‹ Les Jésuites et l'universitéChapitre 24 sur 27 · CHAPITRE- V · texte numérisé non relu

CHAPITRE- V

LE COKFBSSIONNAL DES JÉSUITES. — COHHEKTAIRE SUR LB SIXIËKE FRËCEPTB DU BËCALOGUE, ET SUPPLÉMENT AD TRAITS DB SAIfCHEZ, DE BUTBUOKIO, PAB H. BOUTIBB, firÈQUB DU MANS (1).

Au ttuàae Je nls tancher nne étrange matière ! Ne TDiu BcuidallHez en stieune manière :

Quoi qoe je puisse dire, il doit m'être permis, Bt c'est pour tous conTalncre, ^nsi que J'ai [womiB, (MouËRf, Tartufe.)

SI"

J'éprouve un grand embarras en commençant ce chapitre : il s'agit de faire connaître un livre qu'il est impossible de traduire, difficile de citer textuellement, car ce latin brave l'honnêteté avec trop d'effronterie. J'^ore commait parviendrai àin'en tirer. En tout cas, j'invoque l'indulgence du lecteur, et s'il me l'accorde, je lui

(1) DlMertulto in sExtum Decalog^ prteoeptnro et Bupplementum ftd traetatom de mntrlmonto. Décima ediUo. 1843. Paris, U^quignou Junior.

promets en retour de lui épargner autant d'obscénités que je pourrai, de n'en produire que ce qui sera nécessaire pour faire apprécier l'ouvrage en question, de faii-; en un mot ce que n'a pas même essayé M. Bouvier, d'employer autant que possible des tournures voilées et des expressions modestes.'

Une courte prélïice nous avertit que ce traité est fiestiné aux prêtres et aux diacres exclusivement ; que l'auteur l'a compilé sur les écrits des théologiens et casuistes de haut renom, persuadé qu'il rendrait service aux. jeunes prêtres et aux diacres : rem juniorihus presbyteris et diaconibus utilem (1 . Ensuite, attendu que, ia matière est d'elle-niênie infiuimeoL scabreuse, vu la fragililé humaine, il donne la formule d'une petite oraison à la Vierge, en trois lignes, qu'il sera bon d'entremêler dans la lecture des turpitudes où nous allons entrer. C'est le Ql d'Ariane à la porte du labyrinthe ; jeunes prêtres, jeunes diacres, teneit-le bien ! ne le perdez pas ! hélas ! le fil à la main, on peut encore s'égarer-

Les premiers' chapitres traitent de la luxure en général, de la fornication simple, du concubinage, de la prostitution, du viol et du rapt. Ne nous arrêtons pas à des bagatelles. Je remarque seulement dans le second chapitre, d'abord, que celui qui s'accuse à confesse d'avoir convoité une fille doit déclarer, s'il la croit eu

( I } Diaconibus, pour le remarquer en pusant, etl un barbarisme ; OD n'a jami^B dit que lUaeonm. TStàt on aurait trop ï fairo d'inrisler nu- la laliollé; c'est bien asHi de ■'oecaper des peoiiei.

non vierge, ce qui est une 'maDîèro de dénoncer son prochain et de faire la confession d'autrui; secondement, qu'une fille prise de force doit se défendre des pieds, des mains, des ongles, prenant garde pourtant de tuer on de mutiler l'assaillant, « parce que la fie et les priacîpadx membres du corps l'emportent deI)eaucoup sur la blessure matérielle de l'honneur. » (P. 24 et 28.) Aussi que la fille, si elle courait danger de compromettre sa vie ou sa réputation, n'est pas tenue de crier, la réputation et la vie étant au-dessus de toat.-

Les chapitres de l'adultère, de l'inceste, des clercs sollicitant aux péchés honteux, offrent des discussions, des distinctions et des suppositions bien étranges; je mécontenterai d'un exemple : «Un prêtre qui, ed administrant les sacrrâients, en ^sant la messe, ou habillé pour la dire, ou descendant de Tautet, voluntarii se polluit aut in venereis delectalur, commet un sacrilège' double.» (P. 39.) Celte décision s'appuie sur l'autorilé du B. Uguorî. Mais si le B. Liguori ne l'eût décidé, on eût été incertain. De bonne fol, eet-il nécessaire de prévoir de pareils écarte et d'en entretenir les jeunerprfrtree? Courir au-devant du crime, c'est souvent le provoquer. Une pénalité sans objet ie jour où voua la créez trouvera le lendemain son application. Cette remarque porte sur la casuistique en g&iéral, et particulièrement sur le traité de H. Bouvier, comme Ton verra.

Vient ensuite an chapitra de vingtH^inq pages sur cet abus dont parle Rousseau dans ses Confmions, et

DigilizedbyGoC^iBJ

qu'il désigne par cette périphrase un dangereux supplément. l,e prélat, après certains détails au moins superflus (1), montre comment cet abus est excusé, autorisé même par Caramael et plusieurs probabilistes (2). Quant à lui, il le coDdamne sans hésiter par l'autorité d'Innocent XI et de la quarante-deuxième épigramme de Martial i /ffod quod digitis, Pontiee, perdù homo «it.

