CHAPITRE I
t'HISTOntE DE PRAHCB EltSElGKEB PAM UB JSSUITBS..
Hais laissons & part la rivalité entre l'UniTersité et
les jésuites. Ne faisons plus de comparaison ; aussi bien, peut-être, avec toute la îioune fui passible, n'avons-nous pas au fond , et à notre propre insu, l'esprit assez liitre pour juger sainement et sans prévention aucune., Da quoi s'agit-tl après tout ? du Lien public : nous ne voulons autre chose. Les jésuites demandent à élever la jcunti^sc française, à l'élever seuls. Hé bien ! voyons si les jésuites en sont capables ; voyons ce que c'est que leur enseignement ccmsidéré en iuî-mëme , abstractioQ faîte de tout autre intérêt que celui delà patrie: Saluspopuli suprema lex esta. Si ces sens font le bien, nous les prend rons ; quant à l'Uiiiversité, elle deviendra ce qu'elle pourra. Supposons-la morte, effacée, détruite, anéantie. Nous n'en connaissons plus le nom ni la mémoire; voilà gui est convenu.
Écartons encore, pour simplifier la question, toutce'quî regarde l'étude du grec, du latin, des sciences ec des lan-
— 3ro —
folies vivank's. Mon Dieu ! qu'on na satlic plus on moins, qu'importe? la connaissance approfondie de la chimie et de l'algèbre n'est pas iDdispensable pour la vertu ni pour le bonheur. Si vous.ne lisez Homère' dans le texte, Yous le lire/, dans la traduction. En un mot, il est permis de u'êfre pas bachelier, mais il f^ut absolument être honnête homme et bon citoyen.
Voyons donc en bref comment on enseigne chez les jésuites rhistolre et la philosophie ; et noos restreindrons encore cet examen à l'histoire de France et à la morale. Nous ne demandons que le plus strict nécessaire.
Le parti gui s'intitule catholique , à l'exclusion de tout autre , a de grandes prétentions à représenter l'esprit de liberté et de progrès. Le progrès et la liberté! ils n'ont que ces deu\ mots à la bouche. Ils ont inscrit sur leur drapeau : Proifrés et Liberté '. Leur patriotisme est .encore unevertn qu'ils font sonner bien haut. Mais prenez tous les ouvrages qu'ils ont publiés, surtout ceux qui concernent l'histoire nationale, ils ne respirent queTamour, l'idolâtrie de l'ancien régime et lahaine la plus fanatique des principes qui ont fait nos deux révolutions. C'est là qu'il faut cliercher la vérité sur leurs senti menls- Tant qu'on n'y regarde pas, ils mentent ;t leur aise et prennent le masque qu'ils jugent le plus efficace à leur gagner la sympathie publique; mais le masque est mal attaché: rien n'est si aisé que de le i^re tomber. Un coup d'œil sur la manière dont ils enseignent l'histoire
iialidiiiilc nh'ùlcra aux mnin-; chiirvnyaiUs '[ua r'tvt l'n réalité que le patrîotiâme de^ Jésuites, ce que vaut au ibnd leur passion subite jour le progi^^ »\ k liberté.
VSÎsloire de France, imposée à Saint-Acheul par le révérend Père Loriquet,ad majorem Dei gloriam, jouit d'une célébrité qui dispense de l'examiaer en détail. On a tout dit quand on a nobimé le Père l.oriquet , aujoufâ'bni*4firecteiar de la ma^on de la rue des Postes. Cbacumsait que l'auteur écrivant pour la gloirsde son ordre et la lîRsiauration , n'a jamais assez de mensonges pour travestir les fails, assez d'injures et de calomnies contre les grands hommes qui ont rendu la France puissante et honorée entre tonteJ les nations , de SO à isiâ. Si quelqu'un ne connaissait pas le Père Loriquet, il suffirait de dire, pour en donner une juste idée, qu'il insulte notre armée sur le champ de bataille de Waterloo et triomphe avec les Russes, les Anglais et les Prussiens. L'historien jésuite, après avoir raconté que les débris de la garde impériale refusèrent de se rendre, ajoute: « On vit ces forcenés tirer les vris sur tes autres et s'ei^ fy-etaer sous les yeux des Anglais que cet étrange spectacle tenait dans un saisùsanent mêlé d'horreur, i ( HisT. DE France à l'usage de Ijt jeunesse , A. M. D. G-, édition de 1843.)
