‹ Les Jésuites et l'universitéChapitre 5 sur 27 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

LES JÉSUITES AVAHT 1850. AESBHBLEB DU CLBRGË EH 1682, — LK THËOLOGIB OB FOIIIBRS*

Tous les ordres religieux sont nés de l'humilité et du désir de gaguer le ciel ' par la péniteace. Depuis longtemps cas deux sentiments étaient stériles, depuis longtemps il ne naissait plus de moines quand les jésuites vlureiit au monde. Aussi, ceux-là ont-ils été engendrés à part, de l'orgueil et de l'ambition terrestre ; et ils ont eu leur existence à part comme leur caractère. Cet ofgaeîl or^inel éclate et se révèle dès leur nom i eompar gniede Jésusl La compi^nie de Jésus, n'est-ce pas la chrétienté tout entière? Quels sont ces pharisiens de la loi nouvelle qui se constituent comme un monde audessus de tout le monde? Ce sont les propagateurs et les défenseurs ofltcieU de tontes les impostures semées par les fiiuâges décrétales ; ils ont été institués exprès pour que le mensonge ne périt pas au sein de l'Église; pour cultiver l'jvraic et la resemer continuellement dans le

champ de la foi. Suivons-les et regardons- les lra\ ailler. Nous les verrons bbds relâche prâcher la monarchie universelle du pape et mettre àses pieds l'Église et la royauté temporelle. Kt comme ils doivent être les chevaliers et les avocatsde toute erreur pernicieuse, ils recueillent et consacrent aussi la maxime de Gratien sur l'immunité des clercs. Que dis-je? ils la recueillent, ils l'exagèrent. Ouvrez lear père Mariana, au livre du Roi: — < Que personae du clergé ne soit condamné, même ayant mérité de Vêtre. 11 vaut mieux que les crimes restent impunis ! Prœstat scelera impunita relinquil * Et Bellarmin, l'apôtre de la société : c Les clercs échappent à la juridicr tion sécQlière, non seulement quant aux choses spirituelles, mats même quant aux iempùrelles. » poteslaie sammi pontif.) Leurs constitutions offrent partout l'empreinte de ce dévouement sans borne et sans conscience au pouvoir du pape. Aussi, dans le concile de Trente, où teurs statuts furent examinés, l'évèque de Paris accusa tout net le nouvel ordre monastique de vouloir faire de Tépouse de Jésus-Christ une prostituée aux volontés d'un seul homme. Mais le concile de Trente avait résolu de fonder une tyraDoietout ensemble spirituelle et temporelle, comme le dit un prélat français contemporain . Les jésuites furent acceptés, et avec eux leur doctrine. Litynez, qui fut leur second général, venait de la résumer en une phrase :

< L'Église est née dans la servitude, destituée de toute liberté et de toute juridiction. » Jésus-Gbrist avait foodé

Tère de la liberté humaine ; les jésuites fondent à l'hainanité une ère d'esclavage.

La nécessité de se défeiiJrc se fit proraptement sentir. Les jésuites avaient été reconnus en 1540 ; en 1594, Pierre Pithou publiait son Tyotfif det hbertis de FÉgliie ' gallicane, et le dédiait à Henri IV ; seize ans plus tard, Henri IV tombait sous le poignard des jésuites. Moins d'un siècle après leur fondation, ils s'étaient déjà fait chasser de plusieurs royaumes, tant ils avaient poursuivi avecièle le but de leur institution, l'asservissemect des rois au pape !