Cette matière est approfondie avec un savoir et un

[1) Par exemple ces iléflnitions : ' Pollulio «El humani Beminia ejcclio exlra omnem conciibitum. — Symi'n cafhiimchr vistosus, n elc, , elc.

(2) Plureaprobabilisl£E ni';;,-irimi |iulliilioncni jiui! n^ituiMli l'jsi; pvuhiliilam, dicenles cum Ciirainiii'l ojci'licini'm si'niiiii-i miiip^ii jiidnrii wae profusioni sanguiniB, lactis, urinai et eudoris, uc proiniJi\ Eeciusà legs De[ id~velaDte, eam proTOcare licUum imà et Deceasarium fore qmUN id nitnra, poilnluet. — A quoi Iran donner ces renselgnomentf, ces opintona qne tous déclarei fanauiP VoM h ce u^et la nota de H. B. Haoriaa (Xanuet du Clergi) :

* SnlTant la mélhodedes probablUsleg, H. BouvîernVmet Jamais

■ WD opinion sans avoir auparavant rapporté celle âes caaaistes qui « ont réaolu divereement la niEme question. 11 ne recommande en- « saite la sienne que i^emmo plus probable. Or, on sait eombien il est

■ dimgcreux de procMer d<^ cftie. manif'rc, quand on s'adresse k des

■ gens qui placent tant de ronlîiiiici; dans leurs auloriiis. c'esl-fi-dire s dans les moralistes de leui- [invli. 1a: P. Hutio Vitulle.Jchi. général <• des Jùiuiles, a lui-mi'^mi: roiidaiiinù cctlc mélhodc, daus une Icllro « circulaire adressée à sa compagnie et insérÉe dans le jirocès-verbal

■ de l'assemblée da clergé de France, tenue en l'année I700 : > Que

■ l'on ait grand soiit , dit-il , d'empËcber que ceux qui enseignent a OU qui composent ne se servent, dans le choix des opinions, dei « rormes sulTuntes : On pourmii soutenir un tel unlùaent.., , cela at

• probable... j-U y a de» auuart qui sont d'un ttlKniiment,aiBiiqa'ili

* etnbraiwnt eallef qui sont les plui livèm, ele. , elc. •

scrupule que les gens du monde, ceux, qu'jii appelle impies, athées, panthéistes, trouveraient excl usifs. Est-il permis de prendre plaisir aux illusions d'un songe, de s'en réjouir en vue de la santé? Que doit faire celui qui s'éveille sous l'empire de cette illusion, mais trop tard pour la combattre? Après ces questions aussi sagement résolues que discrètement posées, le prélat passe aux descriptions. Elles sont hideuses! Ici les diacres et les jeunes curés, objets de la sollicitude de M. Bouvier, liront, non sans dégoût, je l'espère, plusieurs pages en français arrachées au livre trop fameux de Tissot. [.es mots crus et hardis ii'efËut>ucheiit pas monseigneur l'évèque du Hans; par exemple, il prescrit la méthode d'interroger en confession les Jeunes gens sur cet article : Si l'on confesse, dit-il, de jeunes garçons, « qui cum aliis seoioribus turpia fecerint, quoniam illo$ probiAilissimè viderunt seminantes Hcet quœrere ab.QIÎB an aliquid simile expert! fuerint. > (P. 6B.) Ou ne s'exprimait sans doute pas autrement dans les corps-de-garde de l'ancienne Home.

Les crimes qui attirèrent le feu du cigl sur la penlapole syriaque o'oDt pas été omis. H. Bouvier commence toujours par définir : « est applicatio membrî genifalis ad partem corporis ejusdem sexûSj per modum conçubilus. » La dernière circonstance est indispensable, car Il ne s'agi t pas ici de se tromper ou de prononcer légèrement. En effet» < si fleret tantum applicatio maoUs, pedis vel ocjs ad partes génitales alterias Bexù9> etiun

sï poUutioex utraque parte locam baberet, Don reputatursodomia.... >

« Est alia sodomiss species qas est concubitus cnm persona divers! sexùs, sed extra vas natarale, \erbi gra< liâ îo vase posteriori, in ore, inttr maaiiUat^ crura vel femora, etc., etc. » (P. 72.)

Je crois que c'est ici ou Jamais le lieu <te réciter la petite oraisOD à la Vierge? quelles turpitudes! quelles horreurs, et surtout quel beau sang-fmid ! Passons, passons, dùait en pareil cas le bon l'è.re Canaye ; quand on a été à la guerre, o;i a appris à tout entendre. Et à tout dire, à ee qu'il parait. U. Bouvier, qui a été à i'armée comme lettre Gauaye, en sait et vous en dira bien d'autres. Le libertin le plus expert trouverait beaucoup à apprendre dans ce livre gravement ohscène.

Croirait-on que monseigneur l'évëque du Mans, en 1843, admet les ineabes et les succubes? Il est plus avancé que Sœttler, qui en parlant du edUua eum Dœmone, ajoute au moins cette restriction si quis detur. M. Bouvier n'a pas et ne permet pas de pareils doutes. Le démon, dit-il, peut revêtir la forme d'un homme, ou celle d'une fbnune, ou œlle d'une li6te,.cé qui donne lieu de répartir le même péché dans trois catégories, selon l'occurrence.