Ce quel'oQ aura peine à croire, c'est que le Père Loriquet est le plus modéré et le plus sage des écrivaina de la famille. On cite toujours son Histoire de France comme le phénomène du genf e , parce gne dans son
temps elle a fait scandale et que l'on n'en connaît pas d'autre. Les jésuites dérobent li soigneusement au grand jour les livres fabriqués pour l'usage de leur école ! Ponr le dire en passant, c'est une chose merveilleuse que le talent avec lequel ils savent étendre la publicité et la contenir dans les limites qu'il leur plaît: Tairasjusquelàeltu nHras pas plus loin '. Ils connaissent leur monde; ils rapprovisionnent avec abondance, avëcluxe, et c'est grand hasard lorsqu'un exemplaire francbit le cercle tracé autour de leurs adeptes. Mais enlin ce hasard peut arriver.
Le premier livre qui me tombe sous la main est une Htsioîre de France annotée par M. E. I^franc, publiée à Lyon, chez Périsse frères, et adoptée par les maisons ecclésiastiques. M. Lefranc a confectionné, pour l'éducation de Mgr le duc de Bordeaux, une foule de volumes, rudiments, géographies, grammaires françaises, histoires, etc., etc. Il est demeuré l'Iiistorien et le grammairien, par excellence des écoles religieuses et légitimistes.
Les états-généraux de 1789 sont définis par l'historien congréganiste : un rassemblement illégal et factieux, une assemblée usurpatrice qu'on ne put arrêter dans son œuvre de destruction. — Les hommes de 1789 sont de vrais brigands « qui, an nombre de 60,000, après avoir < porté le brigandage et l'difi-oi dans Paris, vont, le « 14 juillet, faire le siège de la Bastille. » Les députés de l'Assemblée constituante sont des caurs.parjures -, —
rAssemblée législative est un sénai sauvage (ç. 466 à
486) , et les membres de ce sénat, gorgés de crimes cl de rapines,ivres de vie et de saiifr, se livrent à des réjouissances dont l'auteur se complaît à mettre le tableau fidèle souB les yeux de la jeunesse. En voici les premiers traits, qui feront juger du reste : — « On vit dwis ces « jours d'horreur les assassins chanter et danser autour f de leurs victimes palpitantes, déchirer leurs entrailles, « s'abreuver de leur sang, rôtir lewr chair dam les « pUteet publiait et s'en rattasierl •> (P. 188,) Cest ainsi que les jésuites écrivent l'histoire de France, c'est ainsi qu'ils apprécient la révolution. Ils apprennent h la jeinn's^i: (juu la Convention fut « une asseihbiée cri- « minelle fondée sous le poignard d'Égalité, où le seul « crime était com^pris. s (P. 489-403.) Phillppe-E^llté y est libéralement traité de prince assastin, vit jouet des Maratistes ; de monstre, d'infâme ; cX il y est souvnnt question de son infernal génie. 11 faut avouer que la dynastie régnante est bien récompensée des avances et des concessions qu'elle fuit chaque jour à la sacristie» au risque de compromettre sa propre sûreté !
« Quand Bonaparte reprit Toulon sur les Anglais, auxquels la trahison l'avait livré, il lit un vaste brasier de cette ville fidèle, et les républicains y trouvèrent autant d'alliés naturels qtCU y avait dejorçafà. Le trait n'est-il pas joli? « Tous ensemble (les républicains et « les forçats, cela s'entend ) , tous ensemble, pins cruels « que les flammes, n'épargnèrent aucun des royalistes
« qu'ils purent atteindre. Les mitrailles et la fusillade , ■ substituées à la guillotine , en immolaient chaque « jour des cenlaînes. Un jour ; — remarquez bien ceci ! « — un jour'qu'oos'aperçut que le canon en avait épar- « gné quelques-tins, on leur cria : Que ceux qui ne sont s pas morts se relèvent ; la république leiir pardonne. « Ils se relevèrent, et sur-le-champ ils furent sabrés oa B fusillés. » (P. 508.)
Et les Lettres édifiantes des Missionnaires de 93, par M. Fabry, ajoutent : • On ne sait pas au juste quelle bouche fit entendre ce cri meurtrier ; les uns t'attribuent à Fréron , les autres à Buonaparte , qui commandait l'artillerie. » (P. 78.)
