INTRODUCTION XIX
militaire de la féodalité, de même que les confréries religieuses étaient associées à l’organisation des métiers et à toute la vie municipale. C’est pour les édifices religieux et dans les édifices religieux que tous les arts, architecture, sculpture, peinture murale, art du verrier et du mosaïste, trouvaient l’occasion de se manifester. Les universités étaient des institutions plus qu’à demi ecclésiastiques, qui tenaient de la Papauté leurs privilèges. La philosophie était la servante de la théologie, et la poésie épique, dont se nourrissait la société féodale, s'était développée autour des sanctuaires monastiques et sur les routes des pèlerinages.
Cette société, si profondément chrélienne et qui combattait infatigablement pour maintenir l'unité de la foi et pour étendre le domaine de l'Église par les croisades contre les infidèles, les hérétiques et les schismatiques; cette société où la Papauté avait, depuis le milieu du xv° siècle, grâce à une série de grands pontifes, imposé son autorité suprême aux monarques comme aux évêques et purifié le clergé, était cependant une société qui laissait une large place aux initiatives individuelles, à l’originalité et à la liberté. L'Église catholique de chaque pays avait ses caractères propres et l’Église gallicane n’était pas la servile copie de l'Église d'Angleterre ou de celle d'Allemagne. Chaque ordre religieux avait sa forme et ses modes d'action particuliers; la philosophie scolastique abordait tous les problèmes avec une grande hardiesse et donnait naissance à des écoles diverses, hostiles même, comme le nominalisme et le réalisme; l’art religieux, loin de se figer dans des formes conventionnelles, comme l’art byzantin, se renouvelait sans cesse dans l'étude de la nature, les inspirations de la vie et de l’his- . Loire, les fantaisies de l'imagination; enfin la société