‹ Les Jésuites et l'universitéChapitre 20 sur 27 · ET LA MORT FUT POUR TOUS!... » (P · texte numérisé non relu

ET LA MORT FUT POUR TOUS!... » (P

Ce sont les dernières paroles de l'ouvrage; c'est sur cette impression que AI. Delandine laisse les élèves des jésuites- Il ajoute seulement, comme pièce justificative, une liste des conventionnels qui ont voté la mort de Louis XVI, avec d'amples annotations à chaque, article. Cela peut servir un jour, et il importe que la jeunesse française soit nourrie et entretenue dans l'exécration perpétuellede certaines familles. Vous allez lecomprendre en lisant cette note que je trouve dans le tome suivant de l'histoire de M. Delandine, à la page 447. II s'agit des prophéties de l'astrologue Noël Olivarius. Naturellement un homme aussi religieux et aussi éclairé qae M. Delandine de Saint-Ëspriî croit t l'astrologie, à la magie, etc. Voici la note en question :

« Le boa Olivarius a rencontré le vrai : le règne de « NapoléoQ, la Restauration, la révoluttoode 1830, tout « a été prédit, tout s'est réalisé.

« Il y a encore des troubles et des convulsions polîli- « ques auxquels un jeune guerrier mettra un terme. On « le voit s'avancer vers une grande cité portant sur son 0 écusson le symbole de la force et dtf la prudence, un « lion et un coq. La lance qui doit frapper dans sa main, «eallalanœ d'un grand prince. Les peuples accourent « et marchent à sa voix, et les " malimconlreux mail- « loUns» seront abattus, et la Seine roulera du sang. « Mais an milieu des grandes catastrophes, un ginie « bienfaisant surgira, il étendra sa main sur la France, « le monde sera enchaîné à sa loi, et les peuples seront « parés par la civilisaiitm. FoUà ce qu'on voit poindre à « l'horizon; voilà ce que nous révèle Olivarius dans ses

«prophéties populaires; l'avenir est gros Atten-

« dons I >

(^i sont ces maillotins, qui est ce grand prince qui prêtera ea lance au jeune guerrier? Je no sais. Que 'cea:L-l& le cherchent qui ont intérêt à le savoir. Quant au jeune guerrier Ini-^éme, le voile qui le couvre est transparent i notez seulement ces paroles : Vavmir est gros /. . . On ne peut désigner plus dairement celui dont il s'agit.

Dans celte histoire de France religieuse et réactionnaire, vous observerez qu'il n'est pas dit un mot, un seul mot des victoires de la république. Les noms de Marceau, de Hoclie, de Jourdan, de Kcllcrmann, de i&

Haaséna, de Kléber ne sont inscrits nulle part. Leipsick, Fleurus, A.rcole, pour le bon eiloyen formé par les jésuites, seront des noms géographiques indifférents et sans souvenirs ; mais, en revanche, ces bons citoyens cliérironl lijrd Wcllinglon et Waterloo. Les événements de l'intérieur, ils ne les connaîtront que défigurés et ira- Testis ; ils ignoreront et la grandeur du peuple et Jet gloire de nos années ; mais ils sauront sur le bout du doifît, ce qui est bien plus essentiel, les fêles de Trianon et les succès de madame de Polignac et de Marie-Antoinette dans Slaise et Babel, le Jtoi el le Fermier, et la Gageure imprévue; ceux, du beau comte d'Artois dans les valets et les garde-chasse ; avec quelle jalousie l'amourpropre des courtisans asodisputaîtjusqu'à Vhonneurde figurer dans la peau de l'ours des Deux Chasseurs et la Laitière; » toutes les guenilles, tous les oripeaux de l'aiicien régime, qui doit rederenir le nouveaa régime, s'il plalt à saint Ignace.

