CHAPITRE IV
LR COHPRMIII'H. — LA THÉORIE DE SjETTLER RËIHPBIIIËB ET AUtiUENTÉE PAR l.V.8 SOINS DE L'aBBË RODSSELOT.
Les jésuites sont essentiellement immuables. Malgré los l'rouincialefi, malgré les parlements, maigre la réprobation publique, malgré le ridicule, la flétrissure, l'expulsioa, i!a ont coatinué à enseigDer la doctriae de leurs casaistes sans en retrancher ou modifier une syllabe. Ils ont traversé l'Empire, la Restauration, sans se dét(]tiriicrde Inur reuvre ; la révolution de 1830 ne les eu a pas détachés une minute, et l'an 1843 les a trouvés occupés à commenter et à paraphraser dans leurs éc4^ Escobar, Tambourin, SancheË, Filiutins, Caramuel, enfin tous los docteurs du probabilisme, aussi paisiblement qw. i\ de rien n'était. iVul n'y prenait garde. L'impossibilité apparente du fait emfëchait d'en voir la réalité qui s'étalait sons nos yfox. Un habitant de Strasboorg fut le premier qui signala cette espèce de
phénomène social dans une brocliut'e intilnlée ZJ^couverles d'un Siblù^hile. Il apportait les textes, il n'y avait pas moyen de douter. Ses citations étaient tirées de deux ouvrages employés dans rensoîi^ncmrat du séminaire de Strasbourg. 1,'un est un alm'^'é de ilioologie morale, extrait des meilleurs auteurs, notamment du B. Ligaori, par J.-P. Mouilet(I), l'autre, la réimpression d'un commentaire sur le sixibme ijrécepte du Décalogue, par Gaspard Sœltler, revu et auemenu'- par Vabbé Rousselot. pi'ofessciir au sûmiiiairf '1»; (;ri;i;uljle. J.i' premier, à l'usage des candidats tl.i^ologiens, le second à l'usage des jeunes confesseurs et des séminaristes (2).
L'étonnement du publie fut extrême; il semblait qu'un nouveau Colomb vint révéler urp n'iir.'elle Amérique. L'indignation se mêlait à la sii!-iiri^i!; les journaux dynastiques et ceux de l'opposition , d'accord cette fois, firent les interprètes de ces sentiments;
(1} Compendium theobgiœ moralh, quod ad usum theologiai cmdîdautrum ex variit ttueioribut, prasertim ex B. Ligamio exeerpHt J.-P. Houllet, olim profittor Ibeol. mor,, «aperioram permistu. Fribargi Helveliatvm, apud Anlonium Laboitrou bibliopolam, iS3\, 2 vol. in-8-.
(S) Joannis Gaspari Sœttler In Bexlum Decalagi prjEceplum, in conjugum obligationes, et qHO-dam malrimoniuni spectanlia. prielecliones eï pjusilpm tliciiln;:ia iiioraii univar&a eïcerpsît, notis et novi* quœaitia aiupliliravit ' i ih'.:iuo typia mandari curavit P.-J. Roiif.iclot, SS. tticologiic in suiiiniario Gratiaaopolllano profcseor, in grutiam nGO-conresaarlorum et dlscipulorum. GmUanopoU prostat apud Augnstum CaruB, bibliopolam et editorem, tiâ vulgo dictà Brociisrlti, n" IB, 1840; iu-S" de 192 pages.
— -Mi-l —
V Univers leur rit au nez.. Dans leur générosilé , tes Débats f le CorutUutionnely oSraieaX au clergé un refugfl, en affirmant que cette gale et impudente théologie ne pouvait être celle de tous les évôgues et les séminaires de France; ils atleadaieot, ils sollicitaieat un démenti & l'assertion contraire, ils l'attendront longtempsl répondit l'Univers. Et comme le csmflÀulimMf persistait dans son incrédulité, le moniteur des jésuites s'expliqua de nouveau catégoriquement : « Nous ayons dit que cet enseignemeot n'est pas particulier aux séminaires de Strasbourg et de Grenoble, mais commun à tous les séminuires dt France. Il eapèreque iiotr« assertion sera dé-
- me!a\ieînotup(Mivonilmgarmtirqtt'ilespèreenvain{l).* Effectivement des évôgues ne rougirent pas de prendre la plume pour soutenir publiquement, ofïleiellement, des livres où l'on consacre nue des plus grossières su-
.pArB^madu m<^a Age, te vatus cam dœmone, où, par des distinctions et ^s sous-distinctions, l'on auto-
'rise le Tel, la ateurto, Tadultère, enfin les sept péchés capitaux.
