dernières épUres de l'évèque de Chartres, qui en est à la trentième ou quarantième variation de sa première lettre. C'est toujours le panthéisme, la philosophie allemande, l'Université réceptacle de toutes les hérésies, déclarant qu'elle veut abolir le christianisme pour y substituer une reh'gion. de sa façon, à la turque, à la Châtel, etc., etc. Couvrons du manteau de la charité ces faiblesses d'un prélat septuagénaire, d'autant qu'elles ne sont plus dangereuses.
L*abbé Combalot, le m&cae qui a prêché à Cherbourg, le 2 novembre 1843, ce texte : 11 &ut rendre au clergé les registres de l'état civil, a publié un Mémoire à consulter qui dopasse deliien loin les libelles de Tabbé Desgarets ou de l'abbé Védrine. 11 faut, en elTet, consulter ce Mémoire pour savoir de quoi est capable un homme livré aux passions haineuses. Quand je dis un homme, il faut encore distinguer quel homme. Il est certain qu'un laïque ne trouverait jamais de. telles ressources dans sa fureur. Si vous ne savez pas ce que c'est qu'un prêtre enragé, et si vous êtes curieux de l'apprendre^ lisez seulement cet extrait :
L'Université forme « des intelligences prostituées qui « vont chcrclier au fond des enfers la glorification du « bagne, de l'inceste, de l'adultère et de la révolte. — Ce t ■ sont les enfants de rUniversitéqui souillent leurs fes- * lins par des orgies sauvages. — Voyez cette nuée de
Digllized by Coot!'.^
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« journalistes, ùe faiscursde feutllutons, de pamphlets, € sortis des aotres du monopole et creusant dans le mal « pour en iîiire sortir des monstres.
te Le prophèle les a peints d'un seul trait quand il dit : « lis n'ont de joie que dans le mal, et les choses les plus infâmes leur donnent des extases. » Le même prophète a mesuré toute la perversité de leurs conceptions ; il est descendu dans Tftme de ces écrivains de nuit, quand il ajoute : les pervers ne dorment qu'après avoir fait le mal ; le sommeil les ftiit, jusqu'à ce qu'ils aient inventé des forfaits.
— « L'Université pousse les jeunes générations au « hrutismede l'intelligence; elle automatise l'écolier. — « Elle double toutes les puissances de l'homme pour le « mal. Incombant à la fois sur toutes les facultés hu- « maines, elle en irrite la dépravation native, elle en « exalte toute l'énergie corruptrice, — Klle livre les éco- « liers aux seuls instincts de la bëte, ils ne vivent plus « que par le c6té matériel de l'existence. Ces appétits, « des habitudes vldenses, des pratiques contre nature, « des mœurs abominables, deviennent alors le carac- « tère dominant ûf. lai^énération élp.vée dans les collèges.
« On épouvanterait la terre, si on racontaitles scènes « d'impiété, de sacrilèges et de scandales devenues si « fréquentes dans l'histoire des collèges du monopole. « Ah î qu'ils auront une pesante mémoire à porter ces « hommes qui moissonnent un salaire homiàde sur a l'ùme et sur la fui des jeunes générations !