En 1623 parut le livre de Saatarél, où (fe digne jésuite établit cinq propositions bien autremeut claires et importantes que celles de Jansénius'i

1" L.e pape a une poiasance temporelle sur tous les princes ;

2° Tons ceux qui gouvernent les Êlats le font partine commission spéciale de lut, en aorte qu'il pourrait les gouverner immédiatement lui-même, s'il le jugeait ii propos;

3" Ijo pape peut donner des curateurs aux princes^ les punir, Us déposer même, pour cause d'hérésie, d'incapacité, de négligence, ou pour toute autre cause ;

4* Il peut non seulement tout ce que peuvent les princes séculiers, mais il a encore U pouvoir de di^ser de ieurt États pour les distr^tuti" à iT autres ;

5<* H est le serviteur des serviteurs de Dieu par kumi~ liléf mais il est en même temps te seigneur des seigneurs

par puissance, et quelque puissance que ce soit tous le ciel est dépendante de la sienne.

Richelieu, quoiqu'il eût iutérèt de mùnagcr iîome pour ne l'avoir pas contraire dans la guerre de la Valteline, ne put pueer ces propositions 80QS silence; It représenta dans le conseil du roi qu'il fallait « réduire les jésuites eu un état qu'ils ne pussent nuire. » Le parlement s'émut, et cita à la barre de la grand'cliambre le père Cotton, provincial des Jésuites, et quelques autres de leurs docteurs. Il s'agit de les s'expliquer catégoriquement sur la doctrine de Santarel. lie président demande : Croyer-voas que le pape puisse excommunier le roi, affranchir ses sujets de leur sermeut de fidélité et mettre le royaume en interdit? il fallait dire oui ou non. Voici la réponse du père Cotton : • Le roi, flls ainédel'lïglise, se donnerait bien de garde de rien faire qui obligent le pape à cela. » N'est-ce pas admirable? Tout le reste de l'interrogatoire fut de même.

Le parlement, mal satisfit de ces réponses évasives, voulait prendre des mesures de rigueur; on parlait de prison. Cependant on vintà bout d'en sortir autrement. Le clergé de France et la Sorbonne censurèrent le livre de Santarel ; les jésuites signèrent un désaveu tel quel, sans doute avec une bonne restriction mentale, et l'affiiire fut assoupie (l).

(I) Aillellesçhi, général des jéiD Iles, alarmé du bruit que lUuIt en Franuc lo llvroficSanlarcI, fit passer aux juRnltes de Pitriideux exemplaires ob l'on avait suppriiné dm dispilrej. Les cinq propailUoos

Et niclielieu, tout Rtclielicu qu'il était, n'en fut pas fâché ; car il craignait « mille ùriKS furieuses et endia- « blées, qui eussent été capables de prendre de ces maun vai$es réiolutions qui ne se répriment ni par le feu ni « par autres peines. »

Voilà comment il en allait sous Louis xm. Sous Louis XIV, les progrès de l'ultramontanisme étaient devenus tels, qu'on songea sérieusement à y opposer une digue. Le clergé s'assembla en 1682, sous la présidence deltossuet. Dans cette sortede concile provincial, l'évÊque de Meaux prononça le discours d'ouverture. 11 s'acquitta de cette tâche avec autant d'adresse que de fermeté et de dignité. Trois points étaient surtout de nature à blesser les oreilles romaines : l'indépendance temporelle des souverains;»lajaridictionépiscopale émanant immédiatement de Jésua-Ghrist, par conséquent les évéques collègues et coopérateurs du pape, et non ses sujets, — enfin, la supériorité des conciles sur le pape. Sur ces trois points, écrit Bossuet, on ne biaise point en France. C'est la pure doctrine de Ta primitive Église, la tradition des apôtres dans toute son intégrité. Si vous vous rappelez

ne s'y trouvaient plm. Les jésuitca devaient faire circuler MB exomplairee pour ttccrédlier ie bruit que le procès inletilfi ^ l'ardre était fondé sur une talomnie. Le livre de Santarel étant fort rare en France, le auccùd de cvttt; ruse paraissait infaillible ; m al heureusement Vllellesclii eut la iiiuladre»3e de se vanter de co leur do coquin à Urbain YllI, qui ee fâcha sÉtieusement cl Qt retirer lo« doux eiomplairei.-