, On ■jga.'&caiité>.Qii.'uB jeune d^auché, conduit à confesse par Je ne sais quelle circonstance, s'aerasa d'avoir pris la femme de son prochain. Il se croyait' coupable d'adullère. — Mon Uls, lui dit son confesseur, pourquoi avez-vous pris cette femme? — Héi;is ! mon Père, parce qu'elle était belle et que je l'aimais. — Ce n'est doue
(1) VUnivert dn 19 oui.
pas paroe qu'elle était mariée? — Oh! non, mon Père.
VouB ea âtee bien itel r/est qae est trèa important. — Oh ! oui, mon Père, elle eût été fille que je l'easse prise tout de même. — Dieu soit loué, mon filB.' Cela étant, vous êtes trop scrupuleux, et vous vous accusiez à tort. Vous n'avez point commis d'adultère.— Esl-il possible, mon Père? — Non seulement possible, mais très probable. Tenez, continua-t-il en tirant un livre de sa poche, pour vous mettre en repos, Voici la Théologie morale dn bon Père Monllet; lisez, page 126, là:
( Si quelqu'un entretient des relations coupables avec « une Temme mariée, non parce qu'elle est mariée, mais • parce qu'elle ett belle, faisant ainsi abstraction en M quelqoe sorte de la circonstance du m&rittge, ces rela- € fiotis, selon plusieurs inilears, ne constituent pas le « péché d'aânltére : Si qui$ deleetàtur de eopula cum « tnttliere nupta, non quia nupta, sed quia pulckra est, 4 absirahendo Beilieet a eireumitantia malrimonii, juxia t phirei ttueioret hae d^Bëiatie non habet matiiiam « adùUerii, sed timplieii Jbrniea^mi». Cette décision, « ajoute le Père Moullet, est appelée tris probable par le « bienheureux Liguori. »
— Eh bien, douteree-vous encore? Hais si vous aviez Convoité on pris cette femme à eâàse de son titre de femme mariée , oh ! faons serions impitoyables et avec justice; car ne faudrait-îl pas être bien mécliant pour désirer criminellement une femme parce qu'elle est à un autre, tandis qu'on vous permet de ta désirer et
même de la prendre pour sa seule beauté? Ce serait une malice diabolique, n'edlnx pas? Et,autanl nous sommes indulgents pour la passion, autant nous sommes sévères pour la malice.
■ — Vous avez bien raison, mon Père, et je vous remercie au nom de la société, car je vois par voire déAnition qu'il n'y anra ploS désormais d'adultères, comme, gr&ce à votre définition de la paresse, il n'y a plus de paresseux. J'espère que la théologie morale va pénétrer dans les tribunaux, et demain ou après, un homme ayant eu un enfant d'une femme mariée, fera plaider qa'îl a désiré cette femme uniquement pour sa beiuité et non pour son titre de femme mariée; qu*ainBl l'enfont issu de cette liaison n'est point adultérin, comme l'on disait jadis, mais un simple enfant naturel, ayant un état civil, pouvant être reconnu, adopté, et héritant à la mort de ses parents du tiers de lenr fortuûe. Voub supprimez d'un coup avec l'adultère les enfants adultérins et les maris... là, vous savez, le mot de Molière. Que de gens vont vous avoir obligation ! — Ce n'est pas à moi, dit modestement le Père, c'est à la théologie morale. — Oui, mon Père, ou plutôt c'est & l'ordre des jésuites qui a inventé cette théologie et cette morale. Tavais besoin (le vous faire ce développement, car je suis sùr que vous u'avieï jamais envisagé ces eonséquences-Ià? — Il est vrai, dit le Père, mais je n'en suis pas surpris : les eenices que nous rendons ont des effets inealeulables, et ronn'en voitjamaisâu premier coQpd'œU toute la portée.