Encore si tout se bornait à des niaiseries sentimentales; mais au chapitre de Biaise etBahet succède le chapitre de Vincendie des châteaux, que les jeunes gentilshommes liront avec un grand profit pourles chaumières. Vienne seulement l'occasion, et les scènes du Hidi en 1815 se renouvelleront par toute la France, les feox de la discorde et de la vengeance brilleront plus haut que jamais » rallumés au soufQe énei^ique 4es luns Pères et des écrivaina de la bibliothèque

CATHOLiQUÈ et de la société des bons livres (I).

l'-li îiien, rrt ouvraiîc de M. Drlniidiin' <lr Saint-Ksprit que [icul-i'tre vous su|ipo,-LY uiiii|no iJans r-un il existe sous mille formes. Vous retrouvez le miime esprit empreint à chaque page de cette volumineuEe collection dite de la Société catholique des bons livres. J'ai sous les yeux les lettres édifiantes des siissiOTiNAiitEs de 03. La préiïice nous avertit que la CoDventiuu euvoyait des missionoaires : « C'étaieut des hoDames qui marcliaieut précédés de la terreur et suivis du bourreau ; la conversion qu'ils voulaient opérer, c'était la ruine complète de la religion et de la société- » L'auteur ou compilateur convient que ce sont â' effroyables récits, mais il s'autorise de l'exemple des Spartiates qui présentaient à la jeunesse le spectacle d'esclaves ivres pour la dégoûter de l'ivrognerie. Il veut, lui, la dégoûter de la liberté. Voici ses dernières lignes : — < Nous boriferoDS ici ces ef-

< FROYASLSS BÉQiTS, oH les kmentatioDS ne pourraient

(1) Void en quela loinn',; l:i (in;, n, i' I ■ ..■■^ ;']i|irÉfie et rei-ommande VUlmire de Fruucr ih- M. h. l.u.imh' :

• Cet oumge, qni se ilislingue par l'-UintiiiH^ l'iicrgie du siyle, est

■ mis au premier rang de» prodaetions de l'Époque, h se fait remai^

< quer par fa purclé et la franchise des jugemenlj. Ces jugements « sont appuyés de preuves autlienliques. Jamuis aucun biKlorlen c vratmmt caiioUque s's (neé d'une mani&re ti lucide la ligne de « démanatlon qui exiite entra la religion et le ranatlame. L'écrivain * qui sait classer ainsi la viriU des faits irnis aliérer la pureté des

■ principet, tant en gnivant l'aBcendauce do son siècle, a bim mtfili m du poy*. ■

L'Univera a ^lemeni reeommuiâf co honloux ouvrage.

« jamais égaler les calamilés, ni l'indîgnalion contre les « auteurs être proportionnée à leur scélératesse prodv' « gieuse et vraiment infernale. — On peut apprécier « maintenant la prédiction fie Mallel-Dupan, annonçant « que si la Convention avait le temps de s'assembler, le « royaume entier ne serait plus qu'un champ de cor-

< nage l »

Sons prétexte d'histoire oa de moralei la politique se glisse partout dans les Hvrps des jésuites. Lorsque vous l'attendez le moins, au milieu du sujet qui parait lui être le plus étranger, elle lève tout à coup la tète. Prenez le Tableau des Congrégations religieuses, autre publication de la Société des bons livres, vous lisez (P. 32-1) : 0 Vers le milieu du dix-huitième siècle, les philosophes, « avant-garde extérieure de la franc-maronuerie, avaient a déjfi déposé le masque. Ils se passaient tout haut le « mot d'ordre : Écrasez l'infâme ! c'est-à-dire la reli^on «.et les instituts religieux qui en senties colonnes. La « société de Jésus tomba i la philosophie redoubla d'au- « dace... et la révolution, fille sanglante de la philoso- « phie, étayée surles sociétés populaires qui remplaçaient

< les sociétés religieuses, fit rouler sur l'ichafaud la Ute <c du roi martyr ! »

Le légilimisme et le jésuitisme sont deux débris de l'ancienne société; la société moderne, dans sa constitution toute favorable au peuple au lieu de l'être aux castes, n'a pas où employer le légitimisme et le jésuitisme. Ces deux principes ont fait leur temps et sont éliminés à

