CHAPITRE IV
BOÏEKS d'a^ITIOX SLII L1:S l.i.\SSKS IM'ÉHEEUnES. — MiR\cr.i:s. - — DÉïOT10.>"K PAHTICLUi^IlKS. — CD.VTltÉniES. — ASSOCIA-
Tioas.
Oeci est la ^rt da peuple, l/étudi&nt, l'homme du
moade, ont eu la leur; il faut soiigcF aussi à gagner le prolétaire, le paysan et l'ouvrier.
Dans toutes les têtes, dans tous les cœurs, il y a de la poésie, l'ernoor du merreilleax tl An surnaturel. Les jésuitei satisfont largement ce besoin. L'imagination avec eux ne chOme pas et ne court pas risque de s'éteindre faute d'aliment. Leurs g!i;^elles, et siirLout leurs petits livres^ disséminent partout, font circuler à bas prix, parmi le peuple, les récita des miracles opérés eu leur faveur et par leur intermédiaire; car, il fout bien le remarquer, le prodige les concerne toujours et les touche par quelque endroit, directement ou iuiiireclemciit. Le thaumaturge est un de leurs pères, ou bien le miracolé est UB de leurs écoliers, ou bien la grâce a été obtenue par le moyen d'une des dévotions qu'ils ont
imaginées. Ces (itivotiuns sont innombrables; chaque jonr en voit éclore une nouvelle, depuis la dévotion au sacré cœur jusqu'à la sainte robe et à la médaille miraculeuse, lis inventent des saints et des reliques incroyables! par exemple, suinte Philomène, à qui ils ont composé une légende si extraordinaire; saint lomède, dont on ne sait encore que le nom harmonieux; on bioi cette sainte robe qui est conservée à Argenteuil deputt plus de mille ans, et qui guérit subitement les écoliers incurables de Fribourg; ou bien le précieux sang conservé dans l'abbaye de Fécamp depuis la mort de Nicodème. On en citerait par milliers. Mais sans nous jeter dans ce labyrinthe sans issre, voyons platdt sur quelques échantillons avec quelle impudenne les créateurs de ces fables prétendues pieuses osent outrager la religion et le sens commun.
Selon la tradition , Jésus-Christ portait une lùbe tissus des propres maîas de sa mère et sans couture. L'Ëvangile dit simplement que les soldats jouèrent celte robe aux i\és, afin qu'elle ne fût point partagée. Dom Calmet dit : ' On conserve encore aujourd'hui la sainte tunique dans l'église cathédrale de Trêves. Celle qu'on voit à Argenteuil n'est pas une tunique, mais un manteau couleur de pourpre.» {Dict. de la Bible, au mot Vêlement )
Jean le diacre, énumérant les reliques conservées & Saint-Jean de l.atran, mentionne la tonique de lin de Jésus-Chpist.
Dom Gerberon, bénédictin d'Argenteuil, le dernier historien de la sainte robe , la met dans son convent ; c'est trop juste. 11 avoue qu'elle est de laine, mais il en ignore la forme, attendu que déjà de son temps on ne la voyait qu'à travers un cristal. Au reste, il en sait l'histoire parfaitement suivie : le soldat qui la gagna la vendit à Pilate. Pilate accasé comparait ddvant Caligula, mais il s'était, sans rien dire, revêtu de la tunique de Jésus-Christ; il ne put être convaincu ni condamné. Heureusement, sainte Véronique décela la ruse; on dépouilla Pilate, qui fut exilé à Rome, où il se tua. Jusqu'ici dom Gerberon a été guidé par Matthieu de Westminster (1). Grégoire de Tours lui fera Ikire le reste du chemin.
crédule éviiquc raconte que la sainte robe, rache-, tée par des chrétiens , était conservée dans une ville de Galatie qu'il ne nomme pas. Dotn Gerberon continue :
«Celte ville inconnue ayant é\.é prohablemenl -piWèe par les Perses, t7 y a toute apparence que dans le désordre la sainte robe fut enlevée et portée à JalTa, en Palestine. Un juif, pressé de vives douleurs, déclara qu'elle y ' était dans un coffre de marbre. » Dom Gerberon' ésf sûr du nom de ce juif: il s'appelait Simon. L'ingénieux et non moins charitable liénédictin conjecture que Si-
(!) Flem de rkhtoire, sur la trente>hallièine année de JËsiis-' ' ' ClirisL
mon avait volé lui-même et caché la tuQiquo de Jésus- Christ.
ËDftn, après avoir passé par Jérusalem et CoQStantlnople , des mainB d'Héraclius à celles d'Irène , puis à cdics de, Cliarlemagne j elle arriva aux mains des confrères de dom Gerberon, à Argcnteuil, en l'an 800. Maïs ta sainte relique n'était pas h bout de vicissitudes ! Quaranto-cini} ans après , les Normands pillèrent l'abbaye. Que devint la sainte robe et par quel miracle écbappa-t-elle à leurs mains redoutables? iJle fut cachée dans l'épaîaseur d'un mur, et y lesia trois siècles. Elle y serait encore sans un ange qui vint exprès en révéler l'existence. Ges.&ita sontattestéa pr la prose qu'on chantait au moyen ùge :
liuci'i'iirimi [iCT inlcrtallB YealiJ muro lalrns ilU
Slat niillo BCiwito Und^ (ulgciit mii-acula Moiiuelio pcv oracula
Quant au témoignage de Jean le diacre, qui mentionne dans le Trésor de Saint-Jean-dc-Latran la lunique de lin de Jésus-Christ, dom Gcrberon n'en est pas embarrassé. « Ce lin me fait croire , dit-il , que c'était peut-èlre une des petites chemises qui ont servi à Jéaus- Clirist dans son enfance, n Dom Gerberon, comme l'on voit, est une étrange compensation aux Mabillon, aux HontËiucon, aux Mortène et à tant d'autres dont l'éru-
ditîon solide et, profonde illustre encore aujourd'hui leur ordre qui n'est plus.
Eb bien , c'est ce roman , absurde et ridicale invention du onzième siècle, donton maintient aujourd'hui la \i:r][ù. Il y ;i im culte de la sainte robe, une féle solennelle, un pèlerinage, une confrérie de la sainte robei laqurïleBont Attachées des indalgencea considérables.' Tout cela est spécialement autorisé et approuvé par l'évèque de Versailles, et on pu répand le prospectus, qui se termine par l'indication des heures de (h'-parl du cîicmin de fer de Paris à Versailles, 0 sainte religion chrétienne,à quels intérêts te fait-on servir! jusqu'où ta majesté-est-elle abaissée, et par qui !
Les jésuites de Friliour'j: possèdent aussi iasainfe robe, on du moins un fraLTiienl d'icelle. Tu de leurs élèves, le fils de loi'd ClilTord, avait un mal de jambe désespéré. On nepouvutle toucher avec les biarbet d'uneplum sans lui faire jeter les hauts cris. La sainte Vierge lai apparaît en Bonge, etlui annonce une guérison prochaine.
■ Pendant que l'on attendait les médecins, le père
< Recteur envoya le père Jeantier pour apporter le reli-
< qnaire où est renfermé un fragment de la robe dn a Sauveur. An moment où celui-ci entrait, le relî- « quaire "à la main , le jeune Cliflbrd sentit une sorte a de répulsion intérieure; il lui semblait que la jambe « malade se repliait , comme pour échapper à son in- « fluence. Mais , à l'instant même où la relique fut mise « en conlact avec le siège de la douleur , il ressentit
« comme «ne émotion électrique , qui parcourut iaalan- « tanémenl tout sdd corps, et le malade s'écria: c Je « suis guéri ! » Tel qu'il se trouvait, en robe de chamti hre et nu-pieds , il courut à la chapelle, et y remercia « Dieu avec une grande effusion de larmes. J.e père liec- «. teur et le père Rodolphe accoururent aussitôt , se pro- « sternérenl, à ses cùlés , au pied de l'autel ; les méde- « cins eu\-mêmes se joignirent à eux, l'ondant ea <( larmes. Le docteur l^nciiamps déclara qu'il ne lui a fallait pas d'autre preuve de l'authenticité du miracle « que l'aspect du malade.