— Tandis (juc uols y Hommes, mon l'crf, je vous dirai tout, et puisque vous êtes si industrieux, vous trouverez moyen de me sortir d'embarras. Je vous avoue que, moitié prières, moitié force, j'ai séduit une pauvre jeune fille, et... — Assez ! nos PèroB Bont intraitables snr ces sortes d'affaires : ils vous condamnent net à l'épouser. — Mon Père, je ferai, ce que vous m'ordonnerez, car j'ai âe la religion : je suis élève de Fribourg, et j'y ai appris la vertu d'obéi ssanee. Cependant... — Quel cependanty a t-il ? — Le voici, mon Père : je suis un fils de famille, noble, riche; elle est simple ouvrière. Or, nous ne sommes plus, grâce à Dieu, au temps où un Jean-Jacques proposait de marier le ills d'un roi à la QUe du bourreau. Mon mariage avec une grisette ferait jeter les hauts {TiB, heurterait la raison, et la religion ne peut jamais heurter la raison : le Père Lacordaire l'a démontré dimancheàSaint-Germain-l'Auxerrois.— Sans doute, et ceci change un peu la thèse. Ne l'hiijuuscz donc pas, mais vous êtes tenu en conscience de l'indemniser, de lui fournir une dotj afln qu'elle en épouse un autre. — Je le voudrais de tout mon cœur, mais avec quoi? Ma pension n'est pas assez forte pour y foomir; mon père, si Je lui en parle, va entrer dans des fureurs non pareilles; il est, vous le savez, d'une avarice sordide. Il est même possible que la colère détermine cher, lui une attaque d'apoplexie: or, il en adéjà eu deux; la troisième l'emporterait, selon toute apparence. Voulez-vous donc que je sois parricide? — A Pieu ne plaise, mou flla ! ce
serait bien le pis de tout ! Voyons, Toyona : Totre intrigue avec cette petite a-t-elle éclaté? Y a-t-il eu scandale ? — Aucun, mon Père, aucun. Oh ! sur l'article des précautions, je suis lrréprq.chableî ni père, ni mère,
ni voisins — A merreille. Je m'en doutais , car
vous me semblez honnête homme. Eh bien, vous êtes sauvé, vous êtes quitte de tout envers elle, je dis de tout. — Est-il vrai, mon Père. — Croyiez-vous que je voulusse vous tromper? Lisez donp vonsT-mème? C'est là, p^e 406 î
« Celui qui par la ibrce, la menace, la frande ou l'im- « portunité de ses prières a séduit une vierge, sans lui
• promettre le mariage, est tenu d'indemniser la jeune s Qlle et ses parents de tout le tort qui en est résulté « ponrfuix, en la Notant pcmr qu'elle trouve à se mtt-
< rier, et en l'épousant lui-même, s'il ne peut Tin- « demnisw autrement, si toutefois son crime est resté « absolument secret, il est plus probable que dans le
< for intérieur le séducteur n'est tenu à aucune répa- « ration (1). »
Cela est positif, je crois. Mais, qu'est-ce? vous devriet
[I] (P. 406}: «Qui vl, miDis, fraude, precIbuB valdè Imporlunli
< Tirgincm corruptl, abaque matrimonii prommgne, lonetur omnia
• daQina cqn>p>:n^are virgini et ejiis parentibus indè obveiiiuiitia,
■ eain neiiipù dotando, ni nuberc poeeit; imô eam ducere dt!b<.'l si
■ allo modo indooineni preestare nequeat. Si tamen scelus OMNINO
■ OCGULTtJM maïusat, prababilii» ad nullam raUlutionein )d ftiro
■ inten» (diligaadus est struprakv. ■