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jamais. Toutefois, ils ne se reconnaissent pas vaincus. IndisEolublement unis puisque leur cause est In même, ils s'appuient l'un sur l'autre, et prétendent marcher à travers la société renouvelée à la conquête de leur splendeur d'autrefois. C'est de la démence. La. génération présente, celle qui a vaincu en juillet, regarde avec surprise et dédain le jésuite et le légitimiste, la soutane et le drapeau blanc, l'un portant l'autre, se pousser en avant en criant de leur voix caduque: Progrès et liberté! Ils se sont donné pour assurer leur triomphe une alliée contrainte, la religion, qu'ils traînent après eux, dont Us font leur servante en se proclamant ses défenseurs et ses martyrs. Ils comptent sur le prestige de ce nom sacré pour remplacer le leur, prorondément enterré sous les ruines de la Restauration. Leur moyen d'attrait est une &usse relique; leur moyeu de terreur, un vieux bonnet ronge. C'est avec cela qu'ils se croient assurés d'envieillir la France : Prenez ma relique, ou vous serez coiffés du bonnet ronge ! On veut vous faire reculer jusqu'en 93 : évitez ce malheur en reculant jusqu'en 88.

Le parti romain qui enseigne à son aise cette doctrine patriotique, veut qu'elle soit enseignée à l'exclnsiou de tonte autre; c'est pour cela qu'il réclame la liberté d'enseignement et une foule de libertés accessoires. Écoutez son organe, l'Univers :

« Enfin il y en a une dernière, et celle-là n'est pas de « moindre {A)id3 : c'est la liberté des associations utiles ■ (aux jésuites et aux légitimistes), c'est la liberté de

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« nos œavres ; puis» c'est la liberté des commuDantés,

« c'est la liberté des capucins, des dominicains, des bé- « DudicLias^ des jésuites et de tous les ordres nés et à • n^tre. y

Mais, du moins, quand vous aurez cela, serez-vous contents ? Ne demandez-vous pas autre chose? est-ce tout? — Contents de si peu! tout... « Il faut encore la a iiLerté religieuse , sans aucune censure ( ceci est un « souvenir du conseil d'État ; on veut protéger M. do « Châlons dans l'avenir ). — *Là liberté pour nos évè- « ques de communiquer avec leur père et leur chef qui <i iriine sur le sîége infaillible de saint Pierre (infailli- 1 hic , gallicans , vous l'cuteadez ! ) ; — liberté de tenir a diis conciles provinciaux ; — liberté de nos prêtres et « de nos missionnaires; — liberté des fidèles^ enfin.»

En voilà beaucoup ! Eh bien , mettons encore qu'on vous l'accorde ; il faut poussera bout cette affaire. Alors, avec ces immenses ressources, le clergé saura se sullire à lui-même? il ne sera plus à notre charge, nous ne le payerons plus? — Qu'osez-vous dire 1 vous le payerez toujours et plus que jamais. Souvenez-vons donc des biens àu clergé. Nous ne les oublions pas , nous !' nous aurons tout ce que nous réclamons , et « remarqtiejt4e « bien, sans que la jouissance de ce droit vouB délivre, « vous, de vos obligations et de vos dettes ; sans que vous « vous croyez quittes, notamment, de donner au clergé a catholique cette misérable indemnité'de tant de biens a dont vous avez été les spoliaieurs, et dont vous profiter

« aujourd'hui sous toutes les fonnes. » — Ainsi le clei^é envahira, écrasera l'État, et l'État payera encore le clergé? ce soDt là vos prétentions modestes? — Oui, et quiconque s'y oppose est un impie , un athée, un panthéiste, pour tout dire en un mot, un universitaire.

Et , s'il vous plaît, sur quoi se fonde l'Univers pour compter avec tant d'assurance sur ces libertés qu'il exige? Sur deux bonnes raisons : < Parce qu'en notre terre de France (les jésuites disent notre terre de France !) la conaeience est libre ; — enfin, parce que si vous voulez chercher des décrets ou quelques prescriptions contre cette liberté, ils vous faudra l'aller arracher toute sanglanle au pied de ta guithHne et dans la boue de la terreur- B ( V Univers du 14 janvier 1844.)

La terreur, la guillotine, le bourreau, le sang, la boue sanglante, c'est le refrain du pèlerin de Belgrave-Square, c'est le cantique de la sacristie t c'est le gUoia patri de tous Ira articles de Vunivers, c'est l'histoire de la révolution selon H. Delanâine et tous les écrivains du parti.

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