CeUe anecdote se trouve dan« les n^ociaUonB manuBcrites du noncfl SpftUa. [Bibliolli. du Koi, n" 8S3S0

ce que mm avons exposé dans le chapitre précédent , c'est l'opposition constante et inébranlable anx pernicieuses doctrines des fausses décrétâtes. C'estrà-dire qu'en neuf cents ans, du huitième siècle an dix-septième, l'imposture , qui a envahi le reste dn monde chrétien , n'a pas gagné une ligne de terrain en France ! Bossuet, ce dernier père de l'Eglise, fit luire dans cette illustre assemblée le flambeau de la véritable doctrine, et on le chargea d'en formuler l'esprit. C'est ce qu'il fit en quatre propositions qui firent ignées h l'unanimité et sont demeurées célèbres sous le nom de Dielaralimu du clergé de France.

Le premier article est relatif à l'indépendance du pouvoir temporel : — - « Nous déclarons, en conséquence, que les rois et les souverains ne nmt lountù à aucuns puissance eccUtiattique, par Tordre de Dieu, dans les choses teraporel!es(l); qu'ils ne peuvent être déposés ni directement, ni indirectement ; que leurs sujets ne peuvent être dispensés de ta soumission et de l'obéissance qu'ils leur doivent, ou absous du serment de Hdélité; et que cette doctrine, nécessaire pour la tranquillité publique, et non moins avantageuse à l'Église qu'à l'État, doit être

(I] C'est la doctrine dn pa^ Gélase, quand il dit qne > les empereurs mËmea sont Boumis aux ëvëques, dans l'ordre de la religion, et que, dans l'ordre politique, lee évSques, même celui da premier siège, sont soumis bux empereurs. U'aprËa ce partage de la puissance, le pape aurait le droit d'excommunier un Eouveraia, mata non pas d'aT- ^nchiF tes Bujola du urment de fldËlilé, ni de mettre le rt^aume en iDlerdll.

iovariablement suivie, comme conforme à ta parole de Dieu, à la tradition des saints pères et aux exemples des saints. >

Le second article concerne l'indépendance des évëques, en s^appujrant sur le concile de Constance.— Le troisième confirme les libertés de l'Église gallicane.— Le quatrième soumet le pape aux conciles.

Tous les ûvèques du royaume signèrent ia déclaration unanimement, comme les membres de l'assemblée; et le roi Térigea en foi de CÉtat, gai fut enregistrée par toute les cours.

Voilàdoncun frein et une bride imposés à l'ultramontanisme par le génie de Bossuet. Patience ! Laisse/, faire les jésuites ! Vous élevez un monument qui les gêne? Ils ne l'attaqueront pas ouYcrtemeat la sape à la main. Mais à cent lieues de là, nn petit jésuite en se promenant fera un petit trou en terre avec la pointe de son couteau; le lendemain un autre l'agrandira ; le lendemain , un autre. Le trou deviendra une caverne, puis un souterrain qui ira sous votre édifice. Une main sortira de terre pendant la Quit, et dérobera tout doucement une pierre, puis deux, puis trois, puis quatre qui rentreront sous terre. L'opération sera conduite avec silence et propreté; et un beau matin le passant ébabi s'écriera : Eii mais ! il y avait là autrefois un monument ! qu'est-il devenu ? Hais les précaulionB auront été prises et la question restera sans réponse et sans éciio.

Vous avez vu Louis XIV ériger la déclaration du clergé

eu loi de l'État, et obliger quiconque voulait parvenir aux grades à soutenir cette déclaration. I^h proTesBeurs étaient tenus de l'enseigner dans les séminaires. Quelques années plus tard l'époux de madame de Halatenoo, le pénitent da père LiudiaiBe, écrivait à Innocent XII : — « J'ai donné les ordres nécessaires pour que les choses contenues dans mon cdit du 2 mars 1682, touchant la déclaration faite par le clergé de France, à quoi les conjoneluret passées m'avaient obligé ^ h'aiknt point de

SUITK. »

Au sujet de cette lettre, Duclos et d'Âlembert ont vivement hlâmé Louis XIV, et avec raison. On a mal défendu le roi en disant que cette lettre était toute confidentielle, et que, pour avoir caractère, elle aurait dti fitre signifiée au parlement et publiée. Gela est vrai; mais qu'importe? il s'agit bien du caractère diplomatique de cette lettre! Il s'agit de son effet, et son effet fiit réel, il Dit ce que Louis XIV promettait. On a donojustement qualifié cette lettre A'ignominieuse (1).