être chariné et je tous toîs tout triste et pensif, — J'en ai sujet , mon Père , ce texte ne me regarde pas. Il dît ; gans luiprome'tre mariage, et par malheur... — Vous l'avez prorais? — Par an serment formel. — Quelle folie I — Sans cela, elle se se fût jamais rendue. — Uo serment \ jeunesse trois fois imprudente ! Et que voulezvous alors qu'on fasse pour vous? — Rien , mon Père, rien. Je vois trop qu'il n'y a rien à faire et que je suis perdu. — Peut-être, peut-être, car j'y mets àprésentde l'amour-propre. Écoutez et rappelez bien vossouventrs. Lorsque vous jurâtes, aviez-vous l'intention de tenir votre parole ? prenez bien garde ! — Au contraire, mon Père. — Bon ! c'était uniquement pour la tromper ? — Uniquement. — Vous en êtes bien sûr? — Àh ! parbteu> très sùrl Où en serait-W I — Allez, vous êtes trop heureux que nos Pères se soient livrés à l'étude de la théologie morale. — Que voulez- vous dire? — Que pour le coup nous en voilà hors, mais ce n'est toujours pas sans peine. J'ai cru n'en pas venir h bout! Sachez donc que ce qui fait l'essence du serment, c'est Vinienlùm.. Or, vous n'aviez pas, en jurant, rintention de tenir, donc vous n'étea nullement lié. — Est-il possible! — Non seulement possible, mais certain cette fois.
a On demande à quoi est tunu un homme qui a pnité « serment d'une manière fictive et pour tromper? Ré- « ponse : il n'est tenu à rien en vertu de la religion, 'puisqu'il n'a pas prêté un serment véritable, mais il
« est lenii par juslice à Taire ce qu'il a juré d'aue ma- « tiiÀre fictive Pt pour tromper (1). «
Ficté et dolosè , n'es- bien voire affaire? — Oui, oui, fictë et dolosè. Quant à ia jr^atice, je m'en moque ! je ne tiens qu'à la religion, moi; la religion avant tout! Je suis élève de Fribourg. La petite s'arrangera comme elle pourra; maraBSCienceesttrauquilte. Adieu, mon Père. Votre Père Moullet Bst ou homme admirable , et vous aussi ; je vous enverrai tous mes amis , et j'aurai soin de leur recommander de ne jurer jamais que ficlè et dolosè. Sans Fictè et dolosè c'était taxi de moi ■ j'étais damné I fictë et dolosè ! je ne l'oublierai jamais.
A ce jeui'ie débauché succède un vieux gentilhomme campagnard du Midi, un ancien collaborateur de M. de Trestailions. Il s'expliiiue : — Mon Père, un dr nvs voisins me dispute une ferme. Nous plaidons. Il u tort, mais il gagnera, parce qu'il produira un titre i^ux, dont, par malheur, je ne puis prouver la fïiuaseté. T.a 'iïunille s'accommoderait avec moi ; mais il s'entête. Je perdrai donc ma ferme. Or, voici ce qui arrive : nous chassons beaucoup, lui, de son cAtë , moi, du mien. J'ai envie, la première fois que je l'apmevrai au coin d'un bois, de lui envoyer une balle dans la tète. Qu'en dites-vous, mon Père? — Gardes-voua-en bien! vous seriez arrêté,
(1 ) ■ Qasrltnr ad qnid teneatnr, qui fietà et dbbirà juroirii ? Beqi, « Ai NIHll. tenetar es. rirtuie RELIGI0N1S, tam VEBUH jara- « mtiuum non miterii! teuetnr tamen es juffiiia ad printandam, « quod flolè el,âol(nèJuraTlt. > (P. 331.)
traduit devaot les tribunaux, et... —Oh! tes tribunaux, cela me regarde. Je ne vous consulte qu'au point de vue de la religion, car je suis un homme très scrupuleux.
— Ét cette ferme est d'une valeur... — Considérable.
— Fort bien. Elle vous est indispensable pour vivre?
