XXII INTRODUCTION
schisme, et rétablir l'unité du pouvoir par l’établissement d’un pape unique, il ne pouvait rien ensuite sans le pape, et que c'était au pape qu'appartenait l'initiative de l’application des réformes, d’accord avec le Sacré Collège. Les deux tendances se manifestèrent dès la fin du concile de Constance, par une série d’actes destinés, dans la pensée de leurs auteurs, à rétablir l’ordre dans l'Église. Les partisans les plus ardents des réformes, qui voyaient le pape et les cardinaux moins préoccupés de réformer l'Église que d'y maintenir leur autorité, cherchaient par des lois particulières à chaque pays, des pragmatiques sanctions, à organiser, d'accord avec les puissances séculières, des Églises nationales protégées par leur constitution contre les abus de la Curie, tandis que le pape cherchait par des traités avec ces mêmes puissances séculières, par des concordats, à sauvegarder son autorité sur toute la hiérarchie ecclésiastique et les ressources financières qu'il en tirait, en abandonnant aux puissances séculières une partie de cette autorité et de ces ressources. L’échec du Concile de Bâle, le désordre de ses délibérations, l’imprudence qu'il commit en créant un nouveau schisme, discréditèrent le régime conciliaire; mais en même temps, malgré les efforts de papes dignes de leurs fonctions, tels que Martin V, Eugène IV, Nicolas V et Pie II, la Papauté se montrait incapable de porter remède aux abus dont l'Église souffrait depuis si longtemps. Aussi le mouvement de réforme continua-t-il à se manifester avec une véhémence d’autant plus grande que rien ne pouvait le diriger et le modérer. S'il agissait souvent d’une manière prudente et bienfaisante, par les réformes qu'entreprenaient spontanément des ordres religieux, comme les Frères de la vie commune, ou par les efforts de légats de la cour de Rome, comme le