Il examine aussi k quelle classe il faut rapporter l'accouplement avec un cadavre. (P. 74.)

Partout il déploie une érudiUoa pins surprenante qu'édillante ; le chapitre des baisers est un des plus ia-

structifs. Les baisers sur la poitrine» sur le sein, vet more columbarum linguas in os iiitromiUeiubf, sont des péchés mortels. Est-ce gae les (Jotifesseurs s'enqulèrent de ces circonstances? Apparemment. Et observez qu'ils ne peuvent (luestioiiner qu'en français.

Passons, les yeux baissés, sur le chapitre des regards et des attoucbements impuâiqQes. Hais II but posséder à en haut d^ré l'esprit de charité pour ne pas accofier Monseigneur de se complaire aux détails de la lubricité la plus effrénée, uniquement par ane sorte de plaisir qa'il j trouverait, et sans le moiddre bénéQee ponr les lectenrl spéciaux de son livre. Quoi ! les soupçons de son sèle ne respectent pas même la tendresse maternelle ni la piété filiale I Son imagination licencieuse va audelà du crime de Gham (1) ! I[ analyse jusqu'au regard d'une mère qui lave ou habille son ûls au berceau !

OseE-vous prétendre que les déclarations foites aaeonfesslonnal autorisent votre défiance et le soin que vous prenez de tracer des règles sur des monstruosités? On vous répondra que vous calomniez là nature humaine et IbrgeE des chimères. Non, te cœur d'une mère ni celui d'en fils ne oonoevKmiJamds ce qu'enfante buis -peine le eerveau d'un easuiàte de le société de Jésus.

Le livre de Sanehez De matrimonio est tristement cé-

(t) • Quii auderet aOtrmare filinm qui padenda malriï bdk lUildtnos6 compeilsset vel con^picerc deaideraTiBset taJem elrcamBlanUun declarai-c non leneri ? > (P. 30.) Personne, sans donle : laû» qui fen «cUa question k un enfant? son conresBenr.

lèbre par 1^ obscénités que l'uuteur y a accumulées, de Donne foi, ditron, et le plue naïvemeat du monde, croyant travailler pour la plus grande gloire de Dieu, sans oublier celle de son ordre. Il Eembluit que l'ouvrage de Sanchez eût épuisé la matière ; il parait que non, puisque monseigneur l'évëque du Mans prend la peine d'y tïiire un suppléaient. Ce supplément ou complément traite de deux points, rimpuissance et le devoir conjugal. C'est, on le voit, l'essence même du sujet; aussi eât-il impossible que le jésuite espagnol les ait omis, mais apparemment il n'a pas satisfait H. Bouvier^ après, lequel personne n'aura la prjs(Hnption de retoncher ce tbème. -

Monseigneur n'a qu'un procédé, vous le connaissez : avant tout la définition. En conséquence, il expose d'abord ce que c'est que consommer le mariage i c'est quotieseumque vir peneiravit et iminavU, iive mutitr seminavit site non, après quoi deux lignes lui ButBsrat pour faire comprendre ce que c'est que l'impuissance, toujours avec cette uetleté, cette précision de termes qu'il aFTectionne. Parmi les causes de cette infirmité qu'il passe successivement en revue, la malice du démon figure en -première ligne. De mfime qu'il croit aux Incubes, Monseigneur croit aux noueurs d'aiguillette. Il est certain, dit-il, que l'impuissance peut provenir de maléilce, etil n'y a gue i'£ne\iclopédie tt tes encyclopédistes qui osent rire de cette doctrine de l'Église. (P. 130.) Les en(^cIopéâistes en 1843 ! docte prélat revient plusieurs fois

Sur les sorts que l'on peut jeter à un pauvre mari, et il agite la question s'il est permis de guérir le maléfice par un autre maléfice plas puissant. Il se prononce pour la

négative. Cette décision pourra sembler dure aux épouses intéressées, niiii^, pour li's consoler, le prélat, si le charme persiste trois ans, rompt leur chaîne et leur permet d'en Armer une plus réelle et plus efficace.

H. Bouvier signale pour les hommes quatre formes ou causes d'impuissance (1), et deux seulement pour les femmes : nimia uteri anguslia et mala itUus aut mnlrïcis posilio. Cela le conduit à discuter quinze questions; quinze, tout autant. La huitième kt la neavième en donneront une idée suffisante : c On demande si une femme prœ arctitudine vasis impolens, est tenue de souffrir une incision, si les médecins répondent du succès de l'o^-ération. » Il y a du pour et du contre ; mais les maîtres de la science estiment que la femme se doit soumettre À de graves désagréments pour éviter à son époux un aussi lourd lïtrâeau qu'est la continence : ut onus tam moleitum a marito removeat. C'est l'avis de Sanchez, de Collet, de Bitluart, après qui on ne doit rien examiner (2). Sea-

(!) 1° Parlium genltalinm dlfformîtaB, ntnrïa nugnltndo Tel tàa-

gulari» exii!iiit!is.