— Oh ! que non ! je suis riche d'ailleurs, très riche. — En ce cas, votre adversaire a l>eau être un homme Injuste, il est douteux qu'on puisse excuser l'action que vous méditez contre lui. — Duuteiix, mon Père? — Oui, douteux, mon Qls. Vous savez le latin ? « Dubium est utrùm liceat occidere injuslum agressorem- boDomm temporalium magni momenli , quamvis ad vitam non necessariorum, si utiliterdefendinequeant.» C'est le Père MouUet qui prononce d'après le B. Liguori et tous nos docteurs. — Oui, mais attendez donc, mon Père, je vois encore autre chose; continuez. — ■ Smt&ttia affirmant videtur prohahilior. L'opinion affirmative parait la plus probable. » J'ai un tel respect, une telle estime pourvus Pères, que l'opinion qui leur parait la plus probable, je m'en contente et ne cherche pas plus loin. ICI en effet le principe allégué à l'appui de cette préférence me semble excellent ; c'est que « la charité n'exige pà8 que, pour sauver la vied'autrui, on sacrifie une part notable de sa fortuné (1). » En vous r^erciant, mon Pere ; avant
(1) ( DuMum-.eA, ulritm liceal occidere Injoitum agressorem hono-
■ ru tu temporal! iim magni momenU, quamvis ad viiaip NON nttusa- « 'rierum, ai ntililer defendî tiequcanti' Sçnlëiitia affirmuis vïdetup
■ PROBABILIUR. Ratio esl, quia charUai non emgit, at qui$ faeiat
'ai.
Digilized by CoOgle
— aw —
huit jflUFS, le bonhomme aura son afRdre, flt mtA j'ao-
rai ma ferme, et sans péch^ !
Voici maintenant deux hommes dont le cas est le même i I'ud est un domestique, l'autre est tailleur ; le domeatiquB vole soa maître, le tuUeur sw pratiquas. On les interroge d'après les iDstractioasdn Compmdium. L'un dit : Mes gages sont trop fïiibles pour le service qu'on exige de moi ; l'autre : le prix de mes feçons est trop bas. — Demandez plus cher. — Non; mou maître me renverrait et trouverait pour le prix qs'il me donne an autre valet de chambrequi s'indemniBerait comme je le feis. — C'est exactement mon histoire, ajoute le tailleur. On me laissera pour aller k mes confrères aussi voleurs ou plus voleurs que moi, et je mourrai de faim avec ma famille. — Sur ce pied-là, de graves Ihéologieiu, graves tkeologi, vous déchargent du péché et voua dilpensent de la restitution, car voici le principe : « Le TOl est excusé, quand il constitue une eompmsation oeeuUtf par laquelle le créancier enlève en secref aux biens de son débiteur une valeur égale k celle qui lai est due. ■ Égale, c'est là le point! sivousprenes au-delà, vous péchee. Qui est juge de la proportion ? le domestique et le tailleur. Ils sont juge et partie , mais cela n'importe : ils sont gens d'bonneur et de piété, d'autant qu'ils sont tous les deux de rarcbictinfrérle, ou de l'association
« lACTUBÂH NOTABILEM BOIHHtIJH T^QHALIUH AP Sfiftm VANDAH VITAH PBOXIHI.» (P. 30B.),
DigilizedbyG00gIe
pour la propagation de la foi ; ils apprécieroDt les choses en conscience, comme à l'article de la mort.
Le vol est encore excusé dans un autre cas, c'est quand il y a nécessité. Et cela, en vertu du principe commmilste : < Celai qui , par nécessité extrémé, prend la chose d'aatruL nécessaire à la conservation de sa vie ou de sa famille ne commet pas de vol, car dans une telle nécessité toutes choses sont communes, du moins, quauL
l'usage. La nature donne à chacun le droit„ et même l'obligation^ de conserver sa. via, etc., etc. f (ûwyi,, T. I, p- 213. ) C'est dommage que les tribunaux , pli^ sévères que les casuistes de la compagnie de Jésus, n'admettent paa ces doctrines; la société serait bientôt en bel état! Enfin ils ne les veulent point admettre; d'où vient qu'il est nécessaire de répéter au^ jésuites un bon conseil que leur donnait Pascal: , , .