En 1708 parut un TYaiU de tlvhlùgie à l'usage de Poitiers, qui fUtaussitût adopté par Saint-Sulpice et par tous les Béminalies de France (2). L'abbé de Longuerue

(1] Veutr^n une autre preuve de la faiblesse de Louis XIV? Deux ans avant ta mort, 11 écrit au cardinal de La Trémonllle qu'il regards les moxlcnei de l'Église gallicane comnie fondameniatei, comme celles a dt l'Églite primitif e coueorvées sans ollération, et il protcslo de m les abandonner jamain tant qu'il vivra. Vollâ ce qu'était devenu ce granit roi, le jésuite aidant et aussi les années I

(3) Cette ilieologie fut oompoiâs, dit-oQ, nr les cahier» qn'im

( Opusc. IJ, p. 156) remarque que les livres de BellarmîQ étudiés daus dos séminaires y avaient accrédité l'opinion de l'infaillibilité du pape. La.théologie de Poitiers acheva d'y ruiner les doctrines de l'iSglise gallicane. Voici comment s'exprime d'Aguesseau dans un mémoire composé exprès pour provoquer lasuppression d'un livre iorecté de si dangereuseB erieure :

« n semble que ceux qui ont composé cette théologie aient eu en vue d'inspirer aux jeunes ecclésiastiques qu'on élève dans le séminaire de Poitiers, des maximes direcUmenl conlraires à celles de l'Église gallicane sur la puissance du pape et sur celle des conciles, c'est-à-dire ' sur les points fondamentaux de nos libertés, b - £t après avoir fait ressortir, toucher au doigt tes doctrines uUramontaines de cet ouvrage, il conclut qu'il est dangereux de le laisser dans l'enseignement public, et que le procureur-général ne peut se dispenser d'en requérir la condamnation. Les intrigues des jésuites arrêtèrent le zèle des magistrats; la théologie de Poitiers est restée installée dans les séminaires, et, ce qui est plus curieux, elle y sert encore aujourd'hui de base d l'enseignement. La théologie de Poitiers est en usage à Salnt- Sulpice et partout; et M. H&rtln (duNord) aoséaCBrmer (lu haut de la tribune gue les quatre articles étaient en- S^néB à Saint-Sulptce !... Sans doute! les séminaristes

* M. I.npnjrpe avaltrapporléi de Saint^ulpfce. Il rot notoire, d'allleun, quS liiiint-Snlpice nt depuis Irèd loagtemiis le régulateur absolu dei âludea ucelâtlulIquoE.

connaissent les articles de la déclaration, comme les voleurs connaissent les arllelesdu Code: pour les mépriser et les violer. C'est apparemment ce que H. Martin a voulu dire.

Voilà donc encore une fois l'esprit de mensonge qui triomphe. Mais la vérité n'est pas facile & tuer ! elle est vivace. Qui lui viendra en aide? qui ? C'est ici qu'il faut admirer les voies de Dieu : le pape lui-même ! Celui dont les jésuites ont tant proclamé l'infaillibilité va condamner les jésuites et les dissoudre. Le 31 juillet 1773, Clément XIV lance la bulle de suppression:

rt Dès la naissancn de cette socî(''l6 , dit le pape, il s'y éleva (les semences de division et de jalousif^ non seulement entre ses propres membres, mais encore à l'égard des autres corps et ordres réguliers, ainsi que du clei^é séculier, des académies, universités, collèges publies-...