2' Mcllltics inextitnbiliâ , uiidc fll q»bi cmiesio semints prolidid sit impossibilis,

3' Avereio naluralis à commercio earnali et à cunctis rébus Tenereii.

4> Mala tesUcalorum conformallo. (P. 139.)

(3) nilinrt est nn Cm muktes le plus wuvent Invoqnte dana eea

DigiiizGd b/CiJOi^li:

Icment M. Bouvier prévient les diacres et lo- jeunes Garés que, saos recourir aux chtrurgieDS, it est certains Hnimeots gai penveot amener le mêiae résultat : Solis quibusdam uneiionibut dicta mulierU arctitudo dilatari pokst. (P. 136.) Quel besoin ODt les jeunes curés de* savoir cela?

Hais Monseigneur prévoit un troisièfne moyen dont l'emploi lui suggère la qaestien suivante : « On demande si le mariage est valide qnand mulier arcta per commerciMmcum allerofaeta est aplaP

Et vous dites que c'est là de la,dévotion ! Je soulicns que c'est de la dépravation, pas ad^re chose.

Quel est le pire Inconvénient d'abandonner aux lumières de sa conscience et dn bon sens un prëlre à qui son pénitent révélerait un cas siimbliilile (rar apparemment le confesseur n'ira pas de lui-môme en faire la question k tons lea nouveaux jnariés?), ou bien de flétrir par ces abominables saletés un coeur qui doit étreMa demeure continuelle du saint des saints ? L'avanti^e est petit et douteux; rinconvénient est immense et inévitable.

Cette remarque s'applique atn trois quarts des thèses examinées par M. Bouvier et par tous les casuistes, et renverse la spécieuse objection tirée d'une nécessité prétendue. Cette nécessité n'existe pas. Dans les premiers temps de l'Église le monde n'était pas moins cor-

maUÈres. L'Uiiiveri aononw vm rflmpreuto» de sa TbiotogU morale

tn 20 votâmes.

rompu qu'aujourd'hui, la religion n'était ni moins sévère ni moins pratiquée, et nulle part nous ne voyons que les Pères aient enseigné ou connu cette science vilaine et dangereuse des cas de conscience. C'est une în- -yentioQ des jésuites ; aussi porte-t-elle le cachet de ees auteurs. Ils ont prétendu par elle s'introduire dans le secret des familles, et faire de la consdence de chacun .un instrument pour l'asservir :

Irritât, mulcet, falsia terroribiu fmplet Ut magnas.

, Tel est le confesseur jésuite.

Uq chapitre particulier est consacré aux maris qui restreignent le nombre de leurs enfants : de quipcccabtm onœ committunt. Ceux-là ne cherclient dans le mariage gue la volupté des Beas, et Monseigneur les compare au cheval et au mulet privés d'intelligence. En pareil cas, le devoir dala femme est d'avertir son mari et de se dérober à ses désirs, autrement elle commet un péché mortel, et il faut lui refuser net l'absolution. Mu- Kerem conseniientem et a forUori se ipsam anii seminatîonem viri retrahentem mortaliler peccare et absolutiotu prorsùs indignam esse. (P. 167 } Toujours la femme ! c'est le grand moyen d'action.

11 y a pourtant un cas réservé, c'est celui où la femme prévoit que la colère de son mari se répandrait en injures contre le eon/eiseur et lesfrêtrea mgénéral. Alors, et pour éviter un si grand malheur, elle peut consentir à tout, même au péché mortel, ou plutôt, devant cette

grande considération, il n'y a plus aucun péché. (P. 171.)

Il n'y a pas longtemps, dans une allocation officielle, un préfet {!), disciple de Malthus, recommandait à ses administrés de ne pas accroître leur famille hors de la proportion de leur fortune. Que fera un homme placé entre l'autorité civile et l'autorité ecclésiastique? Du préfet ou du curé, lequel croira-t-il? lïféponse du clergi n'est pas douteuse: Dieu bénit les gh)S8es familles; c'est leur mot. Mais l'artisan, subitement devenu probabiliste par intérêt, trouvera sans doute le conseil dupréfet plus sage et plus sûr.

Le dernier chapitre dn livre en est aussi le plus dégoûtant. L'auteur y traite des huit manières d'abuser du mariage et des attouchements entre époux. Après ce chapitre, l'éducation des diacres sera complète, et nul, si débauché soit-il, n'y pourra rien, ajouter. M. Bouvier leur apprend ( lecteur, je vous demande pardon) quel est siHis n*rtura/is; qu'il feut sévèrement gronder le mari qui more pecudum à tergo, ob majorent dclectalionem, accédât aut succumbal; car, dit-il, ce renversement de l'ordre est un signe de concupiscence, etc.

liCB époux pèchent mortellement si eq>ulam in vat« indebilo exerceant; simuliermenArumviriin 0$ eusctpiat; si passivam te tintât vi coneeptàmem mpe~ diat, etc., etc. (2).

(1) H. Dunoyer, préfet de la Somme.