< Vous les avez mis ( les crimiiLel&') m assaranee du « cibté des con^çeïurs . maïs vous ne leis avez pas mis IX en assurance du c6té des juges... Si d'une part vous • êtes les Jugea des confesseurs, de l'autre n'êtes- vous K pas les confesseurs des juges ! Obliges-Ieç d'absoudre » les mminelB qui , opt nne .•pipiw f r\>tiablp, $ p^ia^ t d'Être exclus des sacrements,.aQn qvîi\ n'arrive pas, « au grand mépris et scandale de la probabilité, que « ceux que vous rendez innocents dans la théorie soient « fouettés ou pendus dans la pratiqua, .» (.VI" Provinciah.) ...
L'inconvénient.^^ gr!ive.Jp8q4*^ l^jésiii.te8n'yout
trouvé d'autre remède que par cette recommandation prodiguée dans leurs livres : Évitez le scandale.
Cet art de la casuistique, eu apparence si profond et si compliqué, repose tout entier sur un procédé bien simple. Il ne s'agit que de disdnguer entre la théorie et la pratique, et d'innocenter toujours dans la pratique le mal que l'on condamne toujours dans la théorie, per se, comme ils disent. Avec ces deux, monosyllabes per se, ils sauvent à la fois tous les principes et tous les coupables. 11 ne îsal qu'une petite dittinetion. C'est une habitude & prendre, voilà tout.
Par exemple : le vol, théoriquement parlant, en soi, per se, est un crime; mais ai un domestique, on tailleur, etc...
Les docteurs même les plus sévères, etùm strieUons, en déclarant que la contrebande est un crime en soi, per se, excusent les contrebandiers sur ce que a les princes ne sont point présumés imposer à leurs sujets une obligation de conscience.» Et le Compendium ajoute que cette opinion parait probable et trte sûre dans-la pratique, et inprctxi valdè tuta. Bien entendu, c'est dans la pratique du confessionnal, et non pas à la frontière, en face des douaniers.
La calomnie aussi est un péché mortel, un crime, per se : « Nous disons en soi, car c'est une opinion probable
« qu'il, s'y a point de péché HORTEI. i. CALOUKIER POUR
c coNSEnvER SON HONNEUR. Cette Opinion est soutenue ■ par plus de vingt docteurs graves. En sorte que si cette
• doctrine n'était probable, à peâu y en aurait-il aucune u qui te fût dans toute la théologie, t (Ca.TKmué\, n" llîil, page 550.)
A ce compte, les jésuites qux&tbriquent des libelles caloniDieax contre ]e& membres de tnjoiversité eoat plus Iilancs que neige, puisqu'ils ont pour bat de soutenir
leur honneur.
I.cri jésuites oui posé pour base de leur doctrine que la fin justlûe les moyens, principe d'une affreuse immoralité, qui les a conduits Ëtlalemeot à cet autre: le mal n'est mal que lorsqu'il est sans bat. Et ces deux principes résument tous leurs livres et toute leur conduite.
N'oubliez pafi que cette morale est enseignée dam toui les aèminaire» de France.