« Elsl-ce assez d'imposture et d'infamie! 11 est buperllu d'ajouter que le livre est d'un bout à l'autre écrit du même style. L'esprit qui a dicté une pareille page ne s'arrête pas à. une; ce ne serait pas la peine. L'auteur gloriQant la Vendée et ses chouans, se demande qu'est-ce que la patrie sans sa foi, sans sa liberté, sans son roi, sinon un vain moi dont le crime se sert pour tromper la sottise? (P. 257.) Voilà le livre adopté par les collèges ecclésiastiques pour reneeigDement de Tfatstoire de France ; voilà quels principes on y prêche à la jeunesse. Et ces gens qui déversent l'outrage et la calomnie sur toutes nos gloire? passH's ont ie privilège d'iittaqtier et d'insulter impunément les hommes et les institutions de DOS jours les plus honorables, les plus justement célèbres. Que veulent-ils ? peu de chose en effet : ils veulent
àtre les maîtres d'élever seuls, et dans cette doctrine, des enfants dont les jiiirns ont pu se trouver à la prise de ta Bastille ou à la reprise de Toulon, etc.. n
Avant-hier, le nom de M. E. Lefranc brillait sur la liste des pèlerins qui sont allés saluer leur roi de France à Londres ; et le lendemain, l'Univers disait à ses leo leurs : fl Nous connaissons peu de livres élémentaires aussi utiles que 1' abrégé du cours d'histoire de M. E. Lefranc, à l'usage des écoles primaires du premier et du second degré. Les jeunes enfants y trouveront es qui sonvient à leur âge, etc., etc. (J). » Suit un pompeux éloge de ce Coun tthistoint dans lequel les enfants trouveroQt snrtoat ce gui convient aux jésuites.
Mais ce que les jésuites ont produit de plus remarquable, sans contredit, pour l'enseignement de Thistoire de France à leur point de vue, c'est le recueil intitulé : LES FASTES DE LA FRANCE, par Dolandîne de Saint- Esprit (3), &isant -partie de la bibliothèuqb catholique. Il y en a douze volumes, dont chacun se détache et fait un livre à part, comme chaque acte de X'Jslrais est une pièce entière : La République. — ie Consulat. —
(1) 31 décemlirc 1843.
(2) De SaiiU-Espril, parce qu'il tut um'^lù en lSI5, avec le due. d'AngonlGme, à Pont-Saint-Esprit. Lo eobriquet de M. de Saint- Esprit fut alors donné par les courtisane à M. Delaniline, ut Louis XVllI, très foeéUem de sa nature, poussa la plaisanterie jusqu'& le consacrer pac une ordonnance InsérêB au Balletin des Lois, et rapportée avec OTgatàl pu H. Delandine Inl-mSme dans sou UUtoire de Napoléon. Il fout bieû Instniire la poBtérilé,
L'Empire.— Histoire du Christianitme sous la tente, etc.
ïîornoiis-nous à jeter \m coup d'œïl sur LA REPUBLIQUE.
On jugera i'ensGmljle sur l'ticliaDUlloii.
11 ne faut, dit la Fontaine,
Il m.faiil jai.ais.lirca.UKCi.s:
Ëcouk/, hm mol. ojf/ une lEiiincnic.
Mais, quand il s'agit de l'ouvrage du SI. Dtilaiidiiii:, on peut dire hardiment : Oyez une merveille. Merveille âe peoBéeSj. merveille de 8tyle>tout est ici merveilleux.
Et d'abord, pour procéder philosophiquement et descendre de la cause à l'effet, quelles pensez-vous qu'aient été les causes de la révolution de S9 ? les abuç parvenus au comble dans le clergé et la noblesse, la nation fbulée et ses droits méconnus, en un mot, la révolte naissant d'une longue oppression devenueintolérable? Nullement! vous n'y êtes pas! C'est la franc-maçoniierie. Leduc d'Orléans était franc-maçon, rose-croix, chevalier kadoche, que sais-je ! Dans la séance où on le reçut, on lui Qt poignarder le mannequin d'un roi couronné : a 11 en- K fonça la lame; du sang jaillit, il ne pâlit pas : — a Prends ce glaive et tranche la tête du corps que ta a viens de frapper ! — La t6le fut tranchée et l'adepte la a tint élevée dans sa main droite; dans la gauche, il « garda le poignard teint de sang. i> (P. 27.) C'est le duc d'Orl&ins qui a fait la révolution ; c'est lui qui a ordonné les massacres, embrigadé et soldé les massacreurs : « A
Digilizsd by CoOgje
toutes les secousses, un nom jaillissait, et ce mm était redit tout bas; car les hommes les plus élevés âieparaisaaient quand ils avaient le secret de la conjuration, n (P. 165.) On croit lire les rapsodies de Montjoie ou celles de l'abbé Barruel. Le duc d'Orléans fait assiissinnr un ûnancier dans le bois du Vézinet, pour lui voler le récépissé d'une somme considérable due par le prince, et que le malheureux créancier, se fiant à la parole du d uc, croyait aller toucher. Pbilippe-%alité n'a-t~il donc pas assez de ses crimes avérés sans y joindre encore des calomnies?