(3) La raédeolnè ns conaslnait pas encore Is principe lenfermf

Quels sont donc les entreliens fjui se pas^enl an Tond (liicoiifcssioiiiialeiiLre.li; prclre el uiit: l'ummc mariée?..-. Je reiiDiice à parler du resle.

Mouseigoeur, savez-vous la seule chose qui manque ^ votre oavr^? des gravures. Hettez-en à la prochaine édition, si toulelbis vous rencontrez uo nouveau Jules Romain qui consente à traduire vos paroles. Alors, loin que vous ayez rien à envier à l'Arélin, c'est au contraire i'Arclin qui devra s'humilier devant vous, car sur tous les points vous l'aurez battu.

Au milieu du siècle dernier, Jean-Jacques écrivait à H- de Beaumont : * Rassurez-vous, Monseigneur, vos prêtres sont à l'épreuve de l'HélOîse : ils ont pour préservatif l'Aloysia. »

De nos Jours, ils ont hieu pis que cette honteuse jiloysiaf ils ont le Compendium du père Moullet, la tltéologie morale de Jean-Gaspard Sœtller et les Extraits du Pùre Rousselot, professeur au semioaire de (jrenoble ; la dissertation de monseigneur Bouvier, évëque du Mans; les DédsiWM Aéohgiyua sur let commandements de Dieu, par un ancien professeur de Saint-Sulpîee; le Manmle doctrinœ moratis{\), de M. Lequeux, vicaire général et directeur du grand séminaire de Soissons; la Théologie morale, de M. Debreyne, trappiste, etc., etc. Ouvrages dans lesquels se retrouve mot à

dans ces dernières paroles : c'est apparemment de la physiologia rët-élée.

(1] Du Viiiutlbm i seconda parsjad vsnm semlnarloreni.

mot la doctrine de M. Bouvier avec ses développcinents dans tout leur cynisme. M. Bouvier, le modèle, l'autorité souveraine, irrécusable de tous ces écrivains qui invoquent son nom à chaque page, n'a guère d'autre svEiotage sur eux que d'avoir atteint dix éditions, et répandu son livre à trente ou quarante mille exemplaires. Les autres y viendront. Déjà M. Lequeux ne borne plus ses disciples aux seuls diacres et aux prêtres, comme liiisait M. Bouvier; il écrit ad usum seminariorum; c'est aux séminaristes indistinctement qu'il parle des incubes, des succubes, des maléfices, des sorts, des Doueurs d'aiguillette, de tous les cas d'impuissance ou d'abus du mariage, des pollutions nocturnes, diurnes^ volontaires, involontaires, etc., etc. (1).

Longtemps cet amas d'ordures est resté caché loin des regards du jour, mais lorsque enfin quelqu'un le découvrît et le signala, lorsque l'indignation publique s'émut, l'Univers entra dans une violente furie :

«Mais, malheureux, si, la mort approchant, Dieu < vous Uùi la grAce d'envoyer à votre chevet quel-

■ qu'un de ces prfitres, pourra-t-il apprécier les répara-

■ tions, les restitutions que vous pourrez avoir à faire, « s'il n'a appris les règles que la religion et la justice « posent sur ces matières? l'ourra-l-ll giiérii' le;: Ui!'])l- « tudes dont votre àme est coiiv ci-lr, >\ on iic lui a

(I) On iv.iil sollicité uiKsi M. Bou¥ii;rdc roiiUi ^ea Dhsetuaioii liant ge£ InaUuiiom philosopbiqua, k l'usage de tous let élèves ; Il Vj eet refusé. (Cf. monilum, en leie du livic.]

« appris à les conaaitre et à les traiter? Le dûAle voua

« înspire-t-il que, non contents de peruer/ir la jeunesse « et de lui inoculer vos maladies honteuses, vous ne « puissiez pas même gouCfrir qu'on apprenne attx sainb < Vart divin de d^a^r de la ftioge et de la pourritore « où vous les attirez les ftmes de nos trèies, les Ames « créées à l'image de Dieu? »

J'ignore, et bien des gens ignoreront avec moi, quels saints cet art divin a jusqu'à présent envoyés en paradis, nuUs on connaît trop ceia. qu'il envoie chaqae jour en cour d'assises, et de là ramer Bur les galères du roi.

N'appelez pas la religion ni votre saint ministère au secours de ces études flétrissantes, de ces livres immondes. En vous accordant que lejeutiederc doit connaître le bien et le mal, être prévenu sur bien des points qui doivent rester lettres closes pour les étudiants laïques, le bon sens vulgaire vous opposera toujours qu'il y faut garder de justes mesureSj et tous n'en gardez aucune ; y apporter uue réserve et des précautions infinies, et vous rejetez toute réserve, et vous ne prenez d'autre précaution que celle de vous eaclier, de dérober au public le mystùre et le^ moyens de cet enseignement impur. La société tout entière est iutéressée ici dans ce qu'elle a-de plus cher : l'honneur et le repos de la fïimille. Par conséquent, vous chercheriez vainement à éluder le compte qu'elle a droit de vous demander, en vous retranchant dans la dignité de votre caractère et la hauteur de votre

mission. Plus cette mission est haute, moins on souffrira que vous ta traîniez dans la fange. Formez, vous dira-t-on, des prêtres vertueux, savants, niais plus éclairés dans les choses de la piété que dans celles du Tioe. Si, avec cela, ils ont la charité, quelque aveu qu'on vienne leur faire, quelque conscience qu'ils aienti!i purifier, ils ne seront jamais pris au dépourvu, et supposé même qu'ils infligeassent une pénitence trop forte ou trop faible, qu'importe après tout, puisque ce n'est pas la pénitence accomplie par le pécbeur qui rachète les foutes, mais la sincérité du repentir?