« A dix heures , ClifTord prit ses bottes, et se chaussa « pour la première fois depuis deux mois (1). «
En Usant de tels récits on doute si l'on rêve; on se demande si Ton est en 1S4S, dans le dix-neuviëmesiècle, ou si l'on ne serait pas retombé en plein dans les ténèbres du moyen âge. C'est au moyeu âge , en effet, que les jésuites vont emprunter des légendes qu'ils repolissent et lancent de nouveau dans la circulation. Quelquefois même. Us ne prennent pas la peine de -retoucher les inventions des moines du bon vieuœ temps, et comme ils veulent ramener ce bon vieux temps, où ils étaient les souverains des peuples et des ruis, ils se contentent de réimprimer, sans y changer un seul mol, le texte des légendes les plus évidemment absurdes.
Voici celle du précieux sang, qui jouit à. Fécamp d'un
(1} Vojd VUnivert, VAiiii de la Ba'igim et tes Élrennes tpirhaetla pour 1844, îm[iriinén) au Viaai.
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culte analogue à celui delà saiaterobe d'Argenteuil. Le voici tel qu'il se trouve ii la suite de la JHesse du précieux sang (1). Ce récit^ que l'on donne comme extrait d'un manuscrit de 1027, a un caractère de naïveté assez curieuse
BUtoire du précieux sang de itotre Sehjneur Jisii.i-Chi i'il, qui repose en l'i-.bbaijc de ta iiis sainte Triiûii de Fccamp,
a Joseph d'Ârimatliie et Nicodème, disciples cachés de notre divin Sauveur Jésns-Ghrist , que les Juife crucifièrent injustement, furent trouver Pilate et lui deniiin livrent ii; corjis de notre divin Sauvtiiir pour le miiLlic il'; luniLcaa ; ils rciblinrcriL iSi<:ud(;mo, selon l'Kvangile de saint Jean , était venu trouver Jésus pendant la nuit, et, par le moyen deson couteau, il enleva le sang précieux qui était Sgé autour des plaies des mains et des pieds de, notre divin Sauveur, le mit dans son gant et le garda toute sa vie avec respcet, lui rendant tous ses hommages j mais se voyant sur le point de mourir et n'ayant point d'en&nts , il déclara son secret à son neveu Isaac , lui donna son gant avec le précieux trésor qui était dedans, et lui dit : Voilà le sangdw zrai prophète Jésus que nus anciens firent crucifier injustement; gardez-le avec respect et rendez-lui l'honneur et les adorations qui soiit dus et vous ne manquerez Jamais de rîen. Isaac re^ut donc le précieux trêôor de la
(l) Ffcnmp, Imprimerie de veuve Mlihel-Uarc, rue du Bull, I83T.
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main de etm oncle et le mit dans son coffre fori. Il ne manquait pas de lui rrndre ses hommages tous les jours, et il devint puissant ot richo. Sa fommo. lui demanda comment, en si peu de temps, il leur venait tant de richesse ? Il répondit que c'était un don de Dîea. Sur quoi cette méchante femme se mit en colère; mais un jour, ayant surpria son mari à genoux au pied du cofTrefor!, elle fut trouver de suite les Juifs et leur dit qu'elle venait de voir son mari adorant une idole. Isaac, sur cette dénonciation , ayant prouvé Ge^sonp de tribulations, prit le parti de quitter la ville ^ }éruBHlem, ofi il D*ét(ût point en sûreté , et s'en fut demeurer au bord de la mer, dans la ville de Sidon. Mais au bout de quel- -ques'uinées, ayant eu une révélation que Titus et Vesfasiffl], empereurs romans , viendraient détraire Jérusalem avec plusieurs.légioBS de soldats, il fit une iMite de ptomb dans laquelle U mit le précieux sang de notre dÎTîB Sauveur lésos-Cbrirt, ftt on trou dans un gros figaierqui éitaftdans sonjwdin^et y mit le trésor incomparaMe ; ntUe ayant en vne secméle révélation qoe )esItoma[D8 mettraient tout à flsn et & sang , il résolut de couper le figuier et de jeter la souche à la mer. Ce ne fut pas sans douleur qu'il effectua cette résolution ; mais ayant eu une troisième révélation, il entendit une voix qui lui dit : PTayez aucune crainte, le préciem sang que Tousavezmisàla merabcnrdera dans une provineeée France et y sera adoré par de vrais chrétiens. <t En elTet, cette sonche se trouva transportée en la
vallée de Fécamp, où elle tôt trouvée par les enfants d'un
nommé Royn, qui coupèrent une des hranclirs poussées à ia souche de ce flguier et la portèrent à leur [lère et mère; ceux-ci n'ayant jamais vu de ce bois, demandèrmt où ils avalent tronvd cette branche ; ils r^odirent qu'ils Tavaient trouvée dans la vallée la plus abondante on lierba^es, et qu'il y en avait encore deux semblables; le leiKl''mai[i le père fut avec ses enfants enlever les deux autres et les planta dans son jardin^ où U se fit de grands
« Bftyo essaya plusieurs fojs d'enlever la sofiche, mais ses efforls furent inutiles; après sa mort, Maria, son épouse, resta veuve avec ses deux enfants.
c Les fêtes de Noël, 11 vint un pèlerin lui demander ù Xogeci Maria y oonsentit en obsffl^ant qu'elle était pauvre et qu^il ne serait pas très bien. Le m6me soir, Maria répétait avec douleur : Oh ! mon mari, si vous existiez encore, il serait mis une bûche ù notre feu comme aux autres années. Ses enfants, voyant qu'elle «'attristait, lai dirent : Puisque noos avons quelqu'un avec nons, nous essaierons de nouveau, demain, d'enlever la souche qui est dans le champ. Eh ! mes enfants, réponditelle, vous Rave?, que votre père avec toute son industrie n'a jamaispu en venir à bout. Le pèlerin s'étant fait in^ Blniire, dit : Moos irons demain avec un cbtffiot et-nous l'apporterons ici, si Dieu le permet. Le lendemain, ils prirent m charioL et chargèroit la sonche deseuBj sans âifficuhé; nuis «frès «wir lait qndques pas, qudle M
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la surprise de voir le cbariot se briser à l'endroit où est Mtie l'abbaye! Le pèlerin amassa un monceau de pierres, et dit : Celle souche contient le précieux sang de N.-S. J.-C., c'est ici qu'il doit être conservé! la postérité. H*!uroDse celte province, parce qu'elle possède le prix, de la rédemption du monde! Après avoir dit ces paroles, il disparut.
« Les y;rands de la province s'ctanL réunis, et après avoir reconnu la vérité de ces paroles, résolurent de faire Mtir une aBbiiye : le précieux sang.fut placé sous l'autet de saint Sauveur. Mais cette église ayant été détruite par les païens, le précieux sang resta enseveli sous ses ruines,
<t Ce précieux trésor resta ignoré encore bon nombre d'années, et ne fut retrouvé que par un singulier miracle. Des princes et seigneurs étant à la chasse dans cette vallée, aperçurent un cerf blanc d'une grandeur prodigieuse, qui les conduisit à l'endroitoù était le précieux sang, lit trois tours et disparut.
