CE © INTRODUCTION
Farel en Suisse, avec Lefèvre d'Étaples et Calvin en France, à la négation de toute autorité ecclésiastique, à la ruine de l'unité de l'Église, à la destruction des organismes qui avaient été les instruments de la vie religieuse, hiérarchie ecclésiastique et ordres monastiques, au mépris des sacrements qui étaient la source surnaturelle des grâces divines; quand on vit tous les éléments de désordre et d’impiété existant alors dans la société, nobles révoltés contre le pouvoir central, paysans révoltés contre leurs seigneurs, humanistes épris de l'antiquité au: point de mépriser la foi et les vertus chrétiennes, faire cause commune avec ces réformateurs qui créaient des schismes sans nombre et mettaient à la place de l'Église universelle une multitude d'Églises isolées et même ennemies, il y eut une violente scis- : sion dans le parti des réformes. Tous ceux quiétaient avant tout soucieux d'ordre et de paix, qui appréciaient à leur juste valeur le prix des trésors de piété, de foi, de bonnes œuvres subsistant, malgré tous les abus, au sein de la vieille organisation ecclésiastique, qui étaient effrayés des audaces et des vio- lences des novateurs, et qui se refusaient à courir les risques de la liberté et surtout à détruire cette unité de l'Église qui était pour ainsi dire la marque de sa divine origine, se rattachèrent avec une ardeur désespérée à la tradition. Ils ne cessaient pas de vouloir la réforme des abus, la réforme des mœurs, un clergé plus moral, plus instruit, plus dévoué à ses devoirs religieux, mais ils sentaient que pour conserver l’unité catholique il fallait non seulement renoncer à innover dans la discipline et le culte, à simplifier le dogme, à dimi- -nuer l'autorité de la hiérarchie et de la Papauté, mais, au contraire, rendre plus. étroits Les liens de la discipline, plus inflexibles les formules du dogme,