. L'abrégé de Saettler, par Tabbé Rousselot, a causé un scandale d'une autre nature. C'est un ramas d'obscénités qui soulève le cœur; on ne sait de la pensée ou de l'expression ce qu'il y a de plus révoltant. On a eu raison de s'indigner contre l'imagination lubrique et dépravéequl a rassemblé tant d'impurs détails in gratiam discipulorum et neo-confeiiarwrum. Mais on s'est trompé sur un point -. on a cru qne c'était un ouvrage exce[>lionnel, unique en son genre, on en a déversé tout l'odieux sur l'aWjé Rouaselot; c'est en celii que consiste l'erpeur. L'abbé Rousselot n'est pas plus coupable que trente ou quarante autres qui ont traité la même matière : ils ont trou^ la science toute làite, ainsi iaite j ils l'ont
prise comme ils l'ont trouvée. Le mal est donc bien plas considérable qu'on ne l'a jugé : c'est que ce qui semble aux laïques des turpitudes infâmes est une matière rebattue dans le clergé et traitée de sang-froid, au m(ri[n5 par les professeare/L'impiiretéri ses plusGonteux mytH tères, ceux qui font reculer la nature, dans les séminaîres cela s'explique aux diacres, comme dans les collèges on explique aux rhétoriciens l'oraison pro Milone ou le Discours pour la Couronne. Gela est passé en coatume, et certains évëques la défendent comme uae'nécesstté état (sans la déplorer cependant) et comme nne tradition des plos précieuses.- Noos Verrons plus loin ce qu'on peut leur répondre, quand le lecteur aura pris une idée de ce que Bont ces ouvrages, car on pourrait croire que j'en porte un jugement exagéré par la passion. Plût à Diea qu'en en parlant il iùt possible d'exagérer les termes !
Je ne ferai point ranalyse de Sffittibr ou de VéiM Rousselot. Ne voulant examiner qn'an seul de ces traités, je préfère m'adresser tout dé suite, non pas même au plus complet, mais à celui qui jouit de la plus grande autorité, qui est le plus répandu et que les écrivains ecelésiastiqaes, tes modernes s'entend, anivent et souvent copient mot à mot. C'est le commentaire de H. Bouvier (1),
(1) Vdcl qnelquGs-niiB ien cas omti pai U. Bomier, volonlalremenl, ibhb doute, et l'on ne pBiit que l'en Ifilidter.
* Espedlt pradenter et data omfiaiB, ia qontMoiilbiia prcwrtim generalUmB, a mulieriboBet etiom a putUit qa^re^e ulrilin mim iJttUà aliquid inhoneBlè egerint, t. g. testiam in leclum inlfomitlendo Bequo ab ea lambente tangl proeurando. > (EtotuMot, p. 38.)
Digifeed by GoOglç.
évêque du Maos, sur le sinième précepte du Décalogue. Qui coDDidt celui-là, counalt sufllsammedt tous les autres.
Le Cùmpcndiiim nniis rippiTiiii qii il n'cxisli: aiii'r.rc ivinoniqut: conirc criix qui prOiiirc[il l\niirtL'iLicilt iliiii- Ici (■iiiniiii'in-oiiiciil de la grosiessû, oii dca brtuvai'iia slérilisanls : " Propler aborluni ftslus nondum unimitli hodiurno jure nulla peena ipio faeia in«urri~ lur tàmi ntc ob xiuriliiaiii procuratUmtm- > Ia coor d'auiui & plu* d'Diie fois confitalê que des prStrcs Iradutti devant elle pour atlealat aux mœurs avatenl fait avorter leurs millrenei, N'est-U pu horrible de peoKT que ces malheureux s'autorltniei^t peul-tlre en cods^dco de leur cours de théologie morale?
Le Père Sœttler ensKigne sur la génération dee secrets inconnus h la médeclDfi t » Probobiliu» putest aeae vir pi»t se ml nation cm retrahere non e^pectalï Beininalione muliuris, ijiiia liœc non en ad gentratione» lucutaria. a (P. 133.) Engénéral, le lang-Jgc île SceUlt'j' fl*l le (dut ebacène: ■ Snnt peecala morlalia si maritits iiicmbriuii virile Immlllat In oa mnllerli, sb\ ejus verenda o-ienlelui-, vi^l.iiropria verenda perfricet clrca vas eJuB praipoaleriim. « (P. 134.) L'exprea- ■ioa manque pour quallDer un pareil délire de lubricité, et ce langage, qai ferait rougir un matelot, comme dit le bibliophile de Straibosrg, le Jésuite de Fribourg, auteur de la Béponsa auxdieouvèrlet, etc., l'exoose et leJusUfle, en disant que ■ la leçon est donnée dpvmUMntrueiihttp