« Les princes retournaient chez eux en réfléchissant sur ce miracle, -lorsqu'ils fitrenl attaqués par cinquante voleurs qui (es massacrèrent tous , en un instant : un seul, en expirant, déclara le miracle dont il avait été témoin. Le due Bicliard, en commémoration de ce miracle, fit liàtir l'abbaye de Fécamp. Quelque temps après b& coDStruction, parut un ange de six piedt de hauteur, sur l'aulel, prit le précieux sang qui était resté dans les décombres, et le porta sur le maltre-autel, en prteence
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— code toute l'assemblée, en disant : Voici le prix de la ré^ demption du inonde, qui vient de Jérusalem. Ceux ou celtes qui porteront quelque chose qui aura touobé au précieux sang, seront préservés de tout malheur. Aussilùt l'ange disparut et laissa son pied imprimé sur une pierre que l'on voit encore dans la chapelle des Fonts- Baptismaux de l'abbaye de Fécamp-
« Depuis ce temps, le précieux sang n'a cessé de jouir d'unegrande vénération parmi les fidèles; les anciennes ti'aditious nous apprennent combien de miracles s'y sont opérés. Un grand nombre de pèlerins y viennent annuellement, et notamment les habitants d'Yvetot, qui n'ont cessé ce pèlerioagé depuis de longues années et qui dut son origine à une maladie contagieuse dont cette ville était ravagée, et qui dq)Ois ce pèlerinage n'a jamais reparu.
s La procession du précieux sang se fait tous les ans le vendredi avant la semainé^nte, duiis l'intérieur de l'abbaye de Fécamp. »
Voilà cë qu'il faut aux jésuites. C'est là que leur génie triomphe, c'est dans ce sensualisme qui est le caractère easenliel de leur piété et qu'on leur a tant de fois reproché. ]Ib ne se font aucun scrupule d'employer le mensonge pour servir la causedu Dieu de vérIté..La religion toute spirituelle de Jésus-Christ, ils la matérialisent, ils la mécanisent en substituant partout au sentiment des pratiques machinales. Une prescription n'attend pas l'autre ; pas un moment de vide ! Il ; en a
pour chaque mois, pour chaque semaine, pour chaque jour, pour chaque heurs du jour. Et ces pratiques, d'ailleurs si simples et si commodes, <»mment ne les
suivrait-on pas quand on voit les gros bénéOces qu'on en peut tirer à coup sùr? Les jésuites ont placé la prière à usure. Voulez-vous gagner chaque mors une indulgence plénîère? Pii'cite?. tous les jnui-s ce liïslique :
I.ouii Eoll cl remcrcif ch.iqLio moment ].e Irts siùal et tria divin sacmucnt (i),
< Autre indalgmca plénîère, un jour cliaque mois, « applicable aux défunts, pour ceux qui récitent, touR « les jours, la consécration suivanle :
0 Voulant, mon aimable Jésus, vous témoigner ma « reconnaissance et réparer mon Infidélité, moi N... je « vous donne mon cœur, je me consacre entièrement & « vous, et me propose, moyennant votre secours, de ne ■ plna vous ofl^oser. » (Ibid., p. 40.)
Pour la moindre tlévolion', souvent même pour l'intention d'une dévolion, l'on gagne cent, deux cents, trois cents jours d'indulgences, applicables, si l'on veut, aux défunts qui sont eu purgatoire. Tant pour un rosaire récité sur un chapelet ordinaire ; le double si le chapelet est béni par le pape; mais si le chapelet est brigtttè, c'est-à-dire béni au nom de sainte Brigitte, on réalise des bénéfices immenses ! Écoutez ce calcul ^intérêts com-
(I) Êtremiet tpiriiiKlIas olTcrtuintix UBocl&dn Bon Pastear et de SïHit-Jwqjh. Au Mans, IS44, p. 40. '
posés, que nous empruDloQS aux étreimcs epirltuëllca du diocèse du Mans :
« Quand on a un diapelet béni, dit de sainte Brigitte, c on gagne emt jours d'indulgences, chaque fois qu'on « récite le Credo , le Gloria Patri, le Paler et l'Ave. « Ainsi, en récitant le ehapelet ordinaire, qui est de « cinquante-trois AvCttît Pater it&%. Gloria Patrititm « Credo, on gagne six mille six cmU jours d'indul- « gences, qu'oa peut appliquer aux âmes du purgatoire. « Si l'on dit le rosaire de quinze dizaines, on gagne « 19,000 fours d'indulgences, et, de plus, sept ans et < 8(rp< ^tarantaines. «
Dix-neuf mille jours sept ans et sept quarantaines ! c'en est plus qu'un homme n'en peut dépenser en toute sa vie, et l'on peut, avec cette provision d'indulgences, pécherà bod aise et impunément ; on en aura de reste. Que Eua-tiHi de ee reste? On l'appliquera aux àmesde ses amis en pui^toire. Avec les jésuites il y a eelB de bcw^qae rien ne se perd.
Vo^ un tercet poétique d'une grande valeur :
Jésus, Marie, Joiephf le l'Diis dotini! iiioti cw.ur, je voui donne ma vie, Vccicz h mon st^cours loi's du mon ogonEe, Que par vous dans la pm Je loriniDO mu vie.
Toutes les fois qu'on récite ce tercet « on gagne trois ■emts jours d'indulgeitcés l n Encore n'est'Il < pas nécessairede sQiTre la formule littérale de cette invocation, »
« Pour un quart d'heure de méditation b — septans et sept quarantaines d'indulgeacea. (P. 30-}
Ilm pour avoir suivi le Saint-Sacrement porté aux malades, cinq ans et cinq quarantaines d'indulgences. « On gagne deux ans et deux quarantaines de plus quand on l'accompagne avec un cierge. » (P. 31.)
Que d'indulgences ! Comment se &it-il qoe dans le nombre il n'y en ait pas un peu pour l'Université?
Mais voici, je pense, le nec plus ultrà de l'art de matérialiser la piété. Voici la dernière et la plus extraordinaire des facilités accordées par les jésuites dans lu diocèse du Mans pour gagner le paradis : Hettet-vous de la conlïérie du Scapulaire, et ayez reçu ce scapulaire de la main d'un religieux carme (que la difficulté ne vous eiîraie pas : on trouve des carmes en Franco ; que n'y trouve-t-on pas aujourd'hui en ce genre?) Portez-le au cou {le scapulaire) nuit et jour, en santé et en maladie, à la'vie età lamart. y> Qu'arrivera-t-il ? « Tout confrère qui mourra pieusement avec le scapulaire sera préservé des feux, étemels. » (P. 42 ) C'est quelque chose déjà; ce n'est pas tout, car on vous laisse la chance du purgatoire, dont les ttàai ne s6nt pas étemels. Oui, mais si quelque confrère « a mérité l'entrée du purgatoire, Marie, comme nne tendre mère, y descendra près d'eux, le samedi après leur mort, et elle délivrera ceux qu'elle y trouvera. » (P. 43.) Ainsi, le comble de l^dresse serait de mourir .un vendredi so^; mettons que tous mouriez, le dimanclic, le pis-aller .sertut de ittire une
sfflttaiae de purgatoire. Avec dés facilités ei prodigieuses de se sauver, s'il y a des Hanceaox en enfer oa en purgatoire, il but qu^ils le fassent exprès. , ^
Un seul point reste à éelaircir, point important sans doate, aussi ne veùx-je pas l'omettre. Qui garantit les promesses des Étrennes spirituelles? qui me répond des dix-neuf mille jours d'indulgences, de la délivrance, moyennant un tercet ou un quatrain, d'une ime du purgatoire, au choix, de la tournée hebdomadaire de la Vierge eu purgatoire? Qui? Monseigneur l'évèque du Mans, dont le nom brille à chaque page de cet almanach au milieu des noms les plus éminents de son clergé. Oui? Tout le personnel ecclésiastique de Notre-Dame-de- Sainte Croix. Et qu'est-ce que Notre-Dame^e-S^nte- Croix? C'est un système de quatre établissements liés, au nombre desquels un collège; et c'est le prospectus détaillé de ce collège, dirigé par M. l'abbé Champeau, qui Tonne le noyau, la pièce essentielle de cet almanach ; le tout revétù de Tapprc^Uon expresse de monseigneur.