Un mari viendrait s'accuser d'avoir réclamé ses droits conjugaux dans l'espoir que sa femme mourrait en couche, le prêtre saurait bien reconnaître qu'il y a là un péebé grave, même sans avoir étudié ce cagde conscience' dans le livre de mmis^gnenr Bouvier, ob il est ridicule et déplacé avec cent autres partais.

Voilà donc, Monseigneur, ce qui s'enseigne dans les séminaires ! Vous affirmez, du moins tous les pamphlétaires et lihellistes devotre parti affirment que toutesles horreurs du marquis de Sade sont des églogues auprès de ce qui se passe dans les collèges. Les collèges sont ouverts et découverts, tout le monde peut y entrer et vérifier la valear de vos calomnies. Mais il n'en est pas de même de vos séminaires. Que se passe-t-il derrière ces

haaltii murailles infranchissables aux regards du public et à la surveillance même de l'Iiltat ? que se passe-t-il dans l'ombre de ce profond mystère qui enveloppe vos écoles ? Voilà ce qu'on ne sait pas et ce qu'on ne peut savoir. Nous savons seulement sur quelles idées monstrueusement lubriques s'arrêtent, au nom du devoir et de la religion, ces imaginations de vingt ans ; nous savons au sein de cette clôture étroite, loin des distractions du monde, quel est le texte offert aux méditations de ces jeunes bommes, la plupart sortis de familles rustiques, robustes, vigoureux, ardents. On vous voit allumer, attiser les flammes de la luxure et de la concupiscence ; c'est, dites-vous, sans aucun danger pour ceux que vous forcez à les traverser. Si vous le croyez, Monseigneur» regardez dans saint Jécftme la peinture des assauts que lui livrait la cbair au milieu des macérations les plus austères :

" Mes membres Iiideux et brûlés par l'tu^eur du soleil,

< avaient changé leur couleur natarelle. Je ressemblais « à ces hommes «ifantés sur les sables brûlants de l'Ë- « thiopie- la tristesse, la pftleur se peignaient^ tour à

< tour, sur mon visage déflguré par les jetmes. Mon « corps était presque mort , et cependant , ce cadavre, ( qui respirait à peine , était intérieurement dévoré par « lesflainmeide la volupté. Je l'jittaquais sans cesse et « tant cesse t/ te révoltait Au milieu de ces tristes com- « bats je redoublais mes Hgueurs ; j'arrosais la terre • de mes larmes; je me refusais les soulagements de la

■ nourriture. Je cômmençuiii le jour par dés cris et la « nuit me trouvait encore baigué de mes pleurs. /« « m'armai» d'un caillou ;je me frappaii la poitrine; je « m'écrasais sous les coups de ma colère et mon cœur € m'échappait i ma cellule même, seule confidente de « mes pensées, me pénétrait de frayeur. Saisi d'indigna- « tion et d'horreur, je fuyais jusqu'à mes propres re- « garda. Antres affreux, rochers escarpés, repaires ténéa lirenx, cachots où le soleil ne porta jamais sa lumière, € vous fûtes le sombre asile que je cherchais a ma « chancelante vertu ; et cependant je n'étais pas tran- <r quille ! »

Vos séminaristes sont-ils plus forts tjue saint Jérôme? Tandis que les saints, au milieu des déserts, tremblent et gémissent dans les assauts ç|H*ils soutiennent, vos séminaristes, au milieu des traits brûlants de la luxure et de la volupté, seront à l'abri du péril? Leur soutane," au rebours de la tunique de Nessus, les rend-elle incom- buatibies? Ne sont-ils pas f^its comme les autres hommes d'os, de chair et de sang ? Ne sont-ils pas compris dans la sratence de l'Ecclésîaste, que celui qui aime /c pirily périra ? S'il en est ainsi, c'est une étrange mer'veille, mais qui trouvera peu de gens disposés à. y croire. Dans le chapitre où vous traitez si longuement et si doctement de la pollution volontaire, vous mentionnez l'opinion tenue par Caramuel et plusieurs autres probabilisles, qui assimilant cet acte à l'excrétion de la salive, de ta sueur, du lait, etc-, le déclare tout à fait

innocent, licite et même nécessaire quelquefois à la santé (1). Vous bUmez , il esl vrai , l'opinion de Caramuel, et vous prononcez contre lui qu'un prêtre, par exemple, qui se livrerait à cet égarement d'imagination devant une image de la sainte Vierge, par con<jupisceoce pour la mère de'Dieu, coneupisémdo eam, commettrait un horrible sacrilège. C'est bien. Mais étcs-vous assuré, HoDBeigneur, que jamais un de ces Jeiinns diacres que vous mettes à même de choisir, ne préférera la décision de (^atàmuel à la vOtre ? ^

An reste, comme il n'est pas supposable que monseigneur l'éveque du Slans s'amuse à créer et à discuter des chimères, la seule proposition d'un pareil cas de conscience donne fort à penser.