« On vit s'élever, dans presque toutes les parties de l'univers, des plaintes et des disputes très affligeantes contre sa doctrine. Les dissensions s'allumèrent de plus en plus dans la société, et, au dehors, les accusations contre elle devinrent plus violentes, principalement sur sa trop grande avidité des biens terrestres. »

Le pape parle ensuite des efforts inutiles de ses prédécesseurs pour apporter remède aux vices de la société de Jésus ; enQn : « Considérant, dit-il, qu'il n'est peut-être pas possible que, tant qu'elle subsistera, l'Église recouvre jamais une paix vraie et durable.... nous éteignons et supprimons ladite société, abolissons ses statuts, con-

stituUons, celles niiïinequi seraient appuyées du serment, d'une conflrmatioD apostolique ou de toute autre manière, d

Quel coup, et parti de quelle main! Des liommes se donnent à un maître : pour l'tilever et reurichir, ils u'Iiéaitent pas à se souiller de tous les crimes , à alîi'onter tous Iça périls et tous ]es opprobres ; et c'est leur maître qui Tient, en lionnête homme, en homme indigné de leurs escès, les dévoiler et les punir publiquement, préférant ainsi le bien public à son avantaj^u particulier. Clément. XIV mourut d'une mort étrange et mystérieuse. On a dit que les jésuites l'avaientempuiBonoé. L'accusation, hélas ! est bien pis que vraie, elle est vraisemblable.

L'histoire des jésuites devait lînirtà; mais ils sont comme k-.s acteurs immolés daus une tragédie: ils se relèvent après la chute du rideau. Il a été moins facile au pape de tuer les jésuites, qu'aux jésuites de tuer le pape comme ils en avaient tué tant d'autres. La persistance de la société après sa dissolution prononcée par le pape prouverait à elle seule que le pape n'est pas infaillible. Cela toutefois n'empêche pas les jésuites de soutenir une doctriae dont leur existence démontre la feusseté.

* Quand Napoléon voulut rétablir le culte, l'abbé Rmery fut chargé d'organiser les séminaires. Or, Napoléon ne voulait pas entendre parler des jésuites. L'abbé Emery, étant professeur de théologie à Lyon, en 1772, avait compilé un volume soua le titre A'^upritdeLeilmiiz, lly

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avait mis nue introductloii dans laquelle il rendait un éclalanl hommage à la déclaralion du clergé, et so montriiilzélé partisan des libertés de l'iilglise gallicane (I). Napoléon crut ne pouvoir pas mieux choisir. En 1803, l'abbé Émery réimprime aon livre, qu'il Intitule : Pm^ sées de LeOmitx, mais le mo^iSque éloge des maximes de rf^Use gallicane a disparu ! 11 n'eu reste pas trace. Pourquoi? C'eat qu'en 1772, l'abbéEinerjprures^ait sous l'autorité de M. deHontazet, évôque de Lyon, très attaché au maintien des quatre articles; et eu ISOS^l'abbéEmery était supérieur de Saint-Sulpice,

Le gage dit selon les temps :

Vive le roi ! vive la ligue !

N'en déplaise à La Fontaine, ce n'est pas le sage qui se conduit ainsi : c'eat le fourbe, l'homme sans foi ni lui. Toi^ours eet-il que Napoléon fUt pris pour dupe, et que Bouason r^e le jésuitisme se tint bien chaudement tapi dans sm petit nid de Saint-Sulpice.