Une bibliographie des recueils de miracles publiés depuis di^ ans seulement, serait la chose la plus curieuse et la plus faite pour étonner. Je n'ai ni la volonté ni le temps d'essayer un pareil travail. Cependant, comme c'est une matière aussi complètement ignorée du public qu'elle est connue d'un certtdn peUt monde clos et coîîvcrt, je crois utile de m'arréler sur la médailla
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miTaculeaBeiioQvetlffliTeQtnrappéoen l'honneur de l'Immaculée Coneeplioa (I).
11 iiaut savoir d'abord qu'en eeplembre 1830 (notez la date), une novice des sœurs de Charité vit apparaître la sainte Vierge «en pied, ravfttue d'une robe blanche et d'un manteau hleu argenté, avec un voile aurore, les bras ouverts et étendus vers la terre. Ses mains étaient chargées de diamants d'où s'échappaient, comme par faisceaux, des rayons d'un éclat ravissant qui se dînaient vers le globe. « Les pauvres, à qui le paradis était autrefois spécialement promis, seront un peu mortïQés d'apprendre qu'on y porte des diamants, que la Vierge elle-même a adopté le luxe et les parures mondaines d'ici-basl Cette Vierge présenta à la novice le modèle de U médaille miraculeuse et déclara qu'il en bUait frapper de semblables, promettant d'y attacher des indulgences très singulières.
La sœur crut devoir, par prudence, ne rien dire, et l'on ne fit rien. Plusieurs mois s'écoulent, au bout desquels nouvelle apparition. La Vierge intime à la sœur, les mêmes ordres que la première fois, dans les mtoies termes ; mais elle ajoute: tl4 sainte Vierge n'est pas contente de ce qu'on n^lige de foire flrapper sa médaille. »
[1) Notlee hUlorique nir l'origine et les ellËU de lamMalllc tniraculeuM, par H"*, prËtre de l« Conerégftllon de Stinl-LaEsre; ud' Tolame de «00 pag. , 1143. BuiOim» idiO^. (La première pinit k la Or de 1834.) Pris 1 1 ît, U c. Uei Adrien Lccltrc.
Sur cette insietance de la sainte Vierge, &a consntla M. de Quélen, et, d'après son avis, i) fut décidé qu'on frapperait la médaille. Le choléra ajourna l'exécution jusqu'en juin 1832, époque où la médaille parut enfin. Quelques jours auparavant la sœur r^éobissalt s'il ne conTiendrait pas d't^outer quelques paroles h celles que la Vierge avait expressément voulues : e La voix lui dtt que le monogramme de la sainte Vierge, la croix et les deux cœurs en disaient assez à r&me chrétienne, t
Je passe bien à regret la visite de remeroionant que la Vierge et Jésus-Christ en personne firent h la sœur, le 17 août 1835. La Vierge avait toujours les maisB rayonnantes : « Ces rayons, dit-elle, sont le symbole des grâces que J'obtiens aux hommes. •
La .médaille s'est propagée par tout l'univers i elle a pénétré jusqu'au fond de la Chine et de TAmérique» et le pape la distribue ■ comme une marque partioiliére dt sa bienveillance pontificale. » 11 est superflu de dire que M. de Quéleu en ût l'objet d'un mandement.
Le reste du volumu eipose les miraoles de la médiUlle. Les amis du merveilleux trouveront là très amplement de quoi se satisfaire. L'épilepsie, les Ûèvres les plus malignes, les cancers invétérés sont guéris à la minute; les aveugles de naissance voient ; les muets recouvrent la parole; les boiteux sont redressés. Elle n'a encore ressuscité personne, m^s cela viendra; tous les incurables, les désespérés, les agonisants sur qui on l'a essayée, se sont trouvés sur-le-champ gaillards cl dispos. Elle n'en .
a pas manqué nn seul! DeaenfaDts tombent d'un toit ^
ou d'un clocher; on les touche de la médaille, et aussitôt, comme l'enfant guéri par Sganarelle, ils vont jouer à la fossette avec leurs petits camarades.
le conjure les âmes sincèrement jdeuses de ne se point scandaliser du ton sur lequel Je parle de la médaille. J'honore autant que personne les miracles consacrés par la croyance de l'Église ; ma raison s'incline devant ces mystères inhérents au dogme ; mais plus on aura de piété éfdairée» moins on sera disposé à BoufTrir l'introduction au sein de l'Ëglisë des talismans et des amu- jettes. Or, la médaillemiraculeuse n'est pas autre chose, car, — et ict vous allez reconnaître le cachet des jésuites, — pour obtenir de la médaille les résultats les pius prodlf^eux, la fol n'est nullement nécessaire. Il suffit de porter sur soi la médaille, de la toucher , même involontairement et à son insu, c'est un effet mécanique immanquable.
Dans l'hâlel des Invalides, un Boldat se trouvait à l'hOpital, crachant le sang depuis six mois et à la veille de mourir. On lui propose les sacrements ; il les refuse avec obstination : Je n'ai ni tué ni volé. On insiste : Écoutez, ma $œur : après tout, latMses'moi tranquUlef je vous prie.
Le curé se présente : il est repoussé de même ; puis un vicaire. Pour le coup, le malade entre en fureur; il se met à jurer et à blasphémer. La nuit tombe; le malade r&lait déjà. Alors la sœur Radier cul une Idée triom-
phantc : en feignant de raccommoder le lit du moribond, elle glisse la médtUlh entre les matelat.
Le lendemain mâtin, on demande à notre homme comment il se trouve : a Très bien, ma sœur. J'ai passû une bonne nuit, ce que je n'avais pas fait depuis longtemps. Mais, ma sœur, je veux me confesser. Oh ! faites-moi venir H. le curé. > Et, dans son impatience, il se mit « à dire tout haut ses plus grandes fautes ; » Tassifitance, comme on petit croire, était extrêmement édifiée; enfin le curé arriva, le militaire se confessa pendant une heure entière ; puis la sœur lui dit :
<Savez-TOUS ce que nous tous avons Mi^ Qu'est-ce
■ que c'est, ma sœur ? Nous avons mis entre vos matelas « une médaille miraculeuse de la sainte Vierge, ! n voilà donc pourquoi j'ai paxsè une si bonne nuit, ré- « pondit-il, aussi fat comme senti qu'il y avait quelque
• chose, tant je me trouvais changé, et je ne sais à quoi
* il a tenu que je n'aie pas cherché dans mon lit; j'en ai « ew la pensée. On sortit donc la médaille, et, en la « voyant, il la baisa avec respect et affection. Ces/ elle, « s'écria-l-il, qui m'a donné la force de braver le respect « AunMtn ; tl faut la placer à ma boutonni^e, et je vais
■ vous donner unrubanpour que vous me rattachiez à « côté de ma décoration (il avait la croix d'honneur). Le « ruban qu'il avait offert d'abord étant déjà un peu « passé : non pas celui-là, ma saur, mais celui-d ; la € sainte f^ierge mérite bier^ un ruban neuf. La sœur^ « voulant ménager sa faiblesse, lui plaçait la médaille de
« manière qn'on ne l'aperçût pas trop. Oh ! ne la cachez K paSftnaiœur^ dit-il; melte»4a à eôU d« ma croix, je * ne rougirai pa$d«la montrer. »
Autre exemple non moine concluant :
€ Un monsieur d'Alep, ayant été obligé de faire un « voyage pour aller chercher les effets de son père qu'on « avait ossasBiDé, revint ici toat à fbit fou. Il injuriait « tout le monde, blaBphâmoit le ealnt nom de Dieu, la « sainte Vierge elles Saints. On lui appliqaa la médaille,
■ et on commença une neuvaine pour lui. Les trois pre- < miers jours, il cessa ses malédictions, etc. ; mais ayant M. égari ta médaillé, la guériton n'eut pat Heu. On ta re-
■ trouva cependant, et on la cousit dans son habit. Deux
■ jours après, il éprouva une sueur abondante qui fut « suivie de son parfait rétablissement. Cette guérison fit « d'autant plus d'impression sur les esprits qu'elle était € vivement désirée. > (P. 254.)