Les sages remontrances de d'E^prémenil ne suggèrent à l'auteur que cette ridicule réflexion contre les parlements : « La toçe pari mi enta ird avnit été dans tnns les temps uîi des drapeaux des èhiilldion^ de i;i ['ranrii. u (P. 107.) Les états-généraux encourent sun indigniition, comme celle de H. Lefranc : c'est uneassemblée de faotienx. Après avoir rapporté ce mot célèbre- de Mirabeau à M. de Dreux-Brézé : Mlez dire à votre maître^ etc..-., i! ajoute d'im air contristé et d'un ton de reproche : « On n'employa pas les baïonnettes 1 -
Sieyès avait posé et résolu les questions : qu'est-ce que le tiers-état? — Tout. — Qu'a-t-îl été jusqu'à présent? — Rien. — Que deniaiide-l-tl à ûlrcï — Quelque eiiose. « Oui, s'écrie M. Delaudiue de Sainl-Espril, il duniandail à être quelque chose : roi à laplace du roil « (P. HA.) Aussi bl£lme-t-i] formellement la conduite de Louis XVI, « dont les malheurs prirent leur source dans sa bonté. . .
il céda, il céda tant qu'on ne savait plus s'il lui resterait assez âe pouvoir pour être roi ! » Ce ne fut pas la faute de M. Delandîne le père, qui, à ce que nous apprend Monsieur son flis, olfrità Louis XVI « Véiai de son talent, et monta à la tribune pour poser des principe dans les fissures de la loi. » ( 14», 146.) Si le père était de la force du fils, on ne peutbi&merlertfus de Louis X.V1.
Cette prétendue histoire n'est qu'on ramas d'anecdotes la plupart suspectes ou conlrouvées, mais toutes sanglantes et fangeuses, toutes poussant au fanatisme, à la vengeance, aux réactions, en un mot à la guerre civile. Qu'on ait des motife de haïr la révolution* qu'on la poursuive dans Vbistoire, je le conçois, à tout prendre ; mais en déclamant contre elle, est-il donc impossible de parler français ï a Les révohilionsontleurrobe virile tissée à lien fort dans les conjurations. La sueur du peuple et les gouttes de sang qui tombent sur la traine,creusent. »
Un chapitre rat intitulé : Le l4 juillet 1789. Vous croyez que c'est le récit de la prise de la Bastille? Point. Ce chapitre est rempli tout entier par l'anecdote du maire de Saint-Denis qu'on prit dans le clocher, et qu'une vieille femme demanda à égorger au milieu de la rue : « La motion de la bacchante de carrefour est accueillie ; elle s'assied, tire de sa poche un de ces petits couteaux appelles eustaches, et à chaque fois qu'elle plonge la lame dans la gorge, elle dit : Ne sens-tu pas une certaine fraîcheur? » C'est dans ces faits dégoâtonts que se trouve, selon M. Delandîne, le vrai caractère delà
DIgttizedbyCt'
révolution française. La prise de la Bastille occupe huit
lignes : « La Bastille fut prise le 14 juillet et le donjou fut pavoisé du bonnet rouge. Les banderoiles tricolores furent couvertes de sang... » L'auteur appartient à l'école de M. d6 Gonny, qui ne voit dans la révélation que des septembriseurs et des ém^és.