La seule tentative un peu bardie qu'il, se soit permise, oe fut, abusant de la léthargie infelleotuelle du cardinal de Périgord, d'introduire dans la liturgie de la capitale

[1] I Nona Himm» très altacbi^s m\ msiimes du clergé de France, enseignées dons ta déclaration ric if;K2. Nous regardons celle déclaration commo nn monument prficipui, mPmp .m sainl-aiége..., parce que, en ivu''iiie U.m\ii <\u'on y rcjelle dus (ircrogiiliïoâ qui n'ont pat de Juudemail (Unis l Éi iitujik. on y tiluLlil nWm ijui eonl de droit divin, et que ai l'EglIiic gullicune y indique d'une muin lu partie de tédiflee que Cou peui otalfre, elle m^Btlent de l'autre celle qui doit ËIre à JanuU Horée et inviotable. ■

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la fêle de Grégoire VH.que néglige gallicane n'admet pas au rang des saiDls. Les jésuites avaient déjà fait soutenir dans leur école une thèse, où la déposition de l'empereur Henri lY était invoquée parmi les titre» de Grégoire VII à Ift^caoontsatîpq. Croire VU, c'eit le principe ultràmontain poussé à ses dernières conséquences. Aujourd'hui il est question de substituer le bréviaire romain au bréviaire français (l). Nous aurons alors légalement la fête do Grégoire VII, bien entendu avee le panégyrique du saint, Bt non seulement la fête de Grégoire VU, mais celle aussi de laint Pie V, qui consomma le scbispie d'Angleterre en déliant les sujets de leur serœent 'de fidélité envers la reine lillisabelli (-2). H ne nous manquera plus que la publication annuelle de la bulle in Cœnâ Domini dans toute son eiteosion, et alors la Quotidienne, qui aujourd'hui rît au nez du Journal des D&>ats et lui demande quel intérêt il prend à tel ou tel liréviaîre, rira bien plus fort et avec plus de sujet \

Ainsi, sous la r^ne de l'empereur^ les jésuites attendirent

Tout le monde a encore présent à la pensée ce que.furent les jésuites sous la restauration. Ils eurent le bonheur d'avoir un des leurs ministre de l'instruction publique. Les jésuitiéres pullulaient : Aix, DOle, Saint-

' {{) L'Dniim-i annonce presque tons les jonn le Brimire romain, en vente cheE H£qaignon Junior. Apparemment c'est qu'en ^en sert. (2) Boagaat ce lUt pas dlffictilté d'aj^eler cette bnlle un papier

Achculfurentles principales. Malheureusement M. Frayssinous ne seliila pas assez d'exterminer les collèges (Je rUiiiversilé. Les jésitiles d'uiijoiird'liul fout bien pénitence de cette faute, et travaillent de leur mieux ù la réparer ; mais il n'est plas temps I ils ont lais&é passer l'heure !

L'abbé Frayssinous était anti-irallican, mais, pour mieux atteindre le but, il ne s'afilchait pas. Dans les Conférences auxquelles il dut sa célébrité, il atliiiblit tant qu'il peut les quatre articles âe la déclaration du clergé. Ce sont des coutumes, des opinions, auxquelles on est libre d'accéder ou de n'accéder pas. Cette modération apparente était bien plus dangereuse et plus perfide que la violence ouverte! Cela sauvait l'extérieur, mais aa fond le parti savait bien à quoi s'en tenir, et comme il y a toujours des imprudents qui ne sauraient brider leur langue, les journaux religieux laissèrent éclater leur joie en des aveux positifs. A l'avènement de l'abbé Frayssinous, PAmi de to^fleKjion félicite le clergé de ce que désormais les profsBseurs seront atTrancliis de l'obligation d'enseigner les quatre articles (t. XX, p, 276). line autre fois, c'est le Mémoriul catholique qui s'écrie : « Tout le clergé français se détache dn gallicanisme I »

Cela n'était pas absolument exact. Le clergé était divisé en deux camps, comme il l'est encore aujourd'hui. Vancien clergé s'attachait de toute» ses forces au gallicanisme. Le cardinal de Bausset, dans son Bisloire de Bossuet, se mit peu eu peine de déplaire à la cour de