C'est la tête pleine de ces études, Timagination souillée et corrompue de ces idées , de ces images , car on n'habite pas impunément avec la corruption, qu'un jeune prêtre s'assied au confossionnal. « Confesser une femme! imaginez ce que c'est. Tout au fond de l'église, une espèce d'armoire , de guérite est dressée contre le mur.exp'rès, oil ce prêtre, non Miograt, mais quelque homme de bien, je le veux, si^e , pieux , comme j'en ai connu, homme pourtant et jeune, ils le sont presque

(I] Plâres'probaUlistn negarant pollutfoaem jure natarall eau ^^IMtam, dloenlsB, euro Canunuel, ejecUonem (eninta comparaidam esse pronisloni lacUs, ungulois, arinn et eadaris-ae piolBClà, ■edusB lege Det îd niante, eam proTOcare llcitum Imo et ueceBsarlam quolies \à natara postularot. (P. 4S.}

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tous, attend, le soir, après les vôpres, sa jeune péûitente, qu'il aime , elle le sait ; l'amour ne se cache pas à la personne aimée. Vous m'arrêterez là : son caractère de prêtre, son éducation, son vœu. . . Je vous réponds qu'il n'y a vœu qui tienne : que tout curé sortant du séminaire sain , robuste et dispos , aime sans aucun doute une de ses paroissIeDDes. Cela ne peut être autrement, et , si vous contestez, je tous dirai bien plus, c'est qu'il les aime toutes, celles du moins de son £tge.. . Ce qu'elle n'osait confier à sa mère, avouer à son mari, lui, prêtre, le doit savoir, le demande, le sait... Il s'entend déclarer à l'oreille, tout bas, par une jeune femme, ses ibutes, ses passions, ses désirs, ses faiblesses , recueille ses Boupirs sans se sentir éipu, et il a vingt-dnq ans!... SeuISjla plupart du temps, et n'ayant pour témoins que ces mura, que ces voûtes, ils causent ; de quoi ? hélas / de tout ce qui n'est pas innocent. Ils parlent, ou plutùt ils murmurent à voix basse , et leurs bouches s'approchent, leur souffle se confond. Cela dure une heure ou plus, et se renouvelle souvent. »

Et quand U écrivait cette page éloquente, Courier ignorait qnels aiguitloos les études dti séminaire ajoutent à ceux de la nature. S'il l'avait su, s'il avait su que l'éducation du jeune prêtre , au lieu de mettre un frein à la chair, ne sert au contraire qu'à l'épcronner, combien son tableau n'eùt-il pas été plus sombre et plus ardent? Quel travail fera l'imagination d'un jeune homme obligé de passer en revue , de scruter toutes les

circonstances de la luxuic ùniimcives par mOûStiigaeur Bouvier? Vous le savoE, Monaeigneur, airssi bien que personne ; je n'en, veux d'autre témoignage qu'un texte de votre livre que je mets ici en note {1). Nous supposons toujours, bien entendu, un confesseur honnête , pieux; mais, comme dit (Courier, il est bomme. S'il veut résister., quelle torture ! s'il veut céder, que de facilité à dissimuler sa faiblesse ou son crime , comme on voudra l'appeler, ici son caractère , l'autorité dont il est revêtu, la confiance qui s'attache ii sa qualité, en un mot, tout ce qui causait son supplice, du moment qu'il consent à trahir son devoir , deviennent ses auxiliaires, ses complices,' et lui promettent le secret et l'impunité.

Relativement à la paix des ménages, tout ne ânîtpas au confessionnal , il y a bien d'autres conséquences. La pénitente sortant des mains de son confesseur ne retombe pas dans celles de son mari. Le prêtre, en qualité de directeur, l'attend à la porte de l'église. Le directeur suit incessamment l'épouse et la mère de famille; il s'assied à son foyer, préside à tout chez elle, domine et règle tout", l'économie domestique et l'éducation des enfants. Le mari se croit lète-à-tôte avec sa femme : il se

(1) ■ Licet GOnrcsaloaeB mulierum excipere , cum eia utUiUr a Amnésie convcrsari , eag Tisitare vel éeeenier umplecti, quamvïs prcevidetmr -poUationeta indh uauuram, dùm modo son intendatur et firaiam exisUl propoiitum eï non coDïentieiidi. ■ (P. CeU commode et ranurant pour la eonscîBDcc du |irêtre ; maii, pour le repw du mari ? et puis, qu'est-ce que prévoir le danger, s'y wpoua, tt ne put tMutmlir aux suitei ?

trompe : le directeur est en tiers. La pensée du directeur pénètre dans la chambre à concher, dans l'alcdve, se glisse dans le lit conjugal entre les deux époux , et là surveille et contrôle les privilèges les plus secrt's de l'hymen. La plus simpSe raressc et la plus légiiimo, le mari, avant de se la permettre, doit se dire : il en sera rendu compte 1 en sorte que , après s'être va dérober son infinence morale y il ne conserve de son droit matériel que ce qu'il plaît au prêtre de lui en laisser.

