INTRODUCTION. 7 XXI
humaine. Aussi, de tous côtés, au sein de cette
. ‘société qui était restée foncièrement chrétienne, sur-
tout dans les parties saines du clergé et des universités, s’éleva un appel véhément, impérieux, à la réforme de l'Église dans son chef. et dans ses membres. Ce désir, cette volonté de réforme, s'imposa à la chrétienté d'Occident, quand la pro-: : longation du schisme mit définitivement en péril l'unité même de l'Église; et le parti des réformes crut, dans la première moitié du xv° siècle, aux conciles de Constance et de Bâle, que l'Église serait capable de se réorganisér elle-même par l'autorité des conciles œcuméniques, comme elle avait été capable, mille ans auparavant, de se constituer par ses quatre grands premiers Conciles de Nicée, de Constantinople, d'Éphèse et de Chalcédoine.
Mais, dans ces deux grandes assises du monde chrétien, de Constance et de Bâle, on vit se manifester deux tendances opposées : les uns, et c'étaient alors, à Constance tout au moins, les hommes les plus éminents de l'Église par la science comme par le caractère, voulaient que l'Église, représentée par les Conciles, prît elle-même en mains le gouvernement de ses destinées et réglât ses dogmes et sa discipline, ne laissant au Pape que son rôle d’administrateur général et de juge suprême ; d’autres, au contraire, et c'était là l'opinion des papes et de la majorité des membres de la curie romaine, ne voyaient dans le régime conciliaire que la ruine du principe d'autorité sur lequel reposait l'Église Catholique et l'acheminement vers un système qui feraitde l'Église catholique une confédération d'Églises nationales ayant chacune sa vie propre, au lieu de cette unité infrangible, symbolisée par la robe sans couture du Christ. Ceux-ci soutenaient que, si le Concile avait eu toute autorité pour mettre fin au