Borne, et, scion l'expression de Bossiiel lui-même, il ne biaisa point sur les maximes gallicanes. M. de Biirral publia sa Défense des Libtrtés de l'Église gallicane; le cardinal de ]a Luzerne imprima sa Défense de la déclaration de 1682, dans laquelle il s'exprime ainsi : « Les idées uUramontaines étant maintenant publiées et soutenues par {les auteurs très estimables, je crois très in- (lispensablt; de publier cet écrit pour servir de réponse à leurs maximes, et mainteaïr parmi nous la précieuse et salutaire doctrine de l'Église gallicane. »

De son coté, la cour royale, dans le considérant de son arrêt du â décembre 18-2.'i, déclarait que <c les doctrines ullramoutaiiies haulemenl professées depuis quelque temps par une partie "Su clergé français pourraient com^ promettre par leur propagation les libertés civiles et religieuses du royaume. »

On combattait donc avec acbarnement; on disputait le terrain pied à pied ; et le public, malbeureusement trop étranger à ces querelles qui le touchaient de si près, ou ne s'en doutait pas, ou ne s'en souciait guère.

Et M. Frayssiuuus, ministre des cultes, avouait à la tribune la tendance du jeune clerfré vers les doctrines ultramontaines. C'était mieux que cela, etil lesavaitbien !

■ Hélas ! s'écriait l'évêque de Tulle, je rencontre quelquefois d'honorables débris, des restes antiques et vénérables de la religion, et avec eux disparaissent les trar ditions, les usages et les véritables libertés de notre Église! » {NécessUid'organiserii diocésa.)

Le triomphe des jésuites était donc assuré : ce n'était plus qu'une question de temps et de paUeiice. Muis, par une permission toute provtdeutielle, les jésuiles ne savent plus attendre : il semble que les moines soient destinés désormaifi è tomber toujours^ et. toujours pour la même causé : pour avoir pris leur âlau trop tAt.

Avec des îiistitutions partout llorissantes et un immensti cii-édil; avyc des ministres et des auxiliaires comme M. Frayssinous, M. de Polignac, M. de Guernon- RaDvllle; avec un prélat faible et f^ilè comme H. de Quéien; avec un roi comme Charles X, ils sont encore venus u bout de se faire cliasser de France ! En vérité, je crois qu'etfectivement il ne faut pas s'inquiéter d'eux, car pour renverser et chfttier ces apôtres de vieilles et criminelles impoatores» Dieu, i défaut des hommes, y met visiblement la main I

Menteurs par essence et religieux observateurs du précepte de Machiavel que, en maintenant les choses détestées, il faut du moins changer les termes, ils s'étaient dlssimnlés sôva le nom de pirts de la-Foi. H. de Qnélea se chargea d'attacher sur leur front comme un écrlteau d'ignominie, leur nom véritable :

« L'institut de Saint-Ignace n'a point reçu de sanction « en France. Si l'on soutenait que les ecclésiastiques « suivant la rj^e de saint Ignace, dont la présence dans « plusieurs séminaires a fixé l'attention, ne fbrment t pas nne congrégation, et qu'individus isolés, ils sont « hors de l'action des lois qui prohibent ces ordres re-

■ ligieux, nous répondrions qu'à nos yeux les ecclésias- « tiques qui sont chargés des petits séminaires de SaïnL- € Âidieul, Dôle, etc., sont constitués en congrégation ; « en un mot, ils font partie de f institut des jésuites. » (Rapport ou roi, duSSmatlSSS.)

Là-dessus Charles X rend son ordonnance qui ferme les huit collèges des jésuites et oblige quiconque voudra diriger une maison d'éducation publique à signer la déclaration de n'appartenir à aucune congrégation non autorisée par les lois du royaume.

11 crut par Ik racheter ses fautes ; mais il était trop tard I Après avoir servi à punir ses anciens protégés, il fallait qu'il fût puni lui-même pour les ï^voir protégés. Le 27 juillet 1S30 arriva, et le décret de la Providence s'accomplit : Charles X tomba pour ne plus se relever; les jésuites se cachèrent.

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