En vérité, c^eat admirable! un homme est impie, blasphémateur, athée, fou; on lui met la médaille, sa folie se calme; il revient à des sentiments meilleurs. Sa médaille s'égare; il retombe dans l'impiété. On la retrouve, on la coud cette fois dans son habit ; le malade sue abondamment, et, après cette transpiration, il se trouve un saint. La médaille guérit le moral et le physique sans la participation du malade, voire malgré lui. Dites que la médaille n'est pas une amulette incomparable!
Mwi ce 9ont Ul les moindres tours de ce talistnan prôr
cieax; sa vertn B'étend jusqu'à raccommoder les mauvais ménages ! voici ce que dépose la sœur Boubat, supérieure des Filles de lu Charité, de Chesue.
« Deux jeunes époux, par suite de quelques discordes, « en éfdtmt venus aa point que )e mari avait mis sa « femme dehors an milieu de la suit ; il se disposait à « jetOT par la fenêtre tout ce qot lui appartenait, car il i était fdriesx. Une personne vertueuse qui, avec pln- « sieurs autres, s'efforçait, mais on vain, de le «dmer, • eut la pensée de mettre la mMaille dans une armoin a qu'il commençait à démonter. Aussitôt, sans que les « autres personnes présentes pussent soupçonner pouri quoi, il laisse l'armoire, se calme, la paix se rétablit, « et elle a duré Jusqu'à présent, b
Puisque la médaille possède la propriété d'agir infailliblement et indépendamment de la foi, il y a, ce me semble, un moyen bien simple de terminer le différend de rUoiversité et du clergé : c'est de placer une médaille miraculeuse dans la chaire de chaque professeur de ruoiversité. Une chaire vaut une armoire. La médaille guérit les possédés de la Chine, elle guérira sans doute le panthéisme des professeurs de philosophie? Que dift-jBl elle fera de chacun d'eux un véritable saint, et tout rentrera dans l'ordre, puisqu'il est certain que le dei^ ne veut pas éter le monopole à l'Université pour «e J'jipproprier. L'intérêt de la religion est tout ce qui l'anime et le pousse. Ou la médaille est impuissante, oq' Ja ndlgloa aoa sallsfiiite. L'exp^iance serait peu coû-
teuse; le résultai quel qu'il fût aérait important; donc il est urgent de l'essayer.
Va dernier trait qui passe tous les autres, lin 1835, Marie Labussière, aidée de sou amant, assassine son .mari ; et son fils, un enâmt de quatorze an?, elle l'obligç il tremper ses mains dans le sang paternel ! Elle dit pour ses raisons que, de peur d'ôtre dénoncée par lui, elle voulait l'avoir pour complice. La Cour d'assises de Li- .mogcs condainne Marie Laljussière et Pierre G... à la peine de mort; l'en&iit, comme a;ant agi sans discerinemeut, à être renfermé dans une maison de correction jusqu'à sa majorité. Appel à la Cour de cassation ; dans l'intervalle, M. Laforest, négociant (qui fait lui-môme ce récit}, arrache la médaille miraculeuse de son cou, et la passe au cou de Marie liabussiàre. Laissons parler la Notice historique : h EnQn le jugement de la Cour, de a cassation arriva ; le procès était un ponr ces deux Il grands coupables : même crime, même condamnaa tion ; merveilleux eflet de la puissance miséricordieuse a de Marie!... Le Jugement de Pierre 6... est confirmé, 1 le jugement de l'enf^t confirmé, celui de Marie Labus- « sière seul est cassé. Le premier subit sa sentence de « mort, tandis que la femme meurtrière de son mari, et « de plus, coupable en queltjue façon de parricide dans
< le crime de son enfant, qu'elle a rendu complice de la
< mort de son père, estrcovoyéepar JaCourdecassatiOQ .« & la Cour d'assises de Guéret (Creuse), où elle est re- .« laxée de la peine capitale et .condamnée seulement à
« une détention perpétuelle, qu'elle subit dans la maison *« centrale de LimogeB, ot elle mène une vie' sans repro- ■ cbes. Pénétrée de la plus vive reconnaissance envers la « divine Marie, qu'elle regarde comme sa libératrice, elle « serait disposée à tout perdre pliitùl que de se séparer
< de sa chère médaille, qui fait sa plus douce consola-
< tiOQ. » (P. 283.)
Je le crois sans peine ; avec sa médaille elle peut se remarier tant (ju'i! lui plaira, et tant qu'il lui plaira égorfîpr si^s maris impunément. Convenez que la médaille place ses grâces avec une équité, un discernement merveilleux. De cette foçDQ, le vrai crime de PierreG...) c'est que personne ne lui ait donné la médaille. Et ce pauvre mari ilont le sang crie vengeance à Dieu et aux hommes? il ne l'obtiendra ni des hommes ni de Dieu; il réclame pour avoir été assassiné par sa femme et son flis? tant pis pour lui, la sotiquen'avait^il la médaille! Point de médaille, point de compassion, point de justice.
La moralité de ce récit, c'est qu'on peut tout se permettre, jusqu'aux forfaits les plus épouvantables, et qu'où est assez innocent sur la terre et dans le ciel quand ca est-l'ami des jésuites.
' Yous le voyez, ce sont bien ces mêmes gens gui, dès le temps dePttscal, étaient parvenus à retrancher du sacrement de pénitence, comme une superfluité, la contrition.
C'est toujours le système de fausse dévotion à la Vierge inventée par les Jésuites, et prèchée par leurs Pères Lemoine et Barry.
Toujoars le système de matérialiser la fiiien en rettrant l'inteltlgeDce, et de mécaniser la religion dans nne moltitada de pratiques purement extérieures. 0 pères de la foi! combien plus justement on vous appellerait ks pères de la superstition (1) !
L'exp^iraiee de plusieurs siècles a eofia démontré au notre qne la lumière est un bienfait ; tout le monde, on à peu près, est d'accord là-de&aua. On parie beaucoap d'éclairer le peuple, et les jésuites en parlent plus haut que personne : qu'ils soient les maîtres de l'instruction publique, et la France entière ne tardera pas à se voir illuminée. Eq attoodant, ils font ce qu'ils peuvent. Leurs promesses sont magnifiques : voyons à quel point leura œuvres s'accordent avec leurs paroles.
On répand par milliers , dans nos campagnes, des lettres autograplies de Jésus-Christ; il en pleut. J'ai sons les ymx nne demi-donz^ne de ces ^efo-d*œuTre de ridicule» qui n'échappait à Taccnsation de sacril^ que par l'eicès d'ineptie. Ordinairement c'est un ange
(1) La Noiiee hit)orique de la médaille a obtenu en scpl ans huit éditions, dont les sept prcmiÈres • s'élevaient aa-delà de cent trente mille exemplaires, s (Avia sur la S< Édition.) Il est vrai qu'on donne rexemplairo à 1 fr, 35 cent. , c'est-â-dlre à perle. Ce ilétilt nVlonnera pas ei tom lea malailea, les mal mariés et les mairailcura (ains t^nmptcr les patmeâ d'esprit) ont acheté chacun le leur. La Notice, dit l'avis prdliminaire, a âté traduite en italien, en anglais, co flamand, en altemand, en eqttgnol, en grec et en eUnols. Cela donne no aperga dsl'aettTttëde lâ p^wgude «t du lalaDt det bow Pèni XUtn w niGcèa.
qui est desceodu du eiel pendant la messe , et qui, au .TD de toute una paroisse, a déposé snr l'antel la correspondance divine. La lettre contient l'Injonction d'èlre pieux, honnêtes, charitables; tontes recommandatinns fort bonnes assurément, mais qn'it ne fondrait pas présenter environnées d'imposture, accompagnées de projnesses et de menaces également absurdes, comme si- la religion seale était insulUsante pour opérer le biot^ et qn'il&llûttui procurer l'appui plus efficace da mensonge. Voici, comme ipéeimm, nne de ces lettres : on distribuait celle-d dans le départ^ent de la Haute-Vienne.
« Cette lettre a été trouvée à Jérusalem, miraenleosement, delà part de Notre Seigneur Jésus-Christ, Aerite de sa propre main en lettres d'or , dans un linge, en an signe de atàXf par un enfant orphelin, ftgé de sept ans, qui n'avait jamais parlé, et qui s'expliqua en ces termes :
< Je vous avertis que je vous ai donné six joars de la sonainepour travailler, et le septième pourrons reposer. Assistez aux oQîces, soulagez les affligés. Si vous suivez cette règle, vos eufanls et vos maisons seront remplis de bénédictions; — n, au embraire, vous ne croyz point A h frinmta ttUrt, la malédietian surviendra $ur tout tttWtM tnftmU, et vos bestiaux serontauisi maudilt\ vous aura ta peste, la famine et dç grandes maladies, et vous serez marqués de colère. — Vous jeûnerez cinq vendredis, etvonsdireïdnq PaterU cinq ^«e en mémoire de ma Pasrion que j'ai endurée sur Faitm de la croix pwr voue saint. Von» portun eetta lettre snr vous, en
l'honneur de Jésus-Chriat, en grande humilité et dévotion , en donnant, à tous ceux qui désireront la porter , cette lettre écrite de ma propre main et prononcée de ma propre bouche^ — enfin, tous ceux et celles qui la tiendront Ami leur maison, sans la publier» eerootcoBdamnés aux jugements ; — au lieu qu'en la pabliant el en donnât! t copie à touseeux et celles qui la demanderont, ils seront bénis de moi. Quand ils auraient commis outint de péchés qu'il y a d'étoiles au firmament, iU seront parJonnêt, étant bien repentis d'avoir offensé Dieu. Tous ceax et cellesqui la garderont dans leur maison, le malio esprit ne les surprendra point; ni le feu , ni la tempête ne les toucheront point ; — et, lorsqu'une femme sera en mal d'enfant, mettez-lui cette lettre sur elle par dévotion, & l'instant elle sera délivrée, chose véritable, éprouvée par ladite lettre. — Jésus, Marie, Joseph, ayez pitié de moi. Que personne ne doute de la vérité de eetle lettre , sinon ils seront maudits et indignes dema^rtl»» etceuK qui la croiront seront bénis de moi.
. • Ainsi BoUril. »
En voici une autre dont la copie > a été bénite pour être distribuée dans tout le royaume et préserver des animaux enragés. Prix : 10 centimes. > On admirera le style amphigourique de Jésus-Christ, ou plutét du faussaire qui parle d'abord en son propre nom :
• Mes très chers et bien aimés frères ,
< Je vous adresse la révélation qui a été trouvée à Saint-Hubert, lejour de l'Assomption 1843, ou moment
où la prêtre montait à l'anfel poar célébrer la très sainte messe. On a vu un ange descendre du ciel et apporter cette lettre ; il l'a déposée sur le Calvaire entre les deux élévations.
' < On a dit des prières et &it des processions pour relever ladite sainte lettre, avec invitation à tons leachrétiens de s'en munir et d'en tenir dans leurs maisons, de la conserver avec soin, comme étant un avertissement de la sainte mère de Notre Seigneur Jésus- Christ, etc...
« Hélas ! mes chers en&nts, j*ai acquis par ma cruelle Passion que j'ai soufferte sur l'arbre de la croix , pour rémission des péchés que vos pères ont commis contre mon père , et vous à présent pour les vôtres. Vous le fiiitea venir m'attaqner jusqu'à mon trône pour rarra-. cher s'il était possible ; mais des attentats si dignes des châtiments les plus cruels sont arrêtés par les prières de la divine Marie, ma très clière mère, elc...
a De plus , vos enfants sont si corrompus , qu'ils blasphèment mon saint nom» le souQïant par une complaisance criminelle qui vous attire et à eux des peines etdes châtiments qui seront éternels. Je vous avoue, par la bouche de Dieu mon père , par la toute-puissance des deux et de mes trompettes , qui sont vos prédicateurs , que vous n'aurez plus de temps si vous ne faites pénitence.
< Observez mes commandements et ceux de l'Ëglise ; restez mes minialragui smt vos pashurs, car vous
me rendrez compte du mépris que vous ftItMd» te* sIrucUons gu'iU vous donnent. •
■ Permis d'imprimer et de vendre. •
On ose parler d'impiété ! Qui sont les impies? Ceaz qui s'indignent de ces honteuees jongleries , ou ceux qui les acurédileut dans leur diocèse? ceux qui crient :
religion est la vérité, ou eaux qui soutiennent qu'elle est le mensonge î qui laissent l'imposture trafiquer às9 bénédictions et des colères du ciel , usurper le nom de Jésus-CSiristet celui de l'Église pour frapper de ter» tem les esprits faibles, scandaliser les gens raisonnables , et apprfiler à rire aux incrédules ? Comment se rencontre-t-il des évèques capables de trahir à ce point JDieu et les hommes ? Ah ! c'est qu'à leurs yeax tout ce qui peut inenlper, n'importe eomn^, haoDiBiësiQD au prêtre est légitime : La fi» puHfi^ ki «aymu, cfest l'axiome des jésaites.
Le résultat de cas manœuvres est sons nos yenx. Cette foi porte des fruits conformes à sa nature. Prenez , pour vous en convaincre , la Gazelte des Tribunaux. Il ne se passe pas de semaine qu'elle ne rapporte quelque procès pour Ëiit d'escroquerie pratiquée à l'aide de la superstî-r tiOQ, qiais d^une superstition digne des temps les plus sombres dumoyen ilg§. La plupart de nos paysans croieut encore aux sorciers, aux nécromans , aux pactes avec le diable , aux possessions , aux exorcismes , etc., etc., aussi fermement qu'ils croient en Dieu: dansleur bonne foi , tout cela pour eux constitoe la relijgion. L'affitire
des Briraet j tes plus fiuneux sorciers de l'Anjou , est un des mille exemples qu'on en pourrait citer. De père en fils , les lirisset guérissent les maladies , lèvent les 3ort8 jetés sur les hommes ou sur les bestiaux. Ils conpaisseottous les d^ons de l'enlér leurs noms et prénoms , et les forcent de compter de clerc à m^tre. On les arrête, on les traduit devant la. cour royale d'Angers pour avoir voulu , moyennant 30 francs , des pater et des opérations magiçiues , désensorceler Guil- }aume Turpia , amoareux à soixante ans par l'effet d'un charme.
Le procureur du roi a saisi au domicile de Brisset yinchiridiondupape Léon, le plus merveilleux code de sorcellerie. On y trouve, à la page 20, une «prière ponr changer ki volonté d'un juge ; * plus loin ^ une oraison qui rend invulnérable à la guerre , tellement que « Cbarlemagne s'en servait pour éviter les coups de canon ; » — plus loin , vous rencontrez la copie textuelle d'une lettre de Jésus-Christ, datée du ciel^ et l'indication. du signe qu'il &ut porter sur la poitrine « pour avoir un prêtre et se confesser avant de mourir. »
Brisset a diSclaré que ce livre lui a été donné pac un curé , et il nommait ce prêtre à l'audience.
Gda n'a rien de surprenant ni d'invraiBemblable. En èfTet» disait le défiensenr de Brisset , que voit-on dans cet jErteAtridùm qui ne se retrouve ou même qui ne soit dépassé dans des ouvrages con^osés par des ecdésiasti-
ques , recom mandés , répandus par des ecclésïastiquea^ avec un tel succès, que plusieurs ont obtenu les honneurs de la quiniEième édition !
« Ta prétendue vie de sainte Philomène ne racontet-elle pas, à chaque des sortilèges, des possessions et des miracles tout aussi bouffons que ceux du livre de Brisset? Le sang changé en rubis , les rues subitement élargies ctalignées, les morts ressuscilés, les nez et les pieds qui repoussent, les yeux qui renaissent, les cancers qui à la minute se guérissent quand on donne son bien à la sainte, tout cela est-il moins ridicule, moins dangereux que le manuel de sorcellerie? L'histoire de l'amulette qui détournait les boulets de canon tirés sur l'empereur Gharlemagne n'est-elle pas à tous les titres digne de figurer dans cette vie de sainte Philomène, où. Bè lit que l'empereur Dloclétien , amoureux de la fille d'un roi de Grèce Âgée de treize ans, la fait jeter dans le Tibre par-dessus le pont de Rome avec une ancre de navire attachée au cou ; mais en l'air, deux anges coupent lacorde, et rapportent Philomène sur le rivage devant tout le peuple. » Et la défense , après avoir lu nombre de passages de ces livres , ajoutait : Si par sentiment de dégoût et de pitié, la Cour désire que je borne là la lecture de ces citations, si le parquet déclare que cette vie de sainte Philomène est le rêve d'un moine en délire , n'ai'je pas le droit de demander si la vente publique de ce livre de jongleries, i^riqué par le père J. F. B. de la Compagnie de Jésus, aété poorsalvieîsl l'aatorité eccl^
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Biaslique l'a llélrie de ses censures , et si une seule parole de prône ou de maDdeinent a prémuni les flmes simples contre cètle publication impie et mensongère!
% Comment en effet d'honnêtes paysans ne croiraientils pas à l'Inehiridîm et ank prières ou médaill» qui font gagner les procès et ohtenxr un confesseur avant la mort , quand on leur vend à la porte de leur église le Miroir des âmet , ou bien encore le Pouvoir de Marie , où de pareils miracles sont racontés k chaque ligne. Par exemple, p^ 104, an jeune homme est enrichi par le diable anquelilse donne; mais la Viergequ'il invoque ensuite intervient à son tour. Elle le marie à une fiUe unique et le rendplus riche encore que le démon n'avait fait. Quant au confesseur avant la mort , l'Inchiridion de Brisset reste an-^essous du père Liguori ; le Pouvoir de Marie raconte en effet, page 151, qu'une armée traversant les Alpes y trouva un squelette ; c'était les ossements d'un soldat tué il y avait bien des années déjà, « mais dont. « sortait une voix qui demandait la confession- Cetlë ' < voix raconta que le bMsX ayant été tué en péché mpr- « tel, Marie avait obtenu que son &me s^ourn&t dans « ses ossements jusqu'à ce qu'il pût se confesser; incon- ■ tinent, après avoir reçu l'absolution, elle cessa de don- « ner des signes de sa présence (1). »
(1) Le Pricarseur de l'Oioat, du 37 avril 1843.
11 eit bon d'observer que la ping grande partie de ces peliti llvrei dont on empoitoone ks campagoei par le nrayen dei ctiporleura, na ■ont pu dépoeéi k ta tdbliolhèqae royale. L'admiaiitnKhm de la bi-
Je ie demande, eserait-^ exiger d'an homme éclairé d'ajouter foi à ces lettres de Jésus-Christ, à ces médailles miraculeusefl, aux stigmatiBées du Tyrol qui vivent depuis dix ans sans boire ni manger, aux miracles de sainte Philomène, etc., ete.f Oseraiï-oa menacer de la ' malédiction céleste et ûeh fenx éternels le disciple de Bossuet ou deFénelon qui refuserait d'y croire? Non, sans doute; avec les gens instruits on rirait de ces absurdités, on les désavouerait, et il y a même encore beaucoup de prêtres assez honnêtes pour en rougir. L'excuse dont on prétend couvrir ces pieux mensonges, c'est qu'ils sont tout juste à la portée du peuple à qui on les desline. 11 y a donc deux sortes de religion : l'une pour les ignorants, l'autre pour les savants; l'une pour les esprits simples, l'autre pour les esprits cultivés? Ehl que ne te disies^ vous? que n'en revenez-vous tout de suite au mot da dix-huitième siècle : II faut une religion pour le peuple. Sous Louis XV cette maxime avait cours dans les salons philosophiques, cbez le baron d'Holbach, chez madame du DefTant, et c'est aujourd'hui le clergé qui la proclame en se gouvernant par elle 1 Hais qnand fl tem convena que Ton trompe le bas peuple, que la foi se réduit à un assaut de finesse entre le pasteur et son ouaille rastiqoe,
Lllotbiqae a lonTent réduné, et tonjoan inaUlement. la pmiToir ferme les yeux: fl eitdt qu eda na foaebe pM ft It poliUqtt^ oa 'penUStrs qu'il ert de bonne politique de ne pai todeher i cela. A bt ^favenr de cette Inwirle oa de eetta pnrfedfon. Il ^e>t fbmé Untlo nue ■UtUralure occulu qui » {irli un Immeme déreiopimneiK,
la proportion remontera bien vite les élises de la société: combien alors croyez- vous que subsiste la religioa des elasscs supérieures?
Jl foui une religion pour le peuple; le clei^ a souTent tonné contre l'impiété da cette pande. Qne fklt-ll cependant que la traduire, quand il met an service de la religion des impostures si grossières? Le gouvernement s'y prèle pour sa part. Un malheureux qui, mourant de faim, dérobe un pain ou un écu, on l'envoie eu prison DU aux galères ; c'est unvdeur. Utië ceux qui d^adeot ce qu'il y a de plus noble et saccé dans l'homme, la foi religieuse, ceux qui abrutissent les populations, non seulement ils sout impunis, mais le gouvernement leur yient un aide par l'intermédiaire de M. Martin, et cela s'appelle favoriser la religion. Pourquoit C'est qa'il faut une religion pour le peuple l
En présence de ces Taits, il est impossible de ne pas reconnaître un système d'abêtissement populaire déjà même fort avancé, si l'on mesure par l'impudence des uns rimbédilité des antrai. L'œuvre réligieuBe des jésuites se résume done en deux mots : séduire et abélir; remplacer la foi par l'hypocrlBifl oa pttr la Buperstition. Voilà leurs bieofaita.
' Tant d'elTorIs s'adressent à un bat qu'il n'est pas difficile d'apercevoir ; mais il fiiut tenir compte du résiiltat
iDterméâlaire, les conn^ries et les associoLions dirigée^ par les jésuites. La France en est couverte, elle en est enveloppée comme d'un réseau. II y en a d'aristocrali-ques , de mixtes, de plébéiennes, mais il n'y en a point qui ne rende de l'argent. La forme n'y fait rien : avouée ou déguisée, cotisation, souscriptionj offrandes volontaires, la chose est égale : la compagnie recueille l'impôt du zèle, et elle sait habilement l'assurer et le grossir en employant comme percepteur la vanité. La société de saint Vincent de Paul compte, à Paris seulement, plus de deux mille membres; le nombre des affiliés^ n province est immense. L'archiconfVérie du Cœur immaculà de Marie, fondée par l'abbé Desgenettcs, curé deNotre- Dame-des- Victoires, en réunit {à Paris) cinquante mille. La différence s'explique : la société de saint Vincent de Paul n'offre à ses souscripteurs comme attrait que du bien à faire ; Tabbé Desgenettes fait des miracles en concurrence avec la médaille miraculeuse ( !)■ Parmi les ouvriers les plus actifs de la propagande il serait injuste de ne pas mentionner "les p^ères de saint jiugustin et les missionnaires propagateurs des bons livres. Ceux.-là résident en Avignon, et s'oceupent spécialement d'écouler les produits considérables de la librairie religieuse. Tandis qne la' société politique tourmente, sans en venir à bout, le problème de l'organisation du travail, les jfr-
[1] H.lBcDré Ira a lui-même rcenellUi en unTolnmei Sanueld» rarchia»{fTirie du tris loiiK a immacalà cccur de Marie. Debicovct,
Baltes Tont résolu sans brait, mais à leur bénéfice» non pas au nôtre.
On fait du prosélytisme au Cercle catholique soub les auspices de MM. de Damas, de Vaublanc, Caiichy, Récamier, de Caumoat, etc.. . On en foit à VlntUM catholique, sous les auspices d'une foule d'abbés, notamment l'abbé Desgenettes et l'abbé Lacordatrc, sans oublier le président, M. Rendu, membre du Conseil royal de l'in- Btruction publique. On en fait surtout dans les caves do Saint-Sulpice, deSainte-Valére, de la Madeleine, da Gros- Gaillou, deSaint-Nicolaa-des-Champs, etc., où se tiennent des réunions semi-hebdomadaires, la nuit, sous prétexte de cours de physique, de conférences eh faveur des ouvriers (1 ). Sous la restauration les mêmes séances nocturnes se réfugiaient dans les seuls «aveanxdD Panthéon ; il n'y a de changé que le lieu de la scène, et celle drcoiistance que sous Charles X on se cachait, tandis qu'aujourd'hui Ton ne se cache pas. On n'a conservé de mystère que juste ce qu'il en fHUt pour assaisonner ces assemblées, îadêfeiue est nn charme, et pour amener un rapprochement avec les chrétiens primitifs, obligés par 1b persécution de se cacher dans Ira catacombes.
Ces cours, ces leçons, ces conférences, sobt apparem-
(I) Le^A'eDlrfeGttdBSOcenUmM.nubltyadeibilletBdoa-' n£s. il nifflt da te déeltrer bon A'iWt de payer Ut nStrttmUon. Gelle^ d eil plai forte que U r£trU)Utioii VDiTenlUira, miii comme elle est pertuo k la porte d'une ^lUe, on ne s'en plaint pat. [Vosvi Journal de ta ttbprU religieuK, T. Il, p. 166.)
ineQt autorisés par H. le ministre l'InAtructidn publique?
J'ai sous les yeux le prospectus en huit pages de l'association pour la propagation de ta foi. C'est un chefd'œuvre parfit.]*; vois d'abord que l'asBuciatiOD compte huit cent mille membret. La souscription individuelle n'est pas onéreuse : cinq centimes par semaine! Et que de bien produit avec ces cinq centimes ! « on peut contribuer à la régénéraLion religieuse et morale de tant de milliers d'hommçs , sur lesquels n'est pas encore levé l'astre de la foi chrétienne.» Suit une imposante nomenclature géographique : Chine, Tartarie, Tonking, Siam, Corée, Pégu et Ava, lîengale, Coromandel, etc , etc.; il y en a quinze lignes. Ce sont tous les pays que voua allez régénérer pour e^nq centimes. Et avec quel art on flatte la vanité des gens du peuple I étudiez cela, industriels qui vous croyez passés maîtres dans l'art du prospectus;
« Le» ouvriert, les domestiquet, le$ portiert, le$ indi- R gmt$ etfx-mAnss ptuveHi prendre parti ffOBwmi car « quel est l'indigeut hors d'état de disposer de moins a d'un centime par jour? Mats c'est surtout en excitant « le zèle des autres, que chacun peut rendre d'utiles serti vices. Paris offre l'exemple de plusieurs personnes < appartenant aux classes les plus humbles de la Booiétâ> » mats dont le zèle admirable a suffi pour obtenir plus » decinquante souscriptions. Aussi, nous devons.Ie dire » tout haut, il l'Iionneur de la France, cette Œuvre ett.
o. & propremoQt parte», eelle du peuple lui-même : oat,
« elle est son ouvrage, ta création, sa fille ; car c'est l'ac- « cumulalîoa des oboles du pauvre, qui ^liulu a pu pro- « duire l'or, sanctifié celte fois, à l'aide duquel les con-
< trées idolâtres et lointaine? ont été évangélisées. » Admirez, dans le passage sairant, Tart de ménager
tout le monde, de flatter, de stimuler le pauvre sans offenser ni décourager le riche :
« Cette sainte entreprise tire toute son action du « grand nombre de ses télatenra ; die «sieraif éPesnàler « du jour où elle ne compterait phu àCamii que chez « les riches ; car les personnes opulentes sont rares par- « tout, et leurs dons, quelque généreux qu'on les sup-
< pose, resteraient sans doute au -dessous des besoins de ■ nos Missions, si les vides n'étaient comblés par les « modestes mais nombreuses offrandes des fortunes plus « humbles. »
Enfin, et pour dernier coup, l'on porte l'audace jusqu'à déclarer l'association « marquée d'un sceau divin,* et bannir» ou peu s'en font; de la communion cbrétienne quleonque ne f^ra point partie de l'Œuvre :
« Bientôt, nous l'espérons, l'OEuvre de l'association « sera l'œuvre vraiment catholique, c'est-à-dire l'œuvre « universelle; et le titre d'Miodi sera le sceau et « prufiu ftndiqwua&^e earaefire dit véritable Chréc tien. 9
Tonte la pudeur dont les Jésuites sont capables, est renfermée dans ce mot presque î On ne pourra preiqùe
plus Être chrétien à moins de leur donner un sou par
?<;mainG ! ce sou devient désormais le caractère du vrai chrétien !
Vous riez? Et) bien, sachez que, pour cette seule œuvre, le mois de mar3 1842 a versé dans les caisses de la société decx uilliohs sept cent cinqdante-decx
MILLE DECX CENT fiUlSZE FRANCS! {P. 4 du pfOSpeO-
tus.)
Calculez sur cette donnée les ressources pécuniaires, les revenus secrets de la comiognie de Jésas, et vou^ serez épouvanté de sa puissance dans nn siècle où tout
est possible avec de l'or (1) !
Voilà ce que c'est que de savoir manier tour & tour la menace et la flatterie , ce que <^est qu'à propos toucher la passion.' Et cetargentqni nous ferait si bon besoin en France pour nos chemins de fer, nos ponts, nos routés, nos canaux, pour mille travaux publics ou particuliers, ne-fût-ce que pour alléger le poids de l'impôt, ne fût-ce que pour paver la place du Carrousel, où va-t-il? à nome!
Avec ces moyens, les jésuites se font par tcute la France, dans les villes et dans les camimgnes, d'innom- • hrables partisans; et ces partisans aveuglément dévoués,'
(1) L'aane de la propagatloa de la ftd a denx tiSga principaux,' LïOD et Paria, où Boni lei àeax rnihonï priadpalea de l'ordre. L'œu-*' vre est placée loui le patronage de flalot Frtncola-Xavier, jésuite, et ^'<>n gagne lei Indulgences toutes tes fois qn'im t^oule i sa prière :. Saint Fi ançoia-Xinier, pries pour vous !
quand viendra l'heure de la crise, Ils les donneront au parti politique qui leur oITrira le plus de garantie de les laisser régner sous son nom ; ils tiendront enfin le pouvoir suprême et absolu, et ce sera le dernier miracle de la médaille miraculeuse.