‹ Les JésuitesChapitre 17 sur 111 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

cardinal Nicolas de Cusa, il provoquait aussi, soit dans les universités, soit dans les ordres religieux, des aspirations presque révolutionnaires, des désirs d'innovation et de rénovation, qui mettaient en question, comme l'avaient fait Wiclef et J. Huss, toute l’organisation hiérarchique de l’Église, sa discipline traditionnelle et parfois même ses dogmes. La Papauté, effrayée, et impuissante à réformer autant qu'aréprimer,nesongeait qu'à maintenir sonautorité, ses revenus et ses privilèges, et après Pie IT, tombée, pour plus d'un demi-siècle, entre les mains de pontifes, qui tous, sauf Hadrien VI, étaient des princes italiens plus que des chefs de l'Église, elle ne songea qu'à s'assurer en ltalie une puissance temporelle qui lui permettrait de traiter d'égale à égale avec les chefs d’États, et à conclure avec eux des traités par lesquels elle croyait assurer la sécurité de l'édifice traditionnel de l'Église. Elle ne fit qu'aggraver les abus et les maux dont elle souffrait et rendre plus impérieuses les réclamations de la conscience chrétienne, plus audacieuses et plus dangereuses les attaques dirigées par les novateurs contre cet édifice qui menaçait ruine. On peut dire qu'au début du xvr° siècle, tout ce qu'il y avait dans le clergé et dans l'Église d’âmes vraiment nobles et pieuses, désespéraient de voir les abus guéris par la Papauté et n’espéraient qu'en un réveil spontané des consciences, en une réforme de l’Église par les membres mêmes de l’Église, et elles cherchaient leurs inspirations dans les traditions des anciens ordres monastiques, dans les doctrines des Pères de l'Église, surtout de saint Augustin, enfin dans les saintes Écritures hébraïques et grecques, dont l'étude était renouvelée par le mouvement de l’humanisme.

Mais quand on vit ce mouvement réformateur aboutir, avec Luther en Allemagne, avec Zwingle et

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