« Les livres les plus inriknies, les feuilletons lœi plus
< obsetoes, sont devenus les eaiédnsme$ iU morait des
« enfants de leurs collèges, etc. »
Vit-on jamais pareil énergumène ? Le seul fanatisme n'irait pas si loin ; évidemment l'abbé Combaiot a été mordu, et il faut qae le mal lui ait enlevé jusqu'aux plus simples lueurs du bon sene vulgsire, aatoement U sentirait que cette frénésie se ruine par son pn^re «%.cès, et qu'en s'y prenant ainsi pour nuire à l'Université, il la sert. Il fallait être fou pour écrire le froment qu'on vient de lire; mais il faut être impie pour avoir osé penser et imprimer ce qui suit :
« Frappez du glaive excommunicateur les chapelles « des collèges universitaires. Que le sacrifice du Christ « ne s'offre plus sur des autels profanés; que la voix
< du prêtre se taise pour jamais sous ces voûtes témoins ■ de tant d'impiété et de tant de blasphèmes. Séparez la s lumière des ténèbres etiésus-Christ de Bélial. Laissez
< tomber du trône de la vérit&et de la justice où voos
< êtes assis, un interdit tolennel sur des collèges où ron a apprend à vos enfàntsà se passer deDieu,etàméprieer € le sang et la grâte de Jésus-Christ. JJéfendexauxpatc teurs des paroisse» ^admettre à la première commuc nton et à la Pâi^ue des chrétiens les enfants catholiques « que le monopole s'efforcerait de retenir dans son sein,
< quand vous l'aurez marqué du signe de vos immor- € telles malédictions (1) ! *
(I) La brocharo de l'abbé Combaiot a Élr. eaUio.
Quel parti que celui qui peut produire et osg avouer des geos capables de ces horreurs I
On B beau dire que la portion saine qui fbnne b majorité dans le clergé désapprouve ces extravagances et en gémit tout bas. C'est tout haut qu'il faudrait en gémir et en repousser la solidarité. I^aisser passer seuis protestatioa le mouoDge et la calomaie, n'est-oe pas se fiûre menteur et calomniateur? Mais dans notre siècle, se taire et ne pas se joindre activement à ceux qui accablent la justice et la vérité, passe déjà pour un grand effort. C'est le plus haut degré où puisse atteindre la vertu, rafime chez les ecdésiastiquea.
Le clergé raisonnable gémit, mais m attendant, si les folles brochures des abbés Combalot, Treilhou, Moutonnet et autres (1) pouvaient gagner quelque chose au clergé, le clergé, tout en gémissant, ne se ferait aucun Bcrupnled'en recueillir le bénéfice, n laisse fkire et at-
(1) L'obbfi TrdlbOD, obaiiolDeâ*AUi7,«paUiéc«ilteleoolI^{lB celte lille an pimphlet qa6 le oonnil mnaEcipal, ipria enquête, a âéclsrâ De contenir que des aasertione menwngèrea et caloDinleuseB.
L'abbé Houlonuet, d'AvignoD, est l'auteur d'ua pam|ihlet en' elflo de puruiic. On en jugera par une phrase : > Dire comment U uuillu « queue de Voltaire, tombée depuis si longlempa d^ns boue, a'uel « enOn rattachée k ta perruque un iverei taire, et, se redressant inscn-
■ siblement, a Qni par couvrir la tPle de l'illUetre corps, ce n'est pas * ih noire affaire; l'important est de conslalcr, de maiiiùre à convcr-
■ tir les plus prévenus en faveur de rUnirerEité, que renseignement < du monopole en gfinËral est impie. ■
L'autorité flt saisir l'ohbd MouEonnct: c'Ëlalt iÙre trop d'honoBur i, celte arlequioado. Le jw? vient d'acquiltcr t'abbé HoutoniieL
teoiJ. Est-ce lu une position Tranche, une conduite loyale?
De même, le gouvernement se garde bien de défendre tout haut ses fonctionnaires odieusement outragés ; car, qui sait? on trouvera pcul-ùtrc moyen de s'arranger, si le clergé, moyeanaot certaines concessions, consentait, . non pas à prÊter, non pas à promettre, mais à 'vendre son appui...
Ainsi, de part et d'autre, on n'a en vue qu'un marché. La vérité, la justice, le droit, les bienséances, on sacrifle tout sans pudeur et sans regret, à la chance de le conclure le plus avantageux possible.
« Il y a longtemps, s'écrie S.-S. Rousseau, qu'on a substitué des bienséances d'État à la justice (1). » Mais il vient un moment où à force de substitirtions, la justice n'est plus possible, et l'État se trouve embourbé. Ce Jour est arrivé.
(1) Lellre & H. de Beamnonl.