Gomme M. Delandine de Saint-Esprit ne comprend rien, il ne respecte personne. La Fayette est un l&clie et un pillard ; c'est le général Morphée, qui, au 6 octobre, feigniUt de dormir, pour laisser < aux gagés du meurtre le temps de marcher à leur but. » Au 10 août, il se tient loin du danger ; les Tuileries sont prises : « La Fayette apparaît alors ; révacuation du eliûteau s'était accomplie sans lui : le général Morphée en réclama sa part; on la lai laissa prendre.... Le parti d'Orléans était mesuré : à ckaquebond de sang il avait grandi 1 La Fayette en faisait partie; il déserta, puis revint y attacher ses épaulettea civiques, etc. >
Devrait-il donc être permis au premier venu, à un H> Delandine de SiUnt-Esprlt ou d'ailleurs, de souiller de son encre une vie aussi pure? On parle de censure, de morale publique; à quoi devraient-elies s'attacher, si ce n'est i réprimfir de telles infamies ? Mais loin de les réprimer, le gouvernement de Juillet, ouvrage do l^a Fayette, va confler l'instruction publique à ceux qui on t dicté et qui enseignent chez eux l'histoire de France de H. Delandine 1
Les hommes senséa les moins favorables à la révola-
tion française conviennent que la fédération oflîrit te
plus mapoilique spcclaclc possibln sons le ciel. Une grande ii;iiio(i se livrant tout eiiiièiT à l'eiiUiousiasme des plus nobles sentiments qui puissent faire battre le cœur bumain : l'amour de la ^rîe, Tespérance du bonheur, un immense élan vers Tunion fraternelle, voil& ce que l'on vit briller aux fèins de la fédération. Maïs M. Dclandine, seul insuusible au milieu de l'émotion géûérale, n'a que des paroles lugubres et qu'une pensée de malédiction : « On appela toujours protêt le deuil de la religion et le triompbe do mal ! La fédération l^t instituée pour se compter devant le trône qu'on voulait abattre, devant l'Église qu'on voulait ébranler. Cette fête souleva le rideau des plus grandes immoralités : une fois levé..., il ne retomba plus!...» (P. 248.)
Il serait superflu de suivre M. Delandine dans toutes les phases de la révolution. Laissons-le déclamer à son aise contre la ligue de l'impiété, raconter des histoires de tigres qui a buvaient des verres de sang à la santé de lanation. s Passons tout de suite à la séance de la Convention où Louis XVI fut condamné. C'est ici que M. de Saint-Esprit met en œuvie toutes les ridiesses de son stylo ! Écoutez; ceci en vaut la prâne :
« L'essence du mal suinta de toutes lex lèvres jYnTisir- « cliie à froid se montra sous toutes les formes; le com- « plot rejeta son masque; chacun laissa voir son but « et son point de départ. Quelques hommes qui avaient « vot^ h rmvmment d'me braiu^, sans croira qu'Us
« sapaient le trdne, transigèrent avec l'avenir : ils défi muodcrcot le bannissement. O'aiitrcs, pour assurer «n « plastron à leur mémoire, jX'oiJUSLTeiil l'appel aupeupls. « Aux sommités, l'attentat leva sa tête : les votes se hir « rissèrait de dard» et se salirent de ftinge. Là, tous les c juges' étaient assis sur les ruines des basée morales et « sociales. J ce virmu d'une révohition, un prince du « sang nival avail. brisé son écusson : t7 n'avait pré- « séance que d'infamie. Pliilippe-Égalilé parla de devoirs « et vota la mort ! Une rumeur se Ht entendre ; il visait « le trône, et la république cachée sous son manteau « visait sa tôte. » (P. 359.)
M. Uelandine de Saint-Ksprit est-il décoré'? .S'il ne l'est pas, c'est un oubli; qu'on se hite bien vile de le réparer. ' ,
Voici le résumé de ce beau travail à l'usage de la jeunesse franraisc : — " .Sur la fosse de Louis XVI les débris «de i\'Hlini;e social s'aniuiicelérenl ; l'anarchie, une «r torche à là main, fouilla les châteaux, les archives, les « taboniacles. Pour écrire à cette lueur vacillante, l'his- « toiré la suivit à travers les échafauds et la mitraille. « (P. 374.)
(Juel fut le résultat de la révolution? — « Lc.î nijau- « mes abrutis, les peuples mutilés, tout le cortège de la « dévastation et du malheur, tel fUt le dogme de la fra- « temité révolutionnaire, qui serra la main des partis « pour les trahir. La hache qui Atjaillir le sang d'un roi X as$a8sina la pairie. » (P. 420.)
Cest depuis re temps-là qu'il n'y a plus de patrie peur les légitimistes. Lear patrie voy^ à la suite du duc de Bordeaux, d'Allemagne en Angleterre, d'Angleterre en Suisse.
« Le trdae de Louis XVf est surmonté d'une palme pure ; la vertu fut le don de joyeux avènement. C'est un diamant qui n'a jamais été terni. »
« La révolution lance dans l'espace, pouf fomenter l'émeute', cette sommation : Liberté, fraternité ou la mort ! La puissance royale, monacale, nobiliaire, fut alors mise à l'encan. Le produU t»mba dans la tirelire' de la révolution... La liberté fut couverte des lambeaux de l'oppression; — la fraternité ne fut pour personne; —