Les maris français ont la réputation d'être peu Jaloux. La plupart ignorent jusqu'aux motirs qu'ils auraient de Tétre; cependant le mystère du confessionnal commence à se dissiper et l'alarme à se répandre. M. Bouvier écrit au pape que l'on murmure contre les confesseurs ; que le nombre des fidèles fréquentant le sacrement de pénitence diminue à vue d'œil, et que les plus habiles curés attribnent ce résultat à riodocilîté des maris rebelles à. Tinquisition de la coacbe nnpUale et à la prétention du clergé de diriger l'accroissemeat des iïmiUes (1).

(1) Ferè omnesJimioreB sponsi prolem nnmerosiorem habere nalant et tamen ab aRtii conjugaU abalinere nequeunt.

A confessariLs inlernMçalï circà inodum quo juribus mafrïmonli uluiilur, ijraiiier commuriiiis offendi soknl et moniti nec ab actu conjugati tRmperantur nec ad ntmiaiu prolîa niiiltiplicationem âetcrminari quconl.

Tune advcraus conressarios miisallantcs. Numcrus eoriim qni ad eacrum tribunal accedunt mullla In locis ab anna ]n antuim decrcscit, prEBertim ob hano eauiam ratentibna plcrisque parocblB pîelate, BcdentilL et exper1enti& ma%\t conspfcnte, 112.)

Le prélat dumande an saint Tère s'il serait passtlle de montrer

Qu8 sera-ce le jour où seront divulguées toutes les

questtoQR obscènes inventées par la casuistique des jésuites !

Ne peut-on être clirétien el bon catholique h moins de BOufFrir un autre hommes moins ou pcètn, mtie M femme et soi ! Dïon, disent les jésuites.

Ils l'ont déjà persuadé aux femmes, ils le persuaderont aux maris quand ils les auront façonnés dès l'enfance à leur joug : voyez les Espagnols. On retombe toojoure sur cette conclusion .inévitaMe, qu'A f^t leur livrer l'instruction paËIiqtie, et mâme la lettre dé M. Bouvier prouve qu'il y a urgence.

Ces citations pourront sembler trop hardies. J'ai moi-môme hésité longtemps si j'oserais les mettre sous les yeui do public. Je me suis œfla déterminfi par le aeiir Ument d'un devoir à remplir. On s'abuserait beaucoup et l'on me ferait injustice de croire que j'aie cédé à un désir de représailles faciles, à une occasion de moquerie iacoosidérée. La question est tout autrement grave.

J'ai entends des personnes prudentes consultées làr dessus dire t Le confessionnai» la casuistique, les gloses

quelque lodulgence auK maria qui ne \eulent pu àbioinmwil le

charger de plus d'enfants qu'ils n'en pourraient âlever, on bien ai l'on pcul excuser les conressiiurs qui n'inlerrogautpuaurwehqâlre [ils sonl rares],

La sacrée pénilencerie répond en bref à U. BoutIbt qu'il bat trtit«r les choseï Bontés mintemsnt etlnleira^r les pânileats aveo modealie^ . MUS entrer â«u de a grands délails.

. sur Vœuvre ^ ckair, toat cela c'est TalTaire des protres, .leur affaire particulière. Les gens du monde auraient ; tort de. vouloir y p^étrer. Ces matières sont du ressort des prêtres ; ils en ont fait une science comme ils l'ont . enteada. Si cette science est bonne ou si elle est mauvaise, faut mieux ou tant pis pour eux, mais on ne doit point troubler leurs arrangements intérieurs. A cela voici ma réponse :

Si on accorde que le dergé forme un État au sein de l'Ëtat; si le sacerdoFce constitue nne société en dehors et au-dessus de la société civile ; si ces deux sociétés peuvent vivre cbacune leur vie, suivre chacune leur route parallèlement, indépendamment l'une de l'autre, c'est fort hieit : la décision est juste et sans réplique.

Mais si l'État et le clergé vivent d'une vie commune/ ont des intérêts mêlés, des rapports continuels, s'ils exercent une influence réciproque, la question changé de face. Je veux bien ne pas troubler vos arrangements intérieurs, à condition qu'ils ne produiront pas des effets dont les miens soient inévitablement troublés. Le droit excessif, le summum ju$, ne peut être le droit de personne, et c'est celui que revendique le clergé. Or, dans les termes oii nous en sommes, après une expérience tant de fois réitérée et toujours aboutissant au mùme résullaE, l'État ne peut consentir à abandonner quarautemille prêtres à une influence étrangère, à ignorer complètement quelle éducation donnent et reçoivent ces quarante mille hommes vivant dans son sein.

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armés d'une puissance îrtésislible. Vous réclamez le ' privil^ de marcher armés au milieu de nous; soit: mais au moins permettez qu'on vérifie la nature de ces armes.

n se peut que je me trompe : je me sonmets à l'arrfit dp lationscience publique.

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