‹ Les JésuitesChapitre 11 sur 111 · Je cite et je traduis le passage essentiel · texte numérisé non relu

Je cite et je traduis le passage essentiel

Visum est nobis in Domino, eæcepto expresso voto, quo Societas Summo Pontifici… tenetur, ac tribus aliis essentialibus Paupertatis, Gastitatis et Obedientiae, nullas Constitutiones, Declarationes, vel Ordinem ullum vivendi, posse obligationem ad peccatum mortale vel veniale inducere; nisi superior EA in Nomine Domini nostri J.-C., vel in viriute obedientiae juberet, quod in rebus, vel personis illis, in quibus judicabitur, quod ad particulare unius cujusque, vel ad universale bonum multum conveniet, fieri poterit; ut loco timoris offensae succedat amor et desiderium omnis perfectionis, et ut major gloria et laus Christi creatoris, ac Domini nostri consequatur.

« Il nous à paru dans le Seigneur qu'excepté le vœu exprès par lequel la Société s'engage envers le Souverain Pontife et les trois vœux essentiels de Pauvreté, Chasteté et Obéissance, aucune de ces Constitutions, Déclarations et Règles ne peut obliger sous peine de péché, soit mortel soit même véniel, à moins que le supérieur n’en prescrive spécialement l'observation, au nom de N.-S. J.-C. ou en vertu de l'obéissance, quand il le jugera avantageux, soit pour le bien particulier de chacun, soit pour le bien général; afin qu’au lieu de la crainte du péché, ce soit Pamour et le désir de toute perfection qui nous dirigent et qu'il en résulte la plus grande gloire et louange pour le Christ, créateur et seigneur. »

Michelet, en citant le texte, a supprimé E4A, qui ne peut s’appliquer qu'aux constitutions, déclarations et règles.

» & f HAE ox, INTRODUCTION

non seulement irréprochable, mais touchant, qui

a fourni contre les Jésuites la plus grave: des accusations. Cela est d’autant plus absurde qu'il était facile de démontrer, par des textes authentiques, ce qu'il y avait d’excessif, disons-le, de révoltant, dans la conception de l’obéissance chez les Jésuites. Tandis que saint Grégoire le Grand recommandait

‘aux subordonnés de n'être pas soumis plus qu'il n’est convenable, de peur qu'en cherchant à être soumis plus qu'il ne faut à des hommes, ils ne soient entratnés à révérer leurs défauts (Corpus juris canonici, xxIx, 7, can. 57), Ignace, au dire de Maffei, (Vita Ignacii, WI, c. 7), disait ‘que l’homme obéissant doit sacrifier à son supérieur son jugement aussi bien que sa volonté. Ignace, dans sa lettre

, fameuse aux Jésuites. du Portugal, fait cette même -

prescription, et il déclare qu'on doit regarder le supérieur comme exempt des erreurs et des misères humaines. Dans les notes dictées au P. Jean-Phihppe Viti avant de mourir, il ordonne de se soumettre aux ordres du supérieur, même si l’ordre paraît impliquer un péché, quand la chose n’est pas évidente. Si elle semble évidente, il faut dépouiller son propre jugement et s’en remettre à l'avis de deux ou trois personnes autorisées, Enfin, dans les additions -aux Constitutions (note u du $ 23 du chapitre 1 de la IIT° partie), Ignace conseille aux supérieurs, pour éprouver les novices, de leur commander, comme Dieu à Abraham, des choses en apparence criminelles, tout en proportionnant ces tentations aux forces de chacun. On imagine sans peine quels pouvaient être les dangers d’une pareille éducation.

Les exemples que je viens de citer permettent de comprendre à quelles erreurs on est exposé quand on consulte sans précaution et sans critique les ouvrages. composés sur les Jésuites. J'ajoute qu'il faut prendre .

, INTRODUCTION Re XVII tout autant de précautions quand ont lit les réponses adressées par les Jésuites à leurs accusateurs. La vérité y est souvent arrangée avec art.

Toutefois, ce que je trouve surtout à critiquer dans : la manière dont Michelet et Quinet et beaucoup des adversaires des Jésuites ont exposé et jugé leurs actes et leurs doctrines, c’est qu'ils ont négligé de

. les replacer dans le milieu où 1ls ont pris naissanceet dans les circonstances qui Les expliquent. On oublie

‘trop que la Compagnie de Jésus dure depuis près de quatre cents ans, qu’elle a compté des millions de membres, qu’elle a travaillé dans les pays et dans les temps les plus divers; que, tout en conservant dans une certaine mesure une organisation immuable, elle a cependant subi bien des changements et des vicissitudes, et qu'on ne peut en conséquence porter

sur elle des jugements qui englobent tous ses membres, toutes ses œuvres et toutes les périodes de son histoire. Une des raisons qui nous ont poussé

‘ à traduire le livre de M. Bœhmer, c'est qu'il a mieux marqué qu'on ne l'a fait d'ordinaire les vicissitudes par lesquelles a passé la Société de Jésus. Nous allons cependant tâcher de préciser quelques points sur lesquels il n’a pas eu le temps de